Courtney Barnett – Creature of Habit

Posted by on 24 mars 2026 in Chroniques, Toutes les chroniques

(Mom+Pop Music, 27 mars 2026)

Il y a une petite quinzaine d’années, une jeune australienne nous avait scotchés avec son slacker rock aux riffs abrasifs, son ironie et son sens de la formule, en mode Stephen Malkmus au féminin. En deux EP et deux albums truffés de tubes indie entrecoupés de chansons plus mélancoliques, Courtney Barnett a mis tout le monde d’accord (ou presque). Son troisième album, sorti en plein COVID, avait déçu pas mal de fans de la première heure : tout en restant largement écoutable, son côté paresseux et bordélique avait un arrière-goût de visioconférence en pyjama.

Cinq ans plus tard (je passe sous silence une bande originale de documentaire sortie en 2023 que je n’ai pas écoutée), que pouvait-on attendre de cette nouvelle livraison, étrangement intitulée Creature of Habit ?

Premier constat : pas de révolution stylistique, mais pas non plus de retour à l’électricité débridée, malgré une entrée en matière qui laissait présager du contraire, avec basse saturée et guitare criarde et dissonante (« Stay in Your Lane »).

Ce qui frappe, c’est le soin apporté aux arrangements et à la production. L’Australienne a mobilisé son carnet d’adresses bien garni et s’est offert les services du vétéran John Congleton, le touche-à-tout du rock indé. Côté guests, ça n’est pas mal non plus : outre la batteuse de Warpaint, Stella Mozgawa, empruntée à Kurt Vile dès 2017, elle est allée chercher Waxahatchee pour doubler la voix sur le chouette single country « Site Unseen » et Flea pour assurer la basse du groovy (mais un poil trop long) « One Thing at a Time ».

Les noms qui viennent en tête au fil de l’écoute relèvent plus de l’americana que du grunge : Kurt Vile bien sûr, notamment sur « Mantis », l’épopée qui a inspiré la pochette de l’album (ornée d’une mante religieuse), mais aussi Laura Veirs, l’une de mes chanteuses folk préférées, dans ses moments les plus lumineux et les plus doux, comme la jolie ballade « Mostly Patient ».

Cet album soigné ne bascule tout de même pas dans le calibrage excessif qui m’a éloigné d’artistes comme Snail Mail ou Waxahatchee. Ça reste du Courtney Barnett, en un peu plus sage mais toujours bien foutu.

Myfriendgoo

Nos articles sur Courtney Barnett

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *