Dinosaur Jr. – There Near

Posted by on 28 août 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

« Album parfaitement insipide », « Business as usual », « un peu trop as usual », « encore ce truc de la plupart des morceaux que t’as l’impression d’avoir entendus dix fois », « pas renversant ». Voilà ce qu’on a pu lire dans le groupe de discussions de la rédac à propos du nouveau Dinosaur Jr. Et sans doute que si je reviens aux échanges sur le précédent (Sweep It Into Space, 2021), j’y trouverai encore des formules similaires. Au final, c’est moi qu’on envoie, en tant que fan absolu donc privé de toute objectivité, pour essayer de publier quelque chose qui soit à peu près enthousiaste sur ce nouveau disque. Ça fait maintenant trois fois qu’on me missionne pour écrire plus ou moins le même article, sans compter les albums solo de Mascis ou de Barlow, vous comprendrez donc que j’ai envie de vous parler de tout autre chose. 

Connaissez-vous Ultraman ? Créée dans les années 60 au Japon, il s’agit d’une série à effets spéciaux qui a été conçue par l’un des plus grands techniciens du genre et qui a été influente au point de dériver vers tout un pan de la production télévisuelle japonaise. Bien sûr, il s’agit d’une histoire où un scientifique prend la forme d’un héros extra-terrestre pour sauver la Terre de monstres géants, qui avait à cœur d’être une série familiale et fait donc la part belle aux enfants. Ainsi, elle ne plaira pas à tout le monde, d’autant plus qu’elle accuse son âge. Cependant, à l’époque, Ultraman cumulait l’audace et le savoir-faire de producteurs et réalisateurs de talent, lui permettant de proposer un divertissement d’une qualité peu commune avec ce qu’on pouvait voir à la télévision, a fortiori au Japon. 

Ultraman est revenu régulièrement, sous une forme ou une autre, sauver la planète des monstres géants, et de nouvelles séries sont encore régulièrement produites. Ce serait mentir de dire qu’elles sont toujours avant-gardistes, et puisqu’elles s’appuient sur des formules et une identité visuelle reconnaissable, on ne peut pas attendre d’elles qu’elles soient novatrices. Ceci mis à part, elles sont toujours globalement de qualité, et pour une franchise qui s’étend depuis des décennies sans envisager de rempiler, c’est déjà très honorable.

De toute évidence, pour regarder un Ultraman, il faut avoir envie de voir un héros extraterrestre qui se bat contre des monstres géants dans un festival d’effets spéciaux plus ou moins kitsch, sinon vous n’y trouverez aucun intérêt. On ne se fade pas intégralement les dizaines de saisons sorties jusqu’ici à moins d’être un fan hardcore. Il faut également accepter d’être confronté à une formule familière, parfois répétitive, qui sent le déjà-vu. On y va pour ça, on sait parfaitement ce qu’on va avoir, et on est rarement déçu. Mieux, des fois on se retrouve face à une petite pépite, un épisode incroyable, un arc narratif touchant, que sais-je. Surtout, si on sait exactement ce qu’on vient chercher, on a au minimum la garantie de le trouver. Ce n’est pas si souvent, dans la vie, mine de rien. 

Alors voilà, peut-être que vous ne trouverez pas de pépite cette fois-ci, rien qui vous donnera envie d’y revenir ou d’écouter celui-ci plutôt qu’un autre. Ou peut-être que si, et dans ce cas-là vous serez heureux comme moi. (Oui, je parle bien à nouveau du dernier Dinosaur Jr. Il se pourrait même que j’en ai parlé tout le long.)

J’ai oublié de compléter la citation d’un de mes collègues : « Business as usual pour un groupe qui ne sait pas faire de la merde. » « Un groupe qui ne sait pas faire de la merde » après 40 ans, ce n’est pas si souvent qu’on en croise, dans la vie, mine de rien.

Blackcondorguy

PS : Merci à Yann, Jonathan et Max qui m’ont, sans le savoir, aidé à écrire cette chronique. 

Nos innombrables articles sur Dinosaur Jr.

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