The Stone Roses – The Stone Roses (Silvertone)

Publié par le 19 mars 2016 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

the-stone-roses-628Messieurs, dames, vous vous trouvez ici face à un monument de la pop. Vous avez bien réglé votre audioguide dans la langue qui vous convient ? Parfait, on va pouvoir commencer.

Avant de vous rendre dans la première salle, une petite introduction s’impose. Le sujet qui nous intéresse ici, les Stone Roses, nous vient tout droit d’Angleterre. De la fin du 20eme siècle. 1989 pour être précis. Et vous allez voir que même 400 ans plus tard, nous pouvons encore être touchés par la musique d’antan.

Les Stone Roses habitaient la ville de Manchester, désormais engloutie sous les eaux. Plusieurs de leurs contemporains provenaient également de cette ville, au demeurant sans intérêt, et pratiquaient une musique similaire (Happy Mondays, The Inspiral Carpets pour les plus connus d’entre eux). A tel point qu’un terme fut créé pour désigner cette scène : Madchester (jeu de mot avec « mad », la folie). Ce qui les rassemblait ? Une pop aux contours dansants entre funk et house.

Comme vous le savez, suite au terrible big bang de 2172 après Jesus Christ, tous les enregistrements de cette époque ont disparu. C’est fort dommage car d’après les récits retrouvés, il s’agissait là d’un digne représentant d’un certain âge d’or de la musique d’antan. C’est sur ces témoignages d’époque que nous nous sommes basés pour tenter de reproduire fidèlement ce à quoi pouvait ressembler ce disque des Stone Roses.

Avancez désormais dans la première salle qui se trouve devant vous.

Le personnage principal, Ian Brown, y réclame de l’amour. Il est dit qu’il savait mieux que quiconque comment s’y prendre et que son public lui en donnait à foison. Il faut dire que le charme qu’il déployait vocalement était irrésistible. Nul ne parvenait à rester de marbre.

Nous allons voir dans la salle 2 qu’il usait parfois d’artifices un peu plus discutables, car plus clinquants mais non moins attrayants.

Sur votre droite, la salle numéro 3, « Waterfall ». Ceci est une étape importante de cette visite, une des plus mémorables. Nous réalisons ici que l’entourage de Ian Brown était primordial dans son bon équilibre. Et que son acolyte John Squier, à l’aide d’un instrument artisanal d’époque appelé la guitare, lui a permis de mettre en valeur une somptueuse mélopée.

La salle 4 est liée directement à la 3. Il s’agit d’une relecture différente de la pièce précédente. Comme une version rembobinée et quelque peu hallucinée. A cette époque, deux anglais appelés les Chemical Brothers proposaient une musique assez similaire à ce « Don’t Stop ». On pourrait croire que cette étrange relecture est de leur fait. Il n’en est rien.

La cinquième salle bénéficie à son tour d’un esprit léger et gracieux. Aucune contrariété à l’horizon mais au contraire une forte dose d’insouciance. Les Stone Roses étaient souvent portés par cette volonté de donner du plaisir et ils y parvenaient avec une aisance confondante. Confirmation dans la salle suivante, baignée dans une atmosphère similaire.

La chanson « Elisabeth My Dear » que nous avons représenté en salle numéro 6 n’était qu’un court intermède assez minimaliste, comme un air de ménestrel. Si vous me passez l’expression, il semblerait que les gens ne se relevaient pas la nuit pour l’écouter. Poursuivons la visite en salle 7 correspondant à « (Song For) My Sugar Spun Sister ». Il s’agissait semble-t-il d’une très belle mélodie là encore très représentative du savoir-faire de ces anglais. Ils étaient forts.

Nous allons désormais nous attarder plus longuement sur la salle 8, véritable pièce maîtresse de l’album qui nous intéresse ici.

Dans ce cas précis, aucun doute possible, tous les témoignages concordent. « Made Of Stone » était un hymne à la joie. A son écoute, chacun était littéralement plongé dans une douce euphorie. Les gens couraient nus dans la rue, s’embrassaient les uns les autres et oubliaient totalement leurs fondamentaux habituels : la haine de l’autre et la quête effrénée d’enrichissement personnel. Une véritable bouffée d’air dans une vie qui, aux dires de certains, pouvaient être des plus étouffantes. « Sometimes I fantasize when the streets are cold and lonely… » Quel dommage de ne pouvoir mettre la main là-dessus de nos jours…

Sur « Shoot You Down » (salle 9), on retrouvait de délicieuses touches funky comme évoquées précédemment. Tout le charme du son Madchester, mais de façon plus modérée, moins démonstrative.

On approche de la fin de la visite, restez attentifs, nous avons encore trois chansons majeures à aborder. Une véritable communion se produisait à l’écoute de « This Is The One » dont le refrain inoubliable était parfait « à chanter sous la douche, dans les embouteillages ou beurré comme des coings lors d’un mariage« . Il s’agit ici d’une citation extraite du magazine « Exit Musik » qui était semble-t-il la référence absolue dans le domaine de la musique. Précision à prendre avec des pincettes évidemment.

Mais hâtez-vous, il nous reste deux salles à commenter, et non des moindres. La salle numéro 11, tout en haut des 14 marches à gravir en rampant, évoque « I Am The Resurrection », qui initialement clôturait l’album. Une chanson très ambitieuse de plus de huit minutes, dont la mélodie était, une fois encore, de premier choix, et qui s’achevait par un impressionnant jam tout à fait jouissif qui semblait ne jamais vouloir finir. Ce qui n’empêchait pas les auditeurs d’en réclamer davantage.

Et ceux-ci ont finalement été exaucés ultérieurement puisqu’une version enrichie de ce disque a ensuite été publiée avec, en guise de cerise sur le gâteau, le morceau « Fools Gold », succès majeur du groupe. Un morceau très groovy, avec une basse reconnaissable entre mille et une guitare qui ne lésinait pas sur la pédale wah-wah (dont on sait peu de choses hormis qu’elle produisait un son ressemblant à « wah-wah »).

Voilà je crois qu’on a fait le tour de la question, j’espère que ça vous a donné envie d’écouter l’album. De toutes façons, si ce n’est pas le cas ça ne fait rien puisqu’il est désormais introuvable.

Vous pouvez néanmoins vous procurer le magnifique fascicule à la boutique du musée qui vous propose de revivre par écrit, comme si vous y étiez, le premier disque des Stones Roses et laisser ainsi libre cours à votre imagination pour reproduire intérieurement cette musique qui faisait semble-t-il beaucoup de bien aux oreilles.

JL

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