Tabatha Crash – Twist

Publié par le 15 novembre 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques

(Zéro égal petit intérieur, 20 novembre 2020)

Les Sons Of Frida avaient mis fin à une belle aventure il y a de ça quelques années et nous avaient laissés bien orphelins de leur noise aventureuse aussi brutale qu’exigeante. Heureusement les fils de Frida ont fait des petits à leur tour. On a pu en voir certains chez Echoplain, d’autres chez Hélice Island ou Velocross notamment. Une constante ? Ce n’est jamais bien mauvais, c’est même toujours à peu près bien. Parfois formidablement jouissif, même. Comme ce Tabatha Crash, deuxième du nom, où l’on retrouve trois ex-rejetons de Frida. Un nom malicieux en référence à une dame aux attributs certains que les plus jeunes d’entre nous ne connaissent sans doute pas. Qu’importe, les plus jeunes n’ont probablement que faire de cette musique de gentils timbrés qui, quand on leur dit “aïe” redoublent de coups et quand on leur demande de se calmer se mettent à faire des pas de côté improbables ou des sauts périlleux arrière. L’imprévu est une constante mais les chemins qui nous y conduisent sont toujours empruntés avec force cohérence.

Le trio, d’une solidité à toute épreuve, livre là six compos d’une maitrise ébouriffante. Le son est brutal et la musique physique, remue autant qu’elle émeut. D’un post punk abrupt à une noise sauvage, Tabatha sait y faire et nous offre la totale. Six morceaux d’une intensité suffocante, qui se succèdent sans jamais se ressembler, des instruments qui empruntent des sentiers chaotiques, expurgent des sentiments renfrognés. Comme cette gratte qui à 2’30 s’échappe sans regarder derrière avant de se faire finalement dévorer dans un magma sonore un peu plus loin (“Fearless”).

De formidables histoires emplies de mélancolie contées par ces guitare et basse qui se croisent et communiquent sans se regarder, comme si elles avaient un passé inavouable en commun (“Kids”), des mots également presque aussi percutants que ces fûts matraqués et ces cordes indomptées (“i swear he was a real kid” sur la formidable “Fast End”, qui enchaine les cavalcades endiablées, “I’m pretty sure you’re gonna miss me” sur “Safe”).

Six morceaux, trop peu pour rivaliser avec les meilleurs disques du genre sortis cette année mais bien suffisant pour susciter l’attente fébrile d’un plus long format. Après de tels préliminaires, vivement le passage à l’acte !

Jonathan Lopez

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