Ventura – Ultima Necat (Africantape)

Publié par le 15 avril 2013 dans Chroniques, Incontournables | 2 commentaires

Ventura-Ultima-NecatIl est des découvertes, parfois fortuites, qui laissent des traces. Celle de Ventura s’est faite par l’intermédiaire de Clément, bassiste des Sons Of Frida, qui lors de notre interview nous assurait que leur dernier album avait l’air bien bon, à l’image du dernier qui je cite « (l)’avait tué ». Et là c’est ce moment gênant où tu fais oui de la tête et intérieurement tu penses « putain je connais pas ça, faudra que j’écoute en rentrant. »

Aujourd’hui j’ai juste envie de dire une chose : MERCI Clément ! Car ce groupe, maintenant que je l’ai découvert, je ne suis pas prêt de le lâcher.

Petite présentation d’abord avant d’en venir au contenu d’Ultima Necat, leur 3ème album : Ventura est un trio venu de Lausanne (Suisse), formé en 2003 par les anciens membres de Marvel, Iscariote et Illford. Le groupe est signé sur Africantape, label français qui monte (Papier Tigre, Electric Electric, Marvin) et qui fête ses cinq ans d’existence avec une tournée sur les routes européennes.

« About To Despair » fait figure d’intro, de signe avant-coureur qu’une tempête va bientôt s’abattre sur nos oreilles.

Mais on a beau être prévenu, l’impact est quand même sacrément dévastateur. Ventura délivre un rock dur, sombre avec des envolées noise faramineuses mais ne perd jamais de vue l’importance de la mélodie. Car cet album dégage une force mélodique ahurissante.

L’enchaînement « Little Wolf », « Nothing Else Mattered » (tube immédiat), « Body Language » nous cloue sur place, d’emblée. Ces morceaux sont puissants, d’une intensité presque flippante mais sont avant toute chose BEAUX. Oui merveilleusement beaux et addictifs.

Le mérite en revient également au chanteur Philippe qui, alors que s’abat sur lui un mur de guitares comme autant de coups de poignards, fait preuve d’un calme froid (« Intruder », « Corinne » ou la très shoegaze « Exquisite And Subtle ») là où beaucoup se seraient barrés en courant ou auraient hurlé comme des demeurés pour se faire entendre. Et ce contraste saisissant est pour beaucoup dans l’efficacité diabolique de cette succession de bombes.

Il y a ça et aussi une production aux petits oignons signée Pierre Morattel. Car il faut être foutrement doué pour parvenir à faire cohabiter tout ce boucan en conservant une cohérence et une clarté de tous les instants.

Et pour ne rien gâcher, le groupe maîtrise à la perfection les changements de rythme. On passe régulièrement du calme plat aux montées vertigineuses, accélérations foudroyantes, pour finir dans un déluge sonore purement jouissif. Démonstration ultime avec la monumentale « Amputee » (près de 12 minutes) qui pose d’abord le décor avec ses guitares trémolos et ses cymbales en écho. Le temps semble suspendu comme avant que (placer ici le nom de votre joueur de foot préféré) ne s’élance pour tirer le pénalty victorieux en finale de coupe du monde. Et au moment de la frappe, tout explose. Les guitares nous submergent comme un stade en fusion. Le morceau est épique et nous emporte comme une bourrasque. Après ça, il ne restera plus rien.

Seulement un constat cinglant : cet Ultima Necat se pose là déjà en candidat sérieux au titre d’album de l’année.

 

JL

 

Écoutez « Amputee »

2 Commentaires

  1. Culte 🙂

  2. J’aime pas le terme « fan », mais la y’a pas d’autres mots je suis fan de ce groupe, de l’ensemble de leur discographie, et sur scène que dire; juste enormissime . La Suisse c’est pas juste de beaux paysages, une évasion fiscale, c’est bien plus que ça surtout quand tu connais Ventura!

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