Thee Oh Sees @ La Cigale (Paris), 14/09/16

Publié par le 26 septembre 2016 dans Live reports | 0 commentaire

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Les Oh Sees sont devenus hype, c’est un fait. Ceux qui les suivent depuis le début doivent éprouver une pointe de fierté (ou d’amertume, c’est selon) à les voir truster l’affiche d’une salle de la dimension de La Cigale. 950 personnes quand même. Pour un concert de garage qui sue à grosses gouttes ça commence à faire. Ça doit bien faire marrer John Dwyer aussi.

Remarquez on ne peut pas dire qu’il se soit ménagé pour en arriver là. 11 albums en 8 ans, il n’y a guère que son pote Ty Segall (l’autre éminent représentant du « renouveau de la scène californienne » comme on peut le lire partout dans les magazines rock importants) pour rivaliser. Ce même Segall qui avait lui aussi rempli la Cigale il y a 2 ans. Et d’ailleurs en y songeant à nouveau, on avait un peu vécu le même type de soirée.

En clair, dans les deux cas : on a perdu 14 litres de sueur, reçu à peu près autant de litres de bières sur la tronche, on a sacrément rigolé et à la fin on s’est dit « putain, ça c’est ce que j’appelle un bon gros concert de ROCK« .

On a cru apercevoir ce bon vieux Philippe Manoeuvre juste derrière nous avant le concert mais ce n’était qu’un vulgaire sosie : Philman en a vu d’autres mais maintenant il prend soin de ses vestes en cuir. Non mais. Ça c’est pour l’anecdote (qui sert à rien, certes).

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Thee Oh Sees donc. Deux batteurs désormais et c’est pas vraiment pour la déco car les bougres font un boucan de tous les diables et accaparent presqu’autant notre attention que ce bon vieux John Dwyer au style inimitable (pour ceux qui voient pas le tableau, guitare remontée juste en dessous du cou, micro quasiment gobé et gesticulations incessantes). Energie féroce et puissance dévastatrice, ces gars-là sout sauf des petites frappes.

Ouverture rêvée avec « The Dream ». Pour le jeu de mot on repassera mais pour nous mettre dans le bain il n’y avait pas mieux. Le feu en quelques secondes. « The Dream », ça devrait être ça obligatoirement : ouverture ou clôture de concert.

IMG_0005Le ton est donc donné d’entrée et on ne va jamais redescendre de cette douce euphorie qui s’est emparée de nous. Un concert des Oh Sees c’est toujours pareil : ça hurle, ça joue vite, fort et bien. Dans le public, d’énormes pogos s’enchaînent et la scène est envahie constamment. Au grand dam d’une sécurité qui fait ce qu’elle peut mais a bien du mal à contenir un tel enthousiasme.

Sans grande surprise, les morceaux du dernier album sont ceux qui envoient le bois (« Plastic Plant », « Ticklish Warrior »), on pourrait déplorer cet « oubli » d’escapades plus déroutantes mais encore une fois l’ambiance et l’énergie sont telles que le choix de ne jamais laisser redesendre l’excitation est largement compréhensible voire justifié.

Finalement c’est contraint et forcé, après avoir été lâché par sa guitare qu’il a sans doute trop fait souffrir, que Dwyer s’autorise une longue déviation kraut le nez sur ses claviers, et s’appuyant sur sa section rythmique admirable durant une interminablement bonne « Contraption/Soul Desert »… Les deux brutes décrites précédemment savent aussi caresser le fût délicatement et auraient sans doute pu maintenir le rythme 20 minutes de plus. Mais Dwyer est un homme pressé.

Les horaires annoncés promettaient 1h45 de concert. On trouvait ça un peu gros, on n’avait pas tort. L’affaire est pliée en un peu plus d’une heure mais personne n’osera s’en plaindre. De toutes façons tout le monde est rincé. Comme après une série de shots de whisky bien corsés qui nous laissent tout chancelants à l’arrivée. Philippe Manoeuvre aurait dû venir.

JL

Photos Alain Dutertre

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