Dorian Pimpernel – Flowers Too

Posted by on 3 mai 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

(Born Bad, 24 avril 2026)

Douze ans. Ça fait douze ans que Dorian Pimpernel a disparu de la circulation, après un premier album intéressant, Allombon, sorti neuf ans après ma découverte de ce curieux groupe, à l’époque bénie des concerts gratuits à La Flèche d’or. Autant dire que ce nouvel album intitulé Flowers Too semble sorti de nulle part.

À l’époque (9+12 = 21 ans !), ce groupe était pour moi le nouveau projet d’Hadrien, un jeune multi-instrumentiste fantasque rencontré dans un bar. Ou à un concert ? Peut-être à un concert dans un bar ? Depuis plus de vingt ans, il est – entre beaucoup d’autres choses – le batteur de ce projet collectif intermittent structuré autour de Johan Girard, un chanteur et musicien érudit, auteur d’une thèse intitulée Régimes de répétabilité et musique répétitive : approche communicationnelle en esthétique philosophique.

Pourtant, il n’y a rien de répétitif dans ce nouvel album, qui respire la pop. Pas de la power pop attrape-tout, non. Plutôt une musique biberonnée aux sons de mélodistes torturés comme Brian Wilson, Syd Barrett ou Kevin Ayers, avec des hommages appuyés à Stereolab (« Oruga Encantada »), au rock allemand des années 70 (le bien nommé instrumental « Brucke »), voire à un certain rock progressif (je ne peux pas m’empêcher d’entendre du early Genesis dans la tortueuse « Caravelle »). Le groupe a même inventé une expression judicieuse pour définir leur style : moonshine pop. Sans renier ce style, ce nouvel opus m’apparaît un peu plus groovy et chaleureux que son lointain prédécesseur. Les arrangements sont comme toujours au cordeau, mélodiques sans jamais sombrer dans la facilité. La palme à « Twisted Charm Honey », ma préférée de l’album. Tout ceci respire l’érudition, ce qui pourra en agacer certains, mais qui fait du bien dans une France où un vice-président de l’Assemblée nationale balance à la télé les pires clichés sexistes et anti-intellectuels sur les sociologues de Nanterre.

J’espère bien qu’il ne faudra pas attendre douze ans pour découvrir le prochain album.

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