Bryan’s Magic Tears – 4 AM

Publié par le 11 janvier 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Bryan était un jeune garçon réservé, un peu branleur et par-dessus tout passionné de musique. Un jour, sa vie a basculé. Alors qu'il avait son billet pour un festival réunissant tous ses groupes préférés (Pavement, My Bloody Valentine et Jesus & Mary Chain), Bryan est tombé malade la veille de l'événement.
(Born Bad, 7 décembre 2018)

Bryan était un jeune garçon réservé, un peu branleur et par-dessus tout passionné de musique. Un jour, sa vie a basculé. Alors qu’il avait son billet pour un festival réunissant tous ses groupes préférés (Pavement, My Bloody Valentine et Jesus & Mary Chain), Bryan est tombé malade la veille de l’événement. Pas le truc grave mais le truc qui te cloue au lit et te plombe ton festoche. Las, Bryan a donc été obligé de laisser filer cette date qu’il attendait depuis des lustres. Pleurant toutes les larmes de son corps, Bryan s’est alors fait une promesse : ses larmes ne seraient pas vaines, elles seraient magiques. Ses larmes allaient lui donner la force et le talent de monter un groupe synthétisant parfaitement ses 3 groupes préférés. Et il dominerait le monde. Le nom du groupe était tout trouvé : Bryan’s Magic Tears.

Derrière cette fable débile et cette intro merdique, quelques vérités : Bryan’s Magic Tears aime bien les années 90, l’indie rock et le shoegaze. Ce qui est moins vrai, c’est que derrière Bryan se cache une belle brochette d’indie rockers français, passés chez The Space Binouze From Refrigerator (respect éternel pour le nom du groupe), Dame Blanche, Marietta ou encore La Secte Du Futur. Pas vraiment des bleus, donc.

Nul besoin d’enjoliver le tableau, Bryan est un bon gars qui prend soin de nous.
Bryan aime se la couler douce en chantonnant nonchalamment avant de nous en coller une belle soudainement, armé d’une fuzz ravageuse (“Change”,  la fin démentielle de “Lilac Tree” qui s’achève dans le plus grand des boucans). Bryan aime les tubes et il en a mis plusieurs au début du disque, histoire de bien nous accrocher l’oreille. Et évidemment, il nous a eu. Bryan aime qu’on fasse de l’air guitar pour mimer le gros riff lourd de “Ghetto Blaster” tout en clamant des “oooh oooh”, pensant qu’on est aussi cool que lui. Bryan sait aussi nous filer le bourdon et le sourire à la fois (“CEO”), Bryan compose des intros qui rendraient jaloux Kurt Cobain (“Marry Me”), Bryan fait chialer sa gratte comme Kevin Shields (“4 AM”) . Bryan est bon, nous aimons Bryan et nous bénissons ses larmes magiques.

On n’ira pas vous faire croire que vous allez mettre votre réveil à 4AM tous les matins pour écouter ce disque, mais il y a des chances qu’au moment de vous diriger vers le boulot (ou autre tâche ingrate), vous vous le colliez fréquemment dans les oreilles pour vous évader et rêver d’un destin similaire à celui de Bryan.

Jonathan Lopez

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