Thee Oh Sees @ La Cigale (Paris), 14/09/16

Thee Oh Sees @ La Cigale (Paris), 14/09/16

Les Oh Sees sont devenus hype, c’est un fait. Ceux qui les suivent depuis le début doivent éprouver une pointe de fierté (ou d’amertume, c’est selon) à les voir truster l’affiche d’une salle de la dimension de La Cigale. 950 personnes quand même. Pour un concert de garage qui sue à grosses gouttes ça commence à faire. Ça doit bien faire marrer John Dwyer aussi. Remarquez on ne peut pas dire qu’il se soit ménagé pour en arriver là. 11 albums en 8 ans, il n’y a guère que son pote Ty Segall (l’autre éminent représentant du “renouveau de la scène californienne” comme on peut le lire partout dans les magazines rock importants) pour rivaliser. Ce même Segall qui avait lui aussi rempli la Cigale il y a 2 ans. Et d’ailleurs en y songeant à nouveau, on avait un peu vécu le même type de soirée. En clair, dans les deux cas : on a perdu 14 litres de sueur, reçu à peu près autant de litres de bières sur la tronche, on a sacrément rigolé et à la fin on s’est dit “putain, ça c’est ce que j’appelle un bon gros concert de ROCK“. On a cru apercevoir ce bon vieux Philippe Manoeuvre juste derrière nous avant le concert mais ce n’était qu’un vulgaire sosie : Philman en a vu d’autres mais maintenant il prend soin de ses vestes en cuir. Non mais. Ça c’est pour l’anecdote (qui sert à rien, certes). Thee Oh Sees donc. Deux batteurs désormais et c’est pas vraiment pour la déco car les bougres font un boucan de tous les diables et accaparent presqu’autant notre attention que ce bon vieux John Dwyer au style inimitable (pour ceux qui voient pas le tableau, guitare remontée juste en dessous du cou, micro quasiment gobé et gesticulations incessantes). Energie féroce et puissance dévastatrice, ces gars-là sout sauf des petites frappes. Ouverture rêvée avec “The Dream”. Pour le jeu de mot on repassera mais pour nous mettre dans le bain il n’y avait pas mieux. Le feu en quelques secondes. “The Dream”, ça devrait être ça obligatoirement : ouverture ou clôture de concert. Le ton est donc donné d’entrée et on ne va jamais redescendre de cette douce euphorie qui s’est emparée de nous. Un concert des Oh Sees c’est toujours pareil : ça hurle, ça joue vite, fort et bien. Dans le public, d’énormes pogos s’enchaînent et la scène est envahie constamment. Au grand dam d’une sécurité qui fait ce qu’elle peut mais a bien du mal à contenir un tel enthousiasme. Sans grande surprise, les morceaux du dernier album sont ceux qui envoient le bois (“Plastic Plant”, “Ticklish Warrior”), on pourrait déplorer cet “oubli” d’escapades...

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L’Espace B va fermer ses portes

L’Espace B va fermer ses portes

C’est une bien triste nouvelle que l’on vient d’apprendre. L’Espace B, excellente petite salle parisienne, qui depuis 4 ans propose une remarquable et exigeante programmation, va cesser de faire le bonheur des amoureux de la musique… et des curieux. Ce sont eux qui avaient fait venir FIDLAR pour la première fois en France, c’est chez eux que Howlin Banana, Influenza Records ou Teenage Menopause avaient leurs ronds de serviette. D’ici à la date fatidique, le 22 décembre prochain, nombreuses seront les occasions de dire au revoir et merci à l’espace B . Pas moins de 21 concerts, sans doute de belles découvertes et des supers soirées en perspective, à des prix très abordables. Vous savez ce qu’il vous reste à faire....

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Low @ Divan du monde (Paris), 03/11/15

Low @ Divan du monde (Paris), 03/11/15

Je n’avais pas prévu d’écrire à propos de ce concert. Mais là je ne tiens plus, il faut que j’en parle. Alors me voilà parti pour vous conter une douce et belle nuit automnale. Soirée de gala au divan du monde avec Low, auteur d’un des albums de l’année et qui mène une carrière des plus admirables. C’est le songwriter australien Mike Noga qui a l’honneur d’ouvrir le bal accompagné d’un second guitariste qui prête main forte aux choeurs régulièrement. Visiblement ravis d’être là, ils nous font passer un agréable moment, avec des chansons allant “du triste au suicidaire” (c’est eux qui le disent !) avant une fin de set plus enlevée. Et puis, Low. Quelques secondes de “Gentle” suffisent à planter le décor, à nous happer dans l’univers Lowien. Le divan du monde, cosy mais plein comme un oeuf, leur va comme un gant. Le son est gargantuesque. La basse fait vibrer les murs, les chants emplissent l’espace. Puissance et clarté, frissons à tous les étages. Le concert débute comme le dernier album : “Gentle” et “No Comprende”. Autant dire, parfaitement. La voix de Mimi Parker est d’une pureté incroyable, les compos prennent encore plus sens sur scène, les versions entendues surclassant dans leur grande majorité celles sur disque. Ce n’est pas peu dire, vu les bijoux interprétés ici. Peu bavard, Alan Sparhawk se contente simplement de caresser ses cordes et de nous emporter avec sa voix d’une intensité poignante venant percer l’obscurité. Et quand les deux chants résonnent de concert… on s’accroche aux rambardes ! Oui car on est installé aux balcons, bénéficiant ainsi d’un surplomb idéal pour savourer ces moments d’osmose absolue. Le dernier album est largement représenté et une “Monkey” dévastatrice vient nous rappeler entre temps que quand Low décide de s’énerver, il ne le fait pas pour rien. “Landslide” aussi fait trembler le décor après les nombreux instants de grâce (“Lies”, “Holy Ghost”, “DJ”). Et de s’achever sur les longs et sublimes choeurs évanescents de Mimi. Quoi de mieux pour partir avant le rappel ? Si le public ne s’était pas montré un poil timoré (ou extatique ?), il aurait sans doute entonné à son tour les “ouhouhouhou” qui vont bien jusqu’au retour du groupe. Certains s’y sont risqués, les autres ont sans doute craint de paraître ridicules en passant après Mimi. Il est vrai qu’il y a de quoi être intimidé. Comme si ce n’était pas suffisant, Low nous offre au rappel l’inattendu “Words”, ce chef-d’oeuvre du premier album qu’on n’osait même pas espérer. Qu’est-ce qu’on a bien fait pour mériter tant ? Mike Noga et son acolyte ont eux aussi dû se sentir privilégiés, c’est déjà la classe d’ouvrir pour Low mais venir jouer avec...

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L’Élysée Montmartre va renaître de ses cendres !

L’Élysée Montmartre va renaître de ses cendres !

Paris ne manque pas de salles de concerts, mais Paris se trouvait quelque peu orphelin du mythique Élysée Montmartre, subitement rayé de la carte suite au terrible incendie de 2011. Et bien c’est désormais officiel : l’Elysée Montmartre aura le droit à une seconde vie ! On peut remercier les propriétaires du Trianon qui ont racheté cette salle du 18e arrondissement pour la remettre sur pied. La salle a été rebâtie selon les dimensions de l’édifice d’origine, inspiré d’archives des années 1900. Dès 2016, vous pourrez donc de nouveau vous ruer à l’Elysée Montmartre pour y assister à des concerts…...

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Ty Segall @ The Chapel (San Francisco, USA), 31/07/15

Ty Segall @ The Chapel (San Francisco, USA), 31/07/15

Difficile de bouder un concert de Ty Segall, encore plus quand on est en pélerinage sur ses terres et que, hasard du calendrier, il est de passage pour un petit concert “à la maison”. Il en faut déjà peu pour être heureux lors d’un voyage à San Francisco aka SF aka Frisco aka The city of the bay, et une soirée comme celle-ci tend à donner à l’ensemble une saveur particulière. Ce 31 juillet, Ty se présente donc seul, avec sa guitare sèche, sa voix et quelques pounds en trop. Très décontract’, vêtu d’une chemise à carreaux comme celles qu’on mettait pour faire de la peinture à l’école, il se lance dans une série de morceaux du remarquable Sleeper, qu’il avait pourtant promis de ne plus jouer mais qui pour le coup se prêtent idéalement à l’exercice, puisque dénués de toutes décharges électriques qui parsèment habituellement son répertoire. Ty Segall n’évite pas les fausses notes et imprécisions mais se livre à nu, avec un naturel désarmant. Comme s’il était notre pote à tous et qu’il venait nous en chanter quelques-unes au coin du feu. Il invitera un autre copain à lui, semble-t-il inconnu au bataillon mais fort habile, venant interpréter en duo d’autres morceaux tout aussi inconnus au bataillon mais fort plaisants. Le copain en question se charge de la lead guitar et les deux s’amusent durant cinq à six morceaux à changer de rythme fréquemment et à faire cracher leurs grattes à l’unisson comme si elles ne demandaient qu’à être “pluggées”. La complicité est belle à voir. Et à entendre. Et l’acoustique parfaite de The Chapel rend totalement justice au numéro qui nous est présenté. Puis le copain laisse de nouveau Ty seul, seul devant les habitants du “depraved state of california” comme il les appelle, lesquels ne perdent pas une miette du spectacle, se gaussent devant ses pitreries et en redemandent quand Ty nous quitte une première fois, sans doute à court de setlist (en avait-il seulement préparé une ?), non sans nous avoir bien mis sur le cul avec une “The Faker” tout en tension retenue, nous laissant à l’affût permanent d’un décollage imminent qui ne viendra jamais. Malin le bougre. Et diablement talentueux. Il reviendra pour un peu de rab, et notamment “Wave Goodbye”, qui fonctionne bien même sans sa dose de fuzz. Après des morceaux mi-blagues mi-chansons totalement improvisées, et à moitié foireuses parfois, ponctuées par des cris aussi soudains qu’impromptus, le voilà qui nous plante cette fois pour de bon. Venant ainsi mettre fin à une plaisanterie, d’un peu trop courte durée, qui aura néanmoins enchanté tout le monde....

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