Wild Raccoon – Mount Break (Howlin Banana)

Publié par le 30 juin 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

wild_raccoon_mount_breakLe sable (californien ?) nous brûle les pieds, les guitares vont et se retirent doucement au même rythme que les vagues. « Next Summer ». Voici comment nous souhaite la bienvenue ce raton sauvage, une des dernières trouvailles du « label français qui monte », Howlin Banana, déjà responsable entre autres de Volage et The Madcaps.

Celui-là vient de Lille et fait tout tout seul. Sur scène ou dans sa cave, peu importe. Batterie au pied, guitares, basse, chant. Enregistré homemade, avec la touche lo-fi qui va bien mais qui n’oublie pas de bastonner. Car cette intro de « Next Summer » est trompeuse. Wild Raccoon aime bercer son auditeur, le caresser dans le sens du poil mais c’est pour mieux le faire sursauter de son siège, lui faire déchausser ses tongs lorsque surviennent de soudaines bourrasques électriques (« I Said We Said We Said », « Fuck Fuck The Bankers »).

Cette pop garage mâtinée de surf est d’abord agréable. Juste agréable lors des premières écoutes distraites. Mais elle se révèle finalement bien plus riche et variée qu’elle n’y parait (il y a même une sitar qui pointe le bout de ses cordes à la fin de l’explosive « Rain Drops »).

Et ce, même si ce jeune homme qui fuck les banquiers et qui, de son propre aveu « aime niquer », ne se prend guère au sérieux (l’euphorisante « Montreal Gets The Blues » et son « i’d like to make love with yououou », « Weapon Of Love » avec une femme excédée qui beugle des insanités « t’as des boutons plein le cul, espèce de gros bâtard », « Wild Animal Rising » et sa succession de prononciations de « the » à la Jean-Pierre Bacri, ou ce « because we act like fucking cocks » qui précède des rafales de grattes noyées sous une tonne de fuzz !).

Symbole de la spontanéité et de la fraicheur qui animent ce disque, le conclusif « Fries N Chocolate » guidée par une basse obsédante et une batterie métronomique, s’offre 11 minutes aventureuses garnies à souhait de fuzz et reverb, pour un final psyché explosif et bien plus goûtu que ne le laissait supposer l’écœurante recette annoncée.

Mount Break est donc la première oeuvre jubilatoire du facétieux raton sauvage qui jusqu’ici s’éclatait tout seul dans son coin et qui, finalement apprivoisé par Howlin Banana, a décidé de nous faire partager son délire. C’eût été vraiment dommage pour nous, pour la France, pour le rock qu’il reste reclus à faire le spectacle épisodiquement à l’attention de quelques privilégiés…

 

JL

 

Amis parisiens, Wild Raccoon se produira aux Nautes sur les quais de Seine le 8 juillet lors du Psychotic Reaction Fest avec Cheap Riot et Porno Cop-Porno Cub (entrée 5 €). The Madcaps y joueront le lendemain.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :