Temples – Sun Structures (Heavenly Recordings)

Publié par le 8 mars 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

Temples-Sun-StructuresJe ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais moi, entendre des guitares Rickenbaker carillonner, ça me met en joie. Finis la morosité ambiante, la courbe du chômage que Flamby  n’arrive à inverser, l’Ukraine ensanglantée que Vlad l’empaleur veut maintenir à sa botte et j’en passe.

Avec le premier album des Temples, nous voilà projetés au milieu des sixties, ces quatre gamins qu’on croirait sortis du Swinging London psychédélique, au look improbable pour 2014 – le chanteur James Bagswhaw ressemble à un clone de Marc Bolan -, récitent Beatles, Floyd et autres T-Rex sur le bout des doigts.  Bon ça fait vieillot, balancé comme ça, mais à l’écoute de ce disque, avec le courant d’air frais qu’il amène, franchement ça fait un bien fou. Vous allez dire, rien d’innovant dans tout ça, juste une resucée de pop/rock à la sauce psychédélique, où est la nouveauté là-dedans ? Mais je vous rappelle que le rock depuis soixante piges qu’il existe,  n’est que perpétuelle inspiration puisée auprès des glorieux anciens et recyclage plus ou moins réussi. Dont acte !

Là, avec les Temples c’est le jackpot, ils ont tout compris les mômes : harmonies vocales angéliques, batterie enrobée de réverbération, lignes de basse noyées dans l’écho, synthés acides, tout l’attirail est là. Ils ont composé avec talent quelques chansons qui n’ont rien à envier aux anciens et en plus ouvrent la voie pour les prochains.

Production impeccable mais sans surenchère (car tout est fait maison) pour ce premier album, qui contient quelques chansons imparables comme « Shelter Song » en ouverture, aux guitares scintillantes ou « Mesmerise » sur laquelle Bagshaw s’époumone « ça c’est la vie » en français dans le texte, ce qui laisse supposer que pondre des mélodies pop joyeuses et classieuses est leur credo. Sun Structures, chanson titre, d’une complexité étonnante qui sonne comme un classique immédiat. Déjà des vieux roublards les Temples.

D’ailleurs, il y en a une beine pleine sur ce disque : de l’ensorceleuse « Move With The Season » au chant inspiré et aux guitares qui invitent à la mélancolie, « Keep In The Dark » aux réminiscences T-Rex (ambiance « Get It On »),  « Colours To Life » dont la mélodie évidente dès la première écoute laisse songeur quand on voit comment tant de groupes rament pour balancer un truc qui tient la route ou encore « The Guesser » que ne renierait sûrement pas Sir Paul Mac Cartney.

En cette période de festival, je donnerais la palme à « A Question Isn’t Answered », saturée de guitares fuzz et au chant noyé de réverb, ainsi qu’au long, très planant « Sand Dance » aux sonorités orientales.

Les Temples adoubés par Noel Gallagher ou Johnny Marr, ont suscité le plus grand intérêt auprès du légendaire Robert Wyatt (fondateur de Soft Machine), ce qui, sans obligatoirement leur donner un blanc-seing, donne une idée du buzz qui se forme autour du groupe de Kettering. Encore une preuve de la vitalité de la scène rock britannique, de laquelle émergent régulièrement de jeunes talents prêts à reprendre le flambeau.

Pas encore cultes les Temples mais ce premier essai va à coup sûr leur permettre de gagner un grand nombre de fidèles.

 

El Padre

 

Shelter Song by Temples on Grooveshark

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