Chelsea Light Moving @ Instants Chavirés (Montreuil, 93), 22/06/13

Publié par le 25 juin 2013 dans Live reports | 0 commentaire

Habituellement quand un groupe n’a qu’un album à son actif et que celui-ci ne m’a pas spécialement bouleversé, j’y réfléchis à deux fois avant d’aller le voir en concert. Mais ici la donne n’est pas la même. Car le leader de Chelsea Light Moving n’est autre que Thurston Moore, un gars qui a juste marqué l’histoire du rock en tant que chanteur/guitariste des légendaires Sonic Youth. Et c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir un type comme ça pour 12 € dans une salle aussi minuscule que les instants chavirés (capacité d’environ 150 personnes).

En arrivant, on se commande une bonne bière belge (au passage bravo aux instants chavirés pour proposer de vraies bonnes bières à des prix abordables, ça change…) et on se faufile vers les premiers rangs en attendant THE MAN.

Le groupe se pointe sur scène vers 21 heures 30. Toujours aussi grand, Thurston est accompagné de Keith Wood à la guitare, de la bassiste Samara Lubelski (qui jouait du violon sur ses albums solo) et John Moloney à la batterie.

Après une longue intro mystique qui laisse tout le monde un peu circonspect, Thurston fait un signe de tête à son batteur et ne tarde pas à déclencher le riff simple et mélodique de « Frank O’Hara Hit » qui porte sa patte (comme l’ensemble de l’album me direz-vous). On a droit à une grosse montée en puissance du duo de gratte à la moitié du morceau, et à notre premier coup de chaud. Le public se montre très réceptif. Le concert commence sous les meilleures auspices.

Suit l’excellent « Burroughs », très enlevé. J’enlève une boule quiès pour voir si je rate quelque chose et là mon oreille prend cher ! Je la remets… Thurston est bien dans son élément et fait morfler sa six-cordes et nos esgourdes. Dans l’audience, beaucoup échangent de grands sourires. On savait à quoi s’attendre et on n’est pas déçus.

Sur « Groovy & Linda », Thurston cale des gros slides en remontant tout le manche de sa gratte. Assez classe. J’ai voulu le refaire chez moi, ça le faisait moins…

Il dédie le morceau suivant aux Pussy Riot. Le morceau en question c’est « Lip ». Un titre très punk vite expédié. Sympathique mais pas inoubliable. Le père Moore a l’air content d’être là, échange quelques mots avec le public, fait des blagounettes et répond même aux mecs qui gueulent des trucs que personne ne comprend.

Il poursuit ses dédicaces, la suivante est pour le 13th Floor Elevators from Austin, Texas. Tiens donc. Il s’agit d' »Empires Of Time » dans laquelle il scande « we are the 3rd eye of rock and roll« . Le titre ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable sur l’album, ici il prend toute son ampleur. Le petit riff efficace en intro puis les accélérations, coups de freins brutaux pour atterrir de nouveau comme si de rien n’était sur le riff de base. Et une large place est laissée à l’improvisation. On sent que le groupe ne se contente pas de réciter gentiment ce qu’ils ont enregistré, ils se lâchent et le déluge sonore qui en résulte fait du bien par où il passe.

L’efficace « Sleeping Where I Fall » maintient tout le monde en haleine avant que Thurston ne ramène un pupitre avec les textes de « The Ecstasy », un poème de John Donne adapté pour l’occasion dans une version évidemment plus bruyante.

Et puis là, évènement incroyable, Thurston enfile une cagoule rouge ! Oui, vous m’avez bien lu, une cagoule rouge ! Bon ok c’est pas si incroyable en soi mais le morceau qui suit, le bien bourrin « Alighted », avec son riff quasi métalleux, va lui laisser des traces. Après un break chaotique et dévastateur, ça repart de plus belle. Mais pas pour longtemps car à la fin du morceau Moore quitte la scène en courant, suivi par ses potes. Rappel.

Ils reviennent avec un morceau « pour [nous] les catholiques. » Ah il nous a bien cerné le Thurston. Un seul titre et ils repartent. Ah les salauds ! Le public, chauffé à blanc, sent qu’il n’y en a plus pour longtemps et se fait entendre. Ils reviennent. Ouf ! Malheureusement le retour sera de courte durée avec « No Go », morceau punk sans prétention. Cette fois c’est fini.

Dommage. Dommage que Thurston n’ait pas daigné pioché dans son répertoire personnel avec son excellent dernier album solo ou, mieux encore, en nous proposant un ou deux classiques de Sonic Youth. Nous aurions été comblés. Un choix qui peut se comprendre, le grand gaillard préfère ne pas surfer sur sa légende en tirant la couverture vers soi et laisse ainsi la lumière sur son nouveau groupe. Mais forcément avec un seul album à défendre, le set fut court (un peu plus d’une heure) et nous a laissé un peu sur notre faim.

Aucun regret d’être venus cependant. On a passé un très bon moment et voir un artiste majeur d’aussi près reste un immense privilège. D’autant plus qu’en fin de concert, on a pu faire nos groupies et rajouter Mr Moore à notre tableau de chasse en nous faisant dédicacer des albums et en posant à ses côtés.

Merci Thurston, see you soon !

 

JL

 

 

Line-up : Thurston Moore (guitare/chant), Keith Wood (guitare), Samara Lubelski (basse), John Moloney (batterie).

 

Setlist : Frank O’Hara Hit – Burroughs – Groovy & Linda – Lip – Empires Of Time – Sleeping Where I Fall – The Ecstasy (poème de John Donne) – Alighted.

Rappel : le morceau pour les catholiques.

Rappel 2 : No Go.

 

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