Iggy Pop – Post Pop Depression (Loma Vista)

Publié par le 8 avril 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 2 commentaires

Post-Pop-Depression-crop

Iggy Pop + Josh Homme. Un des derniers monstres sacrés du rock avec un des plus respectés/tables des années 2000. Le premier a prouvé à toute une génération de gosses mal élevés adeptes du « no future » qu’ils pouvaient en avoir un, même à très court terme. Le second s’est appliqué à bousiller les tympans de centaine de coyotes, jusque-là bien peinards dans leur désert (en composant de la putain de musique, parce que c’est quand même ça le plus important).

Le duo était très alléchant sur le papier, à un bémol près. Malgré tout le respect qui lui est dû, l’iguane n’a rien sorti de bien fameux depuis… fiouuu.. au moins deux décennies. Le roux s’est, quand à lui, métamorphosé en tombeur de ses dames, se souciant davantage de son aura pop que de sa propension à balancer du riff jouissif.
Restait à savoir si l’alchimie allait prendre, si Josh allait réveiller le bestiau quelque peu assoupi, si des tonnes d’idées allaient jaillir de ces deux cerveaux bouillonants, provoquer des étincelles et finir par nous mettre le feu au cul…

La réponse s’impose assez vite : de feu il n’y a jamais sur ce disque, les braises sont à peine fumantes et personne ne cherche à souffler dessus pour les raviver. Tout ceci est bien fade, mou, aseptisé. C’est donc ça la Post Pop Depression ? Assez déprimant en effet.

« I have nothing but my name » semble se lamenter Iggy (« American Valhalla »). Pas faux. Et que dire du navrant « Vulture » avec son final faussement emballant, réellement chiant… Iggy Pop semble feindre l’excitation, alors que de toute évidence il s’emmerde autant que nous. Qu’il est loin le temps des glapissements sexués de « Dirt »
Il faut dire que le père Josh ne s’est pas foulé des masses non plus pour remuer papy Osterberg, concoctant toute une série de riffs et ambiances entendus mille fois. Sur le dernier Queens of the Stone Age (bien plus enthousiasmant, au demeurant), on se demandait où était passée toute la pléiade d’invités tant le roux monopolisait l’attention et tirait la couverture à lui. Ici, on se demande si l’album, au lieu d’être crédité au nom d’Iggy Pop n’aurait pas dû s’appeler Queens of the Stone Age featuring Iggy Pop.

Allez, pour le geste, sauvons tout de même trois morceaux du (quasi) marasme : « Break Into Your Heart » (sympathique à défaut d’être renversante), « Gardenia » (bien foutue mais un brin trop sage) et « Paraguay ». Enfin, la deuxième partie de « Paraguay ». Quand l’affaire s’emballe un peu. Mais il faut attendre 3′ pour ça et se coltiner les « tralalalala » d’Iggy. Tristesse.

On avait envie d’y croire, voire de s’enflammer. Finalement, Josh Homme semble faire dans le charitable, composant (recyclant ?) des accompagnements pour un vieux crooner fatigué. Tristesse (bis).

2 Commentaires

  1. Ouais, en fait, ce que vous reprochez au disque c’est d’être trop sage, pas assez punk, pas assez stoner, pas assez énergique. C’est vrai, mais ce n’était juste pas leur but, et reste que les compos sont assez hallucinantes, super riches et originales dans leurs nombreux arrangements. Assez de disques avec « du gros riff » sortent comme ça, cet album fait du bien.

    • Non ce n’est pas ça que je lui reproche. Je regrette qu’il soit trop fade, lisse, que rien ne soit vraiment marquant sur ce disque. J’aime beaucoup Like Clockwork qui n’a rien de stoner mais qui est beaucoup plus riche que celui-ci. Je vénère Lust For Life qui n’était pas très Stoogien, et forcément j’avais envie que Josh Homme soit un peu le Bowie de Lust For Life. Là je trouve que ça ne prend pas, je ne retrouve pas d’alchimie, je vois du (sous) QOTSA avec Iggy en guest… Un peu dommage vu le talent des deux bonhommes.

      Ça ne fait rien, je suis juste déçu mais il y a plein d’autres choses intéressantes à écouter !

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