The Lemonheads @ Gibus (Paris), 10/03/19

Publié par le 13 mars 2019 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

© Philippe Midy

Ça aurait pu être le concert de l’année.

En arrivant malheureusement un peu trop tard pour voir le début de la prestation de Karl Larsson de Last Days of April, j’entends dès ma descente des marches qui donnent l’accès au Gibus, dans une ruelle isolée de la rue du Faubourg du Temple, une guitare douce et chaleureuse. Hormis le contraste flagrant entre le décor et la musique, je suis surtout pris d’une hésitation ; serais-je arrivé plus tard que je ne le croyais, tant cette guitare m’évoque celle d’Evan Dando dans ses phases acoustiques ? Heureusement, la voix lève mes doutes, il s’agit bien d’un autre artiste. Néanmoins, la cohérence de la programmation est évidente, on ne peut donc être ni dépaysé, ni déçu, lorsque comme moi on découvre Larsson dans ce contexte et cette configuration.

© Philippe Midy

Ceci dit, c’est bien pour le groupe de Boston que je me suis déplacé, et si la première partie remplit parfaitement son office, je suis impatient de retrouver les Lemonheads qui n’avaient pas joué en France en groupe depuis 2012. Et qui m’avaient un peu laissés sur ma faim, d’ailleurs, puisque le concert s’était terminé de façon abrupte, sans rappel ni explication, car Dando “ne se sentait pas bien” selon le batteur à qui j’avais posé la question pendant qu’il rangeait son matos.

Là, ça débute très bien ; le chanteur prend sa guitare acoustique et s’installe avec Larsson pour entamer une reprise (magnifiquement interprétée) de Last Days Of April. Puis le groupe se joint à eux pour enchainer sur une version électrique, cette fois, de “Down About It”. Alors s’enchainent les titres du groupe, tous excellents, et les reprises, qui ne dépareillent pas vraiment. L’interprétation est sans faille, l’ambiance alterne entre ballades, country électrifiée, pur indie rock et punk sans jamais se déparer de l’identité propre des Lemonheads. C’est vraiment la marque d’un grand groupe, et chaque morceau nous rappelle combien leur répertoire est riche en tueries.

Avec tout ça, pourquoi le conditionnel passé de ma phrase d’introduction ? Et bien, c’est tout le côté frustrant de ce concert. Après un tonitruant “Stove” en groupe et un très touchant “The Outdoor Type” acoustique simplement accompagné de Chris Brokaw (car oui, ce concert était l’occasion de voir deux légendes de l’indie rock des années 90), Dando quitte la scène et un public bouillonnant avec un discret “thank you” pour ne jamais revenir. Et qu’on soit bien clairs, j’étais ravi d’entendre les 21 morceaux qui ont été joués ce soir, et je peux comprendre qu’une tournée de 3 semaines, dont c’était la dernière date, est éprouvante, qu’on puisse se sentir fatigué même quand on est une légende de la musique. Mais quand on ne peut voir un groupe qu’une fois tous les 5 à 10 ans et qu’on se retrouve avec une prestation écourtée, des échanges quasi-inexistants et pas le moindre morceau en rappel, c’est un peu contrariant. Surtout quand c’est la deuxième fois qu’il nous fait le coup. Et c’est d’autant plus rageant que, dans les bons jours, Dando peut jouer une trentaine de morceaux, improviser des reprises parce qu’il a vu un t-shirt cool dans le public et se répandre en anecdotes et blagounettes. Comme le disait Thierry Hazard, un jour c’est oui, un jour c’est non.

Alors voilà. Avec ces musiciens, ce répertoire et cette qualité d’interprétation, ça aurait pu être le concert de l’année. Ça aurait dû être le concert de l’année. Au lieu de ça, on a eu droit à un très bon moment dont la fin laisse un arrière-goût amer ; très adapté pour un groupe qui a un nom de bonbon acidulé, mais on espère quand même que la prochaine fois, ce sera un jour “oui”.

Blackcondorguy

Setlist : All The Same – Down About It – Hospital – Turnpike Down – Great Big No – It’s A Shame About Ray – Can’t Forget (Yo La Tengo) – Speed Of The Sound Of Loneliness (John Prine) – Rudderless – Abandoned (Lucinda Williams) – Left For Dead – Tenderfoot – Old Man Blank (Bevis Frond) – My Idea – I Can’t Take It Anymore (Gram Parsons) – My Drug Buddy – Hannah & Gabi – Confetti – Break Me – Stove – The Outdoor Type.

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