Warpaint – Warpaint (Rough Trade)

Publié par le 28 janvier 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

warpaintLes filles de Warpaint ne sont sans doute pas rongées par le stress, elles prennent leur temps. Le quatuor féminin sévit en effet depuis 10 ans et vient seulement de publier son second album.

De deux choses l’une : soit ce sont de sacrées feignasses, soit des perfectionnistes. À l’écoute de cet album, on pencherait plus volontiers pour la seconde option.

Si l’intro instrumentale est déjà synonyme d’évasion, le disque nécessite un bon nombre d’écoutes pour se dévoiler peu à peu.
 La bonne impression initiale se précise au fil du temps. Ce qui n’était qu’agréable devient marquant, les mélodies enchanteresses portées par la voix ensorceleuse d’Emily Kokal (« Love Is To Die », « Keep It Healthy ») nous font succomber à son charme subtil ô combien vénéneux.

 La chanteuse nous susurre des mots doux à l’oreille et on ne tarde pas à décoller (« Hi » et sa rythmique très trip-hop), on prend également grand plaisir à se perdre dans les méandres des délicieux arpèges (« Feelin’ Alright », « Drive »), à se laisser envoûter par des chœurs lointains qui surgissent (« Son » qui vient magnifiquement clôturer l’album).

À l’instar de sa magnifique pochette, Warpaint déploie un univers quasi féerique avec ses basses qui nous enveloppent bien au chaud et ses guitares délicates. Beaucoup comparent Warpaint à Cure, ce n’est pas totalement infondé mais ce serait bien trop réducteur. On pense également à Portishead ou Siouxsie And The Banshees, on a connu pire comme inspirations.

On pourrait uniquement regretter que le disque ne hausse jamais vraiment le ton ni le rythme, se la joue cool d’un bout à l’autre (à l’exception du plus agité « Disco/Very » à mi parcours très vite contrebalancé par un « Go In » minimaliste qui laisse place au recueillement).

Aux manettes, les producteurs très expérimentés Flood (Nine Inch Nails, Depeche Mode, Sigur Ros…) et Nigel Godrich (Radiohead), sont parvenus à bonifier les compos du groupe, à leur permettre d’occuper tout l’espace. Cet album est un vrai plaisir pour les oreilles, tel un mets des plus raffinés, il émerveille quasi constamment.

Un album parfait pour affronter les longues nuits d’hiver et réchauffer nos cœurs.

JL

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