The Black Angels – Indigo Meadow (Blue Horizon)

Publié par le 2 avril 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

 

The-Black-Angels-Indigo-Meadow-Album-Cover-e1358880938544Formé en 2004, The Black Angels nous viennent d’Austin, Texas. Sans tomber dans le cliché ou les généralités douteuses, on peut affirmer sans trop se mouiller que les texans ne sont pas spécialement réputés pour leur ouverture d’esprit et sont plus portés sur le fusil que sur la consommation de champignons hallucinogènes.

Partant dans ce constat, il serait surprenant que les Black Angels cartonnent « en leurs terres » eux qui, à l’image de The Brian Jonestown Massacre, font partie de ces groupes nostalgiques du rock psychédélique des 60’s représenté par les 13th Floor Elevators, les Doors et autres Velvet Underground. Le nom du groupe fait d’ailleurs référence à un titre de ces derniers : « The Black Angel’s Death Song » de l’album The Velvet Underground and Nico.

Un rock qu’on pourrait qualifier d’anachronique à une époque où les groupes cherchent généralement à en mettre plein la vue en rivalisant de modernité, usant et abusant parfois de logiciels toujours plus performants quitte à perdre ce soupçon d’humanité qui fait souvent la différence. On pourrait légitimement reprocher aux texans de ne pas avoir inventé la poudre, mais après tout s’inspirer d’anciennes légendes du rock n’a rien de honteux. C’est même plutôt de bon goût. Et on les remercie pour ça, car on prend toujours notre pied à réécouter les Doors mais nos CD commence à être rayés et on les connaît par cœur.

Premier constat qui s’impose d’emblée à l’écoute de leur 4e album : le son est absolument énorme, remarquablement produit et il n’y a pas besoin de pousser l’ampli pour que ça déménage. Cela fait d’ailleurs partie de la nouvelle panoplie des Black Angels, eux qui donnaient surtout dans le rock psyché jusqu’à présent, décident d’envoyer la sauce sur certains morceaux et de varier les plaisirs (les tonitruants « Evil Things » et « Don’t Play With Guns » en attestent).

À l’inverse, on voit kaléidoscopes, papillons multicolores et éléphants roses sur  des titres comme « The Day », « Love Me Forever » ou « Always Maybe » (et son refrain où le chanteur Alex Maas semble hanté par l’esprit de Morrison) remplis d’effets trippants à souhait – fuzz et wah-wah omniprésents sur les sons de gratte, le chant qui semble traverser un écran de fumée…

Les texans ont déjà prouvé par le passé qu’ils maitrisaient parfaitement leur sujet et le démontrent encore brillamment. On n’écoute pas ce disque comme une bonne vieille compil ou un empilement de reprises sans âme. Il regorge de vraies trouvailles mélodieuses (« Holland »), l’inspiration est au rendez-vous.

L’album ne souffre d’aucune véritable faiblesse et est rempli d’une énergie hautement contagieuse. Les moments de bravoure ne manquent pas, on pourrait déblatérer sur presque tous les titres. On se doit en tout cas d’en citer quelques autres : « I Hear Colors (Chromaesthesia) » et ses sons de clavier envoûtants (je ne citerai pas Manzarek mais la tentation est forte), « You’re Mine », sa basse infernale et un Alex Maas dans son registre préféré, qui s’éclate derrière son micro. L’ambitieuse « Black Isn’t Black » parachève la démonstration.

Il suffit de peu d’écoutes pour être convaincu par cet Indigo Meadow et l’envie de repartir en voyage en enfournant le CD dans le lecteur ne manquera pas de vous tirailler régulièrement. Après la révélation Allah-Las, brillants hippies paumés au milieu des années 2010, The Black Angels poursuivent leur sans-faute avec ce 4e album épatant. Les sixties ont de l’avenir !

 

JL

 

Écoutez « I Hear Colors (Chromaesthesia) »

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