Queens Of The Stone Age – Songs For The Deaf

Queens Of The Stone Age – Songs For The Deaf

Bon allez, assez ricané avec le pathétique dernier album de Queens Of The Stone Age où Josh Homme s’est pris pour un chanteur rnb. Ne nous attardons pas non plus sur son prédécesseur …Like Clockwork où il se prenait pour Elton John (il l’avait même invité !) mais séduisait quand même grâce à la qualité de sa plume, de sa voix et de son groove. Revenons à la base, la sève, le nec plus ultra : ce qui fait que QOTSA est devenu QOTSA, c’est à dire, n’ayons pas peur des mots, le plus grand groupe de rock du 21e siècle. Déjà Josh Homme la jouait collectif à l’époque et il avait bien raison vu l’escouade de luxe qu’il se trimballait. Pour rappel, pour ceux qui reviennent d’un voyage sur mars, le garçon avait ni plus ni moins Nick Oliveri et Mark Lanegan à ses côtés. Et tel un PSG blindé de dollars qataris, il avait choisi de se renforcer davantage encore avec son Neymar à lui, répondant au doux nom de Dave Grohl. Rien de tel pour dynamiter les défenses. Et pourtant contrairement à ces tocards du PSG, QOTSA avait une âme et déjà un talent fou avant de gagner au loto. Il avait pondu un premier album éponyme faisant idéalement le lien avec l’après-Kyuss et le déluge à venir. Et il avait mis à genoux tous ceux qui s’étaient frottés au monumental Rated R. De la « pop » violente, planante, galvanisante, de la pop non pas à chanter sous la douche mais à hurler entre potes tellement que ça fait du bien. Tellement que c’est bon. Alors pourquoi je vous parle de Songs For The Deaf me direz-vous ? Parce qu’il a 15 ans. Et nous, chez Exit Musik on est un peu cons, quand un disque qui nous branche fête son anniv, on dégaine la plume. Cette précision inutile étant faite, on a beau dire, on a beau faire : Songs For The Deaf est quand même un putain d’album. Songs For The Deaf est un peu (TOUTES PROPORTIONS GARDÉES) à Queens Of The Stone Age ce que Nevermind est à Nirvana (vous le dites quand je vous soule avec mes comparaisons foireuses, hein ?) : le disque qui les propulse dans une nouvelle dimension, qui ringardise les autres productions rock de son époque, le disque blindé de tubes qu’on a tous entendus 400 fois (400 000 pour Nevermind), le disque pour lequel on aime bien prendre notre air snob et hautain parce qu’il est devenu trop convenu de l’aimer. Mais surtout le disque que quand tu le remets sur ta platine, tu kiffes ta race. Et c’est quand même ça qui compte, au final. Parce que...

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Kyuss – Blues For The Red Sun

Kyuss – Blues For The Red Sun

Un bourdonnement au loin, une tornade qui approche. En plein milieu du désert. Puis la déflagration « Thumb ». Kyuss se pointe en 1992 avec son deuxième album qui va en secouer plus d’un. Embauché à la prod, la brute aux doigts de fée Chris Goss (Masters Of Reality) les propulse dans une nouvelle dimension. Le son de Blues For The Red Sun pèse six tonnes sans négliger pour autant la finesse et la sophistication. L’époque Wretch est révolue, Kyuss boxe désormais dans la catégorie très lourds. Josh Homme ne se prend pas encore pour Elton John, il ne pense qu’à faire cracher à sa gratte un son pachydermique. Branchée sur un ampli de basse, accordée « plus bas que ça tu meurs » elle le lui rend bien et cause de sérieux dégâts alentour. Brant Bjork fracasse du fût tel un bûcheron bien décidé à faire un massacre, John Garcia gueule comme un forcené avec la rage d’un vieux punk vissée au corps et Oliveri complète la dream team avec des lignes de basse gargantuesques ou rondouillardes, selon l’humeur. Le red sun tape fort sur la casaque de ces rockeurs complètement stoned et se voit offrir des compos qui sentent la poudre, les trips enfumés et la Corona trop chaude. Blues For The Red Sun possède un quota (un QOTSA huhu) de bombes assez inhumain. Ne sens-tu pas tes enceintes vrombir sur l’intro de « Green Machine » ? Et comme une envie irrépressible de headbanger seul au volant de ta décapotable quand la cavalcade s’amorce, portée par la frappe lourde de Bjork et les beuglements de John Garcia ? « I’ve got a war inside my head » clame-t-il (coucou Mike Muir) et nous, on a pris un méchant coup sur la casaque avec ces deux fabuleux premiers titres. Mais la démonstration de force ne s’arrête évidemment pas là. « 50 Million Year Trip (Downside Up) » coche toutes les cases : riff surpuissant, pont groovy, lentes divagations psychées finales. Tu vois, ça mon enfant, c’est du stoner. Et ça poutre. On ne se remettra jamais vraiment non plus de cette intro monumentale de « Thong Song » que d’aucuns jugeraient la plus cool de l’univers. John Garcia dit avoir horreur des « slow songs », ses comparses ne lésinent pourtant pas sur les longs jams hypnotiques (« Apothecaries’ Weight », « Writhe », « Freedom Run », l’instrumentale « Molten Universe » joyeusement heavy). En fin d’album le riff carnassier de « Allen’s Wrench » ferait passer bon nombre de groupes metal burnés pour des petits joueurs. Ici il passerait presque inaperçu après s’être fait ravager par les monstres sus-cités. Soutenue par les cris étouffés de Garcia, l’habitée « Mondo Generator » (qui donnera son nom au prochain groupe de Nick Oliveri), conclut de manière épique un disque qui ne l’est pas...

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Queens Of The Stone Age : un single, une date de sortie d’album et un concert

Queens Of The Stone Age : un single, une date de sortie d’album et un concert

Après nous avoir fait le coup de petits teasers plus ou moins subtils (et plus ou moins compréhensibles), Queens Of The Stone Age cesse de tourner autour du pot et annonce la couleur : son prochain album Villains sortira le 25 août chez Matador Records. Sa sortie sera suivie d’une grande tournée avec un passage en France par la case Accor’Hotel Arenas le 7 novembre. Premier album depuis 2013 et le contesté …Like Clockwork (mais plébiscité par celui qui écrit cette news), Villains devrait poursuivre dans une veine très pop et plus du tout stoner, comme le confirme la collaboration annoncée avec le producteur Mark Ronson, connu pour ses travaux avec Adele, Bruno Mars, Lady Gaga (et d’autres artistes bien plus recommandables comme les Black Lips)… En tout cas, un premier extrait a été dévoilé et il n’est pas très rassurant…...

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John Garcia – The Coyote Who Spoke In Tongues

John Garcia – The Coyote Who Spoke In Tongues

Ce qu’on peut être médisant parfois. Regardez les mots que j’employais pour attaquer ma chronique du précédent disque de John Garcia « John Garcia fait toujours peu ou prou la même chose. John Garcia n’a pas une voix d’une sidérante beauté. » Rangez vos guns toutefois, les adorateurs du roi du désert, je me montrais enthousiaste sur le contenu dudit album. Mais depuis ce jour le père John, fidèle lecteur d’Exitmusik, ruminait dans son coin et s’était juré de prendre son temps pour sortir son successeur, dont l’unique but serait de me faire mentir. Voici donc un album de John Garcia bien différent de ce qu’il a l’habitude de nous proposer. Ok John, tu marques un point. Forcément du stoner acoustique ça ne ressemble plus vraiment à du stoner. Le pari était donc somme toute relativement risqué. « Relativement » parce qu’avec 4 morceaux de Kyuss, il a pris soin de ne pas déboussoler totalement l’auditeur. On aurait pu penser que mélanger morceaux cultes et nouveaux morceaux n’était pas forcément la meilleure idée pour mettre en valeur ces derniers. Mais figurez-vous qu’ils s’en sortent plutôt très bien. En ouverture « Kylie » est une franche réussite (et on serait curieux de l’entendre en version électrique !). « Argleben II » ou la très entrainante « Hollingworth Session », sans être des chefs-d’oeuvre inoubliables, font également mouche. Et on retrouve en fin d’album, une version live de « The Blvd » (présent sur le précédent disque) aux atours bluesy fort séduisants. Ceci étant dit, la grande et belle surprise demeure la réinterprétation des classiques de Kyuss, que John Garcia laisse vivre et n’ont pas besoin des riffs monstrueux de Josh Homme pour marquer les esprits. Mention spéciale à « Gardenia », transfiguré en folk minimaliste, là où elle faisait figure d’ouragan dévastateur en ouverture de Welcome To Sky Valley. Ou « Green Machine » sur lequel Garcia beuglait virilement auparavant et qui, ici opte pour un murmure délicat. Sans surprise « Space Cadet » est celle qui a subi le lifting le moins sévère (puisqu’elle était déjà acoustique) mais Garcia y chatouille les aigüs avec brio (avec qui ?) prouvant aux médisants dont je fus qu’il a bien une voix superbe… Ok John, mille excuses. La formidable « El Rodeo » et ses slides de guitare jouissifs vient entériner la démonstration que le défi un brin périlleux du passage à la gratte sèche est relevé haut la main. On résume donc : John Garcia ne fait pas toujours la même chose, John Garcia a une très belle voix et chante remarquablement bien. Le troisième point que j’avais évoqué à l’époque dans ma chronique était le suivant « John Garcia n’égalera plus jamais les albums de ses débuts avec Kyuss« . Alors autant y aller franco, le sieur Garcia a l’air un peu nostalgique de Kyuss et...

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Dans le bac d’occaz #5 : Killing Joke, Ride, Unida

Dans le bac d’occaz #5 : Killing Joke, Ride, Unida

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Dans le bac d’occaz #5 : les années en 0   1980 : Killing Joke – Killing Joke Bon, vous devez finir par le savoir si vous lisez régulièrement cette rubrique voire mes chroniques de disque, le post-punk ce n’est pas mon truc. Je me suis laissé aller à cet album-là sur la réputation de Killing Joke (une part adolescente de moi se fait toujours avoir quand un artiste est cité par Nirvana) et aussi pour ce que j’en connaissais. Et parce que dans les albums cultes des années 80, c’est difficile de slalomer sans ce manger un ou deux (ou douze) disques de post-punk. Et si je m’étais un temps fermé au groupe après l’écoute de leur affreux tube new wave « Love Like Blood », je m’étais ravisé après avoir eu vent du lien de parenté entre « Come As You Are » et « Eighties » (ou est-ce « Life Goes On » des Damned, ce point est encore en discussion) et j’avais même jeté une oreille à leur album de 2003 parce que Dave Grohl était derrière les fûts. Album bien trop indus pour moi, soit dit en passant. Tellement de références à Nirvana dans ces lignes, on dirait un article des Inrocks sur Et Mon Cul C’est Du Tofu ?… (private joke inside, comprenne qui pourra(ve)). Je brode, je brode, mais parlons musique, je connaissais déjà le premier titre « Requiem » et « The Wait » de par les reprises des Foo Fighters et Metallica. Les deux sont de bons morceaux, avec une vraie préférence pour le premier, mais ma préférence reste à la version des Foo Fighters. « Wardance » est aussi un single, et ça s’entend. Je ne doute pas que le groupe devait proposer pour l’époque quelque chose de plus punk et noir que ses contemporains dans le même registre, ce qui explique sans doute son statut culte. Le problème, c’est qu’il est malgré tout complètement post punk au niveau du son et des compositions et, sans doute parce qu’il a été allègrement pillé au fil des années, sonne comme beaucoup de choses que j’ai déjà entendues et que je n’apprécie pas. L’album n’est vraiment pas mauvais, et même pas aussi désagréable que d’autres trucs du genre (comme Joy Division), mais n’a pour moi aucun intérêt. Suivant ! 1990 : Ride – Nowhere Contrairement au post-punk dont je...

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