Interview – Slaves

Publié par le 6 août 2017 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Slaves, à ne pas confondre avec le groupe américain de post-hardcore expérimental… Slaves c’est le vrai punk britannique !

Le duo de Kent, formé par Laurie Vincent (guitare/basse/chant) et Isaac Holman (batterie/chant), a la parole libre et bien des choses à dire.

Leur album Are You Satisfied? nous avait comblés… Il en a été de même avec le dernier en date, Take Control, qui comprend une collaboration avec Mike D des Beastie Boys. Du pur punk rageur et abrasif qui crache allègrement sur notre société contemporaine. Il nous tardait donc de les questionner. Et nous avons sauté sur l’occasion lors de leur venue au festival This Is Not A Love Song.

 

« Le Brexit ? Un vrai pas en arrière pour l’humanité. La politique dans notre pays est complètement niquée… J’ai le sentiment d’être gouverné par des idiots »

© Titouan Massé

 

Salut les gars, bon déjà… Cool vos tatouages ! 

Laurie :  j’ai commencé à me faire tatouer quand j’avais 16 ans.

 

Et c’est comme manger des cerises, une fois que tu commences tu ne peux plus t’arrêter !

Laurie : ahah oui je suis bien d’accord.

 

Vous vous êtes rencontrés comment ?

Isaac : on jouait des concerts chacun avec nos groupes et on appréciait respectivement notre musique. Laurie nous a rejoint dans mon précédent groupe mais on n’aimait pas la direction que ça prenait donc on a fondé Slaves.

 

C’est comme dans une relation, chaque membre doit avoir une approche similaire pour parvenir à un bon résultat.

Isaac/Laurie : oui, exactement !

 

J’adore ce que vous faites sinon je ne serais pas là… et votre musique me rappelle cette devise : fais ce que tu veux, c’est ta vie ! 

Isaac : oui il s’agit juste de s’exprimer de la manière qui te convient, on a suivi nos rêves et finalement ça montre que tout est possible. S’amuser tout simplement, et montrer aux gens que tu peux apprécier ta vie plutôt que de faire partie du système.

 

Ça se tient ! Qu’est-ce que vous ressentez vis-à-vis du Royaume-Uni actuellement ?

Laurie : je suis fier que le parti travailliste (Labour Party) ait obtenu son meilleur résultat historique auprès des jeunes début juin, même si le parti n’est pas arrivé au pouvoir… Le parti écologique, le parti travailliste… Avec nos amis nous sommes ouverts d’esprit et plutôt fiers de notre pays. On est anti-Brexit et le fait de faire ce festival ça m’énerve encore plus vis-à-vis de ça parce que je pense à ce que ce sera dans le futur. C’est un vrai pas en arrière pour l’humanité… Il y a beaucoup d’émotions contradictoires mais il reste de l’espoir, Jeremy Corbyn semble plus fort qu’il ne l’a jamais été mais la politique dans notre pays est complètement niquée… J’ai le sentiment d’être gouverné par des idiots (rires).

 

(Rires) Je crois que dans toute l’Europe on a ce problème, vous vous êtes déjà dits : « allez je m’en branle, je pars » ?

Laurie : ouais, je me dis ça tout le temps mais j’aime l’Angleterre !

 

Ton coeur est ici.

Isaac :  oui toutes nos vies sont en Angleterre.

Laurie : ce serait difficile de partir, en plus je vis à Brighton qui est le seul endroit du pays avec un écologiste au parlement. C’est donc une ville assez tolérante et j’aime ça.

 

C’est bon à savoir ! Pour parler un peu de votre dernier album, Take Control. Vous avez collaboré avec Mike D. Comment ça s’est fait ? 

Isaac : il est rentré en contact avec nous parce qu’il travaillait avec quelqu’un d’autre de notre label, il a entendu ce qu’on faisait et il a apprécié donc il a voulu travailler avec nous.

Laurie : c’est comme si c’était tout à fait normal, non ? Comme si on retrouvait un vieil ami… Ouais c’est une de nos expériences les plus surréalistes.

 

Vous avez prévu de travailler de nouveau avec lui sur le prochain album ?

Laurie : ce n’est pas sûr. Il faut qu’on aille à Los Angeles pour ça et c’est vraiment cher. Là ça tombait bien donc on l’a fait… J’espère qu’on pourra de nouveau travailler ensemble et on aimerait beaucoup qu’il puisse venir jouer un morceau avec nous sur scène.

 

Ce serait génial ! Vous pourriez faire quelques dates en Californie avec lui ! Vous y êtes déjà allés ?

Isaac : on a fait un concert à LA et on a enregistré notre album là-bas mais on n’a jamais vraiment visité la côte ouest.

 

Et c’est quoi la ville la plus dingue où vous êtes allés ?

Isaac : c’est difficile ce genre de questions… Il y en a plein…

Laurie : je pense au Summer Sonic au Japon, c’était vers le début de notre carrière et on a joué devant 5000 japonais. C’était dingue !

Isaac : mais toutes les tournées européennes sont mémorables aussi pour moi. Jouer dans plein d’endroits différents, le sud de l’Europe, Rome et tous ces endroits cool…

 

Pour ce qui est des compositions, comment vous fonctionnez ?

Isaac : généralement c’est Laurie qui écrit les parties de guitare et j’écris les textes mais parfois on échange les rôles et on se donne des idées mutuellement.

Laurie : il est efficace pour les mots et moi pour la guitare donc parfois ça va être : « joue un riff » et il commence et je traduis en quelque chose d’autre et parfois je fais la même chose avec les textes. On rebondit l’un sur l’autre.

 

C’est cool, vous êtes comme un couple idéal qui fonctionne bien.

Isaac : oui ça n’existerait pas sans l’un de nous, c’est ce que j’aime avec ce groupe. Dans certains groupes, il y a un mec qui chante et il est accompagné de son backing band, nous nous sommes un vrai duo.

 

C’est une vraie démocratie !

Isaac : ouais !

 

Vous vous rappelez de votre premier concert ? Comment vous vous sentiez ?

Isaac / Laurie : oh oui, on était bien nerveux.

Laurie : oui parce qu’on a une configuration particulière, on se disait que les gens n’allaient pas comprendre et on sonnait de façon beaucoup plus basique à l’époque. On passait d’un groupe « classique » avec un batteur traditionnelle à cette formation à deux avec Isaac qui se retrouvait à jouer de la batterie tout en chantant pour la première fois. On se disait tous les deux que ça allait être bizarre mais ça a marché (rires).

 

Et votre carrière a décollé très rapidement ! Vous êtes satisfaits d’où vous en êtes actuellement ?

Isaac : jusque-là oui mais je veux toujours plus. Je pense que c’est une bonne façon de se challenger.

 

Entre les tournées et les enregistrements, c’est quoi le plus excitant ?

Laurie : j’aime les deux, j’aimerais pouvoir faire 3 jours de chaque mais ça ne marche pas comme ça, souvent après deux semaines en studio j’en peux plus et après deux semaines sur la route pareil donc dans un monde idéal…

 

Qu’est-ce que vous pensez de ce festival ?

Isaac : ça a l’air cool !

Laurie : je crois que c’est le line-up le plus cool que j’ai vu cet été. C’est vraiment un festival de bons groupes à guitares ce qui est assez rare, donc oui je suis excité et j’espère croiser d’autres groupes !

 

Il y en a certains que vous aimeriez voir ce soir ?

Laurie : toute l’affiche est géniale. Frank Carter !

Isaac : Death Grips !

Laurie : Black Angels…

 

Cool ! Donc vous êtes « ready to rock » TINALS ?

Laurie/Isaac : toujours !

 

Entretien réalisé par E., notre envoyée spéciale sur place qui n’a pas été déçue de leur prestation scénique

 

Titres essentiels :  « Hey », « Cheer Up London », « Fuck The Hi-hat », « Spit It Out »


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