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Interview – Shannon Wright

Publié par le 15 septembre 2019 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Shannon Wright

Nous avons besoin d’artistes comme Shannon Wright. Pour garder foi en l’indie rock, le vrai, pas celui qu’on cherche à nous vendre à tout bout de champ, de manière souvent galvaudée. Une artiste qui ne vit pas de sa musique mais qui ne vit que pour elle, qui se livre sans fard ni calcul, qui surprend de disque en disque. Alors qu’on ne savait trop où la caser entre folk intimiste et rock enragé, elle a créé une nouvelle case pour son précédent disque qui mettait à l’honneur le piano et les bidouillages électroniques. Cette fois-ci, avec Providence, album se reposant uniquement sur son piano et sa voix (quelle voix !), on se demande bien si elle ne serait pas devenue musicienne classique. Mais l’essentiel est ailleurs, l’essentiel c’est que Shannon persiste à creuser un sillon qui lui est propre et que l’inspiration ne faiblisse pas. Pas d’inquiétude, nous avons pu vérifier à la faveur d’un long entretien téléphonique que l’envie est toujours intacte et la passion ardente. “Ce qui compte le plus, ce sont les chansons. Elles priment sur tout, quel que soit le genre ou les instruments auxquels tu joues. Les gens qui se focalisent sur le fait que je joue ou non de la guitare, ce ne sont pas des vrais fans, ils ne comprennent pas ce que je fais.” © Jason Maris Avant d’écrire Division, ton album précédent, tu as eu des moments très difficiles, où tu étais désespérée et pensais arrêter. Dans quel état d’esprit te trouvais-tu avant d’enregistrer ce nouveau disque ? Honnêtement, je suis toujours comme ça. (Rires) Ce n’est pas facile, j’adore ce que je fais mais je ne gagne pas d’argent. C’est purement pour l’amour de la musique. Je me suis dit plusieurs fois que j’allais arrêter. Mais j’ai ça en moi, c’est très difficile à expliquer, c’est comme si une seconde peau poussait. Quand je pense à arrêter, je peux mentalement le décider mais la musique est toujours présente… Durant cette période en particulier, on m’avait demandé de jouer avant un groupe, c’était vraiment leur concert, pas le mien, parce que le promoteur voulait que j’y sois. C’était un groupe de hippies, très sympas mais pas vraiment du même genre que moi. J’étais contente du concert mais à la fin en backstage, j’étais très triste et je me suis dit « ok, c’est fini, je ne peux plus continuer. C’est trop difficile. » Puis, Katia Labèque m’a rejoint en backstage et elle était très enthousiaste, je lui ai dit que j’appréciais ses compliments mais que j’allais arrêter car je ne gagnais pas d’argent, que je le faisais depuis si longtemps et que c’était trop difficile. Elle s’est montrée très insistante et elle a trouvé les mots pour m’encourager, elle était au bon endroit, au bon moment. Pour remettre un peu de lumière. Et on peut presque parler de tournant dans ta carrière car ensuite tu as enregistré Division avec elle qui était assez différent avec très peu de guitare et beaucoup de piano, un côté expérimental aussi. Et cette fois, tu sors Providence, où il n’y a que ta voix et du piano. Division et ta rencontre avec Katia ont-ils joué un rôle prépondérant pour te sentir suffisamment confiante en tes capacités à sortir un disque où le piano...

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Funeral d’Arcade Fire a 15 ans. Chronique

Publié par le 13 septembre 2019 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Funeral d’Arcade Fire a 15 ans. Chronique

(Merge, 14 septembre 2004) Il y a quinze ans, on assistait à l’avènement d’un groupe phare des années 2000 : Arcade Fire. Le groupe canadien, originaire de Montréal, réussissait le coup de maitre de sortir un classique intemporel dès son premier album. Et son meilleur disque (?). Très tôt adoubé par David Bowie (y’a pire pour débuter dans le métier) et acclamé par la critique nord-américaine, Funeral a rapidement déferlé sur l’Europe. Déjà très amateur de la scène canadienne et du label Constellation (Godspeed You! Black Emperor, Thee Silver Mount Zion, Do Make Say Think…), je suis forcément tombé sur ce disque en 2005 à sa sortie européenne. Avec un nom pareil, on pouvait craindre un album sombre et les premières écoutes furent assez surprenantes. Malgré de nombreux décès survenus dans l’entourage du groupe à l’époque de la genèse du disque, c’est pourtant une énergie folle et un lyrisme incandescent qui émanent d’une bonne partie des 10 titres. Comme une furieuse envie de (sur)vivre. Malgré le deuil, le groupe va aligner hymnes (pop)-rock épiques et addictifs, alternant avec quelques titres touchants et plus introspectifs (le folk élégant de « Neighborhood#4 (7 Kettles) »). L’album est riche, plein de surprises, foisonnant d’instruments divers, et de cordes élégantes. Et malgré une production qui sonne aujourd’hui un peu « plate », le charme opère toujours. Par la grâce d’un songwriting d’orfèvre. Dès les premières notes de piano de « Neighborhood#1 (Tunnels) », on replonge. Le rythme en crescendo, le motif répétitif piano-guitare, le chant erratique mais habité de Win Butler, les envolées de cordes. Quelle ouverture d’album ! Le groupe a soigné ses effets et la clôture est tout aussi sublime avec ce « In The Backseat » explicite où la voix, tour à tour fragile et déchirante de Régine Chassagne fout le frisson. Sur le titre le plus tragique, évoquant la mort de sa mère. Si l’on peut trouver à redire sur la qualité technique et vocale du duo Butler-Chassagne, la sincérité, la fragilité et l’émotion qui émanent des titres plus intimistes emportent l’adhésion. Et le groupe est par ailleurs capable de semer un beau petit brin de folie dans des titres de facture classique comme « Une année sans lumière » ou « Crown Of Love », au final assez halluciné tout en violons. Ou de s’évader vers d’autres contrées musicales comme sur le tropical « Haiti » qui évoque (en partie en français) le pays d’origine de Régine Chassagne. Mais c’est surtout l’énergie flamboyante du septet qui irradie des titres les plus énervés. Pour un « Neighborhood#2 (Laïka) » un poil faiblard, on a un trio de titres parfaitement disséminés dans l’album pour ranimer le feu qui couve. « Neighborhood#3 (Power Out) » sonne une première charge. Les chœurs, les envolées de cordes, la batterie qui claque, Win Butler qui s’époumone comme un beau diable : le groupe met ses tripes sur la table. Que dire alors du lyrisme qui embrase un monument comme « Wake Up » ? À chaque grand classique sa chanson emblème. Arcade Fire signe la sienne avec cet hymne enflammé. Rythmique rock frondeuse, chœurs incandescents, Win Butler qui déclame lentement sa mélancolie. Le titre en crescendo s’embrase sur une envolée vocale de Régine Chassagne et de cordes qui fait toujours son petit effet. Et une...

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Daniel Johnston est mort

Publié par le 12 septembre 2019 dans News | 0 commentaire

Daniel Johnston est mort

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Daniel Johnston mardi soir d’une crise cardiaque. Il avait 58 ans. Popularisé (faut le dire vite) par le documentaire The Devil and Daniel Johnston sorti en 2005 (qui mettait autant en lumière sa musique que son caractère dépressif et schizophrène) et par… Kurt Cobain qui arborait régulièrement un t-shirt Hi How Are You? (son sixième album, sorti en 1983), Daniel Johnston était de ces artistes indie cultes restés dans l’ombre mais adulés par sa horde de fidèles. Songwriter de grand talent à l’extrême sensibilité, Johnston enregistrait la plupart de ses chansons chez lui, sur cassette ; il incarnait l’esprit lo-fi, DIY, la débrouille, l’indépendance et était admiré par bon nombre de ses contemporains (ses chansons ont été reprises par Tom Waits, Pearl Jam, Beck, Eels, Teenage Fanclub et autres… Lana Del Rey). Sa santé s’était fortement détériorée ces derniers temps et ses séjours à l’hôpital étaient fréquents. Daniel Johnston a sorti la bagatelle de 17 albums, dont les plus fameux Fun, 1990 et donc Hi How Are You?. Son dernier en date, Space Dudes, est sorti en 2012. RIP Daniel & thanks for the...

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Mike Patton & Jean-Claude Vannier – Corpse Flower

Publié par le 11 septembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Mike Patton & Jean-Claude Vannier – Corpse Flower

(Ipecac, 13 septembre 2019) L’annonce de la collaboration entre Jean-Claude Vannier et Mike Patton avait de quoi surprendre de prime abord mais en y réfléchissant bien, elle coule de source. Car Mike Patton, chanteur de Faith No More/Mr. Bungle/Fantomas/Tomahawk/Mondo Cane/Dead Cross (liste non exhaustive) n’est pas à un grand écart vocal près et est un fondu de Gainsbourg. C’est d’ailleurs en travaillant sur un concert hommage à ce dernier qu’il avait rencontré Vannier, compositeur du magistral Histoire de Melody Nelson. Ils avaient alors émis l’idée d’un travail en commun. C’était il y a huit ans… Les liens n’étaient pas rompus, il fallait simplement laisser du temps au temps… Nous y sommes enfin, et de temps nous n’avons guère besoin pour nous assurer que le duo se complète remarquablement : dès “Ballad C.3.3” en fait, où sur un air piano-jazz, Patton déroule son phrasé en mode narrateur décontracté du gland avant que les cuivres ne s’emballent soudainement. Notre fêlé préféré se fend de cris jubilatoires en fin de morceau comme s’il exultait devant cet épatant résultat. C’est un (putain de) “Camion” groovy en diable qui vient parfaire la démonstration avant que Patton n’endosse l’un de ses costumes préférés : celui de crooner/lover le temps d’une “Chanson d’amour” qui fera fondre ses dames (et doucement ricaner – à tort ! – ses messieurs). On ne fera pas preuve du même enthousiasme sur l’ensemble de l’album qui, s’il est admirablement produit et orchestré, n’évite pas toujours les fautes de goûts. “Insolubles” est ainsi particulièrement lourdingue avec ses arrangements qui évoquent la musique méditerranéenne (grecque ? Italienne ? Ça sort de notre domaine de compétence). C’est probablement très sympa en dégustant un souvlaki en bord de mer et on aurait sans doute donné une pièce au groupe en représentation mais dans la grisaille parisienne, on préfère écouter Jessica93 (ou Souvlaki de Slowdive, n’importe où). “Pink And Bleue” atteint, elle, des sommets de mièvrerie avec ses violons mielleux et son refrain franchement pénible. Mais comment interpréter un morceau qui commence par “when i drink too much, i shit my pants” et agrémenté de “listen dumbass, douchebag” ? Sans doute pas très au sérieux. On n’en fera donc pas un drame d’autant qu’auparavant on s’était retrouvé “On Top Of The World” après que d’aimables sifflotements furent expédiés par un refrain ravageur et ô combien jouissif, on s’était réjoui de déguster une “Cold Sun, Warm Beer” déjantée qui sonne très Mr. Bungle, on avait apprécié un petit tour de maison hantée entre frousse et rigolade, façon Sleepy Hollow (“Hungry Ghost”), on était resté interloqué devant “A Schoolgirl’s Day” où Patton se met au spoken word pour nous conter la journée fort banale d’une écolière sur une instrumentation des plus cinématographiques et on s’était esclaffé en l’entendant jouer avec la langue et la gastronomie française (“andouillette, entrecôte, filet mignon, coq au vin, escalope, pieds de cochons“) sur la très entrainante “Corpse Flower”. Toujours aussi insaisissable, Mike Patton campe parfois un Gainsbourg 2019 des plus crédibles et s’adapte à merveille aux moult ambiances déclinées par un Jean-Claude Vannier au savoir-faire affolant. En somme, la rencontre de ces deux grands esprits créatifs aura donné lieu à un album plein de maitrise, et fort divertissant. On ne sait jamais vraiment par quel bout le prendre mais on trouve toujours de...

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Supergrass : un inédit, un coffret et une date à Paris

Publié par le 9 septembre 2019 dans News | 0 commentaire

Supergrass : un inédit, un coffret et une date à Paris

Alors que les fans d’Oasis espéraient la reformation du groupe mancunien cet été à Glastonbury, c’est un autre groupe culte de la britpop qui vient d’effectuer son retour vendredi dernier en montant sur la scène de la Pilton Party du Glastonbury, j’ai nommé Supergrass. Dans la foulée, la formation pop-rock anglaise la plus talentueuse de sa génération vient d’annoncer une tournée en 2020. Une reformation assez inespérée, chacun de ses membres ayant attaqué une carrière solo. Leur grand retour à Paris se déroulera sur la scène du Casino de Paris le 4 février prochain. Les places seront en vente le vendredi 13 septembre à 9h et devraient s’arracher très vite… Le groupe a par ailleurs annoncé la sortie d’un coffret Best Of Supergrass: The Strange Ones 1994-2008 pour célébrer le 25e anniversaire de la sortie de I Should Coco le 24 janvier 2020 sur BMG. Il contiendra les six albums originaux du groupe sur picture disc LP et CD, des CD bonus de prestations live inédites, des B-sides, des remixes, des raretés studio, des démos, des versions acoustiques, quelques étrangetés, de nouveaux mixes, un livret deluxe, des posters et des badges. Au total, c’est plus de 6 heures d’inédits qui seront regroupés dans ce coffret pour le moins garni. En attendant, on s’écoute le premier titre dévoilé, une reprise de « Next to You », de The...

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Frustration de retour mi-octobre dans les bacs !

Publié par le 9 septembre 2019 dans News | 0 commentaire

Frustration de retour mi-octobre dans les bacs !

Trois ans déjà après Empires Of Shame, Frustration reviendra le 18 octobre avec son quatrième album So Cold Streams, encore et toujours chez Born Bad. La magnifique pochette (ci-dessus) est une fois de plus réalisée par l’artiste peintre Baldo. A noter que Jason Williamson, beugleur en chef de Sleaford Mods, a participé à un morceau. La tracklist : 1/ Insane 2/ Pulse 3/ Slave Markets feat Jason Williamson 4/ When Does A Banknote Starts To Burn 5/ Brume 6/ Some Friends 7/ Lil’ White Sister 8/ Pepper Spray 9/ Le Grand Soir L’album est en précommande sur Bandcamp. Jonathan Lopez Tous nos articles (chroniques, interview…) sur...

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Pixies – Beneath The Eyrie

Publié par le 8 septembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Pixies – Beneath The Eyrie

(Infectious/BMG) La carrière de Frank Black ne serait-elle qu’une gigantesque leçon d’ironie ? Pensez-y : – Les Pixies ont été beaucoup snobés par leurs pairs plus friands de noise rock pur et dur et n’ont obtenu qu’un succès d’estime du temps de leur première carrière. – Le groupe s’est séparé avant de pouvoir bénéficier de l’effet Nevermind, alors que Cobain et Novoselic criaient sur tous les toits que “Smells Like Teen Spirit” était un plagiat éhonté de leur formule loudQUIETloud.– Ses premiers albums ont bien mieux marché que les 4 du groupe à l’époque, mais on a commencé à lui reprocher de faire moins bien qu’avec les Pixies.– C’est Kim Deal qui s’est payé la part du lion avec les tubes des Breeders.– Quand il a réuni les Pixies en 2004 en clamant haut et fort que c’était pour l’argent, personne ne s’est plaint, mais maintenant qu’il a vraiment l’air de se faire plaisir à ressortir de la musique avec Lovering et Santiago, on lui reproche de ne faire ça que pour le fric. Allez comprendre… Pourtant, il y en a eu du chemin depuis Come On Pilgrim, et même pas mal de parcouru depuis la fameuse reformation de 2004. Et le temps passe vite, mais ça fait déjà six ans qu’on s’est pris dans la face le départ de Kim Deal et les singles qui allaient devenir Indie Cindy. Aujourd’hui, c’est le 3e album de la formation sans Kim, et mine de rien la bande à Frankie continue son petit bonhomme de chemin vaille que vaille en cherchant son propre rythme. Et fichtre, peut-être bien qu’ils l’ont trouvé cette fois-ci ! Indie Cindy tentait pas mal de choses, mais ne réussissait pas toujours, le résultat était donc mitigé. Head Carrier donnait l’impression d’être en pilotage automatique, sans aucune prise de risque, mais n’avait aucun vrai raté (on oublie le sous “Where Is My Mind?”, d’accord ?). Beneath The Eyrie semble lier le meilleur des deux : sortir un peu des sentiers battus pour se créer une identité sonore propre sans se perdre avec des morceaux douteux (pas d'”Andro Queen” ou de “Ring The Bell”, ouf !). Malgré une production tirant un peu trop sur les années 80 à mon goût, le disque a une identité assez cohérente qui me rappelle les premiers albums solo de Frank Black, mais dont certains titres m’évoquent Leonard Cohen (“Bird Of Prey”), Ennio Morricone ou, plus étonnant, du vieil Alice Cooper (This Is My Fate”) ; bref, pas vraiment ce qu’on s’attend à trouver en premier lieu chez les Pixies, même si ce n’est pas la dose de surf sec, les solos concis de Santiago et la patte mélodique de Black sont bien là. Un petit bémol, cependant, et qui me permet d’en placer une pour les haters de Head Carrier (dont notre redac’ chef fait partie) : il n’y a rien sur ces premières écoutes qui m’accroche autant que les meilleurs morceaux des deux précédents : pas de “What Goes Boom”, de “Magdalena 318”, ni de “Um-Chagga-Lagga” ou “Baal’s Back”. Rien d’aussi tubesque et efficace (NDRC : si, si : “Graveyard Hill”, “Catfish Kate”, “Silver Bullet”, “Bird Of Prey”…), et c’est quand même dommage. D’autant plus que la continuité est claire : “Silver Bullet” aurait eu sa place sur Indie Cindy, et...

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Last Train – The Big Picture

Publié par le 5 septembre 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Last Train – The Big Picture

(Deaf Rock/Caroline International, 13 septembre 2019) Ah le fameux cap du deuxième album ! Classique écueil pour tout groupe qui aspire à une carrière au long cours. Voici qu’arrive The Big Picture, l’attendu deuxième essai d’un groupe français qui monte : Last Train. Précédé d’une (très) solide réputation scénique et d’un premier disque marquant (Weathering), les alsaciens sont attendus par de nombreux observateurs comme les leaders d’un rock français à nouveau fringant. Le groupe capable de réconcilier les puristes du rock indé et le public rock plus mainstream. Ajoutez à cela que le quatuor, à l’instar des gascons de The Inspector Clouzo, a choisi un fonctionnement do it yourself (du vrai rock indé quoi !) et qu’ils organisent même leur propre festival en septembre du côté de Lyon ! Avant d’aller (re)goûter sur scène l’énergie du groupe et le voir défendre la rage au ventre cet album, penchons-nous sur ces 10 titres. Superbe teasing que les 2 titres déjà dévoilés ces dernières semaines et qui offraient un bon aperçu du talent du quatuor. D’abord l’élégant et délicat « The Idea Of Someone », parfaite bande-son pour l’artwork sobre et monochrome de la pochette. Pas de fioritures, de belles mélodies, chant splendide, un peu d’électricité sur la fin. Sobre. Classe. Derrière, « Disappointed » met sa bonne claque. Last Train balance sa spéciale : le rock urgent et rageur, qui m’évoque ici les anglais de Royal Blood. Addictif. A l’image de Weathering qui ne choisissait jamais entre rock furieux et mélodies imparables, Last Train creuse le même sillon (« Right Where We Belong »). Avec une dose plus prononcée de mélancolie cette fois-ci. L’album réserve toutefois quelques petites nouveautés comme un instrumental de piano triste (« A Step Further Down ») ou ce « Tired Since 1994 », ballade (presque) acoustique assez sublime. Intro sobre et délicate, mid tempo languissant, bribes de guitares et cette belle envolée finale avec cordes élégantes. La production, un poil (trop) lisse sur les titres les plus apaisés, ne néglige heureusement pas l’électricité plus abrasive. Dès l’inaugural et tubesque « All Alone », le son est ample, guitares en avant, on met quand même plus de volume (on se fait plaisir !) et on compte les jours avant de voir ça sur scène. L’album est solide, sans temps faible (peut-être « I Only Bet On Myself ») et même un « Scars » a priori faiblard à la première écoute finit par convaincre avec un solo inspiré. Et c’est tout ? Non, puisqu’on a aussi droit à deux morceaux de bravoure que le groupe affectionne (remember « Fragile ») et qui vont faire grimper la cote de ce disque. Avec « On Our Knees », Last Train nous refait le coup de la piste 3, comme « Jane » sur le précédent album. Le titre de 7-8 minutes que tu vas t’écouter en boucle chaque fois que tu monteras dans ta bagnole, chaque fois que tu brancheras ton enceinte portable en bossant chez toi. Le titre que tu prendras bien live, en rappel façon apothéose (je dis ça, je dis rien). Petite gourmandise, ça lorgne brillamment vers un post-rock mélodique façon Explosions In The Sky sur le pont instrumental. Même les cordes sur la fin, à la troisième écoute, je les trouve déjà moins « too...

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Le premier extrait de l’EP d’Echoplain en écoute exclusive !

Publié par le 4 septembre 2019 dans News | 0 commentaire

Le premier extrait de l’EP d’Echoplain en écoute exclusive !

Orphelins de Sons Of Frida depuis de trop longues années (six, si on sait encore compter), nous avions eu ces derniers temps de quoi nous rassasier avec les différents projets de ses ex-membres (Emboe, Tabatha Crash ou encore Hélice Island, pour ne citer qu’eux). Cette fois, comble du bonheur, ce ne sont rien de moins que deux anciens membres (Emmanuel Boeuf qui assure guitare et chant, Clément Matheron à la basse) qui se retrouvent, en compagnie de Stéphane Vion (batteur de La Diagonale Du Fou et Velocross). Pas besoin de vous faire un dessin, ces trois-là se connaissent et s’apprécient depuis un moment, notamment pour leur propension à faire du bruit, beaucoup de bruit, et jamais pour rien. Echoplain, c’est leur petit nom, sortira un premier EP de trois titres le 15 septembre prochain chez Atypeek Music (en attendant plus, car affinités il y a). En exclusivité avec nos confrères d’Addict-Culture, nous vous dévoilons ici un premier extrait affectueusement intitulé “For Yourself”. Tout en délicatesse, il va sans...

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Tool – Fear Inoculum

Publié par le 31 août 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Tool – Fear Inoculum

(Volcano Entertainment/RCA, 30 août 2019) À trop jouer avec nos nerfs, à repousser constamment l’échéance, Tool ne se serait-il pas tiré une belle balle dans le pied ? Forcément treize interminables années après 10,000 Days, l’attente est démesurée et nombreux sont ceux qui se ruent sur l’objet tant convoité en se lançant dans des jugements à l’emporte-pièce le disque à peine écouté, à base de « tout ça pour ça ». C’est tentant, c’est vrai. Un peu futile, aussi. S’il y a un groupe qui nous a appris à nous montrer patients, à laisser monter la sauce pour pénétrer son univers si particulier, c’est bien Tool. On parle de métal progressif, pas de punk à roulettes. Tool, à qui tous ceux qui ont pris la peine de VRAIMENT écouter, reconnaissent au minimum un grand savoir-faire, si ce n’est un génie certain. Tool qui nous livre ici un disque Tool-esque de A à Z, ce qui n’est visiblement pas du goût de tous. On se réjouit que Dino continue de faire du Dino mais pour Tool, il aurait visiblement fallu qu’ils révolutionnent leur musique. Allez comprendre… Accordons-nous sur le fait que Fear Inoculum manque peut-être un poil d’audace. Le disque est solide sans aucun doute, certains morceaux nous emportent sans mal, les constructions sont comme d’habitude formidablement étudiées mais l’effet de surprise se révèle plutôt rare. Et surtout, il est assez avare en vrais momentums, en riffs qui aplatissent tout le monde, en breaks assassins, en envolées vocales monstrueuses. C’est sans doute ce qui conduit certains à considérer Fear Inoculum comme « sans idées », « vide », « chiant ». Raccourcis éhontés pour ne pas dire gigantesques conneries mais, à l’heure de l’immédiateté et des playlists Spotify qui tournent en boucle, la musique de Tool fait plus que jamais figure d’OVNI. D’autant qu’elle est ici poussée à son paroxysme avec six morceaux dépassant allègrement les dix minutes, souvent plus contemplatifs que par le passé. Ajoutez à cela, une pochette somme toute assez dégueulasse qu’on aurait sans doute déjà trouvé datée il y a 13 ans et le choix curieux d’envoyer au front « Fear Inoculum » comme single, ce qui a également pu décontenancer… Tout en maitrise, il n’est sans doute pas le morceau le plus marquant de ce disque. Soit. Mais après m’être plongé, replongé dans cet album, laissé de côté les a priori, difficile de ne pas y succomber pleinement… et de se refuser le plaisir d’y revenir régulièrement. Un disque très immersif, c’est une évidence (nécessitant de ce fait une grande attention, tant pis pour vos notifications Facebook), au cours duquel on ne s’ennuie pas malgré la durée (1h20 !), et qui ne cesse de monter en puissance jusqu’à l’apothéose « 7empest ». « Pneuma » dont l’intro rappelle curieusement le « Bleed The Freak » d’Alice In Chains ne lâche pas encore tout à fait les chevaux (même si Justin Chancellor nous file de jolis petits frissons) mais ne rechigne pas pour finir en trombe et laisse alors place à la colossale doublette « Invincible »/« Descending ». Nous y sommes ! Cette première n’hésite pas à montrer les muscles (quel final, là encore !) et on se surprend même à entendre un Maynard sous vocoder. SA-CRI-LÈ-GE ! « Descending » est, quant à elle, garnie de soli inspirés d’Adam Jones, de montées faramineuses, de...

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