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Interview – Protomartyr

Publié par le 23 septembre 2020 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Protomartyr

Depuis 40 ans, la scène post-punk anglo-saxonne n’a jamais semblé aussi fertile qu’aujourd’hui. Ça en deviendrait presque louche tant les « révélations » se succèdent alors qu’on n’a même pas encore bien assimilé la dernière en date. Protomartyr qui nous vient de Detroit, terre sacrée du… proto-punk n’a pas attendu ce regain de hype. Présent depuis plus de dix ans maintenant, le groupe confirme d’album en album qu’il n’évolue pas dans la même catégorie que les jeunes premiers aux dents longues. À sa tête, le flegmatique Joe Casey n’a jamais eu besoin de s’époumoner et de s’agiter dans tous les sens pour imposer sa présence magnétique et incarner ses grandes chansons chargées d’anxiété. Son cinquième album, Ultimate Success Today, bien qu’enregistré avant que le monde ne bascule dans l’irrationnel, n’est guère plus optimiste et dépeint un avenir bien incertain. À commencer par celui du groupe ? “J’arrêterais si Protomartyr ne rapportait plus d’argent, mais tant que c’est possible, je continue, j’en profite.” J’ai lu que tu te sentais très mal au moment de la composition de ce nouvel album. J’imagine que c’est en partie à cause de tout ce qui se passait dans le monde, et tu dis l’avoir composé comme s’il s’agissait du dernier… Tu as le sentiment d’être arrivé au bout de quelque chose ?Oui, ce qui me rendait malade était déjà l’état du monde mais je n’étais pas très bien non plus physiquement. Et puis, on venait de rééditer le premier album (NdR : No Passion, All Technique, sorti en 2012) et en le réécoutant, je me suis dit « wow, on a vraiment tout mis dedans », car à ce moment-là tu n’as aucune garantie de sortir d’autres albums par la suite. J’aimais cette urgence et ce sentiment que ça pouvait était notre dernier album. Car être dans un groupe post-punk à cette époque et durer aussi longtemps, c’est déjà assez rare. C’était donc l’idée : retrouver cette approche, comme s’il s’agissait du dernier album. On retrouve ça dans tes textes aussi. Sur « Tranquilizer », tu emploies très peu de mots mais tu évoques la douleur qui revient constamment puis la libération. Sur « Worm In Heaven », tu commences par « So it’s time to say goodbye. I was never too keen on last words. Hope I said something good ». Sur « Processed By The Boys » : « When the ending comes is it gonna run at us like a wild-eyed animal ». On peut très bien interpréter cela comme les adieux du groupe. À tort, j’espère !Et bien, qui sait ? Non, je ne pense pas mais cela fait plus de 10 ans qu’on est dans ce groupe, jusque-là ça se passe très bien ! (Rires) Mais bon, notre tournée a été annulée pour des raisons logiques… Quand le groupe a débuté, j’étais le vieux monsieur au début de sa trentaine et ils étaient les jeunes mecs qui entamaient la vingtaine. Maintenant, ils ont l’âge que j’avais lors de nos débuts, et je me souviens m’être dit que ce serait totalement idiot d’être dans un groupe à cet âge… Celui que j’ai maintenant. (Rires) J’arrêterais si Protomartyr ne rapportait plus d’argent, mais tant que c’est possible, je continue, j’en profite. OK, tu ne fermes donc absolument pas la porte. Ce disque pourrait bien être le dernier !Oui. Qui sait ? Je le trouve d’ailleurs...

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Deftones – Ohms

Publié par le 23 septembre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Deftones – Ohms

(Reprise, 25 septembre 2020) Ceux qui suivent l’affaire de loin se disent peut-être que Deftones n’a plus grand-chose à dire de neuf depuis son chef-d’œuvre White Pony, que depuis qu’ils ont trouvé leur style, ils se contentent de répéter une formule qu’ils ne connaissent que trop bien. Et à l’écoute des deux singles envoyés en éclaireur, ils se sont sans doute sentis confortés dans leur erreur. Car oui, “Ohms” et “Genesis” ressemblent à du Deftones. Du bon certes, car bien composé, bien arrangé, bien produit, avec ce dosage méticuleux entre le Yin (Chino Moreno) et le Yang (Stephen Carpenter) deftonien, mais de l’attendu. Pas de quoi faire décoller du siège les mécréants mais de quoi largement satisfaire les éternels admirateurs. En toute honnêteté, même si je me place bien plus volontiers dans la seconde catégorie (malgré quelques réserves de-ci de-là), si j’en avais bouffé neuf des morceaux comme ça, aussi bons soient-ils, je serais resté sur ma faim. Ce fut d’ailleurs ma première impression et il m’a fallu de multiples écoutes pour la faire évoluer. Le retour aux manettes de Terry Date, l’homme derrière les quatre premiers albums, renforçait si besoin était (non) les attentes. Allait-il avoir une réelle incidence sur le son du groupe, après la déception Gore ? Du point de vue de la production, pas de révolution en vue mais un énorme soin apporté aux arrangements. C’est là d’ailleurs le principal point fort de ce disque : son atmosphère globale, ses ambiances travaillées, l’osmose du groupe, davantage que des refrains inoubliables ou des riffs faramineux (encore que… On y vient). Si on fait la fine bouche auprès des deux singles qui ouvrent et ferment l’album, c’est que le cœur de(s) Ohms, entre la troisième et la huitième piste pour être précis, est plutôt du genre à marquer au fer rouge. Non seulement, il s’agit de (très) bonnes chansons mais certaines se paient en sus le luxe de nous emporter ailleurs. Du fait notamment de ces idées, d’abord considérées saugrenues que l’on réévaluera peu à peu comme des inspirations géniales.Il faut ainsi se pincer fort pour croire à ces longs claquements de doigts qui accompagnent le final de “The Spell Of Mathematics” dans un groove d’un autre temps, appuyé par la basse ronronnante de Sergio Vega. Un revirement pour le moins inattendu qui fait redescendre une tension terrible jusqu’alors renforcée par les synthés hurleurs de Carpenter. Les synthés, parlons-en. De mémoire de Deftonien endurci, jamais ils n’ont occupé tant de place (ce sont eux qui ouvrent l’album, ils sont omniprésents également sur les refrains de “Error”, “Urantia”, “Radiant City”… et ce n’est pas tout). Après avoir dansé le doo wop comme au bon vieux temps des fifties, surprise encore avec la non moins étonnante “Pompeji” où les chants des mouettes (!) accompagnent de délicieux arpèges avant que la machine ne reparte de plus belle sur un refrain rageur d’un Chino remonté (“Jesus christ, you gave your life but we die in vain”) et ne s’achève sur des synthés inquiétants (oui, encore) semblant sortis tout droit de la brume de Twin Peaks (!!). Sommes-nous toujours en train d’écouter le dernier Deftones ? Oui, bien entendu. Chino alterne comme à son habitude chant clair ultra mélodique et cris de sauvageon en rut. Et il a toujours la grosse classe....

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Idles – Ultra Mono

Publié par le 22 septembre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Idles – Ultra Mono

(Partisan Records, 25 septembre 2020) Ah Idles, quel drôle de groupe quand même ! Croisé la première fois aux Eurocks 2019 (#donnezmoiunpetitconcertsvp), leur énergie contagieuse avait emporté mon adhésion malgré un style un poil braillard à mon goût et peu subtil pour leur étiquette post-punk. Retrouvé pour la chronique de leur live au Bataclan (et via leurs deux premiers albums écoutés à l’occasion), je craignais l’arrivée de ce troisième opus, Ultra Mono. Mais à l’image de l’artwork (bien WTF), Idles peut te mettre KO par surprise. J’ai beau trouvé leur musique peu convaincante sur la durée d’un disque, dès que j’ai envie de casser des gueules, de pogoter dans mon sous-sol, ou de rouler fenêtres ouvertes l’été brûlant, c’est souvent « Danny Nedelko », « Never Fight A Man With A Perm » ou « Mother » que je me surprenais à faire tourner en boucle. À fort volume. Il faut leur reconnaître une certaine habileté à pondre des refrains fédérateurs et des punchlines mémorables. Avec des lyrics loin d’être anodins, et parfois brillants. À l’heure de juger ce nouvel album, les keupons de Bristol nous auraient-ils concocté quelques surprises susceptibles de faire fléchir durablement mon opinion ?Pas vraiment si l’on considère l’entrée en matière « War », premier titre qui n’apporte pas de nuances au son Idles, toujours aussi brut de décoffrage, avec un Joe Talbot qui beugle comme jamais. Même topo sur les furax « Anxiety », « Kill Them With Kindness » (malgré une intro piège au piano) ou le final et anecdotique « Danke » (qui reprend même Daniel Johnston, WTF !) qui ne figureront définitivement pas dans le top post-punk 2020. Avec Idles, on a souvent l’impression gênante que le groupe en a sous la pédale, que la lumière n’est pas loin mais on peste souvent contre le gâchis. Comme sur ce « Reigns » au rythme martial et fragments noisy, aux textes incisifs (« How does it feel to have won the war that nobody wants ? ») qui méritait mieux que ce refrain pompier entendu mille fois. Et dans la foulée (!), même constat pour « The Lover », que je prescris donc définitivement sans le refrain. Y’avait la place pour faire mieux. Bon, vous allez me dire, bashing, bashing, y’a quoi à sauver alors sur ce disque ? Et bien, une bonne moitié d’album quand même et une poignée de singles addictifs quand le groupe se décide à pondre quelques riffs ou gimmicks catchy.Et là, Joe Talbot avec ses lyrics-slogans fait parfois mouche. Quand il invite Jehnny Beth pour le très Covid-like et féministe « Ne Touche Pas Moi », hymne frondeur contre les relous du dance-floor (« Cause my body is my body and it belongs to nobody but me, but me »), c’est pas génial non plus, mais ça fait le job. Comme le riff basique de « Model Village », son phrasé entraînant et son refrain à beugler bien comme il faut. Sur un « Mr Motivator » au riff énervé, Idles enfonce le clou pour le titre qui va te hanter un moment et sautiller comme un débile dans ton salon (le clip est culte). Avec punchlines mémorables, ma préférée étant cette « Like Kathleen Hannah with bear claws grabbing Trump by the pussy » ! « Grounds » au gimmick électro inattendu, joue le rassemblement avec Joe Talbot en meneur-aboyeur :“Saying my race and class ain’t suitable,So I raise my pink fist and say black is beautifulDo you hear that thunder?That’s the...

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Samedi prochain, le festival BD6Né invite Theo Hakola !

Publié par le 20 septembre 2020 dans News | 0 commentaire

Samedi prochain, le festival BD6Né invite Theo Hakola !

La 7e édition du festival BD6Né, organisée par Broken Prod, se déroulera les 25 et 26 septembre prochains à la Médiathèque Marguerite Duras (Paris 20e) puis le 27 sur les quais du Hasard Ludique (Paris 18e) pour le Village BD avec une quinzaine de stands d’éditeurs et dessinateurs. Au programme les deux premiers jours, une compétition de courts métrages, des expos (sur l’autrice/dessinatrice québécoise Julie Rocheleau et l’artiste/animateur Rosto disparu l’an passé) et documentaires sur la BD (“L’Enigme Chaland” d’Avril Tembouret ainsi que “Le Mystère Picsou” de Morgann Gicquel). Last but not least, le festival aura l’immense honneur d’inviter le grand Theo Hakola le samedi soir dans l’auditorium de la Médiathèque Marguerite Duras pour un concert dessiné. Théo et ses deux acolytes y seront croqués par le dessinateur Victor Hussenot. Si vous êtes peu familiers avec l’univers de Hakola (ex-Passion Fodder et Octobre Rouge), auteur cette année de l’excellent Water Is Wet, foncez donc relire la passionnante interview qu’il nous avait accordée en mai dernier. Le programme...

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Délage – Twist And Doubt

Publié par le 18 septembre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Délage – Twist And Doubt

(Field Mates, 18 septembre 2020 Je ne vous apprends pas grand-chose en affirmant que la musique ne répond pas à une logique mathématique. Encore heureux. Tous les efforts d’équipes marketing parfaitement rodées, de patrons de labels chevronnés pour toucher un public cible en enrobant bien l’affaire restent parfois vains. On a beau cocher toutes les cases pour faire mouche, le succès n’est jamais garanti. Et, fort heureusement, l’inverse est tout aussi valable. Pour ma part, rien ne me prédestinait à m’intéresser à Délage. La synth pop, à de rares exceptions près, ne m’a jamais attirée, elle aurait même plutôt tendance à me filer des boutons. Trop immaculée, trop précieuse, trop 80s. Pourtant, quand j’ai appris que Délage sortait un second album, j’étais tout jouasse, tant le doux souvenir de Loverboy Beatface était encore bien vivace, et je le suis toujours autant après de nombreuses écoutes. Parce que ce groupe est cool, évolue dans un univers qui me touche, propose des compos en apparence simples mais vite essentielles. Point de calcul ici. De la sincérité.  Une ligne de basse caverneuse accompagnée d’un synthé cérémoniel nous replacent d’emblée dans les conditions. Et cette voix qui déclame avec nonchalance en allemand (puis en anglais et il y aura même du français), ces mélodies qui nous emportent sans difficulté, portées par un tendre romantisme, un charme désuet (la sublime “Tender Love And Care” à l’étonnant contraste entre la basse so cold et l’atmosphère chaleureuse, “There Is No God” où de délicates notes de saxo viennent se frotter aux synthés omniprésents). C’est souvent confondant de simplicité et c’est précisément ce qui fait mouche (“Shopping Mall” et ses “lalala”, les quelques mots en français par Lukas Varady-Szabo amorcés avec entrain par “l’amouuur est rouuuge, la mooort est noiiire” sur “Liebe Ist Ro”). On a parfois le sentiment d’être en plein cœur d’un film retraçant notre adolescence où l’insouciance était reine et de repenser aux années qui ont défilé, non sans éprouver une certaine mélancolie. Du réconfort, du sourire, l’envie d’errer sans but, de se cajoler et de cesser de se prendre le chou avec tout ce qui nous pourrit la vie actuellement (le choix est vaste). Romantique, mélancolique, simple, tout cela Till Hormann l’est certainement. En tout cas, il le véhicule à merveille via sa musique un rien anachronique (pour dire, il ose même emprunter le “do you really wanna hurt me, do you really want to make me cry” du Culture Club), dont les mélodies se font très vite une petite place chez nous, repassent régulièrement nous rendre une petite visite et sont toujours accueillies avec un plaisir non feint. Revenez quand bon vous semble !  Jonathan Lopez Délage – Twist And Doubt by Field Mates Records Tous nos articles sur...

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Klub des Loosers – Vanité

Publié par le 17 septembre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Klub des Loosers – Vanité

(Ombrage éditions, 18 septembre 2020) Petit regard obligatoire dans le rétro : oui, le Klub des Loosers a chamboulé le rap français dans les années 2000 avec un concept album qui était loin à la fois dans le thème, l’esthétique et l’approche musicale, de quasiment tout ce qui se faisait à l’époque dans le registre. Les gens ont découvert Fuzati, personnage misanthrope et cynique, as de la punchline et digger de l’extrême, beaucoup ont été conquis, et renversés quand quelques années plus tard celui-ci a enfoncé le clou avec un deuxième album encore plus abouti, prouvant qu’il pouvait traiter avec autant de brio les aléas de la vie d’adulte que ceux de la post-adolescence. Le communiqué de presse nous indique que Vanité, qui sort cette année, n’est pas le troisième volet tant attendu de la trilogie Vive La Vie–La Fin de L’espèce- ?, comme si le Klub n’avait rien d’autre à offrir que ces deux albums. C’est oublier que depuis la sortie de La Fin de l’espèce en 2012, Fuzati a pas mal fait évoluer son projet, en se nourrissant des diverses mixtapes qu’il produit pour alimenter sa propre création musicale, mais aussi en abandonnant les samples pour composer à l’aide de divers instruments. Résultat : Le Chat et autres histoires, sorti en 2017 était certainement l’album du Klub le plus abouti musicalement, offrant la touche reconnaissable de Fuzati mais dans un registre indie pop assez inattendu. Peut-être déroutant pour ceux qui considèrent que les textes sont le seul intérêt du MC et qui s’attendaient encore à un disque de samples jazzy. Pour nous, à qui il avait confié en interview en 2014 “ne plus rien [vouloir] avoir affaire avec le rap“, c’était assez cohérent, et franchement réussi. Mais le temps passe et passe et passe, comme disaient Jacky et Benji, et le disque qui sort cette année revient à quelque chose de plus classique. Peut-être, même, est-ce l’album le plus hip hop de Fuzati depuis Grand Siècle. Alors, certes, le MC garde son flow et une patte indéniable dans les compositions, et on doit reconnaitre que le disque reste musicalement intéressant. En effet, les compositions sont travaillées comme des pièces musicales complètes et non simplement comme une excuse pour poser des textes, et le style s’ouvre une nouvelle fois à d’autres influences que celles auxquelles nous étions habitués. Dans la démarche, donc, rien à redire. Le problème, c’est que les influences en question sont principalement électroniques, et vont parfois chiner du côté du rap moderne : ici, un refrain au vocoder, là, un rythme afro-trap. Au-delà du fait qu’elles ne coïncident pas vraiment avec mes goûts, je trouve dommage que le résultat donne quelque chose qui, finalement, ressemble autant à un album de hip hop. C’était sans doute une intention artistique délibérée, je doute que Fuzati soit du genre à se compromettre afin de toucher un plus large public, mais je trouve le résultat mitigé. D’un côté, le MC prouve qu’il est capable de s’approprier les codes du hip hop actuel et de moderniser ses instrus sans perdre sa personnalité, d’un autre cela empêche le disque de se différencier aussi nettement de ses congénères et donnerait pour une fois raison à ceux qui pensent que le seul intérêt du Klub des Loosers, ce sont les textes (excellents comme...

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Fresh Fruit For Rotting Vegetables des Dead Kennedys a 40 ans. Chronique

Publié par le 14 septembre 2020 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Fresh Fruit For Rotting Vegetables des Dead Kennedys a 40 ans. Chronique

(Alternative Tentacles, 2 septembre 1980) 40 ans que Jello Biafra vocifère, nous incite à lyncher notre patron, à tuer pauvres et enfants, à le ravitailler en drogue, à partir en vacances chez Pol Pot… 4 décennies qu’est sorti le premier Dead Kennedys, soit quelques années après la première vague punk et alors que certains avaient déjà opté pour un franc ralentissement de leur son, une approche plus cérébrale, moins physique, Dead Kennedys sortait un disque gorgé de riffs saignants, d’humour grinçant, de prises de position sans équivoque, de refrains addictifs expédié en moins de deux minutes. Le monde s’est mangé de plein fouet les premières velléités punk british, a trippé sur les imparables mélodies sucrées et survitaminées des Ramones, il va morfler face à la radicalité des Dead K quand une partie du public a décidé bien trop prématurément que ce genre de musique d’effrontés appartenait au passé. On se sent indéniablement cool et rebelle en écoutant du punk, on ressent un certain danger ici face à ce qui reste le manifeste du punk hardcore pour beaucoup. Une musique à ne pas mettre entre les oreilles de gamins qui n’ont rien dans le ciboulot, pas de posture bon marché, un vrai bon mollard agrémenté de dégueulis à la face de l’Amérique bien-pensante. Jello impressionne en leader d’un gang de furieux, gueule des slogans imparables… S’il y en a qui peuvent dégager Reagan (fraîchement élu), ce sont forcément eux. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si JB était candidat à la mairie de San Francisco et fut loin d’être ridicule à l’arrivée (4e des suffrages). Le charisme était déjà là. Mais on préfère quand même le voir gesticuler derrière un micro avec ses potes hystériques et bruyants ou associé à Greg Ginn (Black Flag) au sein d’Alternative Tentacles, qu’entouré de conseillers avec des attachés-case. Son chant semble constamment au bord de la rupture, la tremblote menaçante. Si certains morceaux sonnent très english punk (“Let’s Lynch The Landlord”, “Your Emotions”) ou cherchent avant tout à aller plus vite que la musique (“Stealing People’s Mail” flashé à 112 BPM), si les riffs dézinguent tous azimuts, la section rythmique fait tout sauf de la figuration et les nuances ne manquent pas. C’est fiévreux, urgent, déjanté aussi. Et plus fin qu’il n’y parait. Le groupe se démarque, ose, réussit et semble autrement plus chevronné que, au hasard, certains Pistols ou Clash, à qui on avait mis des instruments entre les mains trois semaines avant de passer pa la case enregistrement. Ainsi, au-delà de l’énergie (folle), des refrains (dingues), on trouve des expérimentations, du moins des subtilités (géniales). L’intro mythique de “Holiday In Cambodia” qui tient plus de Bauhaus que des Damned, le pont rampant de “California Über Alles”, le riff aux airs d’épouvante de “When Ya Get Drafted”, le break improbable, en forme de manège désenchanté, qui vient interrompre la furie de “Chemical Warfare” (alors qu’entre nous, avec un refrain et un riff pareil, il y avait déjà de quoi bomber le torse, même face aux tueries qu’on ne vous fera pas l’injure d’énumérer ici). Ces gars sont fous et foutrement bons. Aujourd’hui encore, qu’on ait le dos qui grince ou pas, “California Über Alles” demeure d’une efficacité absolue et donnerait presque envie d’inscrire son fils aux jeunesses hitlériennes (comment ça, ça n’existe plus ?). En réalité, il s’agit ni plus ni moins d’un démontage en règle du gouverneur californien de l’époque,...

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Phosphene Dream des Black Angels a 10 ans. Chronique

Publié par le 13 septembre 2020 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Phosphene Dream des Black Angels a 10 ans. Chronique

(Blue Horizon, 14 Septembre 2010) Le temps passe. Mais certains groupes n’en ont que faire. The Black Angels fêtent déjà les 10 ans de Phosphene Dream. À la pochette et à la musique psyché perdues depuis longtemps dans les limbes de l’histoire du rock. Parce que finalement, ce disque, ce groupe, des texans d’Austin dans les années 2000 ? Are you sure ? Ils ne reviendraient pas plutôt des 60’s-70’s par on ne sait quelle faille temporelle au son des Doors et de la clique rock psyché étourdie au LSD ?Je suis loin d’être un spécialiste de cette période du rock US, et je dois avouer une (légère) aversion aux claviers et autres synthés (bon plutôt les horribles façon 80’s, les vintage, ça passe) mais ces anges noirs sont quand même un de mes groupes américains favoris. Ce troisième album n’est pas celui que je préfère ou que je conseillerais pour découvrir le groupe. Mais il marque une rupture intéressante dans leur carrière. Délaissant le long format (58 et 70 minutes pour leurs 2 premiers albums), il amorce en 10 morceaux (pour à peine 36 minutes) la transition vers un format plus concis (plus pop ?), pas encore aussi abouti que les 2 suivants (les très bons Indigo Meadow et Death Song). Mais déjà nettement moins aventureux et hypnotique que le splendide et tourbillonnant Directions To See A Ghost de 2008. Les années 60 avaient leurs « Good Vibrations », The Black Angels distillent d’entrée leurs “Bad Vibrations”. Autre ambiance. Un inquiétant rock dans le plus pur style des Texans. Claviers lancinants, petit riff obsédant, ambiance de fauve à l’affût et là, l’explosion et une dernière minute qui s’affole. Quel titre ! Quand tu ouvres un album comme ça, après, forcément faut proposer du lourd pour ne pas s’écrouler. Et là, force est de constater que l’on va osciller entre l’anecdotique et le bon, mais en tutoyant rarement à nouveau le sublime. Sans compter que le groupe a plutôt délaissé dans les thèmes de ses textes son dégoût de l’impérialisme belliqueux à la sauce de l’Oncle Sam, comme à l’époque de son album Passover en 2006 (clairement antimilitariste) ou de Death Song, le petit dernier de 2017. Du coup, et avec seulement 10 titres, on reste (un peu) sur notre faim. On passera donc assez vite sur « Haunting At 1300 McKinley » ou « Telephone », les 2 titres les plus courts (dans tous les sens du terme). Et alors qu’on peinait à s’enflammer pour « Yellow Elevator#2 », la deuxième partie du titre sauve l’affaire et nous rappelle que les Texans sont toujours capables de surprendre au détour d’une outro lancinante aux voix fantomatiques. Ou du so sixties « Sunday Afternoon », titre qu’on ne peut définitivement pas détester. Et on les adore carrément quand ils approchent à nouveau le mur du son sur le tonitruant « River Of Blood » aux rythmiques surprenantes. Ou qu’ils rejouent l’hypnose sur l’addictif « Entrance Song » tout en riffs entêtants ou la brume noisy sur « Phosphene Dream », complètement camé au trémolo. On n’est pas loin de ressortir le sitar et l’encens sur l’orientalisant et plutôt acoustique « True Believers », qui rappelle un peu les ambiances lourdes et inquiètes des précédents albums. Et avec « The sniper » en clôture, on tombe encore une fois dans l’embuscade.Même sur leur album le plus faible, The Black Angels avec ce rock lancinant...

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At The Drive-In – Relationship Of Command

Publié par le 11 septembre 2020 dans Chroniques, Incontournables, Notre sélection, Toutes les chroniques | 1 commentaire

At The Drive-In – Relationship Of Command

(Blue Horizon, 14 Septembre 2010) Il y a des années qui vous marquent plus que d’autres. Et cette année 2000 reste un millésime particulier dans mon panthéon personnel. Un nombre anormal de mes groupes préférés ont sorti en cette première année du nouveau millénaire des disques majeurs : Radiohead, GYBE!, Grandaddy, The White Stripes et je dois sûrement en oublier… D’autres groupes, certes moins côtés, ont sorti quelques disques refuges : Day One, Programme, The International Noise Conspiracy… À l’heure de fêter les 20 ans de ce Relationship of Command des texans d’At the Drive-in, autant le préciser, il va se retrouver dans la 2e catégorie. Celle des albums marquants de 2000 mais à bonne distance des grands monuments. Pourtant, l’enthousiasme a été grand à l’époque et je me souviens d’un live à Nulle Part Ailleurs en 2001 où le groupe avait été présenté par Stéphane Saunier lui-même (le programmateur, un saint homme, grâce lui soit rendue pour toutes les découvertes) sur le plateau. 2 titres : « One Armed Scissor » et « Invalid Litter Dept. ». Et une bonne claque. Du coup, le CD s’est vite retrouvé à tourner en boucle à fort volume à la maison au grand dam (sans doute) de mes voisins. Car dès l’intro mythique d’« Arcarsenal », les roulements de batterie ne laissaient aucun doute, la tension était palpable. Ça allait cogner sévère. En 12 titres, At The Drive-In va forger sa légende avec ce disque, à la fois sommet et chant du cygne du groupe. Miné par les tensions, plus le combo drogue/tournée, le split ne va pas tarder (2001) et deux groupes vont émerger des braises encore chaudes : Sparta et Mars Volta (qu’il faudra que j’explore à nouveau). Avant une reformation (encore une !) que je n’ai pas suivi sauf sur scène aux Eurocks pour un concert qui ne m’avait pas trop convaincu d’ailleurs. Mais At The Drive-In a vécu comme sa musique : intensément et dans une urgence chaotique. Produit par Ross Robinson et mixé par Andy Wallace, ce disque a les qualités et défauts de son pedigree. Le son est léché, puissant, servant des titres tonitruants surtout sur la première partie du disque, de haut vol. Les voix furieuses, souvent croisées, sont très en avant (trop ?) et on peut aujourd’hui regretter le traitement en retrait des pistes de guitares, ainsi que le « vernis » sur ces instruments pourtant au centre de la dynamique du groupe. Mettez le volume sur 10 sur la piste 10, « Cosmonaut », et imaginez la même avec un certain Steve Albini à la prod. Ces titres post-hardcore (pour situer même si c’est réducteur) à haute énergie mériteraient un petit remaster d’autant qu’Omar Rodriguez n’a jamais caché son insatisfaction quant au mix réalisé par Andy Wallace. Toujours est-il que dans le style, cet album a une côte importante (bien placé dans beaucoup de classements des disques de la décennie), même s’il restera toujours dans l’ombre imposante de Fugazi. Les quatre premiers titres (« Arcarsenal », « Pattern Against User », « One Armed Scissor » et « Sleepwalk Capsules ») font l’effet d’un uppercut, se traversent sans prendre son souffle, le pied sur l’accélérateur. Ça hurle, la batterie fait trembler le sol, les guitares riffent, les rythmiques s’emballent, syncopent, ralentissent puis dévalent la pente à pleine vitesse. « Mannequin Republic » essaiera plus tard de rejouer le même jeu mais avec moins de réussite. Un poil braillard. « Rolodex Propaganda »...

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Nothing de retour en octobre, extrait en écoute

Publié par le 11 septembre 2020 dans News | 0 commentaire

Nothing de retour en octobre, extrait en écoute

The Great Dismal, quatrième album de Nothing, sortira le 30 octobre prochain chez Relapse, deux ans seulement après Dance On The Blacktop. Un premier single, “Say Less”, vient d’être dévoilé en version clippée (pochette et tracklist plus bas) : Tracklist : A Fabricated LifeSay LessApril Ha HaCatch a FadeFamine AsylumBernie SandersIn BlueberryMemoriesBlue MeccaJust a StoryAsk The Rust Tous nos articles sur...

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