Walking Papers – WP2

Publié par le 6 février 2018 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(Loud & Proud, 2018)

La renommée de Walking Papers en France étant somme toute modérée malgré son casting luxueux, ce serait mentir que de dire que ce disque était plus qu’attendu. Il l’était, par moi en tout cas, tant sa sortie s’est faite désirer.

Il y a quatre ans (déjà !), ce supergroupe de Seattle rassemblant Barrett Martin (Screaming Trees, Mad Season, Tuatara), Duff McKagan (Guns’nRoses), Jeff Angell et Ben Anderson (The Missionary Position) nous avait particulièrement séduit avec ses compos blues/grunge, beaucoup plus dans l’esprit 90s que dans les gros sabots Guns’N’Rosiens. Ouf ! Il révélait en outre Jeff Angell, chanteur au registre assez large et à la voix éraillée juste ce qu’il faut pour lui conférer un charisme certain.

En 2018 donc, alors qu’on osait à peine l’espérer, Walking Papers revient et, dans un premier temps du moins, Walking Papers déçoit.

Car le début d’album est un peu plan plan et peine à nous embarquer complètement : le riff de “My Luck Pushed Back” sent le réchauffé à plein nez, “Death On The Lips” est un single efficace à défaut d’être dévastateur… Mais n’enterrons point ces vieux ours avant de les avoir entendus.
À y écouter de plus près, ce WP2 dispose tout de même de vrais bons moments (la superbe ballade, même si un brin cheesy, “Red And White”, la gonflée aux hormones “Somebody Else”). Mais, comme souvent, quand la sortie d’un disque est maintes fois repoussée, les attentes sont élevées et difficiles à combler. Le syndrome du “tout ça pour ça“.

Si WP2 n’est certainement pas un mauvais disque, on regrette tout de même cet aspect un peu trop propret (“Yours Completely”) et un manque d’audace et d’imagination parfois criants (“Hard To Look Away” qui montre les muscles mais délaisse la finesse). Sur quelques ballades, Angell tire son épingle du jeu (“Don’t Owe Me Nothin'”) mais globalement la production gagne en épaisseur ce qu’elle fait perdre en spontanéité à l’album (“Before You Arrived” aussi puissant mélodiquement que lourdaud quand le synthé vient appuyer chaque parcelle du refrain) et la durée non négligeable du disque (plus d’une heure) se transforme vite en inconvénient.

Auteur de quelques prestations mémorables en 2014, Walking Papers sera certainement à ne pas manquer s’il pointe le bout de son nez sur scène et on ne doute pas un instant que certains morceaux s’intégreront parfaitement dans la nouvelle setlist. D’ici là, on risque de se réécouter plus volontiers le premier album qui reste un cran au-dessus de ce successeur.

JL

 

LIRE L’INTERVIEW DE WALKING PAPERS

LIRE L’INTERVIEW DE BARRETT MARTIN

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