Évènements à venir

High Tone – Time Has Come

Publié par le 20 mars 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

High Tone – Time Has Come

(Jarring Effects, 1er mars 2019) Il y a comme un air de déjà-vu qui flotte sur cette année 2019, et ce n’est pas pour nous déplaire. Zenzile entame une grosse tournée Dub Unlimited parfois accompagné de Brain Damage, High Tone dégaine un nouvel album et va enquiller derrière avec une tournée massive également. Alors rien n’a changé 20 ans après ? Si, et pas qu’un peu. Si les fers de lance du mouvement français sont toujours là et bien fringants, autour d’eux l’émulation est bien moindre qu’à l’âge d’or du début des années 2000. Et si Zenzile, après avoir tenté moult expérimentations, a opéré à un retour aux bases réussi, High Tone continue de lancer des missiles à tête chercheuses dans toutes les directions. On peut se demander si Time Has Come n’annonce pas le début d’une nouvelle ère pour High Tone, si le temps ne serait pas venu pour les lyonnais de s’affranchir une fois pour toutes de l’étiquette dub qui leur colle aux basques depuis le début de leur carrière. S’ils n’en sont pas à leur premier écart loin s’en faut, les gars de High Tone ont ici coupé le cordon pour de bon sur des morceaux comme “Earth Breath” qu’on classera plus volontiers dans l’électro atmosphérique, bien plus proche d’un Jon Hopkins que d’un King Tubby. Véritable réussite, ce “Earth Breath” constitue une nécessaire bouffée d’air frais, au milieu de titres plus étouffants comme “Babylon Empire” qui verse dans la techno pure et dure un peu balourde. En ces temps de deuil pour les amateurs de Prodigy (RIP Keith), on se réjouit en revanche d’un “Conspiracy” qui convoque l’extravagance et la radicalité de ces derniers… sans négliger pour autant les infrabasses, les samples dubwise et les skanks qui vont bien. Du dub, en veux-tu ? En vlà du digital, classique et efficace (“Walk For The Future”). Le reggae n’est pas balayé non plus d’un revers de beat, les vibes de “Real Good Society” sont là pour le rappeler, même encerclées de bizarreries technoïdes. Toujours tourné vers le futur, constamment tiraillé entre les genres, High Tone jette toutefois quelques coups d’œil furtifs dans le rétro en renouant avec les ambiances orientales qui lui sont chères (“Ritual Of Death”), en invitant la chinoise Yehaiyahan au chant (après avoir collaboré par le passé avec Wang Lei) le temps d’un excellent single où retentissent ses bonnes vieilles sirènes de sound system (“Oh Why”). Vous serez donc surpris, mais pas totalement perdus non plus. S’il n’a pas la stature des classiques du groupe, Time Has Come permet de revérifier quelques points essentiels : l’envie de surprendre est toujours là et l’inspiration ne fait pas défaut. Rendez-vous dans 20 ans ? Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE ACID DUB NUCLEÏK LIRE LA CHRONIQUE DE EKPHRÖN High Tone jouera au Trianon (Paris) le 25 avril...

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Interview – Dälek

Publié par le 16 mars 2019 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Dälek

Depuis qu’il a réactivé Dälek en 2015 après un hiatus de 4 ans, Will Brooks fait preuve d’une grande productivité : 2 albums, un EP et une collaboration excitante et très réussie avec Hans Joachim Irmler (Faust), Mats Gustafsson, Andreas Werliin et Mike Mare (son comparse de Dälek) sous le nom d’Anguish, le rappeur ne manque pas d’inspiration. Il faut dire que l’actualité est particulièrement chargée en ce moment et lorsqu’on aborde le sujet politique, le bonhomme a de la conversation. Si ses disques terriblement sombres et bruitistes malmènent nos tympans depuis plus de 20 ans, l’homme se révèle quant à lui extrêmement bienveillant, d’une grande douceur et animé d’une passion sans borne pour la musique. “Le hip hop est une des rares formes d’art qui semblent parfois s’adresser seulement à certaines catégories d’âge, et je veux vraiment essayer de briser ça, de le pousser plus loin. De faire du rap d’adulte (rires).” Tu viens d’annoncer sur les réseaux sociaux un nouvel EP à venir (l’interview a été réalisée le 2 février, ndr). Tu peux nous en dire plus ?Oui, ça sort fin mars, début avril sur le label allemand Exile From Mainstream. On les connait depuis toujours, on sort ça à l’occasion du festival pour le 20e anniversaire du label. On n’a jamais rien sorti sur ce label encore donc on tenait à le faire. Il ne devait y avoir que 3 morceaux, finalement il y en a 6, c’est presque comme un nouveau projet. C’est super ! Il y a deux chansons qui étaient déjà sur Endangered Philosophies, une qui n’est sortie qu’en digital et trois nouvelles. Ce sera donc uniquement sur ce label allemand, pas sur Ipecac ?Non, pas sur Ipecac. On sort parfois des trucs uniquement destinés au vinyle. Il n’y aura rien en digital avant la sortie sur vinyle, on décidera ensuite ce qu’on fait, peut-être qu’il y aura une sortie aux Etats-Unis, du digital. Peut-être pas… C’est encore à déterminer. Tu viens de sortir le projet Anguish qui mélange des influences hip hop, electro, jazz. Qu’est-ce que tu retiens de cette collaboration ?On a réussi à créer un truc quelque part entre le monde de Dälek, de Faust et du free jazz. Du hip hop noisy croisé avec du free jazz et du krautrock. C’est devenu un truc unique. On l’a enregistré en trois jours seulement, aux studios Yochaum, en Allemagne, puis mixé en quelques jours. On est très contents de ce projet. Il y a des éléments de Dälek et de chaque personne impliquée mais c’est clairement quelque chose de très particulier. Ça t’a permis de creuser de nouvelles expérimentations ?Oui, ça emprunte vraiment des directions qu’on n’avait pas empruntées jusque-là. C’est génial ! “Les Etats-Unis ont fait un très bon travail pour détruire les mouvements syndicaux. Les seuls qui ont appris des révoltes précédentes, c’est le gouvernement. Ils ont appris à garder tout le monde bien calme et sage. Les gens s’énervent aujourd’hui mais personne ne fait rien.” Tu as l’air très en forme en termes de composition, d’inspiration…Oui mec, ces dernières années ont été très productives ! J’ai marqué une pause avec Dälek pendant quelques années ; je travaillais encore sur de la musique avec iconAclass, Fil Jackson Heights, je dirigeais toujours le studio et mon label, ce n’est pas...

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The Lemonheads @ Gibus (Paris), 10/03/19

Publié par le 13 mars 2019 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

The Lemonheads @ Gibus (Paris), 10/03/19

© Philippe Midy Ça aurait pu être le concert de l’année. En arrivant malheureusement un peu trop tard pour voir le début de la prestation de Karl Larsson de Last Days of April, j’entends dès ma descente des marches qui donnent l’accès au Gibus, dans une ruelle isolée de la rue du Faubourg du Temple, une guitare douce et chaleureuse. Hormis le contraste flagrant entre le décor et la musique, je suis surtout pris d’une hésitation ; serais-je arrivé plus tard que je ne le croyais, tant cette guitare m’évoque celle d’Evan Dando dans ses phases acoustiques ? Heureusement, la voix lève mes doutes, il s’agit bien d’un autre artiste. Néanmoins, la cohérence de la programmation est évidente, on ne peut donc être ni dépaysé, ni déçu, lorsque comme moi on découvre Larsson dans ce contexte et cette configuration. © Philippe Midy Ceci dit, c’est bien pour le groupe de Boston que je me suis déplacé, et si la première partie remplit parfaitement son office, je suis impatient de retrouver les Lemonheads qui n’avaient pas joué en France en groupe depuis 2012. Et qui m’avaient un peu laissés sur ma faim, d’ailleurs, puisque le concert s’était terminé de façon abrupte, sans rappel ni explication, car Dando “ne se sentait pas bien” selon le batteur à qui j’avais posé la question pendant qu’il rangeait son matos. Là, ça débute très bien ; le chanteur prend sa guitare acoustique et s’installe avec Larsson pour entamer une reprise (magnifiquement interprétée) de Last Days Of April. Puis le groupe se joint à eux pour enchainer sur une version électrique, cette fois, de “Down About It”. Alors s’enchainent les titres du groupe, tous excellents, et les reprises, qui ne dépareillent pas vraiment. L’interprétation est sans faille, l’ambiance alterne entre ballades, country électrifiée, pur indie rock et punk sans jamais se déparer de l’identité propre des Lemonheads. C’est vraiment la marque d’un grand groupe, et chaque morceau nous rappelle combien leur répertoire est riche en tueries. Avec tout ça, pourquoi le conditionnel passé de ma phrase d’introduction ? Et bien, c’est tout le côté frustrant de ce concert. Après un tonitruant “Stove” en groupe et un très touchant “The Outdoor Type” acoustique simplement accompagné de Chris Brokaw (car oui, ce concert était l’occasion de voir deux légendes de l’indie rock des années 90), Dando quitte la scène et un public bouillonnant avec un discret “thank you” pour ne jamais revenir. Et qu’on soit bien clairs, j’étais ravi d’entendre les 21 morceaux qui ont été joués ce soir, et je peux comprendre qu’une tournée de 3 semaines, dont c’était la dernière date, est éprouvante, qu’on puisse se sentir fatigué même quand on est une légende de la musique. Mais quand on ne peut voir un groupe qu’une fois tous les 5 à 10 ans et qu’on se retrouve avec une prestation écourtée, des échanges quasi-inexistants et pas le moindre morceau en rappel, c’est un peu contrariant. Surtout quand c’est la deuxième fois qu’il nous fait le coup. Et c’est d’autant plus rageant que, dans les bons jours, Dando peut jouer une trentaine de morceaux, improviser des reprises parce qu’il a vu un t-shirt cool dans le public et se répandre en anecdotes et blagounettes. Comme le disait Thierry Hazard, un jour c’est oui, un jour c’est...

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Joie ! L’Espace B (Paris) rouvre ses portes… demain !

Publié par le 12 mars 2019 dans News | 0 commentaire

Joie ! L’Espace B (Paris) rouvre ses portes… demain !

© Raw Journey Nous étions quelque peu orphelins depuis que cette petite salle parisienne à la programmation de grande qualité avait fermé ses portes jusqu’à nouvel ordre, il y a plus de 7 mois. Et bien, la bonne nouvelle est tombée hier, annoncée par Time Out alors qu’on n’osait plus trop y croire : l’Espace B va rouvrir dès demain ! La salle, qui avait fait l’objet d’une fermeture administrative pour des conditions de sécurité jugées insuffisantes, a effectué des travaux et fait peau neuve avec des rampes d’accès, des toilettes handicapés, des issues de secours agrandies, un couloir plus large. Une mise aux normes nécessaire pour cette réouverture, et quelques changements au programme. A commencer par l’équipe artistique, désormais composée d’un nouveau binôme : Vincent Cuny (passé par de grosses références indés comme le festival Villette Sonique, la Station et par ailleurs patron du label très recommandable SK Records) et Raphaël Dumont (ancien de chez Villette Sonique lui aussi, et des Nuits Sonores notamment). Les deux compères promettent “la structure la plus anarchiste et horizontale du monde, en se partageant autant la prog’ que la com'”, l’idée étant d’arriver à quelque chose “de riche et visionnaire”, comme ils l’ont annoncé à Time Out. Premier rendez-vous mercredi 13 mars, demain donc, avec une affiche concoctée par les fidèles d’En veux-tu en v’là, valeur sûre de l’indie (près de 600 soirées au compteur), qui nous proposent une soirée post punk en compagnie des british Arrows of Love, ainsi que Fleuves Noirs et In Bear Suits. Le tout pour 5 balles. Quelque chose nous dit qu’il y aura un peu de monde 16 rue Barbanègre (Paris 19) pour saluer comme il se doit cette réjouissante résurrection ! L’event FB Jonathan...

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PLAYLIST – Sebadoh en 20 morceaux

Publié par le 10 mars 2019 dans Non classé, Playlists | 0 commentaire

PLAYLIST – Sebadoh en 20 morceaux

Sebadoh, c’est 30 ans de rock lo-fi qui fait le grand écart entre l’intimiste déchirant et le bruit déjanté, porté par trois compositeurs (même si l’un des trois a lâché le groupe il y a bien longtemps) qui écrivent chacun une musique totalement personnelle, une tambouille qui se fait presque chacun dans son coin et produit au final un répertoire de morceaux qui se retrouvent dans le haut du panier en termes de musique rock au sens large. Pour célébrer cette longévité et patienter un peu avant la sortie imminente de leur nouvel album, nous nous sommes lancés dans la lourde tâche de ne retenir que 20 titres de leur excellente discographie. LIRE LA CHRONIQUE DE DEFEND YOURSELF LIRE LA CHRONIQUE DE LOU BARLOW – BRACE THE WAVE LIRE LE REPORT DU CONCERT DE LOU BARLOW AU POINT EPHEMERE EN 2015 ECOUTEZ LA PLAYLIST DES 30 ANS DE SUB...

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Sleaford Mods – Eton Alive

Publié par le 7 mars 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Sleaford Mods – Eton Alive

(Extreme Eating, 22 février 2019) Les Sleaford Mods ont un problème : ils sont trop bons. Trop bons dans leur registre qu’ils ont plus ou moins inventé. Tellement efficaces qu’ils déroulent à la perfection depuis des années leur hip hopost punk avec l’impression de ne pas trop se fouler, sans perdre une once d’efficacité mais sans provoquer à nouveau la même étincelle qu’à leurs débuts. On n’a jamais cessé de remuer la tête à l’écoute de n’importe lequel de leurs morceaux mais on avait cessé de guetter la moindre de leurs sorties avec excitation. Il fallait donc que ça change, et c’est chose faite. Le premier symbole de ce changement n’est pas anodin, Sleaford Mods a décidé de grandir encore un peu plus en créant son propre label, Extreme Eating Records, pour mieux voler de ses propres ailes. Adieu Rough Trade, bonjour la liberté ! Pour ce qui est du contenu de Eton Alive, que les grands inquiets se rassurent, les repères sont toujours là. Le monde ne va pas mieux, le Brexit se rapproche, Jason a toujours la rage et il demeure l’actuelle meilleure voix des sans-voix (« of course we are fucking relevant! » clame-t-il). Son flow est toujours aussi percutant, tout le monde en prend plein la gueule (y compris les groupes indie rock à la mode « We ain’t shoeshine boys for fakers. Bingo punks with Rickenbackers » ou même… Graham Coxon qui « looks like a left-wing Boris Johnson ») et sa plume vise toujours les mêmes cibles (consumérisme, médias, injustice sociale…) avec un savant mélange d’exaspération et d’ironie mordante. Mais Jason chante aussi, de plus en plus et de mieux en mieux (“Policy Cream”, “When You Come Up To Me”, “Firewall” ou même sur le refrain de la furieuse “Kebab Spider”). Et le bonhomme est si entrainant qu’il est difficile de ne pas se mettre à chanter à ses côtés. Quant au son, il y a du nouveau aussi, si le minimalisme est toujours de mise, si Andrew Fearn est toujours aussi avare en sonorités que son comparse est généreux en mots débités, il a également élargi son registre. Ainsi, la géniale “OBCT” et sa basse d’outre-tombe so post punk se voit agrémentée d’un improbable solo de kazoo tout bonnement jouissif, “Top It Up” vient errer dans des territoires jungle et sur “Discourse” Jason semble cavaler après une sonnerie de téléphone. C’est con mais c’est bon. Des surprises bienvenues donc et, de temps en temps, une remise au poing pour bien rappeler qu’ils ne blaguent pas pour autant, comme ce “Flipside” au beat hystérique ou “Subtraction” qui suinte l’anxiété de toutes parts. Les Sleaford Mods ne s’assagiront jamais (ouf), continuent de nous lâcher des “Big Burt” à la face et si, en plus, ils le font avec le renouvellement nécessaire, on va se remettre à guetter chacune de leurs sorties la bave aux lèvres. Ça tombe bien, généralement on n’attend jamais trop longtemps avec eux. Jonathan...

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Dans le Bac d’occaz #32 : Death, Fu Manchu, Black Rebel Motorcycle Club

Publié par le 6 mars 2019 dans Dans le bac d'occaz, Non classé, Rubriques à brac | 0 commentaire

Dans le Bac d’occaz #32 : Death, Fu Manchu, Black Rebel Motorcycle Club

Chaque mois Blackcondorguy plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Le bac d’occaz vit toutefois ses dernières heures, BCG a encore quelques écoutes pré-sélectionnées à écouter (et donc quelques articles à publier à doses homéopathiques), et c’en sera fini de la meilleure rubrique de l’histoire. Dans le Bac d’occaz #32 – Les années en 7 (2e partie) Death – Scream Bloody Gore (1987) : suggéré par Cyprien Cher Cyprien, Je ne voudrais pas dire du mal de tes goûts musicaux, alors commençons par là : Death est un groupe historiquement intéressant car le premier à faire du Death Metal (jusque-là, c’est cohérent), techniquement très bon et avec un style qui serait, mais là je me contente de répéter ce que disent les experts, personnel et bien identifiable. Scream Bloody Gore est leur premier album et si j’en crois Wikipédia le premier véritable album de Death Metal, même si je trouve que ça ressemble encore beaucoup à du thrash avec une voix plus bourrine. Malheureusement, le but de cet exercice est de donner mon avis personnel sur les disques qu’on me fait écouter, alors je vais bien être obligé d’en dire un peu de mal. Je ne suis pas du tout amateur de metal extrême, et j’ai même tendance à penser qu’il s’agit de la face d’une médaille de rébellion adolescente de l’autre côté de laquelle se trouve le sk8 punk. D’un côté des ados cools qui assument d’être débilos et graveleux, de l’autre les asociaux mal dans leur peau qui cherchent à faire peur en répétant à qui veut l’entendre que la vie c’est trop de la merde. Du coup, je respecte le rôle historique de Death et leur album, mais je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression d’entendre le même morceau pendant les 37 minutes et quelques du disque, de m’ennuyer face à la démarche musicale (vite, fort et technique, ça va 5 minutes), et de pouffer devant l’imagerie ultra-clichée des titres et de la pochette (“Baptized In Blood”, “Regurgitated Guts”, “Zombie Ritual”, “Infernal Death” ou le simple et efficace “Evil Dead”). Il y a peut-être une période de ma vie où j’aurais trouver ça classe, autant de provocation morbide, encore que j’ai toujours aimé les structures simples et les bonnes mélodies, mais là j’ai la désagréable impression d’avoir passé l’âge. Je vous mets n’importe quel morceau en écoute, c’est toujours la même chose. Fu Manchu – The Action Is Go (1997) : suggéré par Alain Cher Alain, Bon, le stoner, ce n’est pas mon truc. Il parait que leur objectif était de reprendre la recette de Black Sabbath, mais hormis Witch et les morceaux sabbathiens de Mudhoney, je trouve qu’aucun groupe n’y arrive vraiment. Kyuss a quand même fait de très bons trucs, mais d’une part je trouve que la plupart des groupes de cette scène font un peu la même chose qu’eux avec moins de morceaux marquants (ça c’est l’argument dogmatique), et d’autre part je préfère l’approche plus pop des Queens Of...

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Interview – Cloud Nothings

Publié par le 5 mars 2019 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Cloud Nothings

Jusque-là, Cloud Nothings c’était un peu le groupe maudit en interview pour nous. Après quelques annulations de dernière minute ces dernières années, on avait fini par ne plus trop y croire, et par se dire que ce groupe-là, au fond, ne goûtait guère l’exercice. Il a le droit après tout. Mais cette année, alors qu’on s’était déjà réconciliés avec eux musicalement grâce à Last Building Burning qui revient à un son bien plus brut que Life Without Sound, ils ont accepté, sans aucun signe avant-coureur d’une possible annulation… jusqu’au jour J. Alors qu’ils se produisaient au Point Ephémère (Paris), que tout était calé pour une interview avant le concert, ils ont essayé de se débiner à plusieurs reprises. Mais c’était sans compter sur la persévérance de Chloé, attachée de presse chez PIAS, qui s’est démenée (autant qu’elle s’est arrachée les cheveux) pour trouver une solution, pas aidée par une manageuse peu arrangeante… Finalement, nous l’avons faite cette interview, mais pas avec Dylan Baldi, chanteur-guitariste et principal compositeur du groupe, comme prévu mais Chris Brown, second guitariste et récente recrue du groupe, pas forcément très à l’aise dans l’exercice mais fort sympathique au demeurant. Résultat : une interview semi préparée semi improvisée et beaucoup d’énergie gaspillée. © Daniel Topete Quand as-tu rejoint le groupe et comment ça s’est fait ? J’ai commencé à jouer avec le groupe en juin 2016, après l’enregistrement de Life Without Sound. Ils ont réalisé qu’ils avaient besoin d’un guitariste pour la tournée parce que certains passages de l’album sonneraient bizarrement avec une seule guitare. Je les connaissais depuis très longtemps, Jason (Gerycz) le batteur et moi, on a grandi ensemble. J’ai ensuite connu TJ (Duke, bassiste) et Dylan (Baldi, chanteur-guitariste) en jouant à Cleveland et dans les parages. Donc ils m’ont demandé de les rejoindre et j’ai accepté. C’était une décision très facile à prendre. Tu es donc arrivé après Life Without Sound qui était un album assez surprenant de la part de Cloud Nothings, beaucoup plus pop et moins énervé, moins tendu, moins noisy. L’avais-tu écouté avant de les rejoindre et que pensais-tu de cet album ?Oui, Dylan m’a montré tous les morceaux, comment les jouer… C’était clairement un changement par rapport aux albums précédents mais ça ne me semblait pas non plus inapproprié, c’était l’étape suivante. Faire grandir et évoluer le son du groupe. J’ai trouvé ça différent mais je me suis dit que c’était la bonne direction à prendre. Pourquoi être revenu à un son beaucoup plus agressif sur ce nouvel album, Last Building Burning ? Ça avait quelque chose à voir avec ton arrivée ?(Rires) Non, je ne vais pas assumer cette responsabilité ! Ce n’était pas vraiment une décision réfléchie, on ne s’est pas dit « il faut que le nouvel album soit dur et rentre-dedans. On a essayé ça, ça n’a pas marché. ». C’était assez naturel, ça s’est produit comme ça. Donc dans ton esprit « ça n’avait pas marché » ?(Rires) Non, je ne dirais pas ça. C’était un nouveau départ par rapport à ce à quoi on avait habitué le public. « Ça n’a pas marché » n’est pas le bon terme. Le disque s’est simplement fait comme ça. Quelle place occupes-tu dans le processus de composition ? Dylan est le compositeur principal depuis le début, est-il aujourd’hui plus « partageur » ?Oui, complètement. Lui et Jason posent les bases des...

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Weezer – The Teal Album

Publié par le 3 mars 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Weezer – The Teal Album

(Crush Music/Atlantic, 24 janvier 2019) Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures, et Weezer s’est mis en tête de nous le démontrer. Après un album blanc qui pouvait redonner espoir et un Pacific Daydream assez mitigé qui contrariait fortement les espoirs en question, le groupe s’est fait happer par les pires côtés improbables d’internet. On pourrait se contenter de cette phrase : Weezer a repris “Africa”. Mais ce serait passer à côté du plus important : cette reprise, partie d’une petite blagounette sans intérêt, est le fruit d’une vague qui a déferlé de twitter et submergé les différents réseaux sociaux jusqu’à pousser le groupe à s’exécuter, mais surtout à mettre en avant ce fait comme un évènement. Le tout aurait pu s’arrêter à un clip avec Weird Al parodiant celui de Toto, mais non. Car non content d’avoir fait une reprise presque copiée-collée d’un morceau dont personne ne voudrait entendre une reprise, Weezer a décidé de faire un album complet sur le même principe. Ainsi s’enchainent les tubes 80s dégueulasses et kitschissimes (“Africa” de Toto donc, “Sweet Dreams” d’Eurythmics, “Take On Me” de A-Ha), et les poncifs du groupe de musique générique qui ne sait pas trop ce qu’il veut jouer (“Paranoid” de Sabbath, “Billie Jean” de Michael Jackson, “Stand By Me” de Ben E. King). Les versions dont la modification va au-delà d’une guitare un peu plus distordue se comptent sur les doigts de la main d’un estropié (“Happy Together” des Turtles, “Stand By Me” et “No Scrubs” de TLC, qui reste néanmoins très pop pute) et on se fait vite un avis sur les autres : les bons morceaux restent bons, mais on préférera toujours écouter les originaux, les mauvais morceaux restent nuls à chier et on n’a déjà pas envie d’écouter les originaux… Un clip supplémentaire parodiant celui d’A-ha est sorti, et l’album complet, avec pochette pastiche, est sorti sous le nom de Weezer, l’album bleu canard.  Voilà à quel point le groupe de Rivers Cuomo ne se prend pas au sérieux. Et sur le principe, c’est super. Sauf que le disque est une purge qui sortira en physique pour le record store day et bénéficie d’une visibilité énorme pour ce que c’est. La preuve, on en parle même sur ce webzine tenu par un weezerophobe… On aimerait bien que des artistes qui ont des choses intéressantes à faire et partager aient les mêmes moyens. J’espère que tous les bénéfices qu’engendrera cette blague seront reversés à des artistes qui galèrent....

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The Lemonheads – Varshons 2

Publié par le 2 mars 2019 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

The Lemonheads – Varshons 2

Fire, 8 février 2019 Evan Dando mesure 1m92, il ne serait donc pas aisé de le mettre dans sa poche. Je ne suis pas certain que beaucoup aient émis le souhait de le faire, pourtant il semblerait que le groupe se soit décidé à offrir une solution tout à fait convenable à tous ceux qui souhaiteraient transporter le chanteur-compositeur-guitariste des Lemonheads partout avec eux. En effet, plus qu’une suite à un album de reprises assez quelconque sorti 10 ans plus tôt, et à l’opposé du best of de reprises jouées depuis de nombreuses années qu’on aurait pu imaginer, Varshons 2 est sans doute ce qui se rapproche le plus d’un prestation live d’Evan Dando à laquelle on aurait retiré tous les titres des Lemonheads : un choix de reprises disparates complètement réappropriées, donc jouées avec une totale cohérence. S’ajoute l’ambiance chaleureuse et intimiste que même le choix de jouer un reggae (“Unfamiliar” des GiveGoods) ne vient pas gâcher. Du punk de “TAQN” (The Eyes) à la country de “Take It Easy” (Eagles) en passant par la pop-folk lumineuse de “Round Here” (Florida Georgia Line), la mélancolie électrique de “Straight To You” (Nick Cave & The Bad Seeds) et “Abandoned” (Lucinda Williams) ou celle acoustique de “Speed Of The Sound Of Loneliness” (John Prine), ce recueil de morceaux est peut-être aussi efficace pour explorer l’univers musical des Lemonheads qu’un nouvel album. On ne cracherait pas sur un nouvel album s’il est de cette qualité ou de celle du dernier en date, ceci dit. En conclusion, un disque qui restera certainement confidentiel, qui ne révolutionnera rien, mais totalement honnête et sincère, et qui offre un vrai plaisir d’écoute pour ceux qui apprécieraient la musique d’Evan Dando et des Lemonheads. Vu que c’est mon cas, je suis parfaitement conquis. PS : Je vous conseille vivement, si vous êtes dans mon cas, ou simplement curieux, d’aller vérifier ce que vaut le groupe sur scène ce dimanche 10 mars au Gibus Café....

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