Zarboth – There’s No Devils at All, it’s Just the System (NATO)

Publié par le 28 novembre 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

zarbZarboth, un curieux nom pour une curieuse invention. À sa tête, Etienne Gaillochet, chanteur-batteur de We Insist! et Phil Reptil, guitariste de La Théorie Du Reptile. There’s No Devils at All, it’s Just the System clame un petit chat mécontent sur la pochette de ce troisième album. Et il faut s’accrocher et se tenir prêt avant de le coller dans ses oreilles.

On trouve beaucoup de choses dans ce disque. Influences jazz, noise, math rock… Rap aussi avec la venue de l’irlandais Macdara Smith qui se montre à la hauteur de la « folie » instrumentale présentée ici (« Come Give Me The Things (I Need For My Journey) » où le rap cadencé côtoie la poésie habitée, avec allusion au Remain In Light des Talking Heads en option). « Fetch This Kelp » ou « Downfall » flirtent quand à elles dangereusement, mais plutôt habilement, avec la fusion.

Sur « Popeye » on croirait assister à la rencontre improbable entre Primus, We Insist! (ça c’est moins surprenant) et… Emir Kusturica quand des cuivres décomplexées se pointent en fin de morceau.

Voilà donc un disque foutrement barré, complexe mais qui évite soigneusement de virer à la prise de tête. En cela, le talent d’Etienne Gaillochet pour nous coller des refrains dans la trogne fait encore mouche ici, et fait un bien fou, pour faciliter l’accès à ces puzzles de 7000 pièces (« Black Water », « Popeye »…).

On n’adhère pas forcément à tout (« Oatmeal », un peu Mike Pattonesque mais sans lui) mais difficile de reprocher à ces deux gaillards de sombrer dans la facilité. Je ne garantis pas que je l’écouterai trois fois par semaine (je tiens tout de même à ma santé mentale et mon équilibre personnel) mais il est évident qu’un petit rappel de temps en temps ne fera pas de mal.

Quand le revival est sur toutes les langues et envahit les platines, Zarboth se fait plaisir, fait fi des modes éphémères et navigue au gré de ses envies, multiples, un peu dingues aussi (qui a dit trop ?). C’est parfois foutraque, c’est très dense, ça questionne, ça surprend. En tout cas ça ne laisse pas de marbre.

JL

Zarboth sera au Petit Bain (Paris) le 16 décembre pour sa Release Party.

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