Deftones – Koi No Yokan (Reprise)

Publié par le 12 novembre 2012 dans Chroniques | 0 commentaire

Deftones-Koi-No-YokanVoilà un album que j’attendais avec impatience, disponible en écoute gratuite depuis quelques jours sur le site du magazine Rolling Stone, vous trouverez dès aujourd’hui (12/11/2012) Koi No Yokan dans les bacs. Retour de Deftones, 2 ans après Diamond Eyes.

Une pochette discrète, assez agréable à l’œil, je me plonge dans l’écoute de ce Koi No Yokan, pour lequel je ne ferai pas un track par track, mais un tour complet pour retracer les bons points, et les moins bons (s’il y en a). L’un des singles « Tempest », m’avait déjà émerveillé par sa beauté, et il me tardait de découvrir ce disque avec une oreille attentive, dans son intégralité.

Dans ses très bons side-projects (Team Sleep et Crosses), le leader Chino Moreno nous faisait voyager sur des rythmes planants proche de la New Wave, il réitère ici à la perfection avec sa formation d’origine dans les fabuleux et profonds « Tempest » et « Rosemary ».

Sur le couillu et puissant « Goon Squad », Chino toujours, s’arrache les cordes vocales sur le premier couplet, pris dans l’étau de riffs ravageurs. Et que dire du titre « Poltergeist » ? Il nous captive et nous entraîne avec une force indomptable. La magie Deftones est en marche.

Chaque morceau est une surprise, on les savait talentueux et dotés d’un savoir-faire étincelant, les envolées sauvages s’entremêlent à des compositions atmosphériques du plus bel effet, une ambiance sombre en ressort tout du long. L’intro calme de « Leathers », est frappée d’un coup de massue, par un combo n’ayant pas oublié le son violent qui les a fait connaître.

Sergio Vega, remplaçant de l’ancien bassiste Chi Cheng, qui se remet doucement d’un tragique et grave accident de la route, est infaillible sur les différentes séquences de cet album. Franck Delgado qui a rejoint le groupe pour le second album Around the Fur (1997) aux platines et clavier, apporte une touche électro et des effets mis en avant d’une manière quasi systématique sur ce nouvel opus. Une contribution non négligeable car elle aura permis en partie au groupe de se renouveler et de s’évader subtilement de l’univers Neo Metal, dont ils sont issus. Pour preuve les notes de synthé à la fin du mélodieux « Entombed ».

La voix de Chino est toujours à la hauteur, aussi bien sur les phases les plus énervées de « Gauze », « Graphic Nature », ou « Goon squad » où ses poussés vocales sont impressionnantes, que sur des ballades comme « What Happened to You » où il montre qu’il sait aussi la jouer fine, sans perdre une once de maîtrise.

Les riffs effrénés de guitares ne sont pas en reste non plus, de l’ouverture « Swerve City », où guitare, basse, batterie, se rencontrent dans une tournure assez oppressante et répétitive tout du long, ralentissant le tempo au moment du refrain, aux envolées sophistiquées de « Graphic Nature ».

J’ai cité tout les morceaux hormis « Romantic Dreams », ce n’est sans doute pas un hasard. Loin d’être mauvais, ce titre a dû mal à s’imposer parmi le contenu très riche et réussi de l’album. Cependant, il glisse bien sur une écoute d’une traite.

Si des groupes comme Deftones n’ont plus rien à prouver, si l’album White Pony ne pourra qu’on le veuille ou non être détrôné, le crew de Sacramento sait encore nous surprendre, preuve en est avec ce Koi No Yokan au contenu renversant.

On se fera bientôt un plaisir d’entendre des pépites comme « Tempest », « Leathers » ou « Poltergeist » en live. Ce nouvel opus vient compléter avec brio la discographie de Deftones. Une véritable renaissance pour un groupe qui semble avoir pris un recul suffisant sur des années difficiles, liées à des tensions entre les membres, et au choc de l’accident de Chi Cheng.

Ce 7eme album, est une très belle réussite, traversée ca et là par des morceaux très puissants, mêlés à d’autres beaucoup plus calmes, de nombreuses variantes lui conférant un aspect obscur et mélancolique. Relativement varié, le tout reste cohérent et permet à l’auditeur de ne jamais se lasser, pas de réelle fausse note non plus.

Koi No Koyan est à coup sûr l’un des albums marquants de l’année 2012. Deftones nous le confirmera lors des deux dates au Trianon en février prochain, car cet album quelques jours après sa première écoute, n’est plus à défendre, mais à apprécier sans retenue.

 

JR

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