Journal d’un touriste au Hellfest

Publié par le 8 juillet 2014 dans Live reports | 2 commentaires

Cher JL,

 

En revenant du Hellfest dimanche 22 juin, j’ai trouvé par terre quelques pages manuscrites froissées. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais comme je devais te faire un papier sur cette journée du festival et que j’ai eu la flemme de plancher dessus, je t’ai simplement recopié ce qui est écrit. On pourra appeler ça « journal d’un touriste au Hellfest ». Si l’auteur se manifeste un jour, je te laisse lui rembourser ses droits en bière !

Sinon, Nantes, c’est super cool à cette période de l’année. Il fait chaud et beau (comme la fameuse contre-pétrie belge). Porte-toi bien et bonnes vacances !

 

BCG

 

PS : Je m’excuse, je suis allé voir Soundgarden et j’avoue que c’était vachement sympa. Chiant sur la durée, mais vachement sympa !

 

 

Journal d’un touriste au Hellfest

 

Dimanche 22 juin

16h
Nous arrivons à proximité de Clisson. Tout semblait parfaitement ordinaire, quand la présence anormale de véhicules garés de façon parfaitement anarchique dans l’ensemble de la ville nous a un peu interpellés. Après nous être renseignés auprès d’un autochtone, celui-ci nous a expliqué que les locaux organisaient une sorte de foire de renommée mondiale dédiée à la musique « metal ». Toujours friand d’aventure, nous allons voir de quoi il retourne !

 

16h50

En fait de foire, il s’agit simplement du plus gros camp de romanichels qu’il m’ait été donné de voir. Les véhicules garés se multiplient de chaque côté de la route, puis même au milieu de la route, les espaces gigantesques reconvertis en allées de camping, avec des tentes plantées à chaque espace libre, le tout totalement chaotique. Contre 80 €, nous avons pu échanger notre place contre un bracelet qui nous permet d’accéder à la fête foraine qui a été montée depuis 3 jours. Tout y est artificiel, sauf la poussière et le soleil de plomb. Les forains sont sans nul doute les êtres les plus mal accoutrés qu’il m’ait été donné de voir.

 

17h

Nous avons pu, sans trop de mal, troquer notre argent contre des jetons qui eux-mêmes ont été troqués contre des breuvages. La bière semble être la boisson locale la plus appréciée, sans aucun doute. Il semblerait que nous ayons raté un orchestre du nom de Seether (NdBCG : ceux-là mêmes qui chantent comme Kurt Cobain et font des reprises inavouées de TAD, en plus plan-plan), mais que ce ne soit pas une grosse perte.

L’orchestre qui joue à présent, Alter Bridge, fait beaucoup de bruit pour rien.

 

17h15

Nous migrons vers un autre espace de la foire, intitulé Warzone. Là, joue un orchestre du nom de The Last Resort, qui joue de la musique punk sur un tempo des plus répétitifs. Notre dernier recours sera plutôt de trouver un espace dans l’herbe pour nous asseoir et consommer tranquillement notre breuvage. Chose plus difficile à faire que prévu, les autochtones ayant déjà envahi la plus grande partie de l’espace disponible.

 

17h50

Nous migrons à la Valley pour écouter un nouvel orchestre du nom de House of Broken Promises, qui effectivement ne tient pas beaucoup de promesses. Le train de leur musique roule sur les rails de mon indifférence, même si ce sont de sympathiques germains.

 

18h45

Commence un long calvaire qui ne devrait prendre fin que deux heures plus tard. Une déferlante de rythmes fatigants, beaucoup, beaucoup trop de double pédales et des soli de guitare créant une nuisance sonore à laquelle, même assis dans l’herbe à plusieurs centaines de mètre de l’orchestre, nous ne pouvons échapper. Les « musiciens », et j’emploie ce terme à défaut d’un qui soit plus approprié, qui participent à cette cacophonie horripilante se nomment Dark Angel et Behemoth. Je prie le seigneur de ne jamais plus avoir à les écouter.

 

20h50

En fait de libération, c’est un choix cornélien qui se présente à nous. Deux orchestres renommés et qui attisent notre curiosité jouent en même temps. Dommage de ne pas les avoir proposé en décalé, de manière à pouvoir éviter la torture auditive que nous venons de subir. Nous prenons le partie d’écouter un peu des deux avant de prendre notre décision. Le premier, nommé Misfits, bien que divertissant, est bien trop mal accoutré et propose surtout une musique trop répétitive pour éveiller pleinement notre intérêt. Nous allons donc, sans regret, assister à la revue de Soundgarden, dont les volutes sonores sentent bon la nostalgie. Vu le patronyme de leur chanteur, il semblerait que nous ayons résolu notre choix cornélien par un choix cornellien.

 

22h

Nous nous rendons à nouveau à la Valley pour écouter un orchestre du nom de Spirit Caravan, dont le son est intéressant, mais les compositions s’essoufflent vite. Cet arrêt nous permet principalement de vider notre vessie.

 

23h10

Après un quart d’heure de torture insoutenable du nom d’Emperor, après m’être interrogé profondément sur la raison pour laquelle toute âme décente pourrait s’infliger volontairement une horreur pareille et y prendre goût, après m’être sincèrement demandé si la peste noire n’est pas une peine bien légère comparée à l’écoute de cet orchestre nauséabond, la délivrance vient enfin sous la forme d’une messe noire. Le spectacle me semble bien folklorique, mais les sons qui parviennent à mes oreilles sont enchanteurs. L’orchestre se nomme Black Sabbath.

 

0h55

Me voilà parfaitement conquis. Il parait qu’un orchestre fabuleux du nom de Turbonegro sera à la Warzone dans les minutes qui viennent. J’hésite même à y aller, tant Black Sabbath m’a fait une impression forte, que je ne saurais mettre en mots. Comment un corps qui semble si fatigué peut-il encore avoir une telle voix ? Comment un orchestre à la moyenne d’âge si élevée peut-il encore sonner si juste ?

 

1h30

Forcé d’écourter l’écoute de Turbonegro si je veux prendre le fiacre et retourner à la civilisation. C’est dommage, car après un temps de mise en place un peu long, cet orchestre proposait un spectacle revigorant, qui n’aurait sans doute pas eu à pâlir devant Black Sabbath. Ô rage, ô désespoir! N’ai-je dont vécu cette infamie que pour rentrer sans avoir vu Turbonegro avec Nick Oliveri ?

 

 

(Merci à John pour la photo en page d’accueil)

 

2 Commentaires

  1. Super bien ecrit!!

  2. Mon cher BCG, vous nous avez décrit cette foire de province avec beaucoup d’humour, merci pour ce moment de détente.
    Ravi qu’Ozzy et Tommi tiennent encore la route de manière aussi classe. « End of the beginning » mais pas la fin tout court !

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