Dans le bac d’occaz #14 : MX-80 Sound, Neil Young, The Hives

Publié par le 11 mai 2017 dans Le bac d'occaz | 0 commentaire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*

 

Dans le bac d’occaz #14 : les années en 0

 

1980 : MX-80 Sound – Out Of The Tunnel

Bon, je commence un peu à en avoir marre de chroniquer des disques de post-punk bizarres, et je dois reconnaitre que ma patience à l’égard de ce disque en a certainement souffert. Malgré cela, je suis obligé de constater que c’est un des meilleurs disques du genre que j’ai pu écouter, sûrement parce que ce n’est pas vraiment un disque de post-punk. Alors, il y a du punk, un son 80s, une démarche arty, tout ça est acquis, il y a de l’éclectisme et du jazz, deux choses dont je ne suis pas trop preneur (il n’y a qu’à voir mon avis sur le double album des Minutemen), mais il y a aussi du noise bien foutu et un esprit indéniablement rock, une influence visible des Stooges de Fun House sur ces solos de saxos complètement barrés… certes, pas forcément les meilleurs morceaux du disque, mais c’est quand même beaucoup plus agréable à mes oreilles que le reggae/dub/funk/hip hop de blanc de Gang Of Four, par exemple.

Pas un album que je réécouterai souvent, ça ne me fera pas non plus changer d’avis sur le post-punk ou le punk arty en général, mais j’admets que c’est un bon disque, j’irai même jusqu’à dire « très » dans un bon jour, et très intéressant musicalement. Pour les amateurs de ce genre de musique, Out Of The Tunnel doit vraiment atteindre des sommets et concurrencer sévèrement les classiques du genre. Ou alors, je n’ai rien compris.
 

 

 

1990 : Neil Young – Ragged Glory

Sur le principe, j’ai le plus grand respect pour Neil Young, mais je reste vraiment cantonné à une poignée de classiques, presque plus des titres que des albums complets, d’ailleurs, et l’écoute de Ragged Glory, m’a permis de confirmer pourquoi. En fait, j’aime Young dans ses ballades country émouvantes et dans ses meilleures envolées mélancolépiques, mais ça reste une part seulement de ce qu’il fait, passant parfois du meilleur au pire sur un même disque (le plus emblématique étant la magnifique « My My Hey Hey » et la lourde du cul « Hey Hey My My », quasiment le même morceau, les deux faces de l’artiste).

Le problème de Ragged Glory, c’est qu’on est quasi-intégralement dans cette face de l’artiste avec laquelle j’ai du mal, un hard-rock country qui oublie d’avoir le fun de l’un et l’émotion de l’autre pour offrir un hard bouseux et mou du cul, sans oublier en revanche de rallonger les morceaux jusqu’au bout de l’insupportable. Quoi de mieux que « Country Home », morceau qui aurait été potable 2 minutes mais qui en dure 7, pour faire fuir les moins audacieux (oui, je dois avouer que mon audace en matière de rock à papa est assez limitée) ?

Le seul point positif de Ragged Glory, c’est un son pas trop propre qui se cale déjà dans la veine grungy, et qui fait que le meilleur passage de plusieurs morceaux sont leurs 20 secondes de feedback finaux (notamment « Country Home », encore une fois).
À part ça, même si ça s’arrange sur les titres suivants (« White Line » ou « Fuckin’ Up » ont au moins l’avantage d’être courts), le niveau des compos ne décolle jamais vraiment. Et qu’on soit clair, je n’ai rien contre les longs morceaux de Neil Young, même quand il part dans des longs solos, mais il faut être d’une mauvais foi absolue pour dire qu’il n’a fait que des « Cortez The Killer » dans le genre, et ce disque en est la preuve.
L’album s’achève sur une revisite façon « Star-spangled Banner » d’Hendrix d’une chanson folklorique irlandaise (reprise également par Renaud) qui est assez jolie, mais encore un chouia trop longue. Allez, sans rancune, Neil Young a quand même fait de superbes chansons à défaut de faire de super disques. Juste pas sur cet album-là !
 
 

2000 : The Hives – Veni Vidi Vicious

Une fois n’est pas coutume, je vais devoir faire des excuses publiques. Voilà un disque et un groupe que j’ai rejeté pendant des années par pure mauvaise foi, gonflé que j’étais à l’époque par le revival 60s des années 2000, les groupes en The et leurs blousons de cuir. M.A, l’un de nos rédacteurs, que je fréquente de longue date, est donc vite devenu la cible d’un running gag bien lourd et particulièrement gratuit sur les Hives qu’il a toujours défendu tant bien que mal. Et je ne sais pas si c’est parce qu’il s’agit en quelque sorte de l’anti-Ragged Glory, mais je dois avouer, même si ça m’arrache la gueule de le faire et de tirer ainsi un trait sur une blague ultra-lourde qui perdure depuis une quinzaine d’années, mais j’ai adoré Veni Vidi Vicious.

Je parle d’anti-Ragged Glory, car en écoutant les deux à la suite on a exactement l’inverse : une collection de tubes imparables, de grosses tueries rock ultra-énergiques avec une simplicité mélodique pop pas si facile à atteindre, 12 titres pliés en 2 minutes 30 qu’on a juste envie de se remettre dans les oreilles dès qu’ils sont terminés. Même quand ils changent de style, sur « Find Another Girl », ça reste bien foutu et drôle. Alors oui, on pourra me rétorquer que musicalement, c’est peut-être le disque le moins intéressant que j’ai écouté ce mois-ci, mais en termes de plaisir, je n’ai pas éprouvé ça depuis un moment en plongeant dans le bac à occaz. Quel pied !

Alors, sans tergiverser, ce serait le comble avec un album pareil, je vais juste me casser la tête pour choisir un titre plutôt qu’un autre !

 

BCG

 

*Rendons à César ce qui lui appartient, cette rubrique a été fortement inspirée – ou littéralement pompée, c’est selon – par l’initiative d’un certain Machete83 sur le passionnant forum de l’indispensable site/bible du rock indé xsilence.net.

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