PLAYLIST – Serge Gainsbourg en 30 morceaux

Publié par le 6 mars 2021 dans Best of artistes, Playlists

2 mars 1991 : alors qu’un événement majeur devrait occuper l’attention de mon petit monde, l’approche de mes 13 ans, je réalise ce même jour en subissant le sacro-saint journal de 20 heures qu’un évènement d’une tout autre ampleur s’est produit en cette fin d’après-midi.

Cet homme qui me faisait peur lors de ses apparitions télévisées et de ses envolées éthyliques est parti. Je ne comprendrai que plus tard que ceci était n’était que provocation et qu’un Serge d’une grande timidité se cachait derrière cet alter ego Gainsbarre qui noyait son mal-être dans l’alcool.

Je ne me suis plongé dans l’œuvre de ce génie que quelques années plus tard en me rendant compte que celui qui m’effrayait tant à travers le tube cathodique, avait bercé mon enfance avec un nombre incalculable de tubes que j’avais toujours en tête mais dont je ne comprenais pas toutes les subtilités.

30 ans après sa disparition, celui qui provoquait et dérangeait la bienséance fait la une des médias bienpensants. Où qu’il soit aujourd’hui, il doit bien se marrer devant tant d’hypocrisie alors qu’on loue son talent tout en s’interrogeant sur la diffusion de certaines de ses œuvres à l’heure d’une société de plus en plus puritaine et moraliste. L’art provocation permet de faire évoluer les mœurs et la société quand on se donne la peine de franchir le premier degré. Que serait devenue notre société sans Coluche, Desproges ou Gainsbourg ?

Loin de nous l’idée d’occulter les défauts d’un personnage très ambigu, il nous apparait aujourd’hui essentiel de nous remémorer l’artiste génial qu’était Gainsbourg (que même la perfide Albion nous enviait), doublé d’un poète passé maitre dans l’art de la manipulation des mots. Des classiques aux perles plus méconnues, de monuments de la chanson française aux détours reggae, sans oublier les expérimentations électroniques, retour en 30 morceaux (playlist youtube et spotify*) sur une carrière hors normes.

Alain Dutertre

*Les deux playlists diffèrent d’un morceau, “La noyée” n’étant pas disponible sur Spotify, elle est remplacée par “I’m The Boy”

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