Tomahawk – Oddfellows (Ipecac)

Publié par le 23 janvier 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

tomahawkLe retour de Faith No More, tant espéré par les fans dont je fais partie, a récemment pris du plomb dans l’aile. Mike Patton a en effet émis de sérieuses réserves à ce sujet, de peur de décevoir ou selon ses termes de « recouvrir de merde » leur discographie comme certains groupes l’ont fait en se reformant.

En attendant un hypothétique come-back de la formation légendaire, Tomahawk remet le couvert avec un quatrième album, plus de cinq ans après Anonymous qui avait du mal à tenir la comparaison face à son prédécesseur, le remarquable Mit Gas.

Et cet album débute bien avec le titre éponyme, foutrement bien troussé, au riff entêtant et où l’on retrouve un Mike Patton au top. Le contraire eût été étonnant.

Pour le reste, il y a du très bon et du correct sur cet album. Parfois au sein du même morceau. À l’image de « Stone Letter » au groove fort plaisant de prime abord mais au refrain un peu facile qui vient gâcher la bonne impression initiale. On a connu Patton plus inspiré et surtout plus audacieux. Constat similaire sur « South Paw ». Il est regrettable qu’un mec capable de folles excentricités nous torchent quelques morceaux qui sonnent un peu simplistes.

Le percutant « White Hats/ Black Hats », s’il n’est pas non plus d’une originalité folle, nous titille agréablement l’oreille, s’appuyant sur un coté primitif qui n’est pas pour nous déplaire.

On le sait, Tomahawk est plus accessible que Mr Bungle, projet déjanté dans lequel Patton laissait libre court à sa folie pour un résultat aussi perturbant que fascinant. C’est tout à fait compréhensible dans la mesure où on parle ici d’un super groupe avec quatre fortes personnalités issues de formations reconnues : outre Mike Patton, son vieil acolyte Trevor Dunn (Melvins, Fantômas, Mr Bungle) à la basse, Duane Denison (Jesus Lizard) à la guitare, Jon Stanier (Helmet, Battles) à la batterie.

Mais on ne peut s’empêcher, connaissant le parcours du bonhomme, et sachant qu’il est très bien entouré, d’être exigeant, d’attendre qu’ils se démarquent de la masse, d’où ce léger bémol sur une partie de l’album. Mais rassurez-vous ils y parviennent parfois, tissant des atmosphères bizarres très « Pattoniennes » comme sur l’excellent « Rise Up Dirty Waters », qui rappelle certains délires de Mr Bungle, avec son intro jazzy et ses accélérations fulgurantes, ou sur « I Can Almost See Them » et « Baby Let’s Play » (ambiance déroutante, bruitages incongrus…). « The Quiet Few » vaut également le détour, toujours dans un registre expérimental, clairement le domaine où le quatuor excelle.

Évidemment, au chant, l’ami Mike fait des siennes avec son répertoire habituel constitué de gimmicks, murmures, gémissements, voix flippantes… À la batterie John Steiner se fait également remarquer avec un jeu très varié et toujours inspiré.

L’album se termine sur un « Typhoon » coup de poing au rythme tendu et saccadé.

Un bon album donc, mais qui nous laisse quand même un léger goût d’inachevé, les quelques fausses notes venant quelque peu ternir l’ensemble. Or au vu de la qualité de certains morceaux, dotés d’un grain de folie fort à-propos, on aurait aimé que l’album entier soit aussi fouillé.

Mais on se doit quand même de saluer des groupes comme Tomahawk pour leur talent et leur inventivité. Et espérer qu’au prochain coup on ait le droit au coup de maître dont ils sont assurément capables.

 

JL

 

Écoutez « Rise Up Dirty Waters »

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