Trentemøller – Lost (In My Room.)

Publié par le 24 octobre 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

trentmollerJe suis un peu fâché avec l’électro ces derniers temps. Je ne me suis pas penché sur beaucoup de sorties du genre cette année et quand ce fut le cas je n’ai guère été enthousiasmé (Daft PunkBonoboKavinsky). Il y a bien eu un Tricky plus que correct et un Fuck Buttons très intéressant mais le bilan (le mien en tout cas) est assez maigre.

Ce troisième album du DJ danois se présentait donc comme une belle occasion de redresser la barre. Mais des doutes subsistaient. Car après un premier album brillant (The Last Resort, 2006), flirtant entre électro, trip hop et dub, le garçon avait quelque peu décontenancé avec un second effort (Into The Great Wide Yonder, 2010) aux orientations pop plus marquées.

Ici Trentemøller renouvelle l’expérience en variant les plaisirs et en invitant notamment plusieurs voix à venir se poser sur sa musique. Un mariage qui bien souvent fonctionne à merveille. Le garçon a du talent et sait mettre en valeur celui des autres. Ainsi la superbe ouverture en apesanteur (« The Dream ») permet à Low de se distinguer et à l’auditeur de partir pour un beau voyage. Même constat sur les remarquables mélodies qui ornent « Gravity » (avec Jana Hunter de Lower Dens) et « Come Undone » sur laquelle Kazu Makino parvient également à tirer son épingle du jeu. On n’oubliera surtout pas de citer le merveilleux single « Candy Tongue » avec la voix envoûtante de Marie Fisker. Montée en puissance progressive, véritable bijou d’intensité et d’émotion.

Dans un tout autre registre, les beats percutants et la techno froide de « Still On Fire » et « Trails » (dont les claviers endiablés renvoient à Aphex Twin) constituent également des sommets de cet album. Et on se demande bien alors ce qui peut empêcher le DJ danois de poursuivre son récital.

Finalement la réponse ne tarde pas, elle est symbolisée par deux-trois titres très moyens qui font franchement pâle figure aux côtés des perles citées précédemment. Les coupables se nomment « Never Stop Running » (morceau pompeux au possible qui ferait passer U2 pour un groupe farouchement indé) et « River Of Life » (pas dénué d’intérêt avec son refrain à la My Bloody Valentine mais dont les synthés criards et basses trop tapageuses nous font saigner les oreilles : ou quand le pire de New Order rencontre « The Walk » de Cure). Deux titres qui se suivent à mi-album et marquent un méchant coup d’arrêt. Deux titres que vous aurez tôt fait de zapper systématiquement sous peine de dégrader à petit feu votre santé mentale.

Un peu plus loin, l’agaçante « Constantinople » vient également ternir le bilan mais elle est ici noyée entre les très bons « Deceive » (morceau bien pêchu où se distingue Sune Rose Wagner, une des deux Raveonettes) et le conclusif « Hazed », incroyable voyage dans un univers mystérieux et fascinant grâce auquel nous sommes Lost pour de bon.

Quand beaucoup déçoivent pour leur frilosité, Trentemøller paye son intrépidité, son désir d’explorer plusieurs univers dont certains qu’il maîtrise moins. On lui pardonne volontiers car hormis quelques couacs fâcheux c’est encore un très bel album que nous livre le danois prouvant ainsi qu’il fait incontestablement partie de ceux qui comptent dans le monde de l’électro.

JL

Regardez le clip de « Candy Tongue »

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :