Minor Victories – Minor Victories (Fat Possum, PIAS)

Publié par le 14 juin 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

PrintLe mariage entre Editors (Justin Lockey), Slowdive (Rachel Goswell) et Mogwai (Stuart Braithwaite), alléchant sur le papier, était aussi rudement casse gueule. On ne va pas vous refaire la liste des supergroupes prometteurs qui ont accouché d’une souris mais ils ne manquent pas.

Minor Victories était donc attendu de pied ferme, mais avec un peu d’appréhension. Et parler d’échec à son propos serait allé un peu vite en besogne.
Les morceaux sont tous remarquablement construits (d’autant plus quand on sait que le groupe ne s’est jamais retrouvé ensemble dans la même pièce avant le résultat final, cf notre interview), étonnamment variés (difficile de dire qu’untel a trop tiré la couverture à lui), on peut déplorer toutefois que le chant de Rachel Goswell soit poussé un peu trop loin de son domaine de prédilection.

Comme sur ce « Breaking My Light » très grandiloquent, où elle se retrouve à des années lumières de son chant éthéré sublime qu’on lui connaît chez Slowdive. Le morceau est beau incontestablement, mais il aurait gagné à plus de sobriété. Sur « Cogs », au demeurant assez enthousiasmant pour son rythme mené tambour battant, Rachel se retrouve également dans une situation inconfortable à courir derrière des instruments qui ont décidé de ne pas l’attendre et à pousser fort dans les aigus. Non sans grand talent, elle parvient à ne pas se laisser distancer. Et à nous maintenir satisfaits.

Mais au-delà du chant pas toujours en totale adéquation, le problème se situe parfois ailleurs. Un morceau comme « A Hundred Ropes » (intro électro, cordes omniprésentes, cheminement épique) a tout de la machine de guerre, y compris son côté irritant. « Scattered Ashes » et sa rythmique martelée souffre du même excès de puissance.
Les forces rassemblées étaient imposantes, les choses n’ont donc pas été faites à moitié. Et plutôt que de victoires mineures, on a souvent le sentiment que le groupe cherchait à conquérir le monde.

Sans trop tirer sur la (les) corde(s), Minor Victories était pourtant capable de bien belles choses.
« Folk Arp » et « The Thief » où l’on retrouve des ambiances chères à Mogwai, « Out To Sea » cette fois remarquable de nuances, sont parmi les grandes réussites de ce premier essai inégal. Tout comme le superbe dialogue entre Rachel Goswell et l’inénarrable Mark Kozelek, en mode comptine inoffensive, pourtant assez tordue et addictive (« For You Always »). De quoi nourrir de légitimes regrets à propos de ce disque.

Minor Victories ne vient donc pas rejoindre le bataillon des supergroupes super décevants mais à vouloir frapper un peu trop fort, il a paradoxalement minimisé son impact.

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