Green River – Dry As A Bone EP/Rehab Doll

Green River – Dry As A Bone EP/Rehab Doll

Sub Pop (Rééditions), 25 janvier 2019 Green River ou le supergroupe avant l’heure. Le groupe se forme en 1984 et en cet an 0 du grunge, il n’est alors composé que de cinq illustres inconnus chevelus. Parmi eux, deux futurs Mudhoney, Mark Arm (chant) et Steve Turner (lead guitar), croisaient le fer avec deux futurs Mother Love Bone et Pearl Jam, Stone Gossard (guitare rythmique) et Jeff Ament (basse). Un an plus tard, Green River a un premier EP (Come On Down) dans sa besace et s’est déjà fait plaquer par Steve Turner, remplacé par Bruce Fairweather (qui, lui, n’est autre que le futur gratteux de Love Battery). Un début d’émulation est en train de naître dans la ville où il tombe toujours des cordes. Aux côtés de Green River, quelques groupes bruyants font trembler les murs des clubs de Seattle et se retrouveront sur la (désormais culte) compil Deep Six. Ils s’appelaient Melvins, Soundgarden ou encore Malfunkshun (avec Andy Wood, futur frontman exubérant de Mother Love Bone, futur coloc de Chris Cornell, futur premier destin tragique d’une longue lignée…). L’histoire est en marche et si on leur avait dit à l’époque qu’ils seraient à l’avant-garde de la scène vers qui tous les yeux allaient être rivés quelques années plus tard, ils se seraient bien foutus de notre gueule. Nous non plus, on n’y aurait pas cru à l’écoute de Dry As A Bone, première sortie d’un petit label local nommé Sub Pop, et deuxième EP de ce groupe au cul un peu coincé entre une chaise punk et l’autre hard rock/metal. Pas très confortable mais Green River s’en accommode assez bien et cette particularité fait également son charme (même si elle les mènera à un irrémédiable split). Malgré tout, on ne va pas vous la faire à l’envers non plus, Green River, en dépit de son indiscutable statut culte et sa prépondérance pour façonner un son qui allait traumatiser toute une génération, n’a pas produit de chef-d’œuvres injustement méconnus. Bien sûr, Fairweather savait déjà tricoter du riff qui cogne bien (“In My Town”), la doublette Gossard/Ament était déjà des plus affûtées et groovait comme il faut (“PCC”, “Unwind”), Mark Arm s’en donnait à cœur joie et faisait déjà un très bon imitateur d’Iggy Pop (comme sur le bien teigneux “Hangin’ Tree”, présent initialement sur la – non moins culte – compil Sub Pop 200)… Mais en dehors de quelques titres qui sortent aisément du lot, on déplore bon nombre de morceaux plus anecdotiques. Rehab Doll et Dry As A Bone avaient pour eux une énergie féroce, des membres indiscutablement talentueux, des compos solides mais finalement assez peu de mélodies mémorables. Au-delà DU tube “Swallow My Pride” écrit par...

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PLAYLIST – 30 ans de Sub Pop en 50 titres

PLAYLIST – 30 ans de Sub Pop en 50 titres

Au commencement, Subterranean Pop était un fanzine, fondé par deux passionnés, Jonathan Poneman et Bruce Pavitt, qui ne savaient pas encore tout à fait où ils allaient mais avaient des idées. Devenu label en 1988, Sub Pop s’appuie immédiatement sur une identité visuelle forte et des idées marketing audacieuses (la possibilité de s’abonner pour recevoir les Sub Pop singles notamment*). Associé à jamais à l’éclosion du « grunge » (ou de la scène de Seattle, ou… whatever), Sub Pop a soufflé cette année ses 30 bougies et reste encore aujourd’hui une référence en matière de rock bruyant et/ou exigeant. Le label a bien grandi, s’est structuré, a remboursé ses dettes (a priori) et peut se targuer d’une longévité remarquable et une discographie colossale. Voilà qui méritait bien une rétrospective sonore d’envergure. Initialement prévue en 30 morceaux pour 30 ans, on s’est dit qu’on n’en avait finalement rien à foutre d’être cohérents puisque ce label mérite bien plus. Voici donc 50 morceaux, des historiques incontournables qui ont fait leur gloire et leurs premiers bénéfices (Nirvana, Mudhoney, Soundgarden…) aux formations plus obscures non moins méritantes (10 Minute Warning avec Duff McKagan avant qu’il n’aille faire le con à LA, Come, Truly, Rein Sanction, Pond…), du rock bien crasseux ou teigneux (Tad, Les Thugs, L7) au slowcore le plus soyeux (Low, Red House Painters, Codeine), de l’indé-tronable (The Vaselines, Sebadoh, J Mascis) en passant même par le hip hop new generation (Clipping., Shabazz Palaces). Et pour boucler la boucle, quelques dignes héritiers du son d’antan (METZ, Strange Wilds, Pissed Jeans…). Longue vie à Sub Pop, merci pour tout… et rendez-vous dans 30 ans pour le top 100 !     *dont sont tirés ici Rapeman – Song Number One et Fugazi… du même nom, « Shove » de L7, « Arriba » de Babes in Toyland, « Car » de Come et « Fire of Love » de Boss Hog. Jonathan...

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METZ – Strange Peace

METZ – Strange Peace

Pour la première fois, METZ a choisi un nom pour son album (non, parce que II on peut pas appeler ça un nom, faut pas déconner non plus). Un nom qui a de quoi surprendre. Strange Peace de la part de cette bande de brutes épaisses c’est pour le moins… strange. D’autant qu’à l’écoute du disque on a beau chercher, on trouve difficilement une once d’accalmie dans les assauts des bûcherons canadiens. Au début du moins. METZ tronçonne, METZ ravage, METZ détruit. Et on subit. Après trois morceaux METZ pur jus, voilà un peu de répit. Un peu de nouveauté aussi, ouf. Car il faut bien le dire, à part quelques riffs bien saignants (“Drained Lake”, “Cellophane”) qui viennent épancher notre soif de violence, le schmilblick messin n’avance guère et les mêmes interrogations demeurent. Oui ce groupe sait faire du bruit, du bon boucan même, mais les mélodies se font toujours trop rares, noyées sous les décombres et pas spécialement mémorables. En cela, la comparaison avec Nirvana qui leur colle aux basques depuis leurs débuts n’est guère judicieuse. Pourtant le groupe s’est payé les services de Monsieur Steve Albini ce qui n’a rien d’illogique vu que tous les groupes qui font du rock bruyant ont dû lui envoyer leur CV un jour ou l’autre. Et sans surprise, la rencontre est des plus probantes, le son respire, bien percutant et brut de décoffrage comme il faut. Comme à son habitude, le père Steve a dû laisser le champ libre à ses poulains qui, on l’a dit, se sont un peu lâchés sur quelques morceaux. Saluons à ce titre cet essai post punk même s’il ne restera pas dans les annales (“Caterpillar”), qui n’est pas sans rappeler leurs compatriotes de Preoccupations (ex-Viet Cong), la curieuse “Sink”, bien moins énervée mais trop monotone ou la conclusive “Raw Materials”, peut-être la plus ambitieuse du groupe à ce jour qui fourmille d’idées, de riffs nerveux et s’achève dans un fatras de tous les diables. Ça a dû plaire à Albini. Dans des registres plus communs, il faut reconnaitre que “Common Trash” qui ne s’embarrasse d’aucune espèce de retenue ou la punky “Dig A Hole » font également le boulot. Bien salement. A l’heure des conclusions, soyons simples et concis. A la METZ. Est-ce qu’on passe un bon moment quand on écoute Strange Peace ? Oui. Est-ce qu’on a souvent envie de le réécouter ? Non, sauf si on a des accès de violence. Est-ce qu’on veut entendre ces nouveaux titres en live ? Oui c’est tentant. Est-ce qu’on réécoutera ce disque dans 10 ans ? Rien n’est moins sûr....

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Les 3 premiers albums de Tad réédités

Les 3 premiers albums de Tad réédités

Le 4 novembre prochain, les trois premiers albums de Tad, God’s Balls (1989), Salt Lick (1990) et 8-Way Santa (1991) seront réédités chez Sub Pop et remis au goût du jour par la remasterisation de Jack Endino qui s’était lui-même chargé des mixes initiaux. Figure emblématique des débuts de la scène de Seattle que d’aucuns ont ensuite réduits sous l’appellation grunge, Tad (du nom de son imposant leader Tad Doyle) faisait partie d’une frange un peu plus dure qu’un Mudhoney par exemple avec des sons lourds plus proches du metal que du post-Stooges. A noter que ces sorties sont prévues à la fois sur vinyles et CD. Les CD seront agrémentées de titres bonus, totalement inédits ou sortis initialement sur 45 tours....

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LVL UP – Return To Love

LVL UP – Return To Love

Alors tu veux que je te dise ce que c’est que le rock indé ? Et bien, techniquement, c’est du rock qui ne sort pas sur les gros labels. Tiens, prend donc ce disque, tu vois, il est sorti chez Sub Pop, un label indépendant. Bon ok, un label qui a de gros moyens en termes de communication et de distribution et qui fonctionne comme une major… Donc effectivement, de ce point de vue-là, ça ne veut plus dire grand chose. Bon, alors, voyons le nom. Un groupe de rock indé va souvent choisir quelque chose d’évocateur, soit une référence à une influence, musicale ou d’un autre médias, et surtout quelque chose qui va rappeler l’enfance, l’adolescence ou la culture geek. Et pour le style, on peut retirer des voyelles. Tiens, ce groupe-là s’appelle LVL UP. Exactement ce que je te disais. Mets-le un peu sur la platine, pour voir. Ah bah voilà, tu vois “Hidden Driver”, ce son, la petite intro sur un riff de guitare sympa, la voix chaude mais humble, planquée derrière une petite dose de disto pour que l’ensemble ne soit pas trop propre, la production qui fait un peu enregistrée dans ton garage, la petite mélodie naïve avec des sons tout cheaps qui viennent renforcer pour le refrain, ça, c’est typiquement du rock indé. Attention, ça n’est pas toujours uptempo, ça doit ralentir assez vite, bah tiens, voilà, “She Sustain Us”, avec son côté tout naïf, il ne manquerait plus qu’il y ait un choeur féminin… Et voilà ! Et des fois, ça s’énerve, aussi, et là, il faut impérativement sortir une fuzz, voire faire un petit déluge sonore bordélique. C’est ça, comme sur “Pain” ou la fin de “Five Men On The Ridge”. D’autres fois, il faut bien calmer le jeu avec une petite ballade acoustique. Bah tiens, là, c’est “Cut From The Vine” qui s’y colle. Tu vois, un disque de rock indé, c’est varié. Mais ça doit être un peu barré aussi. Ah, voilà justement que commence le dernier morceau, “Naked In The River With The Creator”, avec ses claviers et son chant hypnotique, son rythme neurasthénique répétitif et ses guitares bruitistes qui viennent progressivement en renfort. Voilà, avec Return To Love, on a un bel exemple de rock indé. Comment, tu veux savoir s’il n’y a jamais de tubes dans le rock indé ? C’est vrai qu’avec ce disque, on pourrait se le demander, encore que “I” est plutôt accrocheuse, mais il ne faudrait pas s’y tromper. Non, LVL Up nous offre là une bonne démonstration du style, mais qui a les défauts de ses qualités. Un disque qui s’écoute très bien, mais dont on se démande si on le réécoutera. Bref,...

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