Dinosaur Jr. – Give A Glimpse Of What Yer Not (Jagjaguwar/PIAS)

Publié par le 22 août 2016 dans Chroniques | 0 commentaire

dinosaur-jrJe finis par accepter que Dinosaur Jr. ne fera jamais l’unanimité. Dans les années 80, malgré le grand enthousiasme des papes du rock indé Sonic Youth à leur égard, leur succès reste limité et on retiendra beaucoup plus des groupes anglais plus hype, plus exposés mais nettement moins originaux. Dans les années 90, le succès revient majoritairement à des groupes de Seattle plus mainstream qui leurs doivent pourtant beaucoup. Lors de leur retour inattendu il y a déjà plus de dix ans, seul un petit noyau de fans s’emballe à la hauteur de l’évènement, et rend honneur à leurs excellents disques de come-back, quand la presse musicale semble à peu près unanimement s’en foutre. Aujourd’hui, alors que le groupe bénéficie d’un intérêt médiatique plus grand que dans tout le reste de sa carrière et que le public semble enfin prêter l’oreille, ce sont les fans qui viennent dire qu’au final, leurs nouveaux disques ne sont peut-être pas si bons que ça. Chienne de vie…

Du coup, je vous la fais courte : personnellement, j’adore ce disque. Visiblement, on n’est pas si nombreux, et je le comprends : commencer par « Goin Down » et « Tiny », les deux morceaux les plus classiques (dans le sens dinosaurjrien du terme) et pop est un peu déroutant. La dernière fois que les deux singles potentiels avaient ouvert l’album, c’était sur Without A Sound, et le disque n’avait pas franchement marqué les esprits. Pire, il faudrait une sacrée dose de mauvaise foi pour trouver ces deux « tubes » du niveau de « Feel The Pain » ou « Little Fury Things », par exemple. Et je sais de quoi je parle, je suis moi-même expert en la matière. Le problème, c’est que derrière ça, il n’y a pas vraiment de titres aussi directement accrocheurs, à l’exception de ceux de Lou Barlow, mais là, ça ne compte pas, c’est presque comme si on parlait d’un autre groupe.

Soit, ça parait mal parti. Cependant, quand on écoute avec plus d’attention, on se rend compte que ces deux premiers morceaux, aussi sympas soient-ils (parce que, bon, ils sont quand même cool), sont peut-être les moins intéressants du disque. On leur préfèrera « Be A Part » et ses vrais airs de Neil Young, « I Walk For Miles », limite hard rock, et surtout « Knocked Around » qui atteint des sommets lorsque cette chanson calme tout en falsetto se transforme en morceau rock avec une batterie bien centrée sur les toms et une ligne de chant addictive. Peut-être un des meilleurs morceaux de Dinosaur. Alors oui, ce n’est pas aussi grandiose que You’re Living All Over Me, mais à quoi bon juger toujours les groupes à l’aune de leur chef-d’œuvre absolu ? En toute bonne foi, autant que possible, le niveau général reste élevé et Mascis réussit à la fois à proposer une continuité de son qui pousse certains à lui reprocher de faire de la musique au mètre tout en offrant des compositions solides et variées. Boudez votre plaisir tant que vous voulez, pour ma part, je prends !

Au final, peu importe que ce nouveau disque fasse l’unanimité. Il fait l’unanimité chez moi, et ça me suffit amplement. Je me console de ma solitude en lisant la chronique dithyrambique que leur a consacré New Noise. Je ne pensais pas trouver chez un autre un niveau d’amour pour Dinosaur Jr., limite pathologique, semblable au mien. On devrait peut-être envisager une collaboration…

BCG

 

 

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