Moaning de retour en mars. Extrait en écoute

Moaning de retour en mars. Extrait en écoute

Moaning, une des révélations post punk 2018, revient le 20 mars avec Uneasy Laughter chez Sub Pop. En voici un premier extrait “Ego” moins frontal que ce qu’on pouvait entendre sur leur premier album et aux synthés bien plus proéminents. Wait & see… La tracklist : 1/ Ego2/ Make It Stop3/ ///4/ Stranger5/ Running6/ Connect the Dots7/ Fall in Love8/ Coincidence or Fate9/ What Separates Us10/ ////////// 11/ Keep Out 12/ Saving Face 13/ Say Something Jonathan...

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Tacocat – This Mess Is A Place

Tacocat – This Mess Is A Place

(Sub Pop, 3 mai 2019) Il y a quelques années, Tacocat m’avait complètement conquis avec son album Lost Time. Un disque qui ne proposait certes rien de révolutionnaire, mais offrait du très bon pop rock un peu punk sur les bords et était passé en boucle chez moi tout l’été 2016 ; il m’arrive même d’y revenir de temps en temps avec un plaisir certain. Mais le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s’imaginer que le temps serait si vite écoulé ? Bon, beaucoup de choses ont changé, mais mon avis sur Lost Time n’a, lui, pas bougé. En revanche, le groupe est un peu sorti de mon radar ces derniers temps, et c’est après avoir quasiment bouclé mon top de fin d’année que je me rends compte qu’ils nous proposent un nouvel album en 2019. Merde, espérons qu’il n’aura pas un effet Wonderflu sur mon classement* ! Bon, au-delà de ces considérations qui ne peuvent concerner qu’une personne qui accorde beaucoup trop d’importance à la musique, je devrais plutôt me réjouir : c’est toujours plaisant de retrouver un groupe qu’on aime. Reste à savoir si le nouveau cru va être à la hauteur de nos attentes. À l’écoute du premier morceau, une variation sur le riff de « Sweet Jane » (du Velvet), ou « Be My Lover » (d’Alice Cooper) selon vos références, on se retrouve tout de suite en terrain connu. On pourrait même dire qu’on reprend exactement là où Lost Time s’était arrêté, et ce n’est pas « New World » qui va changer cette impression. Le problème, c’est qu’aussi sympa ces chansons soient-elles, elles m’amèneraient un peu à me demander si finalement, ce sont les chansons de Tacocat qui me plaisent ou simplement leur style et leur son. Car si j’apprécie ces deux pistes, rien ne m’accroche vraiment au-delà de leur forme. Malheureusement, ce n’est pas la troisième, « Grains Of Salt », qui va rattraper ce faux départ. Elle tranche bien avec le précédent album, mais par son mauvais goût : riff de guitare funky et synthé, comme dans les pires morceaux FM des années 80… je zappe très vite, avec de sérieux doutes sur la suite ! Cependant, la suite va permettre de me rassurer : à partir de « The Joke Of Life », je retrouve mes marques dans cet album et je me remets à apprécier à peu près chaque morceau pour ce qu’il a. Celui-ci et l’autre titre punky « The Problem », les arpèges de « Little Friend », « Rose-Colored Sky » qui ressemble à une version pop du « Son Of Sam » des Dead Boys, jusqu’à...

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Shannon Lay – August

Shannon Lay – August

(Sub Pop, 23 août 2019) Le bonheur a des moyens étranges de vous trouver. En 2012, je rencontre Jonathan a un concert pourri de Thurston Moore et Lee Ranaldo. Plus tard dans l’année, Jonathan, qui sait qu’on ne peut plus m’arrêter quand je parle de musique, m’invite à contribuer à son webzine pour lequel il est en manque de rédacteurs. De 2012 à 2019, je charrie régulièrement Jonathan pour son amour de la scène garage californienne (ou « scène Ty Segall ») dont je me désintéresse totalement, vu que les quelques disques que j’en ai écouté m’ont laissé froid. Il comprend que, d’une manière générale, ce n’est pas à moi qu’il faut proposer d’écouter les sorties de ses divers membres. En 2019, Jonathan fait une interview de Mikal Cronin, membre de la scène sus-citée. Mikal Cronin lui parle de Shannon Lay, qui fera sa première partie l’année prochaine. Après l’interview, Jonathan, curieux, écoute son disque et le trouve très bon. Quelques temps après, un jour où je suis bien luné, il me vante les mérites du disque de Shannon Lay, et j’ai l’ouverture d’esprit nécessaire pour dépasser mes préjugés. Voilà, sans cette suite d’évènements, je n’aurais jamais écouté August et ce serait bien dommage parce que la folk de Shannon Lay est magnifique, rappelant une tendresse propre et l’intimité d’Elliott Smith ou Nick Drake, pour citer les références galvaudées. J’ai tenté de placer le terme de « douce mélancolie lumineuse » quelque part, mais j’avais vraiment trop l’impression que ma chronique et ma réputation en général en prendrait un coup. Il parait que Ty Segall est partout sur l’album, mais on s’en fout (d’une manière générale, je me fous de Ty Segall). La star, ici, c’est Shannon, et sa voix ; sur ce genre de musique, c’est à peu près tout ce qui compte, la propension qu’a la voix de l’artiste mêlée à l’ambiance mise en place pour vous filer des frissons. Et les compositions, bien sûr. Je ne vois donc pas trop ce que je peux dire d’autre pour vous convaincre d’écouter le disque. C’est vraiment le genre d’album avec qui vous développerez une relation toute personnelle, selon qu’il touchera ou non votre corde sensible. Pour ma part, vous avez bien compris que ça a fait mouche. Ainsi, je me retrouve pour la première fois de ma vie à m’intéresser (de près ou de loin) à la scène Ty Segall. Tout arrive. Le bonheur aussi. Même s’il a parfois des manières étranges de vous trouver....

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Green River – Dry As A Bone EP/Rehab Doll

Green River – Dry As A Bone EP/Rehab Doll

Sub Pop (Rééditions), 25 janvier 2019 Green River ou le supergroupe avant l’heure. Le groupe se forme en 1984 et en cet an 0 du grunge, il n’est alors composé que de cinq illustres inconnus chevelus. Parmi eux, deux futurs Mudhoney, Mark Arm (chant) et Steve Turner (lead guitar), croisaient le fer avec deux futurs Mother Love Bone et Pearl Jam, Stone Gossard (guitare rythmique) et Jeff Ament (basse). Un an plus tard, Green River a un premier EP (Come On Down) dans sa besace et s’est déjà fait plaquer par Steve Turner, remplacé par Bruce Fairweather (qui, lui, n’est autre que le futur gratteux de Love Battery). Un début d’émulation est en train de naître dans la ville où il tombe toujours des cordes. Aux côtés de Green River, quelques groupes bruyants font trembler les murs des clubs de Seattle et se retrouveront sur la (désormais culte) compil Deep Six. Ils s’appelaient Melvins, Soundgarden ou encore Malfunkshun (avec Andy Wood, futur frontman exubérant de Mother Love Bone, futur coloc de Chris Cornell, futur premier destin tragique d’une longue lignée…). L’histoire est en marche et si on leur avait dit à l’époque qu’ils seraient à l’avant-garde de la scène vers qui tous les yeux allaient être rivés quelques années plus tard, ils se seraient bien foutus de notre gueule. Nous non plus, on n’y aurait pas cru à l’écoute de Dry As A Bone, première sortie d’un petit label local nommé Sub Pop, et deuxième EP de ce groupe au cul un peu coincé entre une chaise punk et l’autre hard rock/metal. Pas très confortable mais Green River s’en accommode assez bien et cette particularité fait également son charme (même si elle les mènera à un irrémédiable split). Malgré tout, on ne va pas vous la faire à l’envers non plus, Green River, en dépit de son indiscutable statut culte et sa prépondérance pour façonner un son qui allait traumatiser toute une génération, n’a pas produit de chef-d’œuvres injustement méconnus. Bien sûr, Fairweather savait déjà tricoter du riff qui cogne bien (“In My Town”), la doublette Gossard/Ament était déjà des plus affûtées et groovait comme il faut (“PCC”, “Unwind”), Mark Arm s’en donnait à cœur joie et faisait déjà un très bon imitateur d’Iggy Pop (comme sur le bien teigneux “Hangin’ Tree”, présent initialement sur la – non moins culte – compil Sub Pop 200)… Mais en dehors de quelques titres qui sortent aisément du lot, on déplore bon nombre de morceaux plus anecdotiques. Rehab Doll et Dry As A Bone avaient pour eux une énergie féroce, des membres indiscutablement talentueux, des compos solides mais finalement assez peu de mélodies mémorables. Au-delà DU tube “Swallow My Pride” écrit par...

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PLAYLIST – 30 ans de Sub Pop en 50 titres

PLAYLIST – 30 ans de Sub Pop en 50 titres

Au commencement, Subterranean Pop était un fanzine, fondé par deux passionnés, Jonathan Poneman et Bruce Pavitt, qui ne savaient pas encore tout à fait où ils allaient mais avaient des idées. Devenu label en 1988, Sub Pop s’appuie immédiatement sur une identité visuelle forte et des idées marketing audacieuses (la possibilité de s’abonner pour recevoir les Sub Pop singles notamment*). Associé à jamais à l’éclosion du « grunge » (ou de la scène de Seattle, ou… whatever), Sub Pop a soufflé cette année ses 30 bougies et reste encore aujourd’hui une référence en matière de rock bruyant et/ou exigeant. Le label a bien grandi, s’est structuré, a remboursé ses dettes (a priori) et peut se targuer d’une longévité remarquable et une discographie colossale. Voilà qui méritait bien une rétrospective sonore d’envergure. Initialement prévue en 30 morceaux pour 30 ans, on s’est dit qu’on n’en avait finalement rien à foutre d’être cohérents puisque ce label mérite bien plus. Voici donc 50 morceaux, des historiques incontournables qui ont fait leur gloire et leurs premiers bénéfices (Nirvana, Mudhoney, Soundgarden…) aux formations plus obscures non moins méritantes (10 Minute Warning avec Duff McKagan avant qu’il n’aille faire le con à LA, Come, Truly, Rein Sanction, Pond…), du rock bien crasseux ou teigneux (Tad, Les Thugs, L7) au slowcore le plus soyeux (Low, Red House Painters, Codeine), de l’indé-tronable (The Vaselines, Sebadoh, J Mascis) en passant même par le hip hop new generation (Clipping., Shabazz Palaces). Et pour boucler la boucle, quelques dignes héritiers du son d’antan (METZ, Strange Wilds, Pissed Jeans…). Longue vie à Sub Pop, merci pour tout… et rendez-vous dans 30 ans pour le top 100 !     *dont sont tirés ici Rapeman – Song Number One et Fugazi… du même nom, « Shove » de L7, « Arriba » de Babes in Toyland, « Car » de Come et « Fire of Love » de Boss Hog. Jonathan...

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