Fall of Messiah – Green Lands

Posted by on 3 juin 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

(Voice Of The Unheard, 24 avril 2026)

Après avoir été éprouvé par les tribulations existentielles, Fall of Messiah a connu des déboires qui auraient pu compromettre son destin, mais le groupe n’a jamais renoncé et même renforcé ses liens autour d’un nouvel album. Avec Green Lands, le groupe cherche à dépasser les cadres habituels tout en restant fidèle à son identité. Certains y verront une forme de maturité. Quoi qu’il en soit, ce cinquième album, qui s’inscrit dans une discographie entamée en 2008, marque une étape importante. « Tour de Garde » aborde, par son introduction instrumentale épurée, la méfiance à l’égard du monde, et puis vient soudain, le chant tourmenté. Le décor est planté. C’est au bord de l’abîme que Fall of Messiah observe avec stupeur le déclin d’une civilisation obsédée par sa propre image. Plutôt que de se disperser, le quatuor va avec ce cinquième album à l’essentiel.

L’une des forces de l’album réside dans sa manière d’aborder la composition. Chaque musicien contribue à construire un univers qui tend vers une forme d’apaisement intérieur. Loin des clichés qui réduisent le screamo à une musique monolithique, le groupe multiplie les nuances. Pour vous en convaincre, prenez le temps de poser vos oreilles sur « Tired Hands » avec ses guitares bizarrement accordées de facture post-rock et sa mélancolie profonde. En fait, Green Lands recouvre la grisaille d’une couche verdâtre dont « Meadows » est l’illustration. Si l’objectif de chaque membre est d’atteindre la paix intérieure, cet album est la description des différentes phases qui jalonnent ce parcours. Même si l’album est majoritairement instrumental, plusieurs membres du groupe prêtent leur voix sur quelques titres, renforçant encore la cohésion de l’ensemble, particularité que l’on retrouvait sur leur précédent album, Senicarne, sorti en 2020.

Cette présence vocale trouve son aboutissement sur « Tour de Force » en écho au premier titre de l’album. Sa montée finale, agrémentée d’une trompette, conclut l’album avec intensité. Green Lands est un disque qui explore, défriche, avec un sens incontestable pour la mélodie. Jamais démonstratif, toujours dans la subtilité, Fall of Messiah ne fait pas dans la redite et donne à chaque morceau une fonction précise au sein d’un ensemble cohérent et profondément habité.

Franck Irle

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