The Offspring – Let The Bad Times Roll

Publié par le 25 avril 2021 dans Chroniques, Toutes les chroniques

(Concord Jazz, 16 avril 2021)

Chez Exitmusik, on aime bien se faire des blagues, et Jonathan, notre rédac’ chef, n’est pas le dernier des farceurs. J’ai donc reçu plus tôt ce mois-ci dans ma boîte mail un lien pour écouter le dernier album d’Offspring. Le problème, c’est que je suis plus con que lui, alors du coup, j’ai décidé d’aller au bout de la plaisanterie. Je l’ai non seulement écouté, mais j’ai également choisi d’en faire une critique.

Posons le contexte : j’ai adoré Smash à sa sortie, Offspring a même été un de mes groupes préférés pendant quelques mois (jusqu’à ce que je les entende en live et que je découvre Oasis), puis Americana est sorti alors que j’étais au lycée, donc exactement le cœur de cible, et j’avais apprécié plusieurs morceaux dessus, sans pour autant être transporté. Je n’ai quasiment rien écouté du groupe depuis, hormis des prestations live assez calamiteuses (The Offspring est, à mon avis, un des pires groupes sur scène à ce niveau de notoriété). Pour moi, Offspring, c’est de la musique d’ado, du punk californien en version pop, qui sait faire des mélodies catchy, des incartades World music façon Clash, mais qui a toujours un côté californien écorché un peu daté, et qui peut facilement coincer.
Du coup, plus de 20 ans avant le dernier album que j’ai écouté, où en sont-ils ? Et bien, j’ai envie de dire, toujours au même point. Certes, il y a des effets de production moderne (et d’assez mauvais goût en ce qui me concerne) sur une partie des morceaux, notamment l’éponyme du disque et “This Is Not Utopia”, mais globalement, ça reste dans la veine de ce que j’avais déjà entendu.

À part ça, la tenace sensation d’être revenu plus de 20 ans en arrière, mais avec encore moins de passion de ma part. Le groupe semble rester sur sa lignée de power pop sk8punk avec des paroles qui dénoncent peut-être des choses politiques et sociales, mais une musique pas assez palpitante pour en avoir grand-chose à foutre. Il y a des surprises, une reprise punky pas très utile de “In The Hall Of The Mountain King” (le thème de M le Maudit, pour les cinéphiles) et un morceau pop au piano inattendu pour le groupe mais qui me ferait presque préférer sa zone de confort.

Il y a peu, je suis allé au skatepark. Parmi les trottinettes et les rollers, il ne restait plus qu’un mec qui faisait du skate : la quarantaine, bedonnant, la barbe de trois jours et la coupe de cheveux bien taillée pour faire moderne, mais il passait quand même pour un vieux plouc auprès des jeunes. Lui pensait être classe, mais, malheureusement, il ne l’était plus depuis longtemps. S’il l’avait jamais été. Or, on s’en fout, en fait. Tant mieux pour lui, il fait ce qu’il veut, et je crois que ça a toujours été l’essence du punk. D’ailleurs, si on prend le temps de discuter avec lui, il pourrait se révéler étonnamment sympa. La preuve, j’ai trouvé sur ce disque un morceau power pop avec cuivres qui m’a bien plu : “We Never Have Sex Anymore”. Peut-être que le sujet me parle, en tant que vieux, ou alors c’est le fait qu’on a quelques bases musicales en commun et que la chanson me prend dans le bon sens. Ou alors, Offspring sait écrire un bon morceau de temps en temps. Tout est possible ! 

Blackcondorguy

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