Mondo Generator – Fuck It

Publié par le 26 février 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques

(Heavy Psych Sounds, 21/02/20)

S’il est compliqué de chroniquer un groupe qui officie dans le rock 90s en 2020 sans citer ses illustres prédécesseurs, il l’est tout autant de parler de Nick Oliveri ou de son groupe Mondo Generator sans citer son impressionnant CV. Mais l’erreur de beaucoup de gens est de penser que Mondo Generator est le projet par défaut d’Oliveri, celui auquel il se consacre quand il n’est plus dans un groupe culte ou mythique.

Car, mine de rien, le projet roule sa bosse depuis 1997 (officiellement) et trouve même son origine dans un morceau de Blues For The Red Sun, alors qu’Oliveri faisait encore partie d’un groupe pionnier du desert rock. Ainsi, on peut dire que Mondo Generator ne s’est pas construit en dépit des expériences de son frontman mais en parallèle, glanant à chaque nouveau groupe un ou plusieurs éléments pour enrichir sa musique. Mais c’est également un Oliveri libre de tout autre compositeur, or on sait qu’il était toujours entouré de personnalités assez fortes en la matière, et donc libre de s’exprimer de la façon la plus personnelle.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que si cet album représente la personnalité de son compositeur principal, elle ne doit pas être bien facile à cerner ! Car si la musique de Mondo Generator peut sembler rugueuse au premier abord, voire bourrine, ce qu’elle est indubitablement par moments, elle se révèle souvent plus subtile et complexe qu’elle n’y parait. Alors certes, ce n’est pas la subtilité qui transpire de titres comme “Up Against The Void” qui navigue entre punk hardcore et metal extrême, la flippante “S.V.E.T.L.A.N.A.S.”, avec le groupe éponyme, ou “It’s You I Don’t Believe”, le morceau le plus court de l’album. Mais quand on écoute un peu plus attentivement, on constate que même les morceaux qui semblent les plus linéaires ont des éléments qui leur permettent de se distinguer, comme le break du très accrocheur “Turboner”, le passage blues de “Fuck It” ou l’excellente (et très drôle) outro à tiroirs de “When Death Comes”.

L’album, aussi brut et immédiat qu’il semble être, ne manque donc pas de surprises et de paradoxes. Ainsi, “Silver Tequila” est doté d’une intro technique assez complexe avant d’enchainer sur un morceau rentre-dedans relativement primal, et même “S.V.E.T.L.A.N.A.S” a un pont qui rappelle “Get It On”, l’un des morceaux de Death Punk les plus catchy au monde. “Death Van Trip”, pour sa part, alterne entre les riffs qui évoquent clairement le désert californien et ceux qui feraient plutôt penser à la banlieue d’Oslo, et est peut-être ainsi à lui seule une belle allégorie du disque et du groupe. Celui-ci nous avait habitué à son syncrétisme stylistique, mais il est toujours parfaitement maitrisé ici. En revanche, plus présente à mon sens que sur les précédents, ce nouvel album possède une touche stoner indéniable, dès le riff fuzzy du “Nowhere Man” d’ouverture ou avec le groove de “There’s Nothing Wrong”, mais du stoner à la Oliveri, où le punk n’est jamais très loin. Le morceau qui semble le plus entériner cet aspect stoner est sans doute “Kyuss Dies”, fausse blague ou vraie manière de tourner la page ou vice et versa, je n’en sais rien, mais vrai bon morceau, assurément.

Dans l’ensemble, hormis le presque Spoken Word/Metal “Option Four” dont je ne sais pas trop quoi faire et les quelques passages purement hardcore un peu éprouvants mais suffisamment équilibrés pour ne pas me gâcher mon plaisir, je suis totalement conquis par ce nouveau Mondo Generator, et je pense que quiconque aime leur musique le sera autant. Si en plus vous découvrez le groupe malgré ses plus de vingt ans d’existence et que vous aimez le style, vous risquez de passer un très bon moment en vous écoutant leur discographie.  Et si vous n’aimez pas Mondo Generator, et bien tant pis pour vous, je crois qu’eux-mêmes vous disent ce qu’ils en pensent dans le titre de l’album.

Blackcondorguy

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