The Fuzztones – NYC

Publié par le 25 octobre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques

(Cleopatra, 16 octobre 2020)

Les pisse-froid que j’ai pu lire diront que les Fuzztones se sont barrés de New York à peine sorti leur légendaire Lysergic Emanations pour rejoindre la cité des anges et que finalement, le groupe que l’on connait vient de Los Angeles. C’est vrai mais quid des racines ? Droit du sang oblige, nos Fuzztones sont légitimes pour nous livrer leur resucée de titres de groupes 70’s new-yorkais ou de ceux ayant muri à NYC pour le meilleur. Une très belle pochette grise et noire, le logo des Fuzztones sur un dos de perfecto, on est prêt pour une virée au Lower east Side ou dans le Bowery. Attention, ici, le perf n’est pas pour faire joli, le stabbing (NdR : attaque au couteau, pour les non-anglophones) est monnaie courante, Johnny Blitz (batteur des Dead Boys) en fera les frais. On est encore loin de la tolérance zéro. La gare de la 42ème n’est pas tout à fait un gentil maillon dans la « mobilité inclusive multimodale », Dee Dee Ramone traîne vers la 53rd « cruisin’ for a date ». Dans ce contexte difficile mais générateur de création, Max’s, CBGB et autres se disputent l’affiche et on assiste aux meilleurs concerts des années d’or du rock’n roll.

Après un « New York New York » de circonstance (Frank Sinatra), on enchaîne direct sur « Flip Your Wig » (Wayne County) et sur « 53rd and 3rd », ce Ramones transformé par la volonté de Rudi Protrudi (le chanteur-gratteux), et un « Psilocybe » dont je n’ai pas trouvé la version originale mais qui, à l’écoute, restera comme un moment fort de cet album thématique. Par contre, le « Skin Flowers » des Fugs est « by the book » (NdR : selon les règles, pour les non-anglophones), dans une veine Creedence mais en plus urbain. Attention, reprise des Dead Boys, et pas n’importe laquelle, « High Tension Wire », dont le plan Farfisa fait penser à Strychnine. On parlait de Johnny Blitz et j’en profite pour pointer l’excellent line-up des Fuzztones sur cet album. Il faut dire que le Rudi sait l’optimiser depuis des années et y a même trouvé son âme sœur et assuré sa descendance… Allez, que serait un hommage à NYC sans un bon vieux Dolls des familles ? C’est « Babylon » qui est retenu ! On poursuit avec un groupe dont j’ai écouté le « Secret Treaties » en boucle il y a des années de cela, j’ai nommé… BÖC, ladies and gentlemen, Blue Öyster Cult avec « Transmanicon MC » et son petit plan guitare tout con mais qui reste bien dans la tronche pendant des semaines. « Let Me Dream (If I Want You) » est une des réussites du LP, pour la reprise mais aussi la découverte de l’original de Mink DeVille, sombre, radical, junkie. Comme du Lou Reed de mauvaise humeur, c’est dire. Je ne connais pas et je vais m’y plonger, merci Rudi. On poursuit avec un « Microdot », petite coquetterie amicalement plagiée de « Chinese Rocks » de Johnny Thunders mais sur un tempo Seeds ! Du pur son Fuzztones ensuite, pour une deuxième reprise des Dead Boys avec le désespéré « Not Anymore », on traverse ce qui doit être une chute des sessions de Blank Generation de Richard Hell et ses Voidoids pour se retrouver dans Central Park avec l’être aimé et  le « Dancing Barefoot » de Patti Smith en B.O. On est arrivé à destination, Manhattan, 1976, tout peut arriver, il suffit de ne pas s’y attendre. Longue vie aux Fuzztones !

Manu

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