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Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Publié par le 19 juillet 2018 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Comme un camé en manque, j’ai besoin à intervalles réguliers de ma dose de concerts de Pearl Jam. Et comme tout bon dealer qui se respecte, ces derniers, bien conscients du nombre conséquent de junkies qui les suit aveuglément, augmentent les tarifs jusqu’à atteindre des niveaux indécents. Comme un camé en manque, j’ai donc (c)raqué pour avoir ma dose et j’en ai pris trois plutôt qu’une (on y reviendra, peut-être). A commencer par Prague. Avec un raisonnement simple, ils n’y vont pas souvent donc ils vont nous mettre cher. Et accessoirement, Prague est une très belle ville. Et pas chère avec ça. A l’exception des concerts de Pearl Jam, cela va de soi. Après avoir bien rigolé devant l’élimination des espingouins à la coupe du monde en enquillant quelques pintes, on jette un coup d’œil furtif au merch et constate qu’il ne reste que : des t-shirts moches, des portes-clés affreux, des paires de chaussettes hideuses. On a beau être des camés en manque, on ne nous y prendra pas. On s’enfile une ou deux grosses saucisses (aaah la gastronomie tchèque), on discute avec des Français camés comme nous et on prend place dans le gigantesque O2 Arena. Situés à environ 14 kms de la scène, la vue est imprenable. Et lorsque les meilleurs dealers de Seattle déboulent, on a d’emblée le souffle coupé par le son. Net, puissant, les frissons ne sont déjà pas loin. Mike McCready a fait péter son archet et le groupe de dégainer le meilleur morceau du dernier album, « Pendulum ». Ed Ved est en voix, nous sommes en joie. Le démarrage en douceur (et en beauté) se poursuit avec « Nothingman » avant que le groupe ne passe la surmultipliée. « Corduroy ». RAS. Personne ne bouge, ni à côté ni derrière nous. On échange un regard, la décision est prise : on laisse ces gros nazes profiter de leur pièce de théâtre et on va s’exciter comme des demeurés sur le côté, entre deux escaliers et derrière une vitre. Qu’importe, nous voilà libres de nos mouvements et de l’autre côté de la vitre, Pearl Jam balance du lourd et du speed sans discontinuer. Summum des réjouissances : « Brain Of J. » et son riff infernal, la sombre et poisseuse « Tremor Christ », invités surprises et de marque. On ne boudera pas non plus notre plaisir sur l’intense « Dissident » (dédié à Václav Havel) et on n’osera même pas cracher sur « Lightning Bolt » (issu du dernier album du même nom), loin d’être un chef-d’œuvre mais qui, si bien entouré, passe comme une lettre à la poste. Suivent de gros classiques – que dis-je, des hymnes – de Ten, l’inévitable « Even Flow » (lourdingue sur disque, toujours tonitruante en live. Merci Mike) et « Jeremy » que certains vénèrent et qui me les brise généralement. Pas là, où je me surprends même à entonner le refrain (bien aidé par un public enthousiaste il est vrai, par les litres de bière ingurgités et par l’euphorie de ce début de concert au plus que parfait). Pas un temps mort depuis le début, là où généralement pendant les (longs) concerts de Pearl Jam, il y a toujours un moment où on regarde sa montre, ou sa dulcinée en soupirant. On choisit, par défaut, de snober « Love Boat Captain » pour aller chercher des bières. Et au vue de la...

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Ty Segall & White Fence – Joy

Publié par le 13 juillet 2018 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Ty Segall & White Fence – Joy

Longtemps encensé pour sa productivité et sa constance, il faut bien reconnaitre que Ty Segall marque un peu le pas ces derniers temps. Signe d’une inspiration en berne, le très décousu Freedom’s Goblin, sorti en début d’année, ressemblait davantage à une compil’ d’inédits qu’à un véritable album. Alors pour retrouver son mojo, quoi de mieux que de renouer avec son vieux comparse Tim Presley (Mr White Fence pour ceux qui ne suivent pas), jamais vraiment perdu de vue mais avec qui il n’avait plus croisé le fer depuis leur dernière œuvre commune, l’excellent Hair, sorti en 2012. Soit une éternité dans l’espace temps segallien puisqu’il a depuis sorti environ 325 albums, pas tous inoubliables, vous l’aurez compris. L’entame de Joy ne déboussolera pas les adeptes de Hair mais rassurera les inquiets. Le duo se connait parfaitement et fonctionne toujours à pleins tubes. Des tubes, ils en offrent quelques-uns forts efficaces d’emblée (“Please Don’t Leave”, “Body Behavior”, “Good Boy”) dans une veine pop psyché enlevée et rafraichissante où règnent les slide guitars. Entame en trompe l’œil toutefois puisque le duo s’amuse ensuite à nous prendre à rebrousse poil en partant dans de multiples directions, avec une efficacité plus aléatoire. En magasin, on trouve de la petite ritournelle folk séduisante so segallienne (“A Nod”, “My Friend”, “Do Your Hair”), des délires vaguement arty pop totalement débraillés comme Presley en raffole (“Tommy’s Place” qui en agacera plus d’un, “Hey Joel, Where You Going With That?” où il entonne nonchalamment un “rock is deaaaad” auquel il ne croit sans doute pas une seconde), la punk metal (donc grunge ?) “Other Way” façon Nirvana période Bleach mais sans la mélodie inoubliable normalement comprise dans le package. Sans oublier des curiosités comme ce “Prettiest Dog” de 16 secondes évoquant Minor Threat. A l’image de ce morceau, Segall qui avait tendance dernièrement à parsemer tous ses morceaux de solos de guitares pas toujours indispensables retrouve ici le goût de la concision (9 morceaux sous les deux minutes, 2 seulement au-delà des trois minutes !). Le seul titre vraiment long (“She Is Gold”) met beaucoup trop de temps à lâcher les chevaux… Pas besoin d’en faire des caisses, quand tu tiens une bonne mélodie. Ce n’est a priori pas à lui qu’on devrait l’apprendre. Pour l’homogénéité et la cohérence, il faudra repasser mais ce joyeux foutoir issu probablement d’une bonne tranche de rigolade entre amis demeure appréciable. Parce qu’on aime bien se fendre la poire avec ces gars-là. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE TY SEGALL – FREEDOM’S GOBLIN LIRE LA CHRONIQUE DE TY SEGALL – MANIPULATOR LIRE LA CHRONIQUE DE TY SEGALL – SLEEPER LIRE LA CHRONIQUE DE TY SEGALL – TY SEGALL LIRE LA CHRONIQUE DE TY SEGALL -EMOTIONAL MUGGER LIRE LA CHRONIQUE DE TIM PRESLEY – THE WINK LIRE LA CHRONIQUE DE WHITE FENCE – FOR THE RECENTLY FOUND INNOCENT LIRE L’INTERVIEW DE WHITE...

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Le nouvel album de Mudhoney se précise. Deuxième extrait en écoute

Publié par le 12 juillet 2018 dans News | 0 commentaire

Le nouvel album de Mudhoney se précise. Deuxième extrait en écoute

5 ans après Vanishing Point, Mudhoney effectuera son grand retour dans les bacs le 28 septembre prochain avec l’album Digital Garbage. Ce dixième album célèbrera les 30 ans de carrière du groupe et de son label historique, Sub Pop. Un album fortement inspiré par l’actualité peu réjouissante dans le monde « Mon sens de l’humour est noir, et aujourd’hui nous sommes en plein dans des temps sombres. Je suppose que c’est seulement en train de devenir plus noir encore » raconte Mark Arm. Quant au titre de l’album, il fait écho aux dérives des réseaux sociaux « Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, donc mon expérience est un peu limitée, mais les gens semblent vraiment trouver une validation de leur vie grâce aux likes – et puis dans les Facebook Live, où des gens regardent des meurtres et de mecs se faire torturer, ou comme pour Philando Castile qui s’est fait assassiné par un flic. » “Paranoid Core”, deuxième extrait de l’album (après “Hey Neanderfuck” dévoilé l’an dernier) est en écoute : Mudhoney sera en concert au Trabendo (Paris) le 27 novembre. Jonathan Lopez   LIRE LA CHRONIQUE DE TOMORROW HIT TODAY LIRE LA CHRONIQUE DE VANISHING POINT LIRE LA CHRONIQUE DE EVERY GOOD BOY DESERVES FUDGE LIRE L’INTERVIEW DE MUDHONEY LIRE LA CHRONIQUE DE...

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Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Publié par le 8 juillet 2018 dans Le bac d'occaz, Non classé | 0 commentaire

Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #28 : suggestions pour les années en 4   Prince And The Revolution – Purple Rain (1984) : suggéré par PC Cher PC, Comment dire… je suis un peu partagé. Déjà, je connais évidemment Prince depuis un moment et j’en ai entendu pas mal de titres qui m’ont tous déplu. Ensuite, tu connais mon aversion pour les années 80 et leurs sons synthétiques qui ont très, très mal vieilli. Du coup, je me suis demandé si cette proposition n’était pas un acte sadique de ta part. Ou alors, c’est que ce qu’il y a sur le disque dépasse les frontières du mauvais goût pour arriver à faire quelque chose de génial avec plein de choses que je n’aime pas. Difficile de savoir à quoi m’attendre. Au final, donc, je suis un peu partagé. En fait, il y a un peu des deux, dessus. On y trouve à foison de synthés dégueux et de plan archi clichés de l’époque et ce dès l’ouverture du disque. Mais en même temps, les morceaux sont globalement plutôt bien foutus et on y trouve souvent au minimum une mélodie accrocheuse ou un plan intéressant. Il y a même des morceaux que j’apprécie, et pour du Prince, c’est assez exceptionnel. D’une part, donc, c’est la première fois que j’écoute un truc de Prince et que je ne trouve pas ça éprouvant auditivement. D’autre part, il y a quand même les aspects 80s qui viennent plomber mon délire, et la face B du disque me laisse assez froid (les trois compos avant “Purple Rain” se mélangent un peu dans ma tête, et cette dernière est quand même un summum de mièvrerie power ballad). Je pourrais presque dire que c’est une belle surprise, mais disons que c’est déjà une surprise pas trop moche.   Guided By Voices – Bee Thousand (1994) : suggéré par Santiago de Wonderflu Cher Santiago, Comme toujours, sauf la fois où tu m’as conseillé du Iron Maiden, tu sais trouver des choses qui me plaisent. Pourquoi n’avais-je jamais écouté Guided By Voices avec attention avant alors qu’ils ont été repris par les Breeders et que le backing band de Robert Pollard compose Cobra Verde et donc la moitié de Sweet Apple, trois groupes pour qui j’ai beaucoup d’affection ? Je crois que ce qui me faisait peur, c’était la discographie gargantuesque et le nombre tout aussi gargantuesque de morceaux par disque. Merci de m’avoir donné une occasion de passer le pas. Bon, il y a beaucoup de morceaux sur ce disque, une vingtaine, mais peu dépassent les 2 minutes, ce qui donne à l’ensemble une durée raisonnable. Et surtout, tout est tellement cool ! La production lo-fi évoquera évidemment Sebadoh, un autre groupe pour lequel j’ai beaucoup d’affection, et les deux groupes partagent aussi un goût du plaisir simple et de la pure mélodie. J’affublerais Guided By Voices d’une petite touche d’inspiration pop 60s...

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LANE – Teaching Not To Pray EP

Publié par le 7 juillet 2018 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

LANE – Teaching Not To Pray EP

Les histoires d’amour finissent mal en général disait un groupe de variété française. C’est vrai, mais les contre-exemples ne manquent pas. Pendant bien des années, Les Thugs ont marié avec bonheur bruit et mélodie. Et la relation bien que tumultueuse a fait de nombreux heureux. Après eux, Daria, autres angevins au grand cœur et grands riffs, a repris le flambeau avec talent. Et depuis 2017, cette bande de lovers a décidé de rassembler ses forces pour mener à bien cette noble quête. Eric (guitare/chant) et Pierre-Yves Sourice (basse), ex-Thugs, ont donc remis le couvert aux côtés des copains (et frangins comme eux) Etienne et Camille Belin (guitare et batterie), ex-Daria. Et le fiston Sourice, Félix de son prénom, est venu compléter le line-up et le mur de guitares qui s’élève à trois. Ça commence à être honnête, trois guitares. Le projet porte un nom qui lui va comme un gant : LANE, soit Love And Noise Experiment. Évidemment. Et cette intro est aussi alambiquée et lourde que leur musique est simple et directe. LANE n’y va pas par quatre chemins, il préfère balancer quatre tubes. Mais attention ça défile, en 12 minutes chrono le train est passé. La voix d’Éric n’a pas bougé d’un iota. Et dès la power pop “Goal Line” bigrement entrainante, on est en terrain conquis. Typiquement le genre de morceaux qui passent très bien la première fois sans vraiment retenir l’attention et que vous finissez par connaitre par coeur, à force de multiplier les écoutes. Constat valable pour chacun des morceaux qui mêlent avec bonheur énergie brute punkisante et mélodies entêtantes popeuses. Mention spéciale pour le morceau qui donne son titre à l’EP, le très Thugs-ien “Teaching Not To Pray”. IM-PA-RA-BLE. L’histoire d’amour entre Les Thugs et Daria débute donc sur les chapeaux de roue et on a déjà hâte d’être convié aux premières festivités à la rentrée avec une tournée où on aura forcément bien plus que 12 minutes à se mettre sous la dent. C’est qu’ils nous ont aiguisé l’appétit, les bougres. Jonathan...

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Zenzile : nouvel album, nouveau single et retour aux fondamentaux

Publié par le 7 juillet 2018 dans News | 0 commentaire

Zenzile : nouvel album, nouveau single et retour aux fondamentaux

Le retour des patrons. Après bien des aventures, expérimentations, collaborations, virées en contrées rock (les deux dernières en date notamment, le fabuleux Berlin suivi du très bon Elements), voici Zenzile qui revient à ce qui a fait d’eux les rois du dub à la française (sauce jamaïcaine, évidemment). Un retour aux sources déjà amorcé par la tournée Dub Unlimited, comme ils nous l’expliquaient dernièrement en interview, et qui se concrétise avec la sortie le 5 octobre prochain de 5+1 Meets Jayree. Contrairement aux trois 5+1 précédents (avec Jamika en 2000, Sir Jean en 2002 et Vincent « Cello » Segal en 2003), il ne s’agira pas d’un EP mais bel et bien d’un album de 10 titres. Ils y retrouveront la voix très charismatique de Jayree avec qui ils ont déjà collaboré sur l’album Electric Soul en 2012. Voici “4000 Years”, premier extrait de très bonne augure : Zenzile sera en tournée un peu partout en France à la rentrée avant de terminer le 16 mars prochain par une date à l’Elysée Montmartre (Paris) : 27/09 : Portail Coucou – Salon de Provence (13) 28/09 : Le Kfé Quoi! – Forcalquier (04) 29/09 : Salle du Queyron – Guillestre (05) 06/10 : Jardin de Verre – Cholet (49) 11/10 : Le Fil – Saint Etienne (42) 12/10 : La Jimi – Ivry-sur-Seine (94) 13/10 : CC René Proby – Saint-Martin-d’Hères (38) 19/10 : Le Sonambule – Gignac (34) 20/10 : Château Rouge – Annemasse (74) 03/11 : Maison de Pays – Nyons (26) 08/11 : Le Bouillon – Orléans (45) 09/11 : CC John Lennon – Limoges (87) 10/11 : 25 de la Vallée – Chaville (92) 15/11 : Tartine Festival – Chambéry (73) 16/11 : Festival Soirée d’automne – Caromb (84) 17/11 : Comparses et Sons – Venelles (13) 22/02 : Metronum – Toulouse (31) 16/03 : Elysée Montmartre – Paris (75) Jonathan Lopez   LIRE LA CHRONIQUE DE TOTEM LIRE LA CHRONIQUE DE BERLIN LIRE LE REPORT DU CONCERT A LA MAROQUINERIE EN...

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Hommage à Corbier

Publié par le 4 juillet 2018 dans News | 0 commentaire

Hommage à Corbier

C’est ce week-end que j’ai appris la sale nouvelle : François Corbier nous a quittés. Lui qui nous demandait de lui souhaiter de vivre 150 ans en bonne santé, il semblerait que ce soit râpé. Il nous avait fait état en off de problèmes médicaux lorsque nous l’avons interviewé pour notre rubrique 5 chansons/5 disques, ce n’est donc pas une surprise totale, mais quand même, ça nous fait quelque chose. Comme beaucoup, j’ai connu Corbier par sa carrière télévisuelle et ses chansons pour enfants. Je ne sais pas quelle mouche m’a piqué, peut-être celle de la nostalgie pour être honnête, pour me pousser à m’intéresser à sa carrière musicale au début des années 2000. Peut-être aussi ses accointances avec Léandri de Fluide Glacial, qui laissaient présager de qualités humoristiques et d’écriture. Quoi qu’il en soit, j’ai découvert quelques chansons de son disque Carnet Mondain, de mémoire “Les  Épinards” et la version rap de “R.I.K.”, et décidé dans la foulée d’aller le voir en concert. La première chanson ce soir-là parlait de son envie de niquer une éléphante, autant dire que la rupture avec la télévision et les années AB Productions était définitivement consommée. Bluffé par ce que j’avais vu, séduit par des qualités humoristiques et d’écriture confirmées, ainsi que par un sens mélodique insoupçonné, je m’empressais d’acheter l’album. Carnet Mondain est sans doute plus un exercice de style qu’un véritable album, l’idée étant à mon avis de montrer ce que François Corbier pouvait faire dans un registre différent de la chanson pour enfants. Il est foutraque, avec des chansons classiques par-ci, des chansons flash par-là, des conneries, une chanson bonus rappée, et part un peu dans tous les sens musicalement (on y trouve du tango avec la chanson d’amour SM “Reviens Reviens” ou de la folk inspirée de Bob Dylan, par exemple) et au niveau de l’orchestration, mais il y a indéniablement de bonnes choses dessus. Ma seule déception, c’est que le concert m’avait laissé voir que le point fort de l’artiste, c’est le guitare-voix, et il y en a peu ici. Ce défaut a été corrigé en 2003 sur le disque Toi, Ma Guitare et Moi, grâce à un faux live. François Corbier s’est donc enregistré avec sa guitare et quelques personnes en studio pour recréer exactement l’ambiance de la scène, pour quelques chansons déjà connues (dont celles de l’époque télé qu’il rejouera pour la dernière fois et une compilation de chansons flash) et une majorité d’inédites. C’est une réussite en tout point, d’autant que les nouvelles chansons ne sont pas en reste (“La Tempête”, “La Galère Capitaine” qui revient sur les années Club Do, “J’arrive Chez Elle”…). Le seul défaut de cet album est d’avoir été épuisé quasiment aussi vite qu’il est sorti. En 2005, nouvel album qui est une sorte de consensus entre les deux précédents : Tout Pour Être Heureux. La musique et l’instrumentation sont plus variées que sur Toi, Ma Guitare et Moi (rock’n roll, jazz, blues, musique de cirque, folk, ballade au ukulele) mais l’ensemble est plus concis et cohérent que sur Carnet Mondain. Encore une belle réussite, avec de chouettes chansons (“Règles Bleues”, “Drosera”, “C’était Le Bon Temps”, “Joli Monde”…). Je le vois sur scène à cette époque, François Corbier est désormais accompagné de deux musiciens, un guitariste et un contrebassiste, le show...

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Nine Inch Nails – Bad Witch EP

Publié par le 27 juin 2018 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Nine Inch Nails – Bad Witch EP

J’ai depuis peu élaboré une théorie pour le moins fumeuse à propos de Trent Reznor : quand il était au fond du trou, il pondait des chefs-d’œuvre et depuis qu’il a retrouvé la joie de vivre, il nous livre des bouses. J’ai un peu grossi le trait mais vous voyez l’idée. Point d’orgue de la démonstration : en 2009, Trent et Mariqueen Mandig se marièrent, vécurent heureux et les auditeurs de NIN n’eurent plus grand chose à se mettre sous la dent. Un seul véritable album, le plutôt dégueulasse Hesitation Marks. Mais depuis fin 2016, l’espoir renait. Avec Not The Actual Events et (surtout) Add Violence, les deux premiers de la série de trois EP promise, Trent renouait avec l’aspect sombre et tourmenté qui lui sied le mieux et qui nous rend tout chose. C’était imparfait mais ce retour en arrière était finalement un pas en avant. Trent avait prévenu : sur Bad Witch, il a laissé libre cours à ses envies et le lien avec les deux EP précédents n’est pas évident. Bad Witch serait, selon ses dires, à considérer comme un véritable album, et c’est, selon les nôtres, sans doute le premier vrai bon album depuis un bail (With Teeth ?). Pas de véritable single à se mettre sous la dent pourtant (même si “God Break Down The Door” était présenté comme tel, il n’a rien d’un titre easy listening) mais des sons agressifs, viciés, torturés. Je vois vos sourires carnassiers prêts à mordre à pleines dents dans cette mauvaise sorcière mais ce n’est pas aussi simple, pensez-vous. On pouvait regretter que les deux précédents aient le cul entre deux chaises, tenaillés entre une volonté de noircir un tableau devenu trop propret et celle d’y accoler des mélodies réellement marquantes (ce deuxième point étant souvent supplanté par le premier). Elles ne sont pas plus présentes ici (en tout cas, elles sont bien planquées) mais Trent semble avoir tranché et se tient à son choix, aussi osé soit-il. Tranché en faveur de la prise de risques : de l’ambient halluciné (“I’m Not From This World”, “Over And Out” où la patte d’Atticus Ros, son acolyte, se fait plus que jamais sentir), de l’indus pur et dur, de la saturation sans modération (“Shit Mirror”), de la drum’n’bass métalleuse qui savate à tour de bras (“Ahead Of Ourselves”). Clairement Reznor est de retour, et pas pour sucrer les fraises. Nouveauté au programme, la présence de saxos qui s’intègrent à merveille et sonnent parfois comme un hommage appuyé au mentor Bowie période Black Star (“Play The Goddamned Part” où les saxos luttent pour leur survie au milieu de beats écrasés) et Outside (la fascinante “God Break Down The Door” où même les intonations hantées semblent avoir été empruntés au grand David quand les boucles électroniques, les saxos menaçants pourraient illustrer sans peine une œuvre d’un autre grand David, Lynch ce coup-ci). Une chose est sûre, cette série d’EP ressemble fort à une renaissance, et Bad Witch à son point d’orgue. La doublette Reznor/Ross est encore capable de surprendre, sait encore se montrer créatif et en osant pousser les expérimentations et radicaliser son propos, nous propose un EP/album extrêmement aride mais qui a le mérite d’offrir davantage à chaque écoute. Et de nous redonner foi en Nine Inch Nails. Jonathan Lopez LIRE...

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Don’t Look Back #3 : Oasis – Definitely Maybe

Publié par le 24 juin 2018 dans Don't Look Back, Non classé | 0 commentaire

Don’t Look Back #3 : Oasis – Definitely Maybe

On a tous des albums qu’on a rayés à force de trop les écouter, des disques de chevet qui nous ont suivis intensément pendant des années (ou des mois, ou des semaines) et qu’on a fini par laisser de côté, soit par lassitude, soit parce qu’on est passé à autre chose. C’est la vie. Que se passe-t-il quand on ressort ces albums dix ou quinze ans après ? Exercice complémentaire du bac d’occaz, BCG se plonge dans des albums qu’il connait parfois sur le bout des doigts… mais qu’il n’a pas réécoutés depuis une éternité. Au début : Je découvre Oasis avec leur album suivant, (What’s The Story) Morning Glory?, avant même que “Wonderwall” ne se mette à squatter toutes les radios et toutes les soirées par l’intermédiaire du mec qui cherche à serrer avec les 4 accords de guitare qu’il connait, et c’est immédiatement la grosse claque. Le rock’n roll classique saupoudré de l’énergie punk avec un peu de désabusion et une production plus typique des années 90, ça change de l’eurodance et du rap français, et ça a de quoi chambouler un gamin d’une dizaine d’années. Résultat, Oasis devient mon groupe préféré en quelques jours et le restera quelques trimestres. Je prends même une décision qui aura un certain impact : ma musique, maintenant, c’est le rock ! J’arrête donc tout le reste plus ou moins d’un coup, j’arrête la radio (qui n’en passe quasiment plus), et je vais tourner avec les quelques CDs et cassettes sur lesquelles je peux mettre la main. Du coup, je découvre vite le premier album d’Oasis, Definitely Maybe, qui me plait autant que le suivant. Après : Si les frères têtes à claques ont réussi à me mettre pour de bon sur le chemin de la musique à guitare, celui-ci est resté semé d’embûches jusqu’à atteindre au final une zone de goûts qui parait enfin me correspondre, et ils ont été plus ou moins abandonnés sur la route. Je ne dis pas que je ne réécoute pas deux ou trois morceaux à l’occasion avec un réel plaisir, mais l’excitation à entendre la voix de Liam ou les chansons de Noel a elle bel et bien disparu. Il faut dire qu’au passage, j’ai découvert toutes leurs illustres influences qui m’échappaient à l’époque (hormis l’intro d'”Imagine” que j’avais quand même reconnue au début de “Don’t Look Back In Anger”), et que celles-ci sont tout de même un cran au-dessus à tous les niveaux. Du coup, j’ai rangé leurs disques et les quelques écoutes que j’ai pu en faire à l’occasion ne m’ont pas vraiment motivé à les ressortir. Maintenant : J’écoute donc Definitely Maybe pour la première fois depuis très longtemps, sans appréhension mais avec un souvenir d’indifférence assez marqué pour la plupart de ses morceaux réécoutés ça et là. À une exception près, on y revient. J’essaie de garder les oreilles ouvertes pour comprendre pourquoi certains considèrent ce disque comme l’un des plus importants de son époque, et pas seulement les fanatiques absolus des frères sourcils. Et en fait, il y a bien des choses intéressantes, sûrement plus que sur son successeur gavé de tubes fm : certaines mélodies sont bien trouvées, les arrangements sont plus complexes qu’on le croirait (intro noisy de “Columbia”, final presque grungy de “Rock’n Roll Star”), et...

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Goat Girl – Goat Girl

Publié par le 20 juin 2018 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Goat Girl – Goat Girl

Il y a deux mois sortait dans une relative indifférence un disque qui mérite la plus grande des attentions. Elles sont 4, viennent du sud de Londres et nous proposent un rock débraillé, jamais trop éloigné du punk, à la fois idéal à écouter d’une oreille distraite en sirotant une binouze qu’à décortiquer note par note une fois le charme opéré. Après une courte intro presque ténébreuse, débute un joyeux périple dans l’univers tout en décontraction de Goat Girl. Une distribution de morceaux qui semblent empreints de la plus grande innocence et qui se transforment très vite en tubes en puissance (les parfaitement évidentes et évidemment parfaites “The Man”, “Viper Fish”, “I Don’t Care Pt.2”, auxquelles s’ajoutent rapidement “Burn The Stake” et son envolée sur le refrain digne des Pixies, “Creep” et ses cordes qui brouillent les pistes, “Throw Me A Bone” dont la nonchalance planque une mélancolie sous-jacente ou “Cracker Drool” qui se balade malicieusement entre country, surf music voire dub). La voix grave charismatique de Lottie Cream séduit instantanément et porte des compos qui auraient très bien pu se débrouiller toutes seules et qui gagnent encore en efficacité mélodique. Douées les Goat ? Ça saute aux oreilles. Cool les Girls ? Ça ne fait aucun doute. Pour un premier album, le groupe fait preuve d’une grande aisance, une évidente complicité et semble sans forcer nous pondre du jouissif sur demande. Plus fort encore, la variété de l’offre. 19 morceaux sur la galette (un seul excède les 3 minutes !) et aucune envie irrépressible de presser la touche “next” (alors que la touche “repeat”, elle, n’en peut plus d’être sollicitée). Qu’on se le dise, tout est bon dans cette chèvre-là. Jonathan Lopez Comme on ne comprend pas toujours très bien le lien avec les “articles similaires” proposés ci-dessous, on vous recommande plutôt de lire : THE BREEDERS – POD THE BREEDERS – ALL NERVE PIXIES – DISCOGRAPHIE COURTNEY BARNETT – SOMETIMES I SIT AND THINK, AND SOMETIMES I JUST SIT COURTNEY BARNETT – TELL ME HOW YOU REALLY...

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