Wonderflu – Call It Monster EP (Influenza)

Publié par le 17 décembre 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

call itLa fin d’année, c’est toujours une galère pour un critique de musique, aussi amateur soit-il. Quand vient décembre, il y a toujours un rédacteur, aussi amateur soit-il, ou un sujet sur un forum, ou un pote, pour rappeler que l’année arrive à son terme comme une femme enceinte et que ce serait sympa d’avoir un top pour marquer le coup. Et ça, c’est vraiment un moment pénible.

Certes, il y aura toujours les vaillants, les prétentieux, les adeptes du « c’est moi qui ai la plus grosse« , pour pondre des tops déjà préparés depuis mi-septembre, et qui prétendent qu’ils n’auront jamais la place pour rentrer toutes les découvertes qui les ont percutés de plein fouet cette année, comme s’ils découvraient chaque semaine des merveilles musicales qu’ils continueront d’écouter de nombreuses années et dont ils vous reparleront dans dix ans, la larme à l’oeil, en disant « quand même 2015, quelle année !« . De l’autre côté du spectre, il y a les fainéants, les insatisfaits, les ayatollahs, aux yeux desquels les nouveautés ne trouvent que rarement grâce, ou qui vont devoir gratter le fond de leur maigre cervelle pour se rappeler ne serait-ce que 3 albums qu’ils ont écouté et apprécié cette année.

Et pour tourmenter tous ceux-là, il y a les groupes, dont les pires sont ceux qui n’hésitent pas à sortir leurs albums en décembre. Surtout quand le groupe s’appelle Wonderflu, et que son dernier disque vient donner à votre top de fin d’année, durement monté et dont on aimerait vite se débarrasser, un grand coup de latte sadique. Du genre « tiens, tu pensais avoir bien ordonné tout ça, et ben dans tes dents, tu vas devoir faire avec Call It Monster, maintenant ! »
Les salopards. Il y aurait vraiment de quoi les détester si ce Call It Monster n’était pas gorgé (du haut de sa vingtaine de minutes, n’abusons pas) de pépites indé plus accrocheuses tu meurs. Un grand coup dans la face qui nous ramène à la première écoute de leur EP No End In Sight et de son tube « Fine Now ». Rien que ça. C’est que « Get Down » en est un digne successeur, et que les deux titres suivants, « Fail » et « Life Vest Under Your Seat » sont tout aussi addictifs ; certes, le double EP précédent avait aussi ses instantanés (« Motorcycle », par exemple), mais il fallait plus de temps pour bien rentrer dedans. Là, on a frénétiquement envie d’appuyer sur repeat à chaque piste, ce qui est un peu gênant pour l’écoute, mais plutôt bon signe en soi. Bon allez, j’aime moins « Machines », mais c’est vraiment parce que j’aime trop les autres.

Encore une fois, on retrouve dans leur musique des effluves de ce qui se faisait de mieux dans les années 90 et 2000, des vrais morceaux de Pixies, Breeders (et non, c’est pas pareil) ou Dinosaur Jr dedans, mais mélangés avec une recette originale. Encore une fois, la pochette est signée Halfbob, et a dû beaucoup plaire aux footeux du groupe. Encore une fois, l’EP est une réussite.

Voilà le genre de disque qui vous fout en l’air un top de fin d’année. Le genre de groupe, aussi amateur soit-il, dont on a juste envie de dire du bien. On parie que dans 10 ans, si vous me croisez, je vous en parle avec la larme à l’oeil en disant « quand même, Call It Monster, quel EP ! »

 

BCG
 

 

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