Interview – Bob Mould

Publié par le 29 septembre 2020 dans Interviews, Toutes les interviews

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter Bob Mould. Le chanteur-guitariste, figure du punk hardcore et de l’indie rock au sens large, va sur ses 60 ans et ne s’est toujours pas assagi. Il semble même plus en colère que jamais sur le tonitruant Blue Hearts, 15e album sous son propre nom, qui débarque dans un contexte social brûlant à seulement deux mois des élections présidentielles américaines, qu’il nous avoue redouter particulièrement. Car oui, l’ancien leader de Hüsker Dü et Sugar nous parle ici autant de sociopolitique que de musique, avec une extrême gentillesse et une verve intacte.

“J’incite mes collègues à prendre position. (…) Pour que le changement se produise, il faut que nous fassions tous de lourds sacrifices ! Donc tant pis, s’il faut perdre la moitié de votre public ou de vos voitures de course, ce ne sont pas que des mots, il faut tous être prêts à faire des sacrifices pour un monde bien meilleur.”

© Blake Little

Blue Hearts est un disque beaucoup plus agressif que son prédécesseur Sunshine Rock. Qu’est-ce qui t’a poussé à revenir à un son aussi brut ? Tu souhaitais faire autant de bruit avec ta guitare qu’avec les mots forts employés dans tes textes ?
Ça s’est simplement fait comme ça. Il faut dire qu’« American Crisis », le premier morceau qu’on a dévoilé en clip, datait d’il y a deux ans. Il était à l’origine prévu pour Sunshine Rock mais on le trouvait un peu trop lourd pour un disque qui se voulait joyeux. J’avais donc ce morceau. Et puis, l’an passé, en septembre et octobre, j’étais à Berlin et je me suis remis à jouer beaucoup de guitare, j’ai fait beaucoup de concerts en Europe, ça redevenait sauvage ! Je suis retourné à San Francisco fin novembre, j’y suis encore aujourd’hui. Il y avait beaucoup de colère, un pays très divisé… Et comme j’avais déjà « American Crisis », j’ai décidé d’écrire des textes dans le même ordre d’idées pour certains morceaux. Au mois de janvier, j’ai fait beaucoup de concerts solos aux Etats-Unis, j’ai joué plusieurs nouveaux morceaux, je parlais au public, de politique, de ma propre vie, de mes opinions… Les nouveaux morceaux ont été très bien accueillis, les gens m’en parlaient après les concerts, ils étaient très excités que j’aille dans cette direction. J’ai fait trois semaines de concerts en janvier. Puis à Chicago, j’ai retrouvé les membres du groupe, Jon Wunster (NdR : le batteur) et Jason Narducy (NdR : le bassiste), et on a passé quelques semaines à faire ce disque. On souhaitait faire un disque « punk rock », à défaut d’un meilleur terme, quelque chose de très brut et agressif, sans faire beaucoup de retouches en studio. Les morceaux sont quasiment tels que nous les avons enregistrés. Et je crois que c’est une réussite ! (Rires) Ça a très bien fonctionné. Voilà à peu près comment ça s’est déroulé. Évidemment, les temps sont durs en ce moment, il se passe beaucoup de choses dans le monde, j’avais donc beaucoup de préoccupations. Et puis, ce n’est pas la première fois que je fais ce genre de musique ! (Rires)

Tu as cependant choisi d’ouvrir et de conclure l’album par des ballades. Tu souhaitais faire une entrée en douceur avant de mettre la gomme ?
Tu connais le mot anglais « soliloquy » (NdR : « soliloque » en français, ce que j’ai compris plus tard) ?

Non, ça ne me dit rien.
Dans la façon de raconter une histoire, « le storytelling », par exemple dans une pièce de théâtre, le soliloque correspond aux deux première minutes quand le personnage principal va venir raconter une histoire très calmement, à voix haute, avant que ça démarre. Puis les rideaux se lèvent… et la folie démarre ! (Rires) Pour moi, c’était l’idée. Démarrer de façon directe avec simplement la guitare acoustique et ma voix, les mots sont très clairs et on plante le décor pour annoncer tout ce qui va se produire. C’est la technique artistique que j’avais en tête quand j’ai fait ça. Le disque commence de façon calme et se termine de façon… un peu plus calme (rires) mais tout ce qui se passe au milieu est assez fou !

D’accord, c’est l’expérience du compositeur qui parle ! Tu joues avec le même groupe depuis 2012, tu es au sein du même label (Merge), tu as enregistré l’album aux studios Electrical que tu connais très bien, avec Beau Sorenson, un collaborateur de longue date… Bref, tu étais entouré de ta « famille musicale ». Tu pourrais facilement tomber dans un certain confort, qu’est-ce qui t’empêche de te reposer sur tes lauriers et de tourner en rond ?
Avec Jon et Jason, on joue ensemble depuis… Oh mon Dieu, 11 ou 12 ans, maintenant ! On adore faire de la musique ensemble, passer du temps ensemble. Nous sommes de très bons amis, on se connait depuis toujours. En tournée, on s’entend très bien. Tout ceci est très positif, on adore faire de la musique ensemble ! On a commencé à travailler avec Beau Sorenson, l’ingénieur du son, sur l’album Silver Age en 2012. Beau fait vraiment partie de l’équipe, quand on se met en place tous les trois, qu’on essaie plusieurs choses, Beau est très organisé. Il garde toujours une trace des différentes idées, différents sons, différentes versions des chansons enregistrées en studio et techniquement il est très fort. C’est du haut niveau. Donc oui, c’est très confortable, mais c’est ce dont j’ai besoin en ce moment. Je crois que je n’avais jamais joué aussi longtemps avec les mêmes musiciens. Ça fait beaucoup plus longtemps que pour Hüsker Dü et, sans aucun doute, beaucoup plus longtemps que pour Sugar ! (Rires) Mais c’est très naturel pour nous. Pour ce disque, j’ai envoyé à tout le monde des versions enregistrées à la maison pour qu’ils aient la structure des morceaux et Jon et Jason avaient ces démos depuis deux semaines environ et quand on est allé enregistrer, tout le monde était prêt et c’était très facile.

Au sein de Hüsker Dü, vous étiez deux compositeurs aux personnalités très fortes (NdR : lui et Grant Hart, batteur-chanteur), est-ce qu’au fil des années ton groupe est devenu plus démocratique qu’auparavant ou s’agit-il toujours de TES chansons et TES décisions ? Est-ce qu’ils osent te contredire davantage ?
Au final, ce sont toujours mes chansons et mes décisions. Au début, ce sont mes chansons et à la fin mes décisions (rires) mais au milieu du processus, j’écoute toujours Jason, Jon et Beau. En faisant des disques, on essaie des choses… Cela fait si longtemps qu’on travaille ensemble qu’on sent très bien quand on bloque sur une chanson. Si Jon dit « je ne sais pas trop quoi faire de cette chanson » ou Jason dit « tu sais, ce morceau ressemble un peu trop à tel ou tel autre », je dis « oups… Merci de le signaler, passons au suivant ! ». Il faut que quelqu’un soit à l’origine et à la fin du processus de composition mais au milieu de tout cela, il y a beaucoup d’échanges. J’apporte mes idées et je leur demande ce qu’ils en pensent. Si ça fonctionne pour chacun d’entre eux, alors il s’agit de la musique que l’on retrouvera sur le disque.

OK. Ça ne te manque donc pas trop d’avoir des contradicteurs virulents et de te battre pour t’imposer en studio…
Non, pas tant que ça ! (Rires) Mais pour revenir là-dessus, Hüsker Dü avait deux compositeurs forts et déterminés et ça faisait clairement partie de notre dynamique. Avec Sugar, David Barbe (NdR : le bassiste) a contribué à plusieurs chansons, l’album Blowoff (NdR : sorti en 2006) était composé totalement en binôme avec Richard Morel donc j’ai connu ça, la composition à plusieurs musiciens… Mais, là il s’agit principalement de ma vision et de mes chansons, et ça me plait comme ça.

Parlons un peu des textes de ce disque. Tu parles d’environnement, tu incites à la mobilisation, tu parles de tes inquiétudes pour la nouvelle génération… Obama n’était pas parfait mais c’était un progressiste, penses-tu que Trump a commis des dégâts irréversibles et, de façon plus générale, s’agit-il selon toi du pire président américain ? Vous avez une longue tradition d’horribles présidents…
Et bien, je crois que Barack Obama était finalement un président incroyablement bon ! Trump, le pire président ? Je pense que c’est encore trop modéré. C’est probablement le pire président du monde ! (Rires)

Et il y a de la concurrence… Tu penses qu’il peut être réélu ?
Absolument ! Je pense que tous les Américains décents sont inquiets à propos de novembre, d’une élection qui semblerait irréelle, qui ne peut pas se produire. Il DOIT partir ! Tous les américains doivent voter, et regarder ce qui s’est passé dans le monde, principalement à cause des Etats-Unis ces quatre dernières années. Les gens doivent se décider. C’est le moment. (Il insiste) C’est le moment de passer le test démocratique auquel on aurait aimé ne jamais avoir à se confronter.

C’est vraiment le moment pour les américains de repenser aux 400 dernières années sur cette terre, aux siècles écoulés sur ce pays. Les inégalités, les injustices, le racisme, le sexisme, tous les stratagèmes que les conservateurs blancs ont utilisé pour accroitre leur richesse, leur puissance, leur mainmise sur ceux qui ne sont pas comme eux… Cela fait beaucoup trop longtemps que ça dure !

© Blake Little

J’ai lu que le « Blue » de Blue Hearts était une référence au bleu démocrate. C’est vraiment un disque qui sort à point nommé pour faire campagne contre Trump.
Oui, en 1992, quand George Bush était président, je sortais l’album Copper Blue, avec Sugar. Il est sorti en septembre et deux mois plus tard, Bill Clinton était élu président. Un bien meilleur président que Donald Trump ! (Rires) Donc j’utilise le mot « bleu » généralement deux mois avant une élection quand les démocrates doivent vraiment gagner ! (Rires) Ils faudrait qu’ils gagnent tout le temps, à vrai dire, tant qu’on n’a que deux partis ! Bref, c’est un peu pour me porter chance…

Ça doit être d’autant plus frustrant de ne pas pouvoir tourner et faire passer ce message…
Oh oui ! Et j’imagine que tu connais bien mes disques et, quand tu entends celui-là, tu dois te dire « j’ai hâte d’entendre ces chansons en concert ! ». Pour moi, c’est très difficile car en les jouant seul avec une guitare électrique en janvier et en voyant la réaction du public, j’étais hyper excité ! Je me disais « ça va être un super album, la tournée sera vraiment exaltante et c’est en plus un moment très important ! », et cette tournée n’aura finalement pas lieu cette année… Je suis d’autant plus triste que ce disque était composé de plein de chansons faciles à jouer en live ! Et il était important de faire passer des messages forts. Là, on ne peut rien faire d’autre qu’attendre…

Penses-tu que les musiciens devraient davantage s’affirmer aujourd’hui et prendre position pour faire bloc contre Trump ? Beaucoup de musiciens se contentent de dire « ce n’est pas mon rôle, je ne suis là que pour jouer de la musique »…
Oui ! Je pense vraiment que plus de musiciens devraient utiliser leur exposition pour faire entendre leur voix et s’exprimer à propos de la politique ! Durant certaines périodes de ma vie, je ne me suis pas focalisé sur mes opinions personnelles mais je pense que le monde vit actuellement une période cruciale et si je ne m’exprime pas maintenant, l’histoire le retiendra ! Et j’incite mes collègues à vraiment prendre position. Je me fiche que la moitié de mon public me lâche car j’estime que c’est bien plus important. Donc je comprends que des gens très populaires, très suivis, soient inquiets à l’idée de perdre la moitié de leurs fans mais, si dire « Black lives matter » est important, pour que le changement se produise, il faut que nous fassions tous de lourds sacrifices ! Donc tant pis, s’il faut perdre la moitié de votre public ou de vos voitures de course, ce ne sont pas que des mots, il faut tous être prêts à faire des sacrifices pour un monde bien meilleur. Et c’est également au tour des jeunes d’aujourd’hui ! Je suis comme un vieil sage… (Rires)

Les artistes un peu frileux que tu évoques, pourraient te rétorquer que c’est plus facile pour toi aujourd’hui car tu as un nom et qu’il est délicat de prendre position quand on débute et qu’on a une notoriété moindre.
Moi, je dois dire la vérité à travers mon travail ! Tout ce que vous entendez sort de mes mains ! Je fais mon travail, je raconte mes histoires, je dis la vérité, et ce qui doit arriver arrivera. D’énormes changements se produisent aux Etats-Unis, la vision que vous avez des Etats-Unis actuellement est un peu faussée. Ceux qui se comportent de façon affreuse n’ont aucune capacité de raisonnement, ils suivent simplement cette personne et les mots qui sortent de sa bouche car ils l’ont regardé depuis 20 ans à la télévision et ils pensent qu’on est dans une émission de TV très drôle. Ça ne l’est pas ! Beaucoup de gens, dans les années 80, pensaient de la même façon quand Ronald Reagan est arrivé « “oh, c’est le gars de la tv !” Les droits religieux, les évangéliques… Doit-on parler du sida maintenant ? Oh, attendons un peu… ». J’ai fait ça une fois, je ne veux pas le revivre ! À mon âge, d’ailleurs pourquoi je crie ? Pourquoi dois-je encore crier à près de 60 ans ? (Rires)

J’allais y venir. Dans « American Crisis », tu parles de la façon dont les homosexuels ont été « marginalisés et diabolisés » quand le virus du sida est apparu dans les années 80 et tu compares cette période à la situation d’aujourd’hui. Tu as mis du temps à t’exprimer à propos de ton homosexualité et à prendre la parole pour défendre les droits des homosexuels. À quel moment as-tu réalisé que tu devais prendre position pour défendre cette cause ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
Dans les années 80, l’homophobie des Américains était réelle. C’était partout. Quand le sida est apparu durant l’été 1981 à San Francisco, la majorité bien-pensante s’est emparée du sujet. Pendant une bonne partie de cette décennie, mon gouvernement m’ignorait ou me disait que je devais mourir car c’était la punition infligée par Dieu. J’étais un jeune homme, je savais que j’étais gay, mais je ne savais pas ce que c’était que de l’être. J’étais un musicien et il se trouve que j’étais gay, ça s’arrêtait là. Avec Hüsker Dü, au milieu des années 80, on a quand même participé aux distributions de nourriture à New-York pour les séropositifs. On a toujours fait de petites actions mais j’étais simplement un musicien homosexuel. Quand j’ai fait mon coming out au milieu des années 90, j’ai commencé à en faire plus et à me rattraper pour ce que je n’avais pas fait ou, pas suffisamment, durant les années 80. Et, depuis j’ai fait mon possible pour aider. Mais ça s’est fait progressivement. J’ai d’abord compris et accepté ma sexualité, il m’a fallu plus de temps pour me sentir à l’aise au sein de cette communauté. Il n’y a pas de moment idéal pour assumer son homosexualité, je le comprends très bien. Chacun a son propre parcours. Une fois qu’on l’assume, c’est important de continuer à le faire. Dans ce disque, et notamment sur « American Crisis », j’ai tenu à effectuer le parallèle entre ces deux périodes. Pendant près de cinq ans, avec Reagan, ce président qui venait de la télévision, soutenu par des évangélistes extrémistes, tu ne pouvais même pas prononcer le mot « sida ». Au début 2020, un autre virus est apparu et maintenant notre président, également issu de la télévision et soutenu lui aussi par les évangélistes, prétendait que la pandémie était terminée. C’est du « déjà vu » (NdR : en français) ! (Rires) Avec « American Crisis », avec ce disque, cette conversation qu’on a en ce moment, je tiens à insister là-dessus car ce sont des choses que je ressentais en septembre à Berlin, quand j’ai pris ma guitare et que j’éprouvais cette colère, cette rage et cette impression d’avoir déjà traversé cela. En tant qu’homme âgé, tout ce que je peux faire, c’est partager mon vécu et dire « hey ! Ça s’est déjà produit par le passé et c’est en train de se reproduire ! »

Un autre « déjà vu » qu’on est assez fatigué de revivre, c’est l’affaire George Floyd. Le drame s’est déroulé à Minneapolis, une ville que tu connais bien puisque tu y as vécu et c’est là que s’est formé Hüsker Dü. Il y a eu une énorme mobilisation, aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi dans le monde entier. Penses-tu que cette fois sera « la bonne », que ça va avoir un impact décisif, et qu’on verra enfin de réels changements après tant d’affaires similaires par le passé et un racisme qui perdure ?
OUI ! Je crois qu’on va voir de gros changements. Est-ce que ce sera parfait ? Suffisant ? Non. Aucun changement n’est permanent ni parfait. Mais je crois que cette fois sera vraiment décisive, c’est vraiment le moment pour les américains de repenser aux 400 dernières années sur cette terre, aux siècles écoulés sur ce pays. Les inégalités, les injustices, le racisme, le sexisme, tous les stratagèmes que les conservateurs blancs ont utilisé pour accroitre leur richesse, leur puissance, leur mainmise sur ceux qui ne sont pas comme eux… Cela fait beaucoup trop longtemps que ça dure ! Et les jeunes Américains ne vont pas laisser faire ça. Autant je partage mon vécu, autant j’essaie aussi d’être à l’écoute, d’essayer d’apprendre, comprendre des choses que je n’avais pas pas bien assimilées à l’époque. Ce qui s’est passé à Minnesota, c’était difficile à regarder, car je connais très bien. Je m’y suis installé à 17 ans pour aller à l’université. Je venais d’une petite ville où il n’y avait pas de personnes de couleur, j’ai donc dû apprendre rapidement que nous sommes tous uniques, tous des êtres humains égaux. J’étais ravi de devenir un musicien professionnel à Minneapolis où il y avait une telle variété de musique. Que ce soit Hüsker Dü, les Replacements ou Prince, on jouait tous dans les mêmes clubs. Beaucoup de mes souvenirs de Minnesota sont liés à cette communauté musicale, je me souviens quand la communauté Hmong a immigré là-bas (NdR : à partir de 1975, de nombreux Hmong ont fui le Laos suite à la guerre civile et ont notamment trouvé refuge à Minnesota). Ensuite, alors que j’avais quitté la région, de nombreux réfugiés somaliens sont également arrivés. Minnesota a donc toujours été un endroit très accueillant mais je crois que dans les dernières décennies, il y a eu beaucoup de problèmes avec la police et le syndicat policier de la ville, notamment son président, un ami très proche de Donald Trump (NdR : Bob Kroll). Le système est déficient et c’est le cas dans plusieurs endroits des Etats-Unis. Maintenant que ça apparait au grand jour, on ne peut plus l’ignorer. On ne peut plus laisser ça se reproduire. Bref, on va voir du changement. Ce ne sera ni parfait ni définitif mais ce seront des changements importants.

Pour conclure, revenons un peu à la musique. En France, il est toujours difficile de se procurer les vinyles de Hüsker Dü à des prix décents, alors qu’il s’agit d’un groupe culte. Tu as déjà songé à les rééditer ?
Je n’y ai pas songé car je crois que les deux albums de Warner Bros, Candy Apple Grey et Warehouse (NdR : Warehouse: Songs And Stories), sont disponibles en vinyle. Et ceux de SST, Metal Circus, Zen Arcade, New Day Rising et Flip Your Wig doivent l’être aussi normalement. Les premiers enregistrements l’ont déjà été. Je crois que tu peux les trouver !

C’est peut-être plus facile aux Etats-Unis de se les procurer, ici à part sur internet avec des frais de port hors de prix, c’est plus compliqué…
J’ai un peu perdu le contact avec SST, la moitié de nos disques sont sortis chez eux, mais tu devrais vérifier sur leur site. À mon avis, tu peux les commander à des prix honnêtes ! En tout cas, il n’y a pas de réédition à l’ordre du jour.

On a une chance de te voir jouer en France l’an prochain ? Ça commence à faire longtemps que tu n’es pas venu… (NdR : le dernier concert daterait de 2008 au Café de la danse à Paris)
C’est vrai que ça fait longtemps ! Dès qu’on maitrisera de nouveau la situation, que la pandémie sera derrière nous… On est impatients de revenir en France et de se remettre au boulot de façon générale. Espérons que ça s’arrange rapidement, j’adorerais déjà pouvoir rejouer de la musique !

Entretien réalisé par Jonathan Lopez

À lire également dans new Noise #54 actuellement en kiosques.

Merci à Marion Seury

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