tRuckks & Cosse @ Moloco (Audincourt, 25), 25/11/21

Publié par le 5 décembre 2021 dans Live reports

Plus on écoute de disques, plus on fait de découvertes… et plus on fait de concerts. Ça tombe bien vu que c’est un de mes péchés capitaux. Bizarrement, je ne m’étais encore jamais rendu au Moloco à Audincourt – une très chouette salle – alors que ce n’est pas si loin finalement de mon repère alsacien (plus près que Strasbourg que je fréquente depuis 1998). Et l’empreinte carbone du déplacement dans mon petit véhicule est toujours inférieure à 3 minutes de Bezos au-dessus de la stratosphère. Mais ce jeudi soir, la salle accueillait Cosse, auteur de mon Ep préféré de 2020 (l’excellent Nothing Belongs to Anything) et tRuckks, que j’avais déjà croisé en première partie de Lysistrata en 2019. On a été trop longtemps privé de lives pour ne pas bouger maintenant notre séant du canapé près du feu pour affronter la pluie noire de novembre qui nous glace le visage. Surtout avec cette belle affiche.

Evidemment je suis arrivé (très) en avance vu que je naviguais en terrain inconnu. Du coup, armé d’une bière, je traine dans la salle encore vide, à mater pedalboards, amplis et guitares (très jaloux d’une Jazzmaster rouge et d’une Jaguar entrevues sur scène… C’était l’instant guitargeek). Et le curieux manège de Nils Bo, guitariste de Cosse, qui utilise une bonne dose de scotch coloré sur l’arrière de sa Telecaster pour un usage que je découvrirai plus tard dans la soirée. Je n’avais pas lu non plus la description du concert annoncé sur le site du Moloco. Ainsi, quand je vois débouler l’un après l’autre les musiciens des deux groupes sur scène pour un morceau introductif tendu, je comprends vite cela va être un concert étonnant. En fait, les deux groupes en résidence depuis quelques jours au Moloco, ont monté un set inédit composé de leurs titres respectifs anciens ou nouveaux (des albums sont prévus pour 2022) et de titres spécialement composés pour l’occasion. Si bien que toute cette belle jeunesse sonique se retrouve parfois sur la large scène à 8 (2 batteries, 2 basses et 4 guitaristes) ! Et ça marche ! Chaque groupe va alterner des passages avec 2 ou 3 titres (parfois en ajoutant un guitariste à son line-up habituel) avant de laisser la place aux copains et/ou de jouer à 8 d’autres compositions inédites. La setlist est parfaite et complémentaire. Le noise rock frontal et puissant des tRuckks (la confession de « Franck » ou le furieux « Autophage ») alternant avec bonheur avec le son plus contemplatif de Cosse, lorgnant vers le post-rock. Si bien que même Lola Frichet (bassiste chez Cosse mais aussi chez Pogo Car Crash Control) concèdera, sourire aux lèvres, après un gros titre furieux de tRuckks qu’il ne sera pas simple pour son groupe de passer derrière. Sur un des titres, le bassiste et chanteur de tRuckks se lance même dans un délire vocal des plus inquiétants en naviguant entre les spectateurs des premiers rangs. Deux ans se sont passés depuis ma rencontre avec le quatuor de Vesoul et cette fois-ci je dois avouer qu’il y a (enfin) eu connexion. Je coche donc leur futur disque dans la case des albums de 2022 à écouter, comme j’attends avec impatience celui de Cosse. Il faut dire que les excellents « Sun Forget Me », « Welcome Newcomers », un nouveau titre (non identifié) ou le furieux « The Ground » dans une version dantesque à 8 (!) ont confirmé en live les belles promesses de l’EP. Et c’est sur deux messages positifs que cette soirée allait s’achever. D’abord les remerciements choupinous du bassiste de tRuckks, heureux d’avoir partager avec ces 7 acolytes et le public cette expérience collaborative pas si fréquente, surtout pour des groupes qui enchaînent les dates à un rythme soutenu. Puis ensuite les messages-collages scotch de Cosse. A l’arrière de la basse (une Mustang) de Lola Frichet et donc de la Telecaster de Nils Bo (si vous avez suivi), qui avait failli oublier dans l’euphorie de la fin de concert, et qui rappelé par Felipe Sierra, son collègue guitariste, vient déposer son instrument, on pouvait ainsi lire :

More Women on stage et Less Asshole Please (comme vous pouvez le déchiffrer ci-dessous sur cette photo de grande qualité). Simple. Efficace. Essentiel.

Le grésil avait beau tomber en sortant du Moloco (le Doubs en novembre quoi !), c’est un sourire aux lèvres que je retournais vers l’Alsace. Encore une belle soirée avec 2 groupes talentueux de notre riche scène hexagonale.

Sonicdragao

Setlist (plus ou moins bien reconstituée d’après 2 setlists abrégées et/ou gribouillées, dure la vie de live reporter) : Intro – Bruler – Même Histoire – Franck – Facilities – Sun forget me – Evening – Autophage – Ne plus croire – Dangering – It turns pale – Crazy – Poli – Funambule – Welcome Newcomers – The Ground – Delirium

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