The Future Sound of London – ISDN (Electronic Brain Violence)

Publié par le 12 février 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

isdn1The Future Sound Of London sort son 6ème album, ISDN, en 1994 sur le label que le groupe a fondé : Electronic Brain Violence. Le duo de musiciens bidouilleurs de machines est né à Londres de la rencontre de Garry Cobain et Brian Dougans au milieu des années 80 alors qu’ils étudiaient tous deux l’électronique à l’université. Au delà de leur musique et de la création de certaines machines nécessaires à la poursuite de leurs expérimentations, le duo navigue dans son propre univers esthétique en réalisant les visuels de FSOL ainsi que films et animations graphiques de leurs clips, extensions visuelles indissociables de leurs travaux sonores.

Comment parler de cet album afin d’éveiller la curiosité de l’amateur de musique auquel la vue de termes tels que machines ou expérimentations évoque au premier abord une musique dépourvue de sens, de chaleur et d’humanité ? Heureusement la musique du duo londonien ne suit pas ces raccourcis et la froideur de certaines compositions de FSOL réveille néanmoins chez celui qui l’écoute d’étranges sensations.

En effet ISDN offre à l’écoute un voyage sans interruption, au cœur d’un univers étrange et singulier dans lequel se côtoient mélodies synthétiques, rythmiques minimalistes, bruits organiques, basses granuleuses et voix lointaines vocoderisées. Sans oublier sur certains morceaux : saxo, piano ou contrebasse dont le son finement retravaillé permet de redécouvrir ces instruments.

« Just A Fuckin Game » ouvre le bal avec beat noisy, sons inquiétants et bruits d’ambiance spatiaux en fond, dans la même veine que « Slider » dont la rythmique ferait un beat hip hop terrible si elle n’était pas accompagnée de sublimes mélodies bizarroïdes, voix féminines démoniaques et autres effets sonores surgissant de nulle part.

Plus calme voire extrêmement minimaliste, avec des pistes comme « Smokin Japanese Babe » ou « A Study Of Six Guitars », le reste de l’album, n’en est que d’autant plus intéressant. La force du travail des deux « shamans » étant réellement dans le travail de texture et d’esthétique, aussi bien des mélodies que des sons les plus insignifiants.

« Egypt » en est la parfaite démonstration : flûte lointaine, mélodie synthétique « voilée », voie féminine discrète et basse simplissime suffisent à procurer à l’oreille un délicieux plaisir, tout comme « Dirty Shadows », voyage féerique sublimé par quelques notes de piano et une mystérieuse guitare exagérément « delay-ifiée ».

Difficile d’écrire, et de décrire plus longuement cette musique que chacun aborde et interprète de manière différente mais qui provoque en tout cas chez moi suffisamment d’émotions variées (angoisse, curiosité, plaisir…) pour que je vous recommande de prendre le temps d’y goûter…

 

EJ

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