Chalet – II

Publié par le 19 février 2022 dans Chroniques, Toutes les chroniques

(Araki Records/Guru Disques, 1er décembre 2021)

Chalet est un trio que l’on aurait aimé de Cholet mais qui en fait est de Rouen. Leur deuxième album, II, nous a surpris en plein COVID et a eu le grand mérite de nous sortir pendant un temps de notre torpeur pour nous replonger à une époque où Chalet, s’ils avaient existé, auraient été, à n’en pas douter, notre groupe préféré.

II débute doucement en un balbutiement électrique qui renvoie aux meilleures heures de la musique de Chicago, de la fin des 90’s. Ils ont de cette époque, une vibration, un toucher, quelque chose de diffus, qui les inscrits, selon nous, dans ce courant post quelque chose, ni pop, ni hardcore. La guitare et la basse se tournent autour, se frôlent à peine, on sent bien une pulsation mais comme en sourdine, jusqu’à ce que ça explose, sans qu’on ne s’y attende et alors l’atmosphère change du tout au tout. C’est l’heure de la cavalcade. Les trois musiciens se mettent à l’unisson, ils brillent autant par leur virtuosité respective, que par la parfaite combinaison qu’ils parviennent à atteindre. Ils se démarquent rapidement de leurs aînés par la joie qu’ils transmettent au travers d’une musique dont ce n’est pourtant pas le but principal. Ici, je ne saurais l’expliquer, mais j’ai la sensation que les gars se sont vraiment éclatés à faire ce disque, et que ça s’entend…

II est un album essentiellement instrumental. Il arrive, cependant, que ça pousse la chansonnette, façon noise scandée et inintelligible, histoire de faire bonne figure. Les titres défilent sans que l’on déplore la moindre baisse de régime. Chalet tient son sujet de bout en bout. Un titre comme « StraBe Gespielt » nous donne l’impression d’être une odyssée de poche et illustre parfaitement la sobriété et l’efficacité du groupe. L’album est court, moins de trente-cinq minutes, et c’est encore à mettre au crédit du groupe que de ne pas s’être laissé aller à l’auto-complaisance. Je ne sais si la tentation fut grande ou non.

Si on peut les féliciter d’avoir su rester concis, on peut aussi le leur reprocher. Du moins, on peut imaginer que cette concision est due, peut-être, à leur jeunesse et qu’elle peut se confondre avec de la timidité. J’ai l’impression vivace que Chalet en a encore bien plus sous la pédale que ce qu’ils ont mis dans II. J’ai l’impression qu’ils n’ont pas encore totalement lâché les chevaux et que le meilleur est à venir.

Max

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