Évènements à venir

Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Publié par le 17 juillet 2019 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Comment dédaigner un tel programme ? Journée les pieds dans l’eau à sillonner les criques de Six-Fours Les Plages, soirée à se délecter d’une série de concerts alléchants concoctés par le Pointu Festival. Le tout, rappelons-le pour tous les rapiats qui fréquentent ces pages : G R A T O S. Le plus compliqué dans ce genre de week-ends conjugués au plus-que-parfait, pour nous pauvres parisiens, consiste à se rendre sur place. « Compliqué » est certes un bien grand mot mais quand on se réjouit de se procurer un aller à prix correct, la douche froide peut vite arriver. Et, sachez-le, les termes « OuiGo » et « douche froide » vont souvent de pair. Ainsi, bon nombre de laissés-pour-compte se sont retrouvés à faire les 4h de trajet debout ou assis par terre comme des morts de faim (pas nous, rassurez-vous), pour cause de train surbooké. Bien joué les mecs ! Mais vous n’êtes pas venus ici pour lire des papiers qui fustigent le fonctionnement ubuesque de la SNCF, il y a Le Figaro pour ça. Et, comme un guide touristique de Six-Fours Les Plages n’est probablement pas ce que vous êtes venus chercher non plus, on va passer directement à la case concerts. Samedi 6 juillet Le premier jour a dû mettre idéalement en jambes bon nombre de festivaliers avec notamment les teigneux anglais de Slaves, toujours prompts à dégainer leur salve de tubes, et les plus dansants (mais nettement moins réjouissants en ce qui me concerne) Hot Chip. On ne vous en dit pas plus, parce qu’on n’y était pas, travail oblige (pas moi, rassurez-vous). Mon festival commence par Steve Gunn, après avoir manqué mais écouté (et apprécié) d’une oreille Penelope Isles, pour cause de mauvaise coordination avec navette (ou incompréhension de l’arrêt, c’est selon). Steve Gunn, donc, qui tire certes moins vite que Kurt Vile et Kevin Morby, deux ex-acolytes renommés, mais qui a dégainé un bien bel album en ce début d’année et confirme tout le bien qu’on pensait de lui, en toute décontraction, lunettes de soleil de rigueur (pour lui) et bière à la main (pour nous) devant un soleil déclinant. Quelque peu perturbé par les concours de shots et chorégraphies macarenesques à côté de moi, je m’immisce sans peine dans le concert, bien aidé par les perles familières du nouvel album (« Vagabond », « New Moon », « Stonehurst Cowboy »). Une fois le public séduit, le trio se paie même le luxe d’un jam psyché remarquable et d’un final « wah-wahisant/distorsionné » où on s’attendrait presque à voir Steve sortir de ses gonds (prononcez gunns) et péter sa gratte dans son ampli à la fin, m’enfin faut pas déconner non plus. Elle était forte cette bière. Steve Gunn, tranquillou Bilou La nuit tombe, un quartier de lune subsiste, idéal pour coller au son de Twilight Sad, groupe jouissant d’une belle renommée auprès des goths et autres amateurs de post punk/new wave (dont je fais souvent partie mais sans avoir totalement succombé à leur charme ombrageux). Un brin décontenancé par les gesticulations et le chant maniéré (à la limite du crispant) du frontman de prime abord, je finis par me laisser embarquer à partir de l’excellente « Last January » (troisième position sur la setlist). Sans être tout à fait...

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Thom Yorke – Anima

Publié par le 14 juillet 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Thom Yorke – Anima

(XL Recordings, 27 juin 2019) “Vous avez aimé Suspiria ? Vous adorerez Anima !” Ok, vous n’êtes pas venus ici pour vous contenter d’un argument commercial digne d’un vendeur Darty, mais cette assertion sans équivoque n’a rien d’infondée. Permettons-nous même d’élargir le constat : si vous êtes sensibles aux derniers travaux de Thom Yorke (en solo ou avec son petit groupe confidentiel), cet album a largement de quoi vous séduire. En revanche, si vous vous ennuyez ferme depuis que le monsieur a emprunté une voie plus expérimentale, vous pouvez déguerpir d’emblée… mais sachez que vous avez tort ! Parce que ce disque, derrière ses atours austères, ses beats minimalistes et répétitifs, se révèle très vite envoûtant et finalement peu avare en mélodies (sur ce point-là, il offre davantage que le controversé The King Of Limbs de Radiohead et semble plus consistant que Suspiria qui souffrait de moments de creux inhérents au format B.O.). Dès « Traffic », nous voilà plongés dans le cerveau tourmenté de Thom Yorke (une fois de plus épaulé de son inséparable acolyte, Nigel Godrich). On avance à tâtons, les sonorités synthétiques s’entrechoquent, les voix démultipliées se perdent au milieu d’un maelstrom électronique. Thom Yorke bidouille, s’évade, s’engouffre dans de longues rêveries extatiques (« Last I Heard… (He Was Circling The Drain) », « Not The News » dont la menace grandit au fil des minutes). Exigeant, ce disque l’est sans nul doute, mais si de nombreuses écoutes attentives s’avèrent nécessaires pour en cerner les subtilités, certaines chansons se démarquent sans tarder. A commencer par « Twist » qui, en s’appuyant sur des rythmiques technoïdes, semble nous attirer vers le dancefloor avant que la voix presque immaculée de Yorke ne nous guide vers un émerveillement halluciné. La fascinante « Dawn Chorus » et ses synthés qui s’étirent au ralenti, s’apparente quant à elle à une lente errance emplie de mélancolie. On s’imagine au milieu de la nuit, marcher sur une route déserte, éclairée de faibles néons, aux côtés du leader de Radiohead. On se situe donc bien loin de l’épidermique et sautillante « Traffic » en ouverture qui, comme son nom l’indique, nous plongeait davantage dans un état d’agitation et de confrontation permanente. Dans un registre introspectif assez proche, « The Axe » tutoie les 7 minutes et flirte avec le sublime. Thom s’y révèle poignant lorsqu’il nous susurre « I thought we had a deal ». D’abord troublant, voire carrément anxiogène, Anima finit par captiver. Remarquablement équilibré, l’album a la bonne idée de ne pas nous réserver qu’une série de morceaux contemplatifs (qui à la longue auraient eu raison de notre attention). Pour nous éviter de fermer l’œil ou de sombrer dans des idées noires, la basse nous prend parfois par la main et vient titiller nos sens (« I Am A Very Rude Person » , ou celle carrément rondouillarde et enthousiasmante de « Impossible Knots » qui rappellera plus volontiers Radiohead). La conclusive « Runwayaway » parachève cet étrange trip en forme de rêve éveillé. « You know who your real friends are » glisse une voix robotique. Les amateurs du génial artiste anglais savent en tout cas qu’ils peuvent toujours compter sur cet ami-là, et le suivre les yeux fermés dans ses étranges périples. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE RADIOHEAD – A MOON SHAPED POOL LIRE LA CHRONIQUE DE RADIOHEAD – OK COMPUTER LIRE LA CHRONIQUE DE RADIOHEAD – THE BENDS LIRE LE REPORT DU...

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Les Messthetics (ex-Fugazi) rappliquent avec un nouveau disque

Publié par le 12 juillet 2019 dans News | 0 commentaire

Les Messthetics (ex-Fugazi) rappliquent avec un nouveau disque

C’est à la surprise générale qu’on apprenait l’an passé la formation des Messthetics, groupe rassemblant la session rythmique de Fugazi (le batteur Brendan Canty et le bassiste Joe Lally) associée au guitariste Anthony Pirog. Après une longue tournée qui les a vus passer notamment par deux festivals français (This Is Not A Love Song et Villette Sonique), les voici déjà de retour avec un second album Anthropocosmic Nest, prévu pour le 6 septembre chez Dischord. Un premier extrait est en écoute ci-dessous et nous permet de constater que les deux ex-Fugazi maitrisent toujours leur affaire et la six-cordes de l’ami Pirog demeure très...

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J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

Publié par le 11 juillet 2019 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

“Tu vas voir quoi, ce soir?” “J Mascis.” “Tu ne l’as pas déjà vu 15 fois ?” Pas loin, c’est vrai, si on compte les fois où je l’ai vu avec Dinosaur Jr. Et j’ai dû chroniquer une part conséquente de sa discographie (dont au moins 2 périodes de la vie du groupe). Du coup, on pourrait se poser la question de l’intérêt pour moi de parler d’un énième concert de cet artiste. Si vous avez lu une ou deux des chroniques en question, vous savez que j’adore la musique de Mascis et que chaque fois qu’il sort quelque chose, je fais à peu près la même chronique. Tiens, dans celle d’Elastic Days, je m’interrogeais déjà sur ma légitimité à chroniquer le disque. Alors bon, comment vous convaincre que ce concert de J Mascis était vraiment un excellent concert et que vous y auriez passé un super moment? Déjà, le public semblait conquis, je ne suis donc pas seul enfermé dans mon obsession. Ensuite, le son était cool, même si la fuzz pouvait parfois faire mal aux oreilles, et le prestations bonnes. De plus, J était en forme, se permettant 3 ou 4 mots de plus que “Thank You” entre les morceaux. Enfin, bien que la setlist soit identique sur toutes les dates de la tournée, elle était équilibrée entre tubes (“Little Fury Things”, “Get Me”, The Wagon”…), titres plus pointus habituels de ses concerts solo (“Not You Again”, “Alone”, “Ammaring”…), morceaux de ses derniers albums qui s’incluent très bien avec le reste (“See You At The Movies”, “Everything She Said”…) et un “Blowing It” qui fait plaisir, avec en final deux reprises bien senties (“Just Like Heaven” et “Fade Into You”). Bref, de quoi sortir heureux. Quoi qu’il en soit, on en revient toujours au même point. Soit vous avez du mal avec le personnage, vous n’aimez pas quand les show acoustiques dévient vers du bordel noisy, vous êtes allergique au solos de guitare ou vous avez perdu toute appréciation mélodique suite à un traumatisme quelconque, soit vous auriez passé un putain de bon concert. La musique de J Mascis est suffisamment honnête et sincère pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre, d’autant plus qu’il sait doser entre les morceaux que tout le monde veut entendre et ceux que personne ne connait, et vous savez donc exactement à quoi vous attendre si vous aller le voir. Moi, j’y serai la prochaine fois, Inch’allah. Blackcondorguy Setlist : Thumb (Dino Jr) – Everything She Said – Blowins It (Dino Jr) – Repulsion (Dino Jr) – Little Fury Things (Dino Jr) – Ammaring (J Mascis+The Fog) – Elastic Days – Every Morning – Get Me (Dino Jr) – Drifter/Heal The Star – See You At The Movies – The Wagon (Dino Jr) – Not You Again (Dino Jr) – Alone (Dino Jr).Rappel : Just Like eaven (The Cure) – Fade Into You (Mazzy Star) LIRE LA CHRONIQUE DE ELASTIC DAYS LIRE LA CHRONIQUE DE TIED TO A STAR LIRE L’INTERVIEW DE SEBADOH LIRE LA DISCOGRAPHIE DE DINOSAUR JR PART 1 LIRE LA DISCOGRAPHIE DE DINOSAUR JR PART...

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Cave In – Final Transmission

Publié par le 4 juillet 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Cave In – Final Transmission

(Hydra Head, 7 juin 2019) Cet album aurait pu ne jamais voir le jour. Le 28 mars 2018, Caleb Scofield, bassiste au son massif et voix prépondérante de Cave In, trouvait la mort sur une route du New Hampshire. Une tragédie à même de laisser bien des groupes exsangues mais qui a poussé Cave In à repartir de plus belle. Pour soutenir les proches de leur ami disparu d’abord, en donnant une série de concerts en son honneur. Puis en lui rendant hommage, en mettant un terme à ce Final Transmission, entamé à ses côtés. Un album marqué de son empreinte, qui s’ouvre sur cette dernière transmission de sa part : un enregistrement vocal adressé au reste du groupe où on l’entend jouer de la guitare acoustique puis fredonner une mélodie par-dessus. Un hommage sobre et déchirant, témoin également de la créativité sans faille de Caleb. C’est le premier des 9 morceaux qui composent l’album. Sur les huit autres, on y entend soit sa basse (6 morceaux) soit sa guitare (vous savez compter), un tracklisting effectué – vous l’aurez compris – en fonction des enregistrements effectués en sa présence. Des titres livrés ici presque bruts, après un bref passage au mix et au mastering, pour leur enlever l’étiquette de “démos” auquel ils ne sont parfois pas loin de prétendre. Malgré ce contexte éminemment particulier, Cave In fait du Cave In et le fait admirablement bien. Du Cave In plutôt période Jupiter (2000) toutefois, avec une propension à nous guider vers les cieux, plutôt qu’à nous fracasser sans pitié. Ainsi, “All Illusion” et “Shake My Blood” prennent leur envol en douceur et distillent posément des mélodies à tomber. En arrière-plan, la basse de Caleb vrombit de bonheur. Cave In n’a pas tout à fait oublié d’où il vient non plus et renoue le temps d’un ou deux morceaux avec sa férocité des débuts… et des retrouvailles lorsqu’ils s’étaient reformés en 2009 livrant un White Silence assez brutal. “Night Crawler” attaque ainsi tambour battant sur un tempo enlevé et un chant belliqueux. Moins de place à l’évasion mais quelques embardées tout de même, sur la seconde partie du morceau avec un chant qui s’envole, accompagné de guitares tournoyantes. La plus rude remontrance se situe en fin d’album lorsque “Led To The Wolves” semble lancé pour éradiquer tout ce qui se dresse sur son chemin, sans répit mais avec certainement beaucoup de colère et de tristesse à extérioriser. Avant cela, l’éthérée “Lunar Day” nous larguait errant en des territoires shoegaze totalement vaporeux, alors que “Winter Window” captivait de par son ambiance lourde et glaciale en intro avant de mettre un coup de boost bienvenu. Parmi les pièces de choix conférant à ce disque une dimension supérieure, impossible de ne pas nommer “Strange Reflection”, entre violence rentrée et sérénité retrouvée, qui apparait initialement comme une terrible chape de plomb avant que les couplets enlevés n’illuminent l’ensemble. Majestueux. L’édifice n’est jamais loin de se fissurer mais il tient bon et il a fier allure. Cave In a subi le plus cruel des coups durs mais il reste digne, et grand. Jonathan...

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Deux extraits issus de la collaboration Patton/Vannier

Publié par le 1 juillet 2019 dans News | 0 commentaire

Deux extraits issus de la collaboration Patton/Vannier

On le sait depuis une dizaine de jours maintenant, le fantas(ti)que Mike Patton (Faith No More, Mr Bungle, Tomahawk, Mondo Cane…) s’est offert un collaborateur de prestige en la personne de Jean-Claude Vannier, compositeur français, célèbre notamment pour avoir travaillé avec Serge Gainsbourg (on lui doit entre autres l’exceptionnel Histoire de Melody Nelson). Le fruit de cette rencontre se nomme Corpse Flower et sera disponible le 13 septembre chez Ipecac. Les deux hommes ont visiblement grandement apprécié l’expérience. « Nous nous sommes immédiatement liés, dit Patton. Je pouvais voir qu’il avait un dévouement et une attention au détail sans faille, de sorte que le respect que j’avais pour lui dans ma tête était magnifié en personne. Nous avons parlé vaguement de travailler ensemble dans le futur… et cela a pris du temps, mais après quelques années, je l’ai contacté et nous avons commencé à allumer des étincelles. » Vannier ne se montre pas avare en compliments non plus « Il a réveillé ma musique avec sa perspective unique et ses interprétations de mes chansons. C’est un chanteur formidable, qui a de l’humour. Mike et moi avons créé une musique et une amitié fortes, belles et sincères. » De nombreux musiciens américains et français ont participé à l’enregistrement. Parmi eux, Smokey Hormel (Beck, Johnny Cash), Justin Meldal-Johnsen (Beck, Air, Nine Inch Nails) et James Gadson (Beck, Jamie Lidell), Bernard Paganotti (Magma). Découvrez ci-dessous les deux premiers extraits révélés, “On Top Of The World” et “Chansons d’Amour” (en version clippée). Jonathan...

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Janet Weiss quitte Sleater-Kinney

Publié par le 1 juillet 2019 dans News | 0 commentaire

Janet Weiss quitte Sleater-Kinney

Après une séparation en 2006, le trio punk féminin Sleater-Kinney avait réussi sa reformation en 2015 avec No Cities To Love, suivi d’une tournée couronnée de succès (qui avait d’ailleurs donné lieu à la sortie de l’album live, Live In Paris). Alors qu’un nouvel album, The Center Won’t Hold, paraitra le 18 août prochain, la batteuse du groupe Janet Weiss vient d’annoncer à la surprise générale son départ, en raison de “la nouvelle direction prise par le groupe” (cf lettre ci-dessous publiée sur les réseaux sociaux). Il est vrai qu’à l’écoute du premier single, “The Future Is Here”, on peut comprendre son désarroi… Jonathan...

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Bleach de Nirvana a 30 ans. Chronique

Publié par le 28 juin 2019 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Bleach de Nirvana a 30 ans. Chronique

(Sub Pop, 15 juin 1989) Imaginez la joie quand vous parvenez enfin à sortir un premier album. Vous êtes passés par tous les états : espoir, démotivation, excitation, coup dur, accomplissement… Vous avez claqué du fric, des batteurs, raturé les textes, modifié une ligne de basse, apposé les dernières retouches mais au bout d’un moment : on n’y touche plus, il est bouclé, dans la boite, prêt à affronter le monde impitoyable des critiques et du public. Quand vous vous appelez Nirvana, que vous faites du rock sale et nerveux sans grande prétention, vous pouvez toujours vous dire que, même imparfait, l’album passera relativement inaperçu, c’est un premier essai, un moyen de mettre le pied à l’étrier. Certains aimeront, d’autres moins, mais personne ne se fera chier à décortiquer cet album 30 ans plus tard. Oh, bien sûr, le disque sort chez Sub Pop, vous passez après Mudhoney, donc il y a quand même un minimum d’attente. Il est temps d’essayer de se faire un nom. Impossible de faire mieux que Superfuzz Bigmuff bien sûr mais faire partie des figures du label serait déjà une belle récompense. Et puis, il a des atouts cet album, indéniablement. Vous y avez mis vos tripes, vous l’avez garni en riffs puissants, vous y avez apposé de belles mélodies. Le public se dira peut-être que vous vous prenez un peu trop pour les Beatles avec vos beaux refrains, alors que vous n’êtes qu’un mec énervé de plus qui sait à peine jouer. So what, est-ce qu’on l’emmerderait pas un peu le public ? Est-ce que jouer fort et énergiquement interdit de faire de belles chansons ? Certainement pas. Sera-t-il capable de faire la fine bouche face à « School » ou « About A Girl » ? Qu’il essaye (on l’entend d’ici crier « you’re in high school agaaaaiiiin »). Est-ce qu’il ne fermera pas bien sa gueule face à la rage et au riff qui tue de « Negative Creep » ? Probablement. Trois minutes, pas le temps de s’ennuyer et franchement il y a tout ce qu’il faut. Des cris viscéraux, une grosse énergie, un refrain qu’on retient, un riff qui cogne. Il aime le rock le public ? Il aimera ça. Ou il sera définitivement bon à rien. Il y a des trucs auxquels il aura peut-être plus de mal à adhérer, comme « Sifting » avec son riff qui longe les murs en arrachant la peinture. « Blew » et « Paper Cuts » ne font pas de cadeau non plus. Mais est-on là pour faire des cadeaux ? Pas que je sache. On est là pour faire chialer les amplis, pour péter des cordes, pour maltraiter des fûts, pour que les gens reniflent notre sueur à travers leur sono, pour rendre justice aux Wipers ou à Black Sab’. Heavy as fuck (ou as Melvins), parfois. Comme sur « Paper Cuts ». Punky as hell, en d’autres circonstances, comme sur « Scoff » ou « Mr Moustache » qui donne le tournis avant de se remettre dans le droit chemin le temps d’un refrain. Tout droit. Pas de question à se poser, comme ce bon vieux beauf de Mr Moustache, qui reprend une bière après avoir tabassé sa femme. Plus vite, plus fort, plus sale. Henry Rollins appréciera sans...

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The Raconteurs – Help Us Stranger

Publié par le 28 juin 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 1 commentaire

The Raconteurs – Help Us Stranger

(Third Man/PIAS, 21 Juin 2019) Ça commençait à faire long. 11 ans très exactement depuis le dernier album des Raconteurs, supergroupe formé par Brendan Benson et Jack White aux compositions et guitares, la section rythmique des Greenhornes – Jack Laurence à la basse et l’excellent Patrice Keeler à la batterie -, ainsi que Dean Fertita (Queens Of The Stone Age, Dead Weather). Derrière eux, deux albums de rock 60’s teintés de blues et de folk : Broken Boy Soldier enregistré en 2004 dans leur Detroit natal avant de poser leurs valises à Nahsville, terres du blues par excellence, pour Consolers Of The Lonely en 2008. Depuis une tournée live en 2011, chacun était bien occupé. Brendan Benson a sorti deux albums (What Kind of World en 2012 et You Were Right en 2013), les Greenhornes ont publié un 4 titres avec leur idole Eric Burdon ; Jack Laurence, Dean Fertita et Jack White ont sorti un album peu convaincant des Dead Weathers. Fertita apparait aussi sur les 2 derniers albums des QOTSA (pas sûr que ce soit la meilleure des références en ce qui concerne le dernier…), quant à Jack White, en plus de gérer son label Third Man Records, il a sorti 3 albums solos. On ne se mouille donc pas trop en disant que nos petits gars sont loin de se la couler douce depuis quelques années, mais ils ont fini par trouver le temps de regagner le studio pour se consacrer à ce Help Us Stranger qui nous intéresse ici. Après la sortie des 3 premiers singles (“Sunday Driver”, “Bored And Razed” et la magique “Help Me Stranger”), les Raconteurs ont lancé leur tournée mondiale et eu la bonne idée de s’arrêter à l’Olympia le 26 mai dernier . Tous ceux présents ce soir-là peuvent le confirmer, les Raconteurs ont gardé leur redoutable efficacité et les nouveaux titres se marient à merveille avec les anciens sur scène (live à retrouver sur le podcast du 05 juin dernier de l’excellente émission “Very Good Trip” de Michka Assayas sur France inter). Une fois l’adrénaline de ce concert redescendue, soit quelques semaines après tout de même, il ne reste plus qu’à attendre impatiemment de pouvoir poser le diamant sur le successeur de Consoler Of The Lonely. Le retour de la formation de Nashville était certes attendu de pied ferme par ses aficionados, mais les dernières productions de Jack White, les médiocres Boarding House Reach et Dodge and Burn des Dead Weathers, n’étaient pas de nature à rassurer. Heureusement, les Raconteurs peuvent se targuer d’être un véritable groupe où chacun a sa place ; White sait rester dans l’ombre quand il le faut et Benson prendre le lead sur ses compos. Tels Lennon et McCartney, Benson et White alternent leurs compositions en s’appuyant sur les chansons pop/ballades folks du premier et le blues rock teigneux de l’ancien White Stripes, à l’image de “Now That You’re Gone”, symbiose parfaite des deux univers où l’énergie électrique de White vient lacérer la mélodie soignée de Benson. Certainement l’une des meilleurs chansons de cet album. Une fois n’est pas coutume, ils se permettent ici une plaisante reprise,”Hey Gyp (Dig The Slowness)” de Donovan. À l’écoute de l’album, on se rend compte que leurs voix fonctionnent toujours remarquablement ensemble. Les morceaux enregistrés pour la plupart...

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Lysistrata revient tout péter en octobre

Publié par le 25 juin 2019 dans News | 0 commentaire

Lysistrata revient tout péter en octobre

© Max Chill Photography C’était l’une des révélations 2017. D’abord sur scène avec des shows d’une intensité remarquable, puis sur disque avec l’EP Pale Blue Sky, suivi du premier album The Thread, Lysistrata sera de retour le 18 octobre avec Breathe In/Out, à paraitre chez Vicious Circle. On a hâte d’y être mais on va attendre bien sagement avec le clip de “Mourn” (ci-dessous), réalisé par Margaux Chetteau tout en dessins. La release party du disque aura lieu au Trabendo (Paris) le 6 novembre. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE PALE BLUE SKY...

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