Jedi Mind Tricks – The Thief And The Fallen (Enemy Soil)

Publié par le 26 juin 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

jmtÇa faisait un bail qu’on n’avait plus entendu du Jedi Mind Tricks pure souche. Le Jedi Mind d’origine, celui de Stoupe et Vinnie Paz, qui a livré derrière lui son lot de classiques, et ce dès son premier méfait en 1997. Six ans de chasteté viennent ainsi de nous être infligés – entre temps JMT avait publié Violence Begets Violence sans Stoupe-, quand on parle d’une des meilleures formations de hip hop underground, il y a de quoi trouver le temps long.

Langue pendue et trouillomètre à zéro, on s’est donc rué sur l’objet tant convoité. Un objet de noble apparence, grâce à l’artwork soigné de la pochette.

Après une belle et courte intro style shaolin à la retraite, le combat reprend. Et très vite, l’impression que Stoupe et Vinnie Paz n’ont jamais déposé les armes. Ce dernier (soulagé de la présence parfois encombrante de Jus Allah) retrouve son rôle de chien enragé dans lequel il excelle, saignant à souhait sur des instrus ciselées qui vont à l’essentiel (« Poison In The Birth Water », « Hell’s Messenger »).

L’attrait pour le grandiloquent peut parfois être le pêché mignon de Stoupe, ici il fait relativement sobre et percutant (ajoutons l’entêtante « Merchant Of War »). Qu’il fait bon sentir le froid de la lame des Jedi Mind Tricks sur notre cou vulnérable. Et quand il pousse un peu plus loin le délire, le boulot est fait avec tant d’application et précision qu’il est difficile de trouver quelque chose à redire. Avec son piano, son envolée sur le refrain, « Fraudulent Cloth » possède le souffle du classique immédiat.

Stoupe aime transcender les samples de musique classique et leur donner une seconde vie, il y parvient encore avec sa touche si personnelle. Le contraste entre la rugosité de Vinnie Paz et l’élégance de sa production, au charme macabre, fait encore des merveilles (« In The Coldness Of A Dream » au refrain sublimée par la voix ensorceleuse de Thea Alana, « Lemarchand’s Box » avec Yes Alexander).

Moins convaincant, le côté arme au poing primaire de « Deathless Light », qui sent quand même un peu le réchauffé. Stoupe reprend même le « Porque Te Vas » de Jeannette sur « Rival The Eminent ». Il fallait oser… Certainement pas le meilleur morceau de l’album, certainement pas la bouse qu’on aurait pu craindre non plus.

Les thèmes mafieux, toujours chers à JMT, sont ici symbolisés par le morceau « And God Said To Cain », avec une touche latina assimilable à du Psycho Realm. Si les couplets des invités, RA The Rugged Man, AFRO et Aemon, font leur petit effet, le refrain a tôt fait de se révéler casse bonbons.

Invités de marque, les Dilated Peoples participent, eux, à une des belles réussites de l’album, « The Kingdom That Worshipped The Dead ». Au niveau de ce qu’on pouvait espérer.

Comme cet album qui, malgré ses faiblesses, ne remet nullement en question la position de Jedi Mind, tout en haut de l’échiquier rap.

 

JL

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