Modest Mouse – Good News For People Who Love Bad News (Epic)

Publié par le 20 décembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

good-news-for-people-who-love-bad-news-5009b3d7d4757L’avantage des jeux type Guitar Hero/Rock Band, hormis le fait qu’au bout d’une semaine on se sent pousser des ailes et on joue du Hendrix les yeux fermés, c’est que ça permet parfois de faire de belles découvertes musicales.

Ainsi, je ne remercierai jamais assez les développeurs de Rock Band 2 pour m’avoir permis de tomber sur le morceau « Float On » des Modest Mouse. Le genre de morceau qui te fait aimer la vie même si tu viens de te faire tirer ton larfeuille. Grâce à eux je suis donc devenu l’heureux possesseur de l’album Good News For People Who Love Bad News, quatrième opus des Souris Modestes dont je m’apprête à vous conter monts et merveilles.

Après deux premiers albums remarqués, le groupe formé par le trio Isaac Brock (chanteur-guitariste), Jeremiah Green (batteur) et Eric Judy (bassiste), « vend son âme au diable » comme il est de bon ton d’affirmer quand un groupe de rock indé rejoint une major, en l’occurence Epic.
Un choix qui, bien souvent peut provoquer la perte de 15 fans de la première heure présents lors de concerts donnés dans un bar miteux devant 34 pélerins, mais qui parrallèlement permet d’acquérir des milliers de nouveaux adeptes dont certains jusque-là remuait la tête comme des gorets sur le dernier tube moisi de David Guetta. J’exagère un chouïa mais vous avez compris où je voulais en venir.

L’album suivant, forcément très attendu « The Moon & Artantica » mettra tout le monde d’accord, contentant à la fois fans irréductibles et nouveaux arrivants. Le groupe semble arrivé à mâturité et livre une galette parfaitement cohérente, maîtrisée sans perdre sa spontanéité des débuts.

Quatre ans plus tard, ils reviennent auréolés d’un nouveau statut de groupe référence du rock indépendant, suivi de près par « les spécialistes ». Et là où on pouvait craindre le pire, une fois encore les Modest Mouse nous offre le meilleur. Car ce « Good News… », c’est que du bonheur comme dirait mon idole Patrick Sébastien.

Bon on a dit que c’était de l’indie rock parce que ça fait bien mais à vrai dire on ne sait pas trop dans quelle case mettre les Modest Mouse. Car ils brassent large les gars. Ballade pop (« The World At Large », magnifique), tuerie ultime au riff trop cool qui rend dingue (« Float On »), rock planant (« Ocean Breathes Salty »), morceau enlevé aux guitares nerveuses (« Bury Me With It », « Dance Hall »), délire qu’on croirait tout droit sorti d’un film de Kusturica où cohabitent accordéon fou et cuivres éméchées (« Devil’s Workday »)…

On ne sait jamais sur quoi on va tomber mais on sait qu’on va s’éclater. Une constante : un indéniable sens de la mélodie et un côté cool, délirant, symbolisés par la voix d’Isaac Brock faussement maladroite, toujours sur un fil, portée par une vibe irrésistible.

On assiste donc à un joyeux bordel mais un son qui a une vraie personnalité. Rythmé, dansant, joyeux, jouissif… Pour les classer (ça rassure les gens de tout mettre dans des cases), vaut mieux dire que c’est du Modest Mouse. À la veille d’une fin atroce pour nous autres pauvres humains (on fait les malins mais on pourra pas dire qu’on nous a pas prévenus), cet album nous procure un plaisir indéniable et a de quoi ravir tout le monde. À part peut-être les fans de David Guetta, mais en même temps ces gens-là n’ont rien à foutre sur ce blog.

 

JL

 

Écoutez « Float On »

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