Évènements à venir

Nine Inch Nails – Add Violence EP

Publié par le 25 juillet 2017 dans Chroniques | 0 commentaire

Nine Inch Nails – Add Violence EP

Alors qu’il avait mis en sommeil pendant quelques temps l’entité Nine Inch Nails, préférant s’adonner aux plaisirs moins exposés de la bande originale avec son ami Atticus Ross (ou même avec Mogwai sur le documentaire de Di Caprio, Avant le déluge), Trent Reznor a depuis la fin de l’année dernière décidé de donner une suite à la carrière de son groupe mythique. Une nouvelle enthousiasmante pour un résultat bien mitigé. L’EP Not The Actual Events renouait avec des chansons certes plus torturées que sur Hesitation Marks mais oubliait de nous inviter dans son univers. Il n’y avait rien de foncièrement mauvais là-dedans, mais trop peu qui nous incitait à la réécoute, le tout demeurant très impénétrable. Add Violence étant annoncé comme la deuxième partie d’une trilogie (bouclée en principe à la fin de l’année) on était en droit de nourrir des inquiétudes légitimes. Atticus Ross est toujours de la partie et on peut aisément l’imaginer en partie responsable de ces chansons qui oublient d’en être, lui le tisseur d’ambiances, dont la musique est davantage faite pour accompagner des images. Le premier morceau de cet EP balaie d’entrée de jeu cet état de fait. « Less Than » ressemble à du pur NIN : synthé tapageur, guitares en arrière-plan avant de reprendre leurs droits sur un refrain destiné à être scandé (un peu trop peut-être). Indéniablement efficace, ce single pêche toutefois par son manque d’audace tant il sonne comme du « vieux NIN ». Mais du vieux NIN plutôt bien foutu est toujours mieux à prendre que du faux NIN. « The Lovers », lente complainte de Trent sur fond de bidouillages synthétiques, fait retomber notre niveau d’excitation. Rien d’infamant mais il ne s’y passe pas grand chose. La vraie perle de cet EP, et sans doute le meilleur morceau depuis quelques temps, se nomme « This Isn’t The Place ». Un décor qui se plante lentement mais sûrement, un univers captivant et la voix de Reznor, délicate et touchante. De la belle ouvrage, vraiment. Un morceau qui porte bien son nom puisqu’il aurait très bien pu figurer sur The Fragile par exemple, où il n’aurait pas dépareillé et aurait été bien mieux accompagné. A côté de ça, « Not Anymore » renoue avec un univers indus mais ressemble à du « vite écrit, vite plié », quand « The Background World » parait tout aussi paresseux et dérive sur un final bruitiste de près de 7 minutes parfaitement inutile. Moins avare en mélodie que le trop rustre Not The Actual Events, Add Violence ajoute surtout un peu d’intérêt à ce Nine Inch Nails qui se cherche encore mais qu’on finira peut-être par retrouver totalement sur le troisième EP....

lire la suite

Jason Loewenstein – Spooky Action

Publié par le 24 juillet 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Jason Loewenstein – Spooky Action

Dans la famille Sebadoh, je demande le petit frère, celui qui est arrivé après, qui a appris avec les deux grands et qui mine de rien a fini par apporter sa touche et composer certains des meilleurs morceaux du groupe (on citera au moins « Careful »). Visiblement enthousiasmé par les retours sur sa contribution au dernier album du groupe, Jason Loewenstein s’est remotivé à composer pour lui-même et nous offre donc un nouveau disque solo. Quatre ans plus tard, certes, mais on peut quasiment être certain que celui qui a les mêmes initiales que notre rédac chef a tout peaufiné ou presque de ses petites mains, délicatement, comme un humble artisan, pour nous offrir ces 12 titres + 1 intro. À l’instar de son partenaire, la musique de J-Loe est très personnelle, et on reconnait sa patte dès les premières notes de « The One ». Et de fait, les chansons de Spooky Action sont dans la parfaite lignée de ce qu’il fait avec Sebadoh : le pendant plus punk et écorché du groupe, des petits brûlots pliés en 3 minutes, jamais dénués de mélodies subtiles ni de maitrise de la guitare. Le problème qui en découle, c’est qu’on pourra facilement en déduire que Loewenstein ne prend aucun risque, reste dans sa zone de confort et se contente de reproduire 12 fois la même formule. Pour ma part, mais c’est peut-être le fan qui parle, proposer un disque entier de titres aussi cool que ceux qui agrémentaient Defend Yourself, c’est déjà énorme. Et il faudrait vraiment jouer les fines bouches pour snober un plaisir pareil. Pire, une grande force que partagent les deux compères de Sebadoh, c’est que leurs chansons marchent encore mieux à rebours. Vous écoutez le dernier Sebadoh, vous laissez reposer et, un peu plus tard, vous vous rendez compte que vous avez encore pas mal de morceaux dans la tête. Quelque mois après, vous vous rendez compte que c’est un des meilleurs albums de l’année. Quelques années après, vous êtes forcé d’admettre que le groupe a encore lâché un classique qui vous suit au fil du temps. Aujourd’hui, Spooky Action n’est qu’un album très sympa que je prends un grand plaisir à écouter. Depuis quelques temps, je me rends compte que « Machinery », « Superstitious » ou « Hey Hey » me trottent inlassablement dans le crâne. D’ici décembre, il est fort possible qu’il se retrouve dans mon top 3 !...

lire la suite

Body Count – Bloodlust

Publié par le 24 juillet 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 1 commentaire

Body Count – Bloodlust

Voilà un disque qui a le mérite de traumatiser les esprits et de régaler les amateurs de sensations fortes. Âmes sensibles s’abstenir. Je scinderai en deux parties la fougue dévastatrice que Body Count nous jette à la gueule. D’une part, la brutalité extrême qui ressort de certains titres, notamment lorsque les pontes du métal viennent leur prêter main forte. Car oui il y a du beau monde sur ce Bloodlust. Commençons par « Walk With Me… » où Randy Blythe de Lamb of God apporte une sacrée dose d’adrénaline. Vous sentez des palpitations cardiaques, rassurez-vous c’est normal ! Rien de tel également qu’une bonne reprise, certes très conventionnelle mais toujours aussi efficace de Slayer (« Raining Blood »), on le verra plus comme un hommage, a un groupe qui compte énormément pour Ice T. D’autres invités de taille sont là, ni pour blaguer ni juste pour faire figuration. Max Cavalera que l’on ne présente plus, scande le refrain de « All Love Is Lost » puisé au fond de ses entrailles. Pas d’amour là-dedans. La violence est de mise, et Body Count nous le fait savoir dès « Civil War », premier titre de cet album qui voit le leader de Megadeth pondre un solo comme il sait les faire. Qu’on aime ou pas, on valide cette entrée en matière. Voilà pour la partie la plus dark et trash. Une autre facette plus commune à Body Count car elle définit beaucoup mieux le style du groupe depuis ses débuts, une fusion rap/métal au groove imparable qui n’apaise pas pour autant nos tympans. Oui Body Count s’en sort très bien sans guest et tant mieux, à commencer par l’excellent et accrocheur single « No Lives Matter ». La police en prend pour son grade sur  » Black Hoodie », petit clin d’œil  à un grand nom du rap cette fois-ci, KRS-One, qui s’est vu subtilisé avec brio son légendaire refrain « Woop-woop! That’s the sound of da police!« . Un titre encore une fois méchamment puissant et addictif. Autre bombe « This Is Why We ride », Ill Will y martèle ses fûts au rythme des balles, Ice-T a déclaré la guerre, on assiste à un véritable carnage dans les rues de L.A. Ice-T et sa bande n’ont pas perdu l’énergie des débuts, et prouvent que l’alliance du rock et du rap que l’on pensait totalement enfouie sous terre depuis au moins 15 ans, a finalement encore de beaux jours devant elle. Dans la même veine, Prophets Of Rage, réunissant des membres de Cypress Hill, Rage Against The Machine et Public Enemy, commence à faire bon usage de leurs forces respectives, certes dans une mouvance moins hardcore que Body Count, mais aux discours toujours aussi engagés. En tout cas une chose est sûre Body Count a réussi l’exploit de durer, et de proposer après plus de 25 ans de carrière des albums remarquables. Preuve en est avec Bloodlust qui défie avec succès son très bon prédécesseur Manslaughter sorti 3 ans plus tôt....

lire la suite

Nouveau clip pour Prophets of Rage

Publié par le 21 juillet 2017 dans News | 0 commentaire

Nouveau clip pour Prophets of Rage

Prophets of Rage balance « Living On The 110 », second extrait de son premier album prévu pour septembre. Après un EP qui n’a pas vraiment fait l’unanimité, B-Real, Chuck D et les zicos de RATM, semblent avoir trouvé leur rythme de croisière et nous offrent désormais en live comme sur leurs nouvelles compositions de quoi nous satisfaire....

lire la suite

Blues For The Red Sun de Kyuss a 25 ans… Chronique

Publié par le 20 juillet 2017 dans Chroniques, Incontournables, Non classé | 0 commentaire

Blues For The Red Sun de Kyuss a 25 ans… Chronique

Un bourdonnement au loin, une tornade qui approche. En plein milieu du désert. Puis la déflagration « Thumb ». Kyuss se pointe en 1992 avec son deuxième album qui va en secouer plus d’un. Embauché à la prod, la brute aux doigts de fée Chris Goss (Masters Of Reality) les propulse dans une nouvelle dimension. Le son de Blues For The Red Sun pèse six tonnes sans négliger pour autant la finesse et la sophistication. L’époque Wretch est révolue, Kyuss boxe désormais dans la catégorie très lourds. Josh Homme ne se prend pas encore pour Elton John, il ne pense qu’à faire cracher à sa gratte un son pachydermique. Branchée sur un ampli de basse, accordée « plus bas que ça tu meurs » elle le lui rend bien et cause de sérieux dégâts alentour. Brant Bjork fracasse du fût tel un bûcheron bien décidé à faire un massacre, John Garcia gueule comme un forcené avec la rage d’un vieux punk vissée au corps et Oliveri complète la dream team avec des lignes de basse gargantuesques ou rondouillardes, selon l’humeur. Le red sun tape fort sur la casaque de ces rockeurs complètement stoned et se voit offrir des compos qui sentent la poudre, les trips enfumés et la Corona trop chaude. Blues For The Red Sun possède un quota (un QOTSA huhu) de bombes assez inhumain. Ne sens-tu pas tes enceintes vrombir sur l’intro de « Green Machine » ? Et comme une envie irrépressible de headbanger seul au volant de ta décapotable quand la cavalcade s’amorce, portée par la frappe lourde de Bjork et les beuglements de John Garcia ? « I’ve got a war inside my head » clame-t-il (coucou Mike Muir) et nous, on a pris un méchant coup sur la casaque avec ces deux fabuleux premiers titres. Mais la démonstration de force ne s’arrête évidemment pas là. « 50 Million Year Trip (Downside Up) » coche toutes les cases : riff surpuissant, pont groovy, lentes divagations psychées finales. Tu vois, ça mon enfant, c’est du stoner. Et ça poutre. On ne se remettra jamais vraiment non plus de cette intro monumentale de « Thong Song » que d’aucuns jugeraient la plus cool de l’univers. John Garcia dit avoir horreur des « slow songs », ses comparses ne lésinent pourtant pas sur les longs jams hypnotiques (« Apothecaries’ Weight », « Writhe », « Freedom Run », l’instrumentale « Molten Universe » joyeusement heavy). En fin d’album le riff carnassier de « Allen’s Wrench » ferait passer bon nombre de groupes metal burnés pour des petits joueurs. Ici il passerait presque inaperçu après s’être fait ravager par les monstres sus-cités. Soutenue par les cris étouffés de Garcia, l’habitée « Mondo Generator » (qui donnera son nom au prochain groupe de Nick Oliveri), conclut de manière épique un disque qui ne l’est pas moins. On sort soulé de coups de ces 51 minutes éreintantes. Chez les fans de Kyuss, il y a deux écoles : les adorateurs de Blues For The Red Sun et ceux qui, comme moi, lui préfèrent tout de même Welcome To Sky Valley, tout aussi incandescent mais qui tient encore mieux la distance. Chez les fans de stoner, il n’y a qu’une école : les adorateurs de Kyuss. Bluesy comme un bon Led Zep mais 16 fois plus lourd, écrasant comme un Sabbath mais 32 fois plus planant, Kyuss donnait ses lettres de noblesse à un genre en devenir....

lire la suite

5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

Publié par le 18 juillet 2017 dans Non classé | 0 commentaire

5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

  Putain 5 ans ! 5 ans qu’on s’est lancé dans cette drôle d’aventure, juste pour le fun et sans la moindre idée de comment ça pourrait évoluer. Aujourd’hui on peut le dire : ça valait le coup. On s’amuse toujours autant à parler musique avec passion, entre mauvaise foi assumée et cris d’amour déraisonnés. Et si ça se trouve, on sera encore là dans 10 ans… En attendant, pour fêter cette première étape importante, on a pensé se faire une petite sauterie dans une de nos salles parisiennes préférées, avec la fine fleur de l’indie rock français et des bataves qui, parait-il, se débrouillent pas trop mal sur scène…   Vendredi 10 novembre au Petit Bain… Exit Musik fête ses 5 ans !   Birth Of Joy (NL)   En 2005, les Birth of Joy ont gobé une pilule datée approximativement de la fin des 60s-début 70s et ne sont jamais vraiment redescendus. Héritiers des Doors pour le côté blues psychédélique (et pour la formation guitare/orgue/batterie), ils cultivent également le goût pour les éruptions sauvages plutôt familières du garage et du punk. Un an après l’acclamé Get Well, les Birth Of Joy nous font l’honneur d’une date unique à Paris en 2017, et on n’est pas peu fier de les avoir. Gare au mal de mer, la péniche du Petit Bain va sérieusement tanguer !   Wonderflu (FR) Leur venue s’imposait comme une évidence. Voilà un groupe qu’on a découvert peu de temps après les débuts d’Exit Musik, qui nous a accordé l’une de nos premières interviews, et qu’on n’a jamais perdu de vue depuis. On a bien fait puisqu’après avoir empilé les EP, ils viennent de sortir cette année un copieux premier album de 30 titres, se payant même le luxe d’y inviter Troy Von Balthazar. TvB qui se sent comme un poisson dans l’eau aux côtés d’un groupe perpétuant avec talent la tradition des grandes formations indie rock. Comme au temps béni des années 90.   The Blind Suns (FR) Adoubés par Clive Martin (The Cure, Nick Cave, Queen…) qui a produit leur dernier EP, programmés au SXSW d’Austin, qualifiés par Jim Rose (du Jim Rose Circus) de « Jesus & Mary Chain avec un vagin », la dream pop éthérée aux accents shoegaze des angevins ne laisse personne insensible. Un sens de la mélodie raffinée, un amour pour la saturation et, plus surprenant, une légèreté très surf music (qui, pour le coup, évoque plutôt Allah-Las), voilà de quoi nous apporter à coup sûr le soleil en plein mois de novembre.     Billetterie : Weezevent / Digitick Evènement Facebook Teaser vidéo (by Alain Dutertre) : Venez, ça va être le pied bordel !...

lire la suite

DJ Shadow – The Mountain Has Fallen EP

Publié par le 15 juillet 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

DJ Shadow – The Mountain Has Fallen EP

DJ Shadow nous balance un nouvel EP, il fut un temps où j’aurais sauté de joie, et me serais empressé de l’écouter. Sauf que le Monsieur ne m’a pas époustouflé depuis un bail… Ça doit remonter à The Private Press. Oui je sais je suis vache, mais pour le coup quand j’écoute Shadow avec plaisir c’est avec ce dernier et Endtroducing. Voilà donc un EP de 4 titres, je me suis laissé tenté après avoir lu quelques éloges. Et puis Nas en featuring, je me suis dit que ça pouvait être classe… Faux départ avec « Systematic ». Nas a beau faire le taf, a beau être l’un de mes rappeurs préférés, pourtant capable d’enflammer une salle a capella, il se heurte ici à une instru qui ne mérite pas son talent. Totale déception. Au tour de Danny Brown de poser (« Horror Show »), je ne le connais pas trop, et j’avoue que la surprise est de mise. Un flow bien particulier qui n’est pas sans rappeler le rap froid et hybride de Cannibal Ox et les sommets du label Definitive Jux. Shadow pour le coup semble retrouver une belle inspiration. Encourageant. On aurait aimé meilleure nouvelle que ce « Good News » qui n’aura pour effet que de vouloir se coller la tête dans le mur, Si vous pensiez que la MPC et Dj Shadow ne faisaient qu’un, il s’avère que la machine a fait des siennes sur ce coup là, la montagne n’est pas la seule à être tombée… Sur « Corridors » on retrouve l’âme profonde du DJ capable du meilleur, quand il veut. On y est, là où on veut que sa musique nous emmène. Fermer les yeux et avoir des étoiles plein la tête (vous me direz normal après avoir pris un mur en pleine face…) et cerise sur le gâteau il nous offre même un final complètement fou. Bilan très mitigé tout de même… Et oui Monsieur Shadow, on ne peut qu’être exigeant avec un Maître. Je vais de mon côté aller écouter du Danny Brown qui, lui, ne m’a pas laissé de marbre....

lire la suite

« Less Than », nouveau titre de Nine Inch Nails

Publié par le 13 juillet 2017 dans News | 0 commentaire

« Less Than », nouveau titre de Nine Inch Nails

  On savait que deux EP de Nine Inch Nails étaient prévus pour cette année, bouclant ainsi une trilogie entamée fin 2016 avec Not The Actual Events, on sait désormais que le prochain, Add Violence, arrive dans une semaine, le 21 juillet. Voici un premier extrait clippé « Less Than » :...

lire la suite

5 chansons, 5 disques par Emboe

Publié par le 12 juillet 2017 dans 5 chansons, 5 disques, Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

5 chansons, 5 disques par Emboe

On avait déjà taillé le bout de gras avec Emmanuel Boeuf lorsqu’il officiait encore au sein de feu Sons Of Frida. Aujourd’hui Sons Of Frida n’est plus mais Emmanuel Boeuf est toujours plus qu’actif au sein de ses nombreux projets. Et il reste un immense passionné de musique devant l’éternel. Bref, le monsieur avait le profil idéal pour une interview 5 chansons, 5 disques.   1 – Mirinda (Sons Of Frida – Tortuga – 2013) On commence par du vieux… Je crois que c’est mon morceau préféré que vous ayez fait. Déjà il y a cette trompette qui je trouve apporte un vrai plus, c’est venu comment cette inspiration ? Cette histoire de trompette est venue très naturellement dès le départ. En fait, Ben le guitariste et chanteur a fait de la trompette au conservatoire. 10 ans de trompette, un truc comme ça. Même sur notre premier album y a de la trompette. Sur tous, en fait. Un jour il nous a dit « j’ai fait 10 ans de trompette au conservatoire, ça m’a soulé… », on lui a dit « tiens, ramène ta trompette ! ». Et puis, ouais sur « Mirinda », la trompette est fantastique. Ça fait vachement bien. On avait un processus de composition qui était plus sur de l’improvisation, moi j’avais trouvé cet espèce de riff qui est là constamment sur tout le long du morceau. Ben jouait aussi de la guitare, il savait pas trop quoi faire. On continuait pendant un quart d’heure, et puis Ben sort la trompette et commence à jouer ça. Oui, donc tu me dis que c’était là au départ mais vous n’aviez pas imaginé dès le début d’inclure de la trompette sur le morceau ? Non, au début on était là, deux guitares, une basse, une batterie. On chante, on joue et un morceau, il savait pas quoi faire, il a pris la trompette et c’est parti. Il a trouvé les quatre lignes et c’était cool. Puisqu’on est sur Sons Of Frida, on peut parler d’un RIP forever ou il y a un potentiel retour envisageable… Ah toi t’as vu l’annonce sur Facebook. Oui, j’ai vu passer un truc qui m’a intrigué. Oui, il y a une rumeur. Mais il n’y aura pas de reformation, y a Clément le bassiste qui est parti en Suède. S’il devait y avoir une reformation, ce serait de la dernière version de Sons Of Frida donc avec Clément à la basse, sinon ça n’aurait aucun intérêt. On y a pensé mais ça va pas être jouable. Mais on a pas mal de matière encore pour sortir des choses. Ah oui, donc pas de reformation mais de nouvelles sorties. Voilà. On va faire un peu comme Sonic Youth, on a beaucoup de matière donc on peut sortir quelques trucs encore… Genre les Spinhead Sessions ultra chiantes ? (rires) Je pense que ce sera un peu mieux quand même. On a fait attention à ça (rires). Je ne sais pas si tu as des regrets vis-à-vis de ce groupe mais j’ai le sentiment que la musique que tu jouais sur Sons Of Frida c’est aussi un des sons qui te ressemblent le plus, toi en tant que gros fan de Sonic Youth. Ces sons de gratte ultra saturés, dissonants… C’est là où tu t’es senti le plus à l’aise ?...

lire la suite

La Canaille – 11.08.73

Publié par le 7 juillet 2017 dans Chroniques | 0 commentaire

La Canaille – 11.08.73

Avis aux amateurs d’histoire dont la culture hip hop laisse à désirer. La Canaille nous offre avec « 11.08.73 » un récit de la naissance du genre sous la patte de Kool Herc, lors d’une block party dans les rues du Bronx. Un titre brillant à la hauteur de son ambition, sur une instru chaloupée et saccadée. Avis aux amateurs d’histoire de France qui ne la connaissent qu’à travers les manuels à haute dose patriotique. La Canaille nous dresse un portrait peu reluisant de cette répugnante République, revenant sur le passé peu glorieux de notre chère nation (« République »). Et c’est pour le moins salutaire. Avis à ceux qui portent un regard critique sur les forces de l’ordre, La Canaille nous délivre un texte acéré sur les violences policières (« Sale Boulot ») sans jamais verser dans le racailleux ou la facilité. Avec justesse. Avis aux amateurs d’oeuvre collective, La Canaille invite ici d’autres MCs (Mike Ladd, Bukowski, JP Manova) qui partagent sa vision, que d’aucuns jugent désuète. Comme une belle équipe de résistants, clamant haut et fort sa différence à l’égard de la merde ambiante qui monopolise les ondes et les bacs (« On partage les mêmes bacs et c’est pas faute de l’reprocher/Des sous-labels de sous-labels de vendeurs d’illusions/Et tu prends toute la place dans le canal de diffusion/Tu mets d’la merde dans les oreilles à force on s’habitue/Ça commence tôt le formatage, à qui l’dis-tu ? » sur « Du Bruit »). Avis à ceux qui cherchent un peu d’émotion dans ce monde brut, La Canaille vous ravira avec le magnifique « Accalmie » qui clôt l’album sous la voix de Sofiane, auditeur assidu du groupe qui leur a adressé une lettre des plus poignantes, remerciant leur musique de panser ses plaies. La Canaille nous offre donc beaucoup encore une fois, porté par la plume virevoltante d’un Marc Nammour qui n’abandonne pas le combat. Ton posé, discours militant, les textes brillent par leur intelligence et demandent du temps pour être digérés. Marc Nammour n’a pas besoin de s’égosiller ou de partir à la quête d’une punchline vide de sens. Il est au-dessus de la mêlée, de ce rap à gober à la vitesse d’un épisode de Bref. Et à oublier aussi vite. Musicalement, les machines sont un peu plus en avant que les instruments (rappelons que Marc Nammour est accompagné d’un groupe de musiciens, ô combien talentueux soit dit en passant). Peu d’instrus sortent ici du lot (exceptions faites des formidables « Connecté » et « Parler Aux Inconnus ») celles-ci préférant sans doute s’effacer devant le poids des mots. Avis aux amateurs de vrai rap à la recherche d’authenticité, La Canaille fait toujours partie de cette catégorie à part et il vient encore de le prouver....

lire la suite