Dinosaur Jr. – I Bet On Sky

Publié par le 11 octobre 2012 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

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(PIAS, 17 septembre 2012)

Si certains d’entre vous n’ont jamais entendu parler de Dinosaur Jr, vous faites bien de passer par là. Car il serait temps de vous y mettre ! Dinosaur Jr c’est bien plus qu’un trio au nom rigolo mené par un chanteur un peu autiste à la tignasse blonde.

Dinosaur Jr, c’est surtout un groupe majeur de l’indie rock 90s, au même titre que Sonic Youth ou les Pixies. Un groupe qu’un certain Kurt Cobain vénérait, assistant à leurs concerts les yeux qui pétillent, avec l’envie d’en découdre à son tour.

Et ce qui est bien avec ce groupe c’est que, malgré les dissensions, le split, la reformation, les années qui passent, comme les gâteaux de mère-grand, tant que c’est fait avec la même recette, c’est du bon !

Et cette dernière mouture ne déroge pas à la règle. Un poil plus calme dans son ensemble que Beyond et Farm, ses deux prédécesseurs de la “deuxième carrière du groupe, I Bet On Sky n’en demeure pas moins une vraie réussite. Le son de gratte si particulier de J Mascis, reconnaissable entre mille, est bien là et nous avait manqué.

Les deux morceaux d’ouverture (“Don’t Pretend You Didn’t Know” et “Watch The Corners”) sont de vraies bombes aux mélodies imparables. On retrouve cette musique à la fois complexe dans sa structure et simple dans son expression. Et on se réjouit encore et toujours de passer de la ballade tranquille aux envolées soniques de Mister Mascis pleines de pureté et de grâce.

“Stick a Toe in”, “What Was That ?” sont tout aussi remarquables et au bout de quelques écoutes, on ne peut s’empêcher de fredonner leur refrain. On est toujours stupéfait qu’à chaque nouvel album, Mascis trouve des riffs aussi limpides que ravageurs (“I Know It Oh So Well” et son wah-wah dégoulinant), aussi beaux que déchirants (“See It on Your Side” à la succession d’accords basiques que n’auraient pas renié Neil Young, sur lesquels viennent se greffer de longs et superbes soli). Ça parait si simple.

Comme toujours, Lou Barlow pousse lui aussi la chansonnette sur deux morceaux (“Rude” et “Recognition”) qui apportent une vraie fraîcheur et une touche différente à l’album. Une bonne dose d’énergie supplémentaire également, qui équilibre parfaitement cet opus.

Le groupe, sans dévier de sa ligne de conduite habituelle et sans prendre de risque inconsidéré, ne tombe jamais dans la facilité pour autant.

Certains regretteront peut-être un manque d’audace, ils n’auront rien compris. Car ne nous y méprenons pas, peu de groupes ont une identité si marquée que celle de Dinosaur Jr, un son labellisé “Dinosaur”. Ce n’est pas donné à tout le monde. Et surtout, peu sont capables de maintenir un tel niveau d’excellence après plus de 25 ans d’existence et au bout du dixième album. Beaucoup se sont égarés en chemin ou ont tout simplement disparu de la circulation.

Ne vous attendez donc pas à tomber du siège à l’écoute de cet album, surpris par le virage opéré par le trio. Non, ces gens-là savent ce qu’ils font et ils continuent de le faire rudement bien. Pour notre plus grand plaisir.

 

JL

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