Unwound – No Energy (Numerogroup)

Publié par le 1 novembre 2015 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

unwoundChez Exitmusik, on tient à être au plus proche de l’actu. Et en ce moment dans l’actu ça parle pas mal d’une certaine trilogie, j’ai donc décidé d’en faire autant en évoquant un triple coffret qui est venu boucler une trilogie de coffrets tous indispensables et, j’en conviens, un poil plus obscur que celle qui s’apprête à débouler sur nos écrans.

D’abord un cri du coeur : gloire à Numerogroup ! Label qui a eu la brillante idée de réhabiliter Unwound en rééditant tour à tour leurs albums regroupés dans un packaging fort attrayant (préférez évidemment le format vinyle) faisant ainsi la lumière sur chacune des périodes de leur carrière.

Après Kid Is Gone et Rat Conspiracy, le dernier venu, No Energy, regroupe The Future Of What et Repetition, les 4e et 5e albums, sortis respectivement en 1995 et 1996.

Groupe d’Olympia, patelin situé à une centaine de kilomètres de Seattle, et formé en 1991, Unwound avait a priori tout pour faire partie de ces formations qui, en plus d’un talent certain, se sont trouvés au bon endroit au bon moment et ont bénéficié de la hype soudaine du nord-ouest des États-Unis. Il n’en fut rien.

Quand The Future Of What paraît, Cobain n’est plus de ce monde et la horde médiatique a déjà délaissé en partie cette scène qui tangue dangereusement.

Mais Unwound s’en contrefout et continue, toujours à l’écart des projecteurs, mais avec le soutien de ses fidèles. Et une rage et philosophie DIY toujours bien vissées au corps. Certes peu médiatisé, Unwound est tout de même un des étendards du label Kill Rock Stars avec les riot grrrl voisines (d’Olympia donc) Sleater-Kinney. Steve Fisk, l’habitué du grunge est d’ailleurs au mix.

Energie punk (« Demolished » introduit par un « one, two, three, four » de circonstance) alliée à une vraie complexité dans la construction des morceaux, et une noirceur qui colle aux basques. Ces deux albums (et on pourrait englober le suivant, Challenge For A Civilized Society) nous laisse entrevoir un groupe au sommet. Des compositeurs de grand talent passés maitres dans l’art de l’instabilité, les changements de rythme soudain. Tel un footballeur brésilien qui cherche constamment à déstabiliser l’adversaire. Et y parvient aisément.

Ajoutez à cela, des mélodies mémorables entourées d’épaisses couches de bruit et vous aurez une idée de la bonne paire de baffes qui vous attend.

The Future Of What est dans son ensemble plus rugueux et angulaire que son successeur ce qui le rend moins accessible, mais pas moins intéressant une fois apprivoisé (vous en boufferez du « Natural Disasters » ou du « Discension » et vous chialerez devant la force mélancolique de « Disappoint »).

proportions gardées) par l’histoire. Aucune concession, rien de radio friendly dans tout ça. Unwound se classe plutôt dans la fratrie des Fugazi ou Drive Like Jehu que dans celle de Nirvana malgré un goût commun pour les nuisances sonores.

Repetition est donc un peu plus facilement abordable dans un premier temps tout en étant, mine de rien, plus aventureux.

Sur Repetition, il est des évidences qui sautent aux oreilles immédiatement. Il est évident que la ligne de basse de « Corpse Pose », son dialogue avec la guitare sont totalement imparables. Aucun débat possible, putain de morceau. Évidence toujours le riff sec à la Gang Of Four de « Unauthorized Biography ». Pas besoin de tergiverser 107 ans non plus pour réaliser que « Lady Elect » est un superbe morceau (un peu dans la lignée de « Disappoint » d’ailleurs) avec un Justin Trosper sur la retenue au chant et une guitare qui t’embarque de force dans un univers froid et triste peuplé de souvenirs poignants.

Nous parlions d’aventure. Aventure il y a dans la composition du trippant morceau dub « Sensible » où le tempo redescend, où les vapeurs de fumée s’exhalent et où la place est faite (encore un peu plus) au duo basse-batterie. Un morceau qu’on aurait difficilement pu imaginer sur les tracklists des albums précédents et qui ici fait bonne figure.

Le riff obsédant et bien punky de « Take A Trip To Dallas And Turn Left » ne débouche finalement pas sur grand chose d’autre qu’un sacré bordel… enfin si, il débouche sur l’exceptionnel « For Your Entertainment » et son refrain éjaculatoire (je viens d’inventer ce terme dans l’euphorie du moment mais vous m’avez compris). Eeeenteeeertaaainment ! Excellent divertissement en effet qui trouve ici une fin parfaite.

En complément de ces deux albums majeurs, de la démo, des versions alternatives et un excellent inédit (« Seen Not Heard ») pour combler totalement ceux qui oseraient en réclamer davantage.

Si vous ne connaissiez pas Unwound, vous avez désormais deux options : soit vous continuez votre vie normale comme si de rien n’était ignorant superbement mes bons conseils, soit vous vous ruez demain à la première heure chez votre disquaire pour vous procurer cette merveille et vous offrir ainsi une vie meilleure. Cela ne tient qu’à vous, je vous aurais prévenu.

 

JL
 
 

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