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Tang – The Quiet Earth EP

Publié par le 8 octobre 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Tang – The Quiet Earth EP

(Influenza Records/Art of the Uncarved Block, 29 septembre 2020) Ça n’a l’air de rien comme ça. Des accords fluets, des effets qu’on peine à identifier, un chant perdu au milieu de la brume. Mais ces mélodies décharnés sont belles et terriblement attachantes. The Quiet Earth, c’est 7 morceaux enregistrés durant le confinement par un duo de Toronto, qui évoqueront tour à tour du Pavement en encore plus lo-fi, Troy Von Balthazar ou Sparklehorse en encore plus dépressif et des titres encore plus lents que ceux que nous offrent les meilleurs représentants du slowcore. Peut-être pas un hasard d’ailleurs si le dernier morceau se nomme “The New Year” (comme le fabuleux groupe des frères Kadane, ex-Bedhead). The Quiet Earth, c’est doux et langoureux, parfait pour s’extirper paresseusement de son lit au petit matin. Les yeux un peu dans le vague, les idées pas tout à fait en place. On s’y sent comme à la maison mais on ne perd pas de vue la fragilité de l’ensemble (« i wish i didn’t know how time flies » rappelle le dénommé Peter Connelly), toujours au bord de l’effondrement… Comme notre chère planète. Jonathan Lopez The Quiet Earth by...

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DISCO EXPRESS #4 : The Cure

Publié par le 7 octobre 2020 dans Chroniques, Disco express, Non classé, Toutes les chroniques | 1 commentaire

DISCO EXPRESS #4 : The Cure

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music! Three Imaginary Boys (1979) : c’est fougueux, juvénile, un peu plus décousu que sur les chefs-d’œuvre suivants mais « 10-15 Saturday Night », « Accuracy », « Grinding Halt », « Fire In Cairo » ou le morceau-titre… Quel pied ! Et puis, il y a « Foxy Lady » (rires). Seventeen Seconds (1980) : début de la trilogie cold wave. Hanté (« Three », « The Final Sound », gloups), ultra mélancolique (« Secrets »), un son de batterie d’une rigidité cadavérique à faire fuir les plus vaillants, mais malgré tout un sens mélodique affûté. La face A nous met en condition, la B explose tout. On se perd dans « A Forest », on s’agenouille et on en redemande. Again and again and again and again. Faith (1981) : il est austère à mort, ne nous prend jamais par la main et nous plonge au contraire la tête sous l’eau. Qu’il est bon de s’y perdre ! Des basses d’outre-tombe, ça suinte la trouille, le début d’album est fabuleux (« Primary », « Other Voices ») et la suite n’a pas à rougir (« The Funeral Party », « The Drowning Man »). Pornography (1982) : Allez, on s’enfonce gaiment douze pieds sous terre. « It doesn’t matter if we all die », c’est de circonstance. Difficile de mettre un disque au-dessus des autres dans cette trilogie cold wave mais difficile de ne pas considérer celui-ci comme le meilleur… Oh, et puis tiens, meilleur album cold wave, tout court. Comme ça, pas de jaloux. The Top (1984) : Rien ne me fait autant décoller que sur les précédents malgré d’excellents titres (« Shake Dog Shake » !) et ce disque a un peu trop le cul entre deux chaises. Après une face A plombée et envoûtante, la B faiblit dangereusement lorsque le groupe commence à affirmer (maladroitement) son côté pop (« The Caterpillar » on valide, moins les synthés lourdingues de « Piggy In The Mirror » et la flûte de Bilbon le Hobbit sur « The Empty Wall »). Not exactly the top, then. The Head On The Door (1985) : cette fois, le virage est assumé pour de bon. Une bonne dose de sucre pour tout le monde. J’imagine le traumatisme pour ceux qui suivaient le groupe à l’époque. Sauf que : « In Between Days », « Kyoto Song », « Push », « A Nigh Like This », « Close To Me »… C’est un grand OUI et un grand disque pop (faisons comme si « Screw » n’existait pas, voulez-vous). Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me (1987) : Cure n’échappe pas au syndrome du double album. Il y a là de quoi faire un grand album simple mais quelques-uns de leurs meilleurs morceaux (« Just Like Heaven » qu’on ne présente plus, les fantastiques « If Only Tonight We Could Sleep »,...

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Nouvel EP de Fleur du Mal à la fin du mois. Extrait en écoute

Publié par le 6 octobre 2020 dans News | 0 commentaire

Nouvel EP de Fleur du Mal à la fin du mois. Extrait en écoute

© Amélie Jouchoux On avait pu les voir en compagnie des excellents Dead Horse One au Supersonic quelques semaines avant la fin du monde, le duo shoegaze parisien Fleur du Mal qui fricote également avec le post metal et la chanson française, a profité du confinement et de l’impossibilité de se produire sur scène pour peaufiner son deuxième EP, Spleen II, qui sortira le 24 octobre prochain chez Shore Dive Records. Plus aérien que son prédécesseur, Spleen II comprend cinq titres dont une reprise du “Lien Défait” de Jean-Louis Murat (en écoute ci-dessous). Un Spleen III revenant à un son plus metal devrait suivre pour compléter cette trilogie d’EP. L’artwork...

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Throwing Muses – Sun Racket

Publié par le 5 octobre 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Throwing Muses – Sun Racket

(Fire Records, 4 septembre 2020) Par quel biais faut-il attaquer une discographie aussi imposante que celle de Kristin Hersh ? Pour ma part, et à l’instar de celle d’un autre pilier de la scène indie de la fin des années 80 et du début des années 90, je l’ai abordée par le biais de la littérature. J’ai en effet lu l’autobiographie de Dean Wareham, Black Postcards, sans jamais avoir écouté Luna ou Galaxie 500, et ceci m’a permis de me familiariser avec l’homme et la musique. On dit beaucoup depuis quelques temps – et notamment le mouvement #MeToo – qu’il faut séparer l’homme de l’œuvre. C’est évidemment idiot. Avez-vous vraiment envie d’écouter une musique qui se situerait en totale isolation de la personne qui la produit ? Quelle démarche stérile ce serait, non ? Parfois, il faut donc se résoudre à savoir que nos musiciens préférés ont des failles et ont parfois commis des choses répréhensibles et vivre avec cela pour pouvoir aborder l’œuvre dans son intégralité. Dans le cas de Kristin Hersh, dont j’ai lu la bouleversante autobiographie partielle, partielle car se concentrant sur sa relation, platonique mais terriblement intime, avec le musicien Vic Chesnutt, il n’y a évidemment rien qui puisse lui être reprochée. Des failles, cependant ? Il y en a à foison. Bipolaire, mère à 13 ans, ayant vécu un divorce difficile avec son manager de plus de vingt ans, connue pour être une partenaire musicale peu commode, Hersh est une personnalité accidentée et sa musique, que je n’ai finalement découverte qu’à la suite de cette lecture, incorpore tout cela parfaitement. Son dernier album avec les Throwing Muses, le groupe qu’elle forma avec Tanya Donnelly avant que cette dernière ne la quitte pour rejoindre Kim Deal puis créer les Breeders et Belly, pourrait s’avérer être une bonne introduction à son œuvre. Accompagnée par deux collaborateurs de longue date, David Narcizo (membre d’origine) et Bernard Georges (présent, lui, depuis 1992), c’est donc en trio que Kristin Hersh fait voguer le navire Throwing Muses sur des eaux particulièrement mouvementées. Ne pas se fier ni au titre, ni à la photo de couverture, qui semble représenter un coin tranquille d’Amérique du Nord, avec son allée de terre battue, ses pavillons et ses palmiers. Si soleil il y a, c’est celui qui tabasse, fatigue et peut parfois accompagner la déprime. Je connais des gens qui détestent l’atmosphère écrasante de l’été et qui, tels des enfants lunes, préfèrent se terrer au frais dans une pièce sombre et c’est exactement à ce genre de personnes que l’album me fait penser. Mais attention ! Cela ne veut pas dire que Sun Racket est déprimant. Il est mélancolique, assez sombre par moments, mais le trio a eu la bonne idée d’accompagner cette atmosphère par des guitares toutes dehors, superbement distordues, qui donnent au disque un ton rageur, tendu, même sur les ballades. La production elle-même, semble tellement chargée d’électricité qu’on la croirait assurée par Dave Fridmann. Vous voyez ce son crade et puissant qu’on trouve dans The Woods de Sleater-Kinney ? Et bien, je ne peux m’empêcher d’y penser dès le démarrage de « Dark Blue », son riff sale d’ouverture, ses guitares grasses et sa rythmique lourde. Ce son-là, il ne va pas nous lâcher du disque, même quand Hersh raconte des histoires déprimantes aux protagonistes cabossés – comme elle,...

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Interview – Deftones

Publié par le 1 octobre 2020 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Deftones

Qui aurait pu prédire une telle carrière à Deftones ? Affublé de l’encombrante étiquette nu metal, le groupe de Sacramento a transcendé sa musique, aboli les frontières, surmonté une tragédie et il est toujours là, vingt ans après son chef-d’œuvre acclamé White Pony, dix après le disque de sa renaissance, Diamond Eyes. Son neuvième du nom, Ohms, marque les retrouvailles avec Terry Date, leur producteur historique, et risque bien de surprendre. Une fois encore. De quoi conforter ses fans fidèles et ceux convertis en route que ce groupe-là n’est pas comme les autres. À l’autre bout du fil, Abe Cunningham, batteur surdoué, n’est pas peu fier du chemin parcouru. “Cette guerre [entre Chino Moreno et Stephen Carpenter] est très bien documentée mais honnêtement ce n’est pas très fondé (rires). Nous sommes cinq avec des opinions très fortes mais merde, on est capables de se mettre d’accord !” En apprenant que vous alliez travailler de nouveau avec Terry Date, on aurait pu penser à un retour aux sources. Finalement, c’est peut-être votre disque le plus surprenant depuis de nombreuses années…Oui, c’est vrai. Mais, en même temps, la vie d’un groupe, c’est d’abord passer du temps avec ses amis. La musique, c’est simplement la conséquence naturelle des moments passés ensemble. Être de nouveau avec Terry fut très important, c’est quelqu’un avec qui on se sent très bien. C’est un très vieil ami, on le considère comme faisant partie de la famille, on a fait tellement de choses ensemble. Il a toujours souhaité revenir et on a dû essayer de nouvelles choses de temps à autre… C’est vraiment un ami merveilleux et c’était hyper confortable de travailler avec lui de nouveau. J’en reviens au contenu même de l’album. C’est loin d’être le plus immédiat de votre discographie, il m’a fallu pas mal d’écoutes pour le cerner. Ce n’est pas vraiment un disque aux riffs imparables et aux refrains épiques immédiatement reconnaissables… Il est très aérien, porté sur les ambiances, avec beaucoup d’arrangements. Vous avez hésité pour désigner le single ou « Ohms » s’est imposé à vous ?C’est toujours bizarre pour nous le choix des singles parce qu’on n’écrit pas de chansons pour essayer de passer à la radio. Donc au moment de choisir, c’est toujours un peu compliqué. Nous, on doit juste faire des morceaux. Après, évidemment le management et le label entrent en jeu et on passe à un autre niveau. C’est l’art face au business. Je pense que certaines chansons auraient fait de bien meilleurs singles, mais ça fait simplement partie du processus. C’est un premier aperçu. Et c’est un morceau qui prend de l’ampleur au fil des écoutes, il n’est pas très immédiat. Je pense aussi, au-delà du fait qu’il y en a de plus accrocheurs, que ce n’est pas un morceau très représentatif de l’album, qu’il s’agit d’un morceau Deftones assez classique. C’était aussi le but, de ne pas trop déboussoler vos fans avec des morceaux comme « Error », « The Spell Of Mathematics » ou « Pompeji » par exemple qui sont plus surprenants ?Oui, mais ceux que tu évoques seront peut-être prochainement de nouveaux singles. C’est toujours bizarre de donner ce premier avant-goût au monde extérieur. Parfois, les gens aiment, parfois ils détestent, c’est comme ça. Même après avoir sorti plein de disques depuis de nombreuses années, c’est toujours stressant de sortir...

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Kid A de Radiohead a 20 ans. Chronique

Publié par le 1 octobre 2020 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Kid A de Radiohead a 20 ans. Chronique

(Parlophone, 2 Octobre 2000) Avec le temps qui passe, on mesure la chance d’être les contemporains de certains artistes tout au long de leur carrière. À l’heure de fêter les 20 ans de Kid A, le 4e album de Radiohead, groupe toujours en activité – et dont on attend fébrilement, derrière chaque post ou tweet, une grande annonce – on se remémore, un sourire au coin des lèvres et avec une pointe de nostalgie, le parcours singulier du quintet d’Oxford.  Un premier album prometteur, Pablo Honey, porté par un single « maudit » (« Creep ») que le groupe a longtemps refusé de jouer par la suite, mais qui leur a offert une visibilité énorme dès leurs débuts. Loin d’être un feu de paille, Radiohead a enchaîné avec The Bends, un des albums marquants des 90’s, qui, s’il a mal vieilli (cf la production) les a installés durablement dans le paysage musical mondial et dans mon panthéon personnel au passage (quel album !). La presse britannique de l’époque, trop occupé par le (fake) conflit Oasis-Blur, a « raté » l’avènement du groupe. Mais s’est bien rattrapé en leur déroulant le tapis rouge ensuite avec Ok Computer, un des albums rock majeurs du siècle dernier – eh oui, on a changé d’échelle. En 2000, on a changé de siècle, et Radiohead va réussir un coup d’éclat qui va faire date. Et réussir à signer un des albums majeurs (on a enlevé « rock », on est au-dessus du game désormais) du nouveau siècle dans le même temps. Sans faire de promo, sans vidéos (juste avec les « blips », souvenez-vous) avec une distribution novatrice à l’époque, c’est-à-dire en sortant l’album en streaming (bon, il avait leaké aussi) avant même la sortie physique, ce qui est devenu classique aujourd’hui. Une première révolution à l’époque. En même temps, ils étaient attendus comme le Messie. Après avoir signé un des albums à guitares les plus ambitieux et acclamés des 90’s, sorte de concept-album ultime, Thom Yorke et ses comparses décident pourtant d’éparpiller façon puzzle leurs habitudes et de passer à l’électronique ! Shocking ! Avait-on connu schisme semblable depuis Dylan qui passe à l’électrique ? Je n’ai plus le souvenir exact de mes premières écoutes de « Kid A », « Treefingers », ou « Motion Picture Soundtrack » (quel titre magnifique !), les titres résolument ambient de ce disque, lorgnant vers l’électronique abstraite avec nappes de synthés éthérées, voix déformées, ou cordes sublimes. Mais la surprise a dû être totale comme pour de nombreux fans et critiques à l’époque. Thom Yorke n’a jamais caché vouloir s’éloigner du schéma rock après Ok Computer et sa fascination pour le travail des laborantins d’Autechre et du label Warp, entre autres, a considérablement influencé ce nouvel opus (et sa carrière solo d’ailleurs). Sans compter les expérimentations en tous genres portées par Jonny Greenwood (ondes Martenot, loops, samples, synthés…) qui a (presque) délaissé sa Telecaster. Ce qui est remarquable également sur ce disque, c’est l’incursion de toutes ces influences et instruments nouveaux dans le vocabulaire du groupe, sans que le groupe n’y perde son identité. On y trouve des cuivres jazzy (« The National Anthem »), des cordes d’influence classique (« How To Disappear Completely », « Motion Picture Soundtrack »), et beaucoup d’électronique et de travail de studio, via Nigel Godrich, véritable sixième membre du groupe, mais la patte Radiohead est là. L’album a très bien survécu à l’épreuve du temps et...

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Mark Lanegan va de nouveau enfiler son costume de Dark Mark

Publié par le 30 septembre 2020 dans News | 0 commentaire

Mark Lanegan va de nouveau enfiler son costume de Dark Mark

On lui avait demandé en interview l’an passé si Dark Mark avait laissé la place à un Mark plus lumineux et apaisé. C’était évidemment avant de lire son autobiographie et d’écouter son dernier album Straight Songs of Sorrow, sorti peu avant l’été… On apprend même que le “vrai” Dark Mark, pseudonyme utilisé pour sortir en 2012 le superbe EP Dark Mark Does Christmas, allait effectuer son retour le 4 décembre prochain avec l’album Dark Mark Does Christmas 2020. Le disque reprendra les cinq morceaux présents initialement sur l’EP (notamment “Burn The Flames”, reprise de Roky Erickson) et en contiendra cinq supplémentaires. Parmi les dix titres, une nouvelle reprise : celle des Everly Brothers, “Christmas Eve Can Kill You”. Tous nos articles sur Mark Lanegan (chroniques, interviews, live...

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Interview – Bob Mould

Publié par le 29 septembre 2020 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Bob Mould

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter Bob Mould. Le chanteur-guitariste, figure du punk hardcore et de l’indie rock au sens large, va sur ses 60 ans et ne s’est toujours pas assagi. Il semble même plus en colère que jamais sur le tonitruant Blue Hearts, 15e album sous son propre nom, qui débarque dans un contexte social brûlant à seulement deux mois des élections présidentielles américaines, qu’il nous avoue redouter particulièrement. Car oui, l’ancien leader de Hüsker Dü et Sugar nous parle ici autant de sociopolitique que de musique, avec une extrême gentillesse et une verve intacte. “J’incite mes collègues à prendre position. (…) Pour que le changement se produise, il faut que nous fassions tous de lourds sacrifices ! Donc tant pis, s’il faut perdre la moitié de votre public ou de vos voitures de course, ce ne sont pas que des mots, il faut tous être prêts à faire des sacrifices pour un monde bien meilleur.” © Blake Little Blue Hearts est un disque beaucoup plus agressif que son prédécesseur Sunshine Rock. Qu’est-ce qui t’a poussé à revenir à un son aussi brut ? Tu souhaitais faire autant de bruit avec ta guitare qu’avec les mots forts employés dans tes textes ?Ça s’est simplement fait comme ça. Il faut dire qu’« American Crisis », le premier morceau qu’on a dévoilé en clip, datait d’il y a deux ans. Il était à l’origine prévu pour Sunshine Rock mais on le trouvait un peu trop lourd pour un disque qui se voulait joyeux. J’avais donc ce morceau. Et puis, l’an passé, en septembre et octobre, j’étais à Berlin et je me suis remis à jouer beaucoup de guitare, j’ai fait beaucoup de concerts en Europe, ça redevenait sauvage ! Je suis retourné à San Francisco fin novembre, j’y suis encore aujourd’hui. Il y avait beaucoup de colère, un pays très divisé… Et comme j’avais déjà « American Crisis », j’ai décidé d’écrire des textes dans le même ordre d’idées pour certains morceaux. Au mois de janvier, j’ai fait beaucoup de concerts solos aux Etats-Unis, j’ai joué plusieurs nouveaux morceaux, je parlais au public, de politique, de ma propre vie, de mes opinions… Les nouveaux morceaux ont été très bien accueillis, les gens m’en parlaient après les concerts, ils étaient très excités que j’aille dans cette direction. J’ai fait trois semaines de concerts en janvier. Puis à Chicago, j’ai retrouvé les membres du groupe, Jon Wunster (NdR : le batteur) et Jason Narducy (NdR : le bassiste), et on a passé quelques semaines à faire ce disque. On souhaitait faire un disque « punk rock », à défaut d’un meilleur terme, quelque chose de très brut et agressif, sans faire beaucoup de retouches en studio. Les morceaux sont quasiment tels que nous les avons enregistrés. Et je crois que c’est une réussite ! (Rires) Ça a très bien fonctionné. Voilà à peu près comment ça s’est déroulé. Évidemment, les temps sont durs en ce moment, il se passe beaucoup de choses dans le monde, j’avais donc beaucoup de préoccupations. Et puis, ce n’est pas la première fois que je fais ce genre de musique ! (Rires) Tu as cependant choisi d’ouvrir et de conclure l’album par des ballades. Tu souhaitais faire une entrée en douceur avant de mettre la gomme ?Tu connais le...

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Un second album de Goat Girl en janvier. Extrait en écoute

Publié par le 29 septembre 2020 dans News | 0 commentaire

Un second album de Goat Girl en janvier. Extrait en écoute

© Holly Whitaker On avait été vraiment emballé par le premier album sans titre de Goat Girl, sorti en 2018. On se réjouit donc du retour du quatuor britannique le 29 janvier prochain avec On All Fours chez Rough Trade. On est toutefois un peu inquiet, non pas en raison de la présence de Dan Carey (Kate Tempest, black midi, Franz Ferdinand…) à la production ou d’un discours qu’on nous promet “affiné sur l’injustice dans le monde et les inégalités sociales” mais parce que ce premier single “Sad Cowboy” semble avoir relégué les guitares au second plan au détriment des synthés (et on a encore le souvenir douloureux du revirement comparable qu’avait opéré Moaning sur Uneasy Laughter). Après, on ne demande qu’à être agréablement surpris. Tous nos articles sur Goat...

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Thurston Moore – By The Fire

Publié par le 25 septembre 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Thurston Moore – By The Fire

(Daydream Library Series, 25 septembre 2020) Sonic Youth n’existe plus depuis 2011 et pourtant, on n’aura jamais autant parlé de ses membres depuis un an. J’en viendrais presque à me demander si ce split n’est pas une bénédiction pour tout les fans du groupe. Et oui ! Kim Gordon a publié un album solo excellent (No Home Record), et elle a été très active dans la campagne de Bernie Sanders pour la présidentielle américaine. Lee Ranaldo s’est associé à l’espagnol Raul Refree pour un album plutôt étonnant, Names Of North End Women. Et voici donc que Thurston Moore déboule avec son petit dernier, By The Fire, toujours accompagné à la batterie du fidèle Steve Shelley, de Deb Googe (ex-My Bloody Valentine, à la basse), de James Sedwards, Jon Leidecker et Radieux Radio sur la plupart des lyrics. Son 6e album solo, le 4e depuis la fin de la jeunesse sonique, soit le rythme de croisière habituel de feu mes new-yorkais préférés. Déjà, saluons la longévité du fringant Thurston, 62 ans au compteur, toujours pas rassasié d’expériences musicales !  Avant de commencer l’écoute, j’ai pu constater, manie de geek oblige avant chaque découverte, que le tracklisting présente 4 titres (sur 9) qui dépassent allègrement la dizaine de minutes. Aucune garantie évidemment sur la qualité des titres pour un artiste lambda, mais un bon indice quand même quand le guitariste en chef se prénomme Thurston Moore. Ça va triturer de la Jazzmaster. Ce qui reste troublant et intéressant à la fois, c’est de voir comment et à quel point Thurston Moore s’éloigne (ou pas) de l’ombre de Sonic Youth sur ce nouveau disque. Kim Gordon et Lee Ranaldo ont clairement proposé un pas de côté sur leurs derniers efforts solo, et pas un projet passéiste de vieux briscard en mal d’inspiration. Thurston Moore a déjà prouvé qu’il n’était pas à une surprise près (son album solo acoustique Trees Outside The Academy) ou qu’il pouvait carrément approcher les cimes côtoyées par son ancien groupe (ah ce « Grace Lake » sur The Best Day !). Alors ?  Dès « Hashish » en ouverture, on se retrouve en terrain connu. Tellement familier (flagrant dès le début du chant) que ça nous renvoie illico au « Sunday » de A Thousand Leaves, soit un très bon single sur un très bon album de Sonic Youth. Y’a pire pour ouvrir un album ! « Cantaloupe », le titre le plus court, et sa rythmique rugueuse nous rappelle aussi vaguement les 90’s (« Sugar Kane » ?), mais la surprise est de taille quand un pur solo 70’s sort de nulle part ! Wow ! Bonne entame donc et fan service spécial jeunesse sonique sur ces deux premiers titres envoyés en éclaireurs avant la sortie du disque. Les presque 11 minutes de « Breath » vont élever encore le niveau, pour un des 4 gros titres de l’album. Intro élégante qui n’aurait pas fait tâche sur Daydream Nation, puis ça s’anime sérieusement, les guitares sprintent derrière la batterie. Couplet sur une ligne de basse entêtante, ça groove, puis ça divague tranquille, et retour des guitares cavaleuses. Et puisque c’est bon, on refait un tour ! Plus la minute d’outro noisy pour emballer le tout ! En fait, ça passe vite 11 minutes. Ca tombe bien puisque les 12 minutes de « Siren » sont déjà là. La patte mélodique est intacte, ce son si particulier, presque intemporel, sans fioritures...

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