Tricky – Adrian Thaws (!K7)

Publié par le 6 octobre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

tricky-adrian-thawsLe coup de l’artiste qui nomme son album par son « vrai » patronyme, Eels nous l’a fait récemment et ça nous a quelque peu échaudé. On attendait donc Adrian Thaws avec circonspection. Pitié, pas un chiantissime recueil d’apitoiement sur son sort. Non ce n’en est pas un. Ouf.

« Where’s the fun now ? » se demande Adrian dans un premier titre sombre et réussi (« Sun Down »). Fun, Tricky ne l’est pas devenu du jour au lendemain mais il est toujours aussi barré et atypique… comme sa musique.

Tricky avait annoncé qu’il allait surprendre son monde. Il a en partie tenu parole. En partie seulement car par certains aspects, Adrian Thaws est un album de Tricky « comme les autres ».

Comme d’habitude, Monsieur Thaws s’est bien entouré de demoiselles à jolie voix. Ce qui donne quelques vrais bons morceaux comme « I Had A Dream », très beau duo entre la belle Francesca Belmonte et la bête Tricky… Une Francesco Belmonte qui tire également son épingle du jeu sur « Something In The Way ». Rien à voir avec le morceau de Nirvana, si ce n’est son côté calme et reposant.

En revanche, le titre qui suit (« Keep Me In Your Shake ») a beaucoup à voir avec Alice In Chains puisqu’il reprend le riff de guitare acoustique de « Heaven Beside You ». Difficile de faire un mauvais morceau quand on part d’une telle base. Difficile de faire oublier l’original aussi.

Mais il serait malhonnête de réduire ce disque à une livraison trip hop purement « Trickesque », ce dernier propose  ici un reggae pas désagréable (« Silly Games », reprise de Janet Kay), là un titre

sautillant (« Right Here », beat imposant, samples barrés et sonorités funky presque Daft Punkiennes). Il arrive même que Tricky se fâche et nous ravisse. Mention spéciale au percutant « Gangster Chronicle », entre sirènes de police et sample de Massive Attack, le tout bien épicé par une Bella Gotti remontée comme une pendule (la dame devait avoir des posters de Zack de la Rocha dans sa chambre…). Dans le registre énervé, toujours, Tricky ose un « trip to Gaza » sur « My Palestine Girl » et affronte les bombardements (passages bien noisy dans l’esprit Dalek) dans la roue d’une basse tout terrain.

Bref Tricky ne se contente pas de faire ce qu’il sait faire de mieux, il explore… quitte à se vautrer parfois (« Why Don’t You », beaucoup de bruit pour pas grand chose, « Nicotine Love » un rien putassière).

Il est indéniable que cet album est varié, qu’il comporte de vraies réussites mais il manque finalement d’homogénéité pour rivaliser face aux meilleurs Tricky. Avec un tel artiste, on a le droit de se montrer exigeant. Et insatisfait quand le monsieur nous sert un verre à moitié vide.

JL

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