Évènements à venir

PLAYLIST – Spleen automnal

Publié par le 20 novembre 2019 dans Non classé, Playlists | 0 commentaire

PLAYLIST – Spleen automnal

Les sanglots longs des violons blessent mon cœur d’une langueur monotone, comme disait le poète.Quand vient l’automne, que le spleen surgit au détour d’une soirée de novembre pluvieuse… Hop, une petite bûche dans la cheminée et ces quelques compagnons de route pour attendre le retour des beaux jours…

lire la suite

Iggy Pop – Free

Publié par le 19 novembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Iggy Pop – Free

(Loma Vista, 6 septembre 2019) Durant toute sa carrière, Iggy Pop a toujours eu la volonté de surprendre et de ses débuts avec les regrettés frères Asheton, David Bowie qui l’a sauvé plus d’une fois de la panade, jusqu’à Josh Homme il y a 3 ans pour le décevant Post Pop Depression,il a toujours su s’entourer de talents. Pour son 18ème album, les heureux élus se nomment cette fois Leron Thomas, trompettiste jazz, et la guitariste et compositrice Sarah Lipstate connue par ailleurs pour Noveller, son projet instrumental de guitare électrique. À 72 ans, l’icône protopunk ose un virage à 180 degrés et nous propose un album au jazz sombre et contemplatif. J’entends déjà les mauvaises langues hurler hâtivement qu’il copie le dernier album de son défunt ami Bowie… S’il est certain, et personne ne pourra le nier, que le génial anglais l’a inspiré durant toute sa carrière et qu’il continue à le faire, affirmer qu’il ne s’agit que d’une pâle imitation de Blackstar serait oublier un peu vite que dès le second Stooges (le cultissime Fun House), Iggy avait infusé de jazz expérimental son rock viscéral. Il avait ensuite récidivé dans le trop sous-estimé Préliminaires, à redécouvrir si vous accrochez à ce nouvel album. Dès le premier titre, il clame « I Wanna Be Free », sa voix se contentant d’accompagner sobrement la trompette de Leron. Et tout au long de l’album, on a l’impression d’avoir Iggy, face à nous, se livrant corps et âme. Bien qu’il n’ait écrit que deux des dix textes de l’album, il s’approprie à merveille ceux des autres auteurs. Il déclarait d’ailleurs à ce sujet : «C’est un album dans lequel d’autres artistes parlent pour moi, mais je prête ma voix. ». Sur le lancinant « Loves Missing » au titre évocateur, l’iguane se met dans la peau d’une femme. Sa voix de baryton nous emporte et ne nous laisse pas indemne. « Loves screaming, so quietly and in pain/Loves absent, it’s failing her once again, again. » Il s’agit sans nul doute du sommet émotionnel de l’album. Le free jazz « Sonali » nous invite, lui, à poser nos pieds sur le sable de la plage illustrant la pochette de l’album. Libre, Iggy semble l’être pour de bon. Serein également. Le single groovy « James Bond » pourrait paraître ringard à la première écoute mais sa ligne de basse reste en tête et vous poussera à vous déhancher devant votre platine avant de laisser place au solo de trompette magistral de Leron Thomas. Sur « Dirty Sanchez », on retrouve un Iggy provoc’ et décalé où après une intro à la Mariachi, il s’offre un petit pamphlet braillé à l’encontre de la société de consommation. Suivent deux morceaux dans la même veine que le début de l’album (« Glow In The Dark » et « Page ») avant une fin d’album surprenante où s’enchainent trois morceaux en spokenword. « We Are The People », d’abord, un poème de Lou Reed écrit il y a une quarantaine d’années et au texte toujours tristement d’actualité : « We are the people without right We are the people who have known only lies and desperation We are the people without a country, a voice, or a mirror We are the crystal gaze returned through the density and...

lire la suite

François Corbier – Jours De Blues

Publié par le 16 novembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

François Corbier – Jours De Blues

(Janvier 2019) Difficile de garder du recul face au disque posthume d’un artiste qu’on appréciait sincèrement. Surtout quand on l’a eu plusieurs fois au téléphone, dans des conversations qui ont duré plus d’une heure à chaque fois. Pas de quoi parler d’amitié, évidemment, mais indéniablement un échange véritable et de la sympathie réciproque. Ainsi, quand j’apprenais son décès l’année dernière, c’est un peu plus que des souvenirs d’enfance qui s’en sont allés. D’autant plus que le mélomane en moi savait, de la bouche de l’artiste, qu’il travaillait à un nouvel album qui s’appellerait Jours De Blues, et qu’on devrait peut-être s’asseoir dessus. Cette année, l’album est finalement sorti, en l’état, j’imagine, puisqu’il ne contient que 8 titres, ce qui est peu pour un disque de François Corbier ; pour 33 minutes de musique, donc rien de scandaleux non plus. Comme il nous l’avait dit en interview, celui-ci contient une chanson hommage à Cabu (« Pauvre Jean ») et ce que j’ai la faiblesse de prendre comme une petite pique rigolote à notre système politique (« Caligula »). Peut-être à cause du contexte de sa sortie, la mélancolie est omniprésente sur ce nouveau disque, renforcé par la simplicité des arrangements (guitares, voix, une batterie discrète et puis c’est marre… Là où Corbier est le meilleur, ça tombe bien !). Ainsi, le titre est parfaitement adéquat, d’autant que le blues est autant d’humeur que musical (avec une petite pointe jazzy parfois). Le disque regarde en arrière, c’est indéniable, et une chanson s’appelle même « Nostalgia ». Mais on n’est pas non plus face à un revirement complet du chansonnier, qui avouait lui-même que la nostalgie l’emmerde, puisque sans faire l’apologie du passé non plus, il met surtout en avant son regard tendre, caustique, et profondément humain. Le disque s’achève sur son morceau le plus électrique, « La Communauté », où une fois n’est pas coutume met en musique le texte d’un autre. C’est à s’y méprendre car l’humour et l’absurde du texte, qui revisite Blanche-Neige et les 7 nains, sont tout à fait dans la veine de ce que pouvait écrire Corbier, et on imagine comme il a dû se marrer à enregistrer ça. Et comme il se serait marré à présenter ce genre de chansons sur scène… Au jeu des « et si », on se demandera toujours ce que serait ce disque si la maladie ne l’avait pas emporté. Serait-il le même, ou aurait-il été agrémenté d’autres chansons ? Aurait-il été aussi triste, ou aurait-il eu son lot de chansons blagues pour remonter un peu le moral ? On n’aura jamais la réponse. En attendant, on peut se morfondre d’avoir perdu un chansonnier aussi talentueux, drôle et touchant. Ou on pourra réécouter régulièrement ses chansons, rigoler beaucoup et s’attendrir un peu. Pour cette deuxième solution, ce Jours De Blues est une belle addition à la discographie de François Corbier, même si on n’y a plus souvent la larme à l’œil qu’à l’accoutumée. Chapeau quand même, et bon voyage. Blackcondorguy Tous nos articles sur François...

lire la suite

Caspian revient début janvier avec On Circles. Extrait en écoute

Publié par le 14 novembre 2019 dans News | 0 commentaire

Caspian revient début janvier avec On Circles. Extrait en écoute

Caspian, l’un des meilleurs groupes de la scène post-rock actuelle, reviendra le 24 janvier 2020 avec son cinquième album, On Circles, chez Triple Crown Records (artwork ci-dessus). L’album qui fait suite au remarquable Dust And Disquiet a été enregistré au Studio 4, à Conshohocken, en Pensylvannie. On s’écoute le premier extrait “Flowers Of Light” : Tous nos articles (chroniques, interview…) sur...

lire la suite

Le “This Is Not A Love Song” marque une pause

Publié par le 14 novembre 2019 dans News | 0 commentaire

Le “This Is Not A Love Song” marque une pause

C’est un festival que nous apprécions énormément, auquel nous nous sommes rendus entre 2015 et 2017 et dont nous saluons chaque année sa programmation pointue de grande qualité. C’est donc avec une pointe de tristesse que nous avons appris que le This Is Not A Love Song a décidé de faire l’impasse sur l’édition 2020 pour mieux revenir l’année suivante avec de nouvelles ambitions, comme les organisateurs l’ont expliqué dans un communiqué “les éditions qui se succèdent machinalement, n’ont jamais fait partie de nos promesses, ni de nos envies. Une vraie liberté ne se proclame pas, elle s’exerce. Nous pensons aujourd’hui qu’il est temps, temps de réécrire un nouvel album, temps de trouver de nouvelles inspirations, de se dessiner une nouvelle aventure. Parce qu’il faut continuer de savoir rêver, innover et se réinventer, TINALS en 2020 se met au vert et se pose, le temps d’une saison, pour se projeter dans le futur, imaginer à quoi pourrait ressembler notre/votre festival de demain.” Une remise en question jugée nécessaire pour faire face à plusieurs problématiques actuelles “peut-on porter un événement de type festivalier dans un contexte d’urgence écologique ? Après 7 ans d’existence, sommes-nous toujours libres et indépendants dans nos choix artistiques ? Quelles nouvelles expériences collectives proposer à des citoyens éclairés et responsables ? Comment interagir avec les nouvelles pratiques culturelles ? Face à l’augmentation constante des coûts artistiques, des frais de sécurité, quelles solutions économiques pour continuer à porter un festival singulier ?”. Quoiqu’il en soit, les responsables de la salle Paloma et de Come On People qui organisent l’évènement se tournent déjà vers l’avenir : “prendre la liberté de ne pas faire le festival sous sa forme originelle en 2020, mais proposer des rendez-vous musicaux décalés, des performances artistiques, des ateliers de réflexion, des rencontres et tables rondes, qui rythmeront la saison. Réfléchir ensemble et mieux revenir dès 2021 pour de nouvelles aventures, engagées, passionnées, passionnantes, joyeuses, festives et conviviales.” Il n’y a plus qu’à prendre notre mal en patience. Jonathan...

lire la suite

Monster de R.E.M. a 25 ans. Chronique

Publié par le 13 novembre 2019 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Monster de R.E.M. a 25 ans. Chronique

(Craft Recordings/Concord, 1 novembre 2019) Un bref moment, à la fin de l’année 1994 ou au début de 1995, Michael Stipe est mort. Si, si. Je me revois apprendre la nouvelle en lisant les brèves du dernier numéro en date du désormais défunt magazine Guitare Planète. Évidemment, la nouvelle fut démentie dans le numéro suivant. Le chanteur de R.E.M. s’était peut-être fait mal au dos et avait annulé deux dates de la tournée et le stagiaire du journal avait sans doute mal lu. C’était donc le milieu des années 90, quand on n’avait pas encore internet pour vérifier les informations, qu’on se demandait si Eddie Vedder allait suivre le chemin de Kurt Cobain et commettre l’irréparable et si le tant attendu nouvel album des Guns N’ Roses allait enfin sortir… Je ne me souviens plus précisément de la date mais mon père m’avait rapporté trois disques au retour d’un court séjour en Angleterre. Il y avait un import japonais des Yardbirds – ça c’est parce qu’à l’époque, mon obsession principale était Jimmy Page et Led Zeppelin même si ça commençait à céder la place à des choses, disons, plus énervées –, Strangeways, Here We Come des Smiths – j’y reviendrai plus loin – et, donc, Monster de R.E.M. Qu’il ait fallu attendre qu’on me l’offre prouve une chose : je n’étais pas un gros fan du groupe d’Athens. R.E.M., pour moi, avait le même statut que Crash Test Dummies ou The Connels. « Losing My Religion » ou « Everybody Hurts », on les écoutait sur Fun Radio ou Skyrock entre Four Non Blondes et autres Counting Crows. Ce n’était certes pas désagréable – c’est sûrement plus sympa que devoir s’enfiler MHD et Aya Nakamura – mais c’était un peu la musique des autres. J’avais bien conscience que R.E.M., c’était un peu plus que ces singles, qu’il y avait une flopée d’albums avant l’ère du succès européen. Il y avait même cette amie de ma cousine que je trouvais très jolie et qui ne jurait que par eux. Mais je n’étais pas allé plus loin. Puis il y eut « What’s The Frequency, Kenneth? », une chanson dont je ne comprenais pas le titre mais dont la guitare distordue était plus en phase avec mes aspirations du moment. Là, R.E.M. commençait sérieusement à m’intéresser, mais pas encore assez pour que je me rue sur le disque dès sa sortie. Ce que j’ai préféré de Monster, dans un premier temps, ce fut la pochette, pas tant la couverture du disque que le livret, sa matière, ce papier mat, l’odeur de l’encre. Et puis les photographies : ce fauteuil en cuir vert, les membres du groupe. Notamment Michael Stipe, chauve, qui faisait la moue. Avais-je d’ailleurs déjà été fan d’un chanteur si dégarni ? Je ne crois pas (non, je n’écoutais pas Frank Black, ça viendrait après). Et la rondelle elle-même, bleue. Comme ce bleu qui remplace désormais l’orange de l’édition originale – le moindre des révisionnismes de cette réédition mais ça aussi, j’y reviendrai. J’ai donc posé cette rondelle sur mon ghetto blaster Sanyo. Et je me souviens que le disque m’a quelque peu décontenancé. Il y avait des tubes comme « Strange Currencies », « Bang and Blame » mais aussi des choses plus bizarres. Cette voix haut perchée...

lire la suite

Mudhoney – Morning In America EP

Publié par le 11 novembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Mudhoney – Morning In America EP

(Sub Pop, 20 septembre 2019) Une sortie de Mudhoney est toujours (pour moi, au moins) une occasion de se réjouir. Je crois que je commence toutes mes chroniques du groupe ainsi. Oui, mais, après un live en demi-teinte pour faire patienter, ils avaient enchainé avec un album génial, qui à mon sens n’est pas loin en qualité des sommets du groupe. De quoi être donc très enthousiaste pour la suite. Et la suite ne s’est pas faite attendre, puisqu’à peine un an après, Mark, Steve, Guy et Dan enchainent avec un EP qui reprend en fait un certain nombre de titres sortis de façon plus ou moins exclusive (compilation ou 45 tours vendus sur la tournée). On pourrait critiquer la facilité de sortir une compil’, surtout quand celle-ci ne contient que 7 titres dont une version alternative d’un morceau de l’album. D’accord, mais c’est de Mudhoney dont il s’agit ! Quand ces gars ont-ils sorti un disque pourri et inutile juste pour le fric ? Même leur live « en demi-teinte » est super, même leurs démos de Piece Of Cake en exclu vinyle sont jouissives. Alors forcément, là, encore, on prend notre pied. Et vu que les titres en question étaient quasiment introuvables, c’est une bonne initiative de les réunir pour ne pas avoir à débourser un bras pour les ajouter à sa collection ! Parlons de la musique : les morceaux sont dans la veine de Digital Garbage, forcément, mais montrent assez bien l’éventail du groupe, du punk direct introductif (« Creeps Are Everywhere ») au blues swampy final (« One Bad Actor » et « Vortex Of Lies »), en passant par les influences garage et ce qu’on qualifiera simplement de « grunge » par faiblesse journalistique. Le tout avec une énième démonstration de leur sens du riff inné. Même les morceaux qui pourraient sembler les plus inintéressants, la reprise des Leather Nuns « Ensam I Natt » et la version alternative de « Kill Yourself Live » rebaptisée « Kill Yourself Live Again », sont des réussites. La première a été traduite en anglais par son auteur original et apporte la patte Mudhoney à cette tuerie punk d’une efficacité redoutable, la seconde vire le farfisa et offre donc une version plus proche du live qui n’enlève en fait rien à la qualité ni à la pertinence du morceau. Bref, plus qu’une compilation ou qu’un nouveau disque, on a l’impression d’avoir droit à du rab de Digital Garbage ; même les paroles semblent encore très engagées. Du coup, les mauvaises langues pourraient dire que cet EP n’a que peu d’intérêt. Pour ma part, l’album étant un de mes préférés de la décennie, je profite goulument comme un gamin qui aurait droit à un rab de frites à la cantine, en me disant que s’il en reste encore, j’en reprendrai volontiers ! Blackcondorguy Tous nos articles sur...

lire la suite

Les mythiques Black Star bientôt de retour !

Publié par le 11 novembre 2019 dans News | 0 commentaire

Les mythiques Black Star bientôt de retour !

L’info est passée relativement inaperçue mais les puristes hip hop peuvent se frotter les mains : Black Star, duo composé de Talib Kweli et Mos Def, reviendra prochainement avec un nouvel album. Black Star n’avait jusque-là sorti qu’un seul disque, Mos Def & Talib Kweli Are Black Star, en 1998. Un classique. Talib Kweli a déclaré dans une interview que l’album était enregistré, avec un certain Madlib à la production. Aucune date n’a filtré pour le moment mais voilà de quoi attendre avec excitation l’année...

lire la suite

Shannon Lay – August

Publié par le 11 novembre 2019 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Shannon Lay – August

(Sub Pop, 23 août 2019) Le bonheur a des moyens étranges de vous trouver. En 2012, je rencontre Jonathan a un concert pourri de Thurston Moore et Lee Ranaldo. Plus tard dans l’année, Jonathan, qui sait qu’on ne peut plus m’arrêter quand je parle de musique, m’invite à contribuer à son webzine pour lequel il est en manque de rédacteurs. De 2012 à 2019, je charrie régulièrement Jonathan pour son amour de la scène garage californienne (ou « scène Ty Segall ») dont je me désintéresse totalement, vu que les quelques disques que j’en ai écouté m’ont laissé froid. Il comprend que, d’une manière générale, ce n’est pas à moi qu’il faut proposer d’écouter les sorties de ses divers membres. En 2019, Jonathan fait une interview de Mikal Cronin, membre de la scène sus-citée. Mikal Cronin lui parle de Shannon Lay, qui fera sa première partie l’année prochaine. Après l’interview, Jonathan, curieux, écoute son disque et le trouve très bon. Quelques temps après, un jour où je suis bien luné, il me vante les mérites du disque de Shannon Lay, et j’ai l’ouverture d’esprit nécessaire pour dépasser mes préjugés. Voilà, sans cette suite d’évènements, je n’aurais jamais écouté August et ce serait bien dommage parce que la folk de Shannon Lay est magnifique, rappelant une tendresse propre et l’intimité d’Elliott Smith ou Nick Drake, pour citer les références galvaudées. J’ai tenté de placer le terme de « douce mélancolie lumineuse » quelque part, mais j’avais vraiment trop l’impression que ma chronique et ma réputation en général en prendrait un coup. Il parait que Ty Segall est partout sur l’album, mais on s’en fout (d’une manière générale, je me fous de Ty Segall). La star, ici, c’est Shannon, et sa voix ; sur ce genre de musique, c’est à peu près tout ce qui compte, la propension qu’a la voix de l’artiste mêlée à l’ambiance mise en place pour vous filer des frissons. Et les compositions, bien sûr. Je ne vois donc pas trop ce que je peux dire d’autre pour vous convaincre d’écouter le disque. C’est vraiment le genre d’album avec qui vous développerez une relation toute personnelle, selon qu’il touchera ou non votre corde sensible. Pour ma part, vous avez bien compris que ça a fait mouche. Ainsi, je me retrouve pour la première fois de ma vie à m’intéresser (de près ou de loin) à la scène Ty Segall. Tout arrive. Le bonheur aussi. Même s’il a parfois des manières étranges de vous trouver....

lire la suite

DIIV – Deceiver

Publié par le 10 novembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

DIIV – Deceiver

(Captured Tracks, 4 octobre 2019) Cette claque-là je ne l’avais pas vue venir, car rien ne sonnait comme une évidence durant ma première écoute de ce nouveau DIIV. Il était même plus probable que je n’y revienne pas et que je passe définitivement à autre chose, mon premier ressenti se résumant à “c’est cool et bien foutu mais ça ne casse pas des briques non plus !“. Et puis sans savoir pourquoi, je m’y suis remis en y prêtant une oreille plus attentive. Si rien ne s’est fait dans l’immédiateté, tout s’est décanté progressivement au fil des écoutes, à tel point que je ne peux aujourd’hui plus m’en passer. De disque boudé, il est devenu disque de chevet. L’album débute par la sublime et mélodieuse “Horsehead” portée par le chant aérien de Zachary Cole, et les sons de guitares qui s’entremêlent pour arriver à un final des plus envoûtants. Belle entrée en matière qui définirait presque à elle seule l’univers dans lequel DIIV souhaite nous immerger, mais nous ne sommes heureusement pas au bout de nos surprises. “Between Tides”, dans une configuration quasi similaire se révèle encore plus excitante, de quoi redonner ses lettres de noblesses au shoegaze (qui n’en demandait pas tant). Histoire de maintenir le plaisir jusqu’au bout, les New-Yorkais ont su garder le meilleur pour la fin, avec tout d’abord l’entrainante et extrêmement tendue “Blankenship”, aux incartades noisy, qui vient mettre un bon coup de peps et promet de faire remuer les têtes lors des prochains concerts du groupe. Puis “Archeron” qui, du haut de ses 7 minutes, nous fait vaciller dans un déversoir d’images et d’émotions, tour à tour mélancolique, sombre et planant avant de s’achever par un ultime moment de grâce. DIIV revient de loin, il a traversé une longue période de doute et on était autant inquiet pour l’avenir du groupe que pour l’état de santé de son leader, lequel a multiplié les séjours en centre de désintoxication. Plus sombre que ses prédécesseurs, Deceiver est avant tout un troisième album de très haute qualité et la preuve parfaite qu’il ne faut pas toujours se fier à ses premières impressions, elles sont souvent trompeuses. Julien Robin Tous nos articles sur...

lire la suite