The Beatles – Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Parlophone)

Publié par le 10 novembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

beatlesLe 1er juin 1967, paraît l’album qui a révolutionné la musique Rock, le génial Sgt Pepper’s Lonely Hearts club Band des Beatles. Accouchement difficile, longs mois d’enregistrements et innovations techniques très avant-gardistes à l’époque pour ce disque qui va marquer profondément et durablement la musique. Intemporel, Universel, en un mot Culte !

Bien sûr, d’autres albums des Beatles méritent tout autant leur place ici : Abbey Road (leur dernier album studio et personnellement mon préféré), le fameux White Album, génial fourre-tout, ou Magical Mystery Tour (le préféré de notre ami jazz1319), bande-son du film éponyme, qui comporte quelques unes de leurs plus grandes chansons : « The Fool On The Hill », « Strawbery Fields For Ever », et bien sûr le fabuleux « I Am The Walrus » de Lennon.

En 1967, lassés de tout le cirque de la « Beatlemania », ils ont arrêté de se produire « live », depuis presque un an, et décidé de se consacrer au studio. La légende est en marche. Paru à l’orée du « summer of Love », ce disque en sera la bande son, avec quelques autres galettes géniales parues cette année là, comme Are You Experienced ? (Jimi Hendrix), Surreaslistic Pillow (Jefferson Airplane), The Doors (The Doors), ou Freak Out (Mothers of Invention). Belle époque en vérité pour les amateurs de musique rock !

La fanfare des cœurs solitaires du Sergent Poivre. Bonjour le titre déjà ! Ce n’est pas réellement un « concept album », puisqu’il n’y a pas d’enchaînement logique entre les chansons (principe du « concept album »). La  pochette est magnifique, et sera copiée ou pastichée par de très nombreux musiciens. Franck Zappa, par exemple pour We’re only in it for the money. Les quatre larrons posent dans leurs costumes bigarrés de musiciens de fanfare (les fameux « Lonely Hearts Club Band »), devant un parterre de fleurs, portant le nom du Groupe. Ils sont entourés de nombreux personnages célèbres (cire ou silhouettes en carton) : en vrac,  sans les citer tous, on trouve eux-mêmes, Mae West, Edgar Poe, Fred Astaire, Bob Dylan, Marilyn Monroe, William Burroughs, James Dean, Lewis Carroll, et bien d’autres. Un portrait de famille totalement ahurissant !

Mc Cartney, en Sergent Poivre himself, introduit le band sur le premier titre éponyme. Riff accrocheur en intro, cuivres facétieux, chœurs harmonieux, applaudissements nourris du public, on comprend qu’on va assister à un show qui va avoir de la gueule. Il laisse la place à Billy Shears, qui n’est autre que Ringo  Starr pour la chanson suivante : « With a Little Help From My Friends », chanson d’amour qui colle à l’époque, et témoignage de l’unité du Groupe à l’époque (« I get by a little help from my friends »). Le titre sera repris par Joe Cocker, sa prestation épileptique étant immortalisée au festival de Woodstock.

« Lucy In The Sky With Diamonds » est le premier classique du disque. John Lennon chante d’une voix noyée dans des échos brumeux « Picture yourself in a boat on a river with tangerine trees in a marmelade sky ». Contrairement aux idées reçues, cette chanson n’est pas une allusion au LSD, très en vogue à l’époque, dont ils font tous grande consommation (surtout Lennon). L’origine du titre est toute simple, c’est un dessin fait par Julian, le fils de John, qui représente une amie d’école dans le ciel entourée de diamants: Lucy in the Sky with Diamonds. Faut pas chercher plus loin. Les paroles surréalistes de la chanson sont un doux délire, en référence à Lewis Carroll, auteur d’Alice au pays des merveilles. Le morceau très lent et éthéré, est un réel chef-d’œuvre, instantanément classique. Il sera interdit d’antenne par la BBC qui y voyait là des références aux produits hallucinogènes. Censure difficile à imaginer aujourd’hui.

Mc Cartney enchaîne ensuite, « Getting Better », « Fixing a Hole », « She’s Leaving Home » sont toutes composées par lui, avec un petit coup de main de John, mais elles portent bien sûr sa patte. Ces mélodies qu’on retient d’emblée, au piano (« Fixing a Hole ») ou harpe et violons (« She’s Leaving Home »), harmonies vocales du groupe sur tous les titres, deviendront toutes des classiques de leur répertoire. « She’s Leaving Home », lui sera inspirée par un fait divers, relatant la fugue d’une adolescente. Lennon, prenant à son compte les chœurs, et jouant le rôle des parents de la jeune fille. Morceau inter-générationnel, qui baigne dans une ambiance « classique », bien au-delà de la pop music.

Retour aux choses très sérieuses avec l’unique composition de Georges Harrison sur l’album. Comme pour « Love You To » sur le précédent opus « Revolver », Harrison emploie des instruments de musique indiens, sitar et tablas. Harrison est de plus en plus influencé par la musique indienne, il devient ami de Ravi Shankar, maître incontesté du Sitar. Ce titre est une grandiose incursion de la pop occidentale dans ce qu’on appellera plus tard la « World Music ».

Les trois titres suivants, deux de Mc Cartney « When I’m Sixty-Four » et « Lovely Rita », ainsi que « Good Morning » de Lennon, font patienter jusqu’au retour du Band : 10ème titre du disque, reprise pêchue du premier morceau, referme le cercle et remercie les spectateurs d’avoir assisté au spectacle.

Mais le meilleur reste à venir. Le dernier titre « A Day In The Life », est en fait l’assemblage de deux chansons distinctes, la première est de Lennon, la seconde de  Mc Cartney. Ils ont ensuite composé ensemble les transitions entre les deux. La construction du titre est très sophistiquée et magnifique. Après une introduction toute en douceur avec guitare et piano, Lennon raconte un article lu dans la presse, un type qui s’éclate en voiture, la photo le fait sourire. Le titre monte crescendo, porté par un orchestre symphonique, jusqu’à un premier étourdissement provoqué par les cordes, concept proche de Stockhausen. Break au piano, Mc Cartney prend le relais, “woke up, fell out of bed”, choeurs, cuivres. Lennon reprend le témoin, pour annoncer ce qu’il vient d’entendre aux nouvelles. Nouvelle montée cacophonique de l’orchestre, jusqu’à la note finale. Un long blanc, avant quelques phrases passées à l’envers. Ce titre est sans conteste le joyau de ce disque, tant dans sa construction que par son contenu, et est certainement l’un des plus grands titres des Beatles. Tout simplement légendaire !

Pour les curieux, en 2009, le collectif reggae Easy Star All-Stars, spécialisé dans le détournement reggae/dub d’albums cultes reprendra l’intégralité de cet album, avec beaucoup de talent.

 

El Padre

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