DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music! Sonic Youth (1982) : je suis toujours surpris de me rappeler que les débuts du groupe sonnaient très post punk. Les lignes de basse de « The Good and The Bad », « Burning Spear » et « I Dreamed I Dream » (peut-être le meilleur morceau), on pourrait prendre ça pour du PIL ou du early Cure. À part ça, ça ne déborde pas de mélodies (doux euphémisme) et le chant est peu présent. Il y a un côté cauchemar hitchcockien sur « I Don’t Want To Push It » avec des grattes hyper intenses et anxiogènes qui passeraient volontiers pour des violons. Ça triture, ça divague, ça fait mumuse avec les tournevis, ça se paluche sur Glenn Branca et Andy Warhol… Intéressant, c’est le mot. Pas non plus captivant. L’album ne comporte que 5 morceaux mais j’ai écouté la version rallongée avec les lives et on ne va pas se mentir, j’ai eu un peu de mal à réfréner les bâillements. Confusion Is Sex (plus Kill Yr Idols EP) (1983) : « (She’s In A) Bad Mood » est d’emblée plus percutante, les guitares s’affirment davantage. « Protect Me You » est assez hypnotique avec une Kim qui chuchote. Ils arrivent aussi à faire plus crade que des enregistrements pirates de « I Wanna Be Your Dog » et Iggy passe pour Elvis à côté des vociférations de Kim. La basse de « Inhuman » matraque, le chant est sous-mixé comme pas possible. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir (morceau-titre assez éprouvant). J’ai relevé la tête et l’ai agitée compulsivement sur « Brother James » (on est donc passé à l’EP Kill Yr Idols) mais il est probable que ce soit parce que j’ai poncé 1991, The year punk broke. En résumé, moi : « Je peux entrer ? » Le groupe : « non, mon petit, il va falloir encore patienter ». Bad Moon Rising (1985) : pas (encore) de révolution. Longs errements de Thurston pendant que les guitares tricotent autour de lui (« Society Is A Hole »), c’est toujours très expérimental et couvert de bruit, de la musique quasi hallucinogène sur « I Love Her All The Time ». Cela reste très arty mais on entrevoit des éclaircies mélodiques (« I’m Insane » bien qu’un brin...

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Thurston Moore de retour avec un nouvel album, extrait en écoute

Thurston Moore de retour avec un nouvel album, extrait en écoute

Thurston Moore reviendra à la rentrée avec un nouvel album. L’ancien guitariste de Sonic Youth vient d’annoncer le successeur de Rock’n Roll Consciousness, sorti en 2017. Sur ce disque intitulé By The Fire et prévu pour le 25 septembre chez Daydream Library Series (le label du monsieur), il sera accompagné de son “band” habituel, à savoir Steve Shelley aux fûts, ex-comparse de la jeunesse sonique, Deb Googe, bassiste de My Bloody Valentine et Phil Sedwards, le gars que personne ne connait en dehors de ses collaborations avec Moore. Un premier single, “Hashish”, a été dévoilé. En attendant la sortie de By The Fire, vous pouvez vous ruer sur les nombreux lives rendus disponibles par Sonic Youth sur leur bandcamp durant le confinement. Tous nos articles sur Thurston Moore sur Sonic...

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Wylde Ratttz – Wylde Ratttz

Wylde Ratttz – Wylde Ratttz

(1er avril 2020… enregistré en 1997) Vous pensiez que, sous prétexte qu’on est un webzine entièrement dématérialisé, que nous sommes sur les réseaux et que nous avons diversifié notre offre avec des playlists, des DJ sets (RIP) et des concerts, nous étions modernes et dans le coup ?  Allons, quelques indices auraient pu vous mettre la puce à l’oreille : nous parlons principalement de rock, et pire, de rock indé (et pire encore, certains d’entre nous ont une fascination pour la musique des années 90), nous sommes principalement présents sur Facebook, le réseau social des vieux qui pensent encore être jeunes et pour ce qui est de diversifier notre activité, nous le faisons à pure perte sans aucun business plan efficace. On a même lancé une rubrique bd, comme si on se prenait pour un vrai magazine culturel, tout cela aurait dû vous alerter. La seule chose qui nous distingue de rock&folk aujourd’hui, c’est que nous ne portons pas de perfectos et que nous n’avons jamais dit de bien des groupes de baby rockers à la con qui ont complètement disparu depuis le milieu des années 2000. Et que les membres de notre rédaction sont trop jeunes pour avoir entendu en direct l’appel du 18 juin, accessoirement. Bref, quand on voit surgir de nulle part en plein confinement un album inédit sur lequel ont participé Ron Asheton (là, on rejoint R&F), Mark Arm (Mudhoney), Mike Watt (Minutemen, fiREHOSE), Thurston Moore, Steve Shelley (Sonic Youth) et Don Fleming (Gumball)*, on est tenté de le propulser album de l’année direct sans même l’avoir écouté. Quand bien même l’enregistrement date de 1997, au contraire, c’est presque un argument supplémentaire pour envoyer chier toute la production actuelle. Pour situer un peu, le groupe s’appelle Wylde Ratttz et a servi à agrémenter la BO du très anecdotique Velvet Goldmine, film des années 90 sur la scène glam un peu trop focalisé sur le fantasme homosexuel qui tournait autour. Au-delà de Christian Bale nous offrant la scène de masturbation la plus ridicule de l’histoire du cinéma et d’un caméo de Brian Molko en Mark Bolan, le film proposait surtout une prestation assez marquante de “TV Eye” par Ewan Mc Gregor dans le rôle d’Iggy Reed, et les Wylde Ratttz en formation restreinte lui servaient de backing band. Ce morceau et une compo originale s’étaient retrouvés sur le disque de la BO. Des rumeurs faisaient état de sessions assez productives, mais rien n’était venu le confirmer. Or aujourd’hui, 23 ans après le film et 10 ans tout pile après le décès de Ron Asheton, 10 morceaux refont surface sur le bandcamp du groupe et viennent former ce qui apparaît comme leur premier album. Dès le premier...

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Sonic Youth – NYC Ghosts & Flowers

Sonic Youth – NYC Ghosts & Flowers

(Geffen, 16 mai 2000) Quand on considère rétrospectivement la carrière au long cours d’un groupe, on pourrait être facilement tenté de ranger certains de ses disques dans la catégorie plus ou moins foireuse des « disques ratés » et/ou des « œuvres de transition ». Alors à l’heure de fêter les 20 ans de NYC Ghosts & Flowers, tentative de réhabilitation de cet album décrié de Sonic Youth. Et d’emblée, il me semble au contraire qu’il faille le considérer comme un album charnière de la carrière des new-yorkais, à la croisée des chemins après des 90’s qui ont chamboulé le paysage musical US à tout jamais. Pour deux raisons ; l’une plutôt banale dans la vie d’un groupe : une collaboration. C’est en effet sur ce disque qu’apparait pour la première fois Jim O’Rourke, musicien et producteur, qui va accompagner le groupe et même devenir un 5e membre à part entière et influent sur les deux disques suivants (les excellents Murray Street et Sonic Nurse). Le côté arty et expérimental de cet album n’est sans doute pas étranger à sa venue. La deuxième raison est beaucoup plus étonnante et va avoir un impact majeur sur la genèse de ce disque. En Juillet 1999, les new-yorkais en tournée se font voler une partie de leur équipement (guitares, pédales d’effets…). Alors vous me direz, big deal. Pour beaucoup de groupes lambda, on repasse chez le marchand et ni vu ni connu ou presque. Sauf que le groupe s’appelle Sonic Youth et en 2000, compte près de 20 ans de carrière derrière lui et surtout des wagons de guitares (parfois cheap) accumulées au fil des rencontres, des dons et autres achats. Et que chaque instrument est parfois accordé et utilisé spécifiquement pour certains titres bien précis. Ce qui a participé d’ailleurs au grain caractéristique du son Sonic Youth autant que leur attrait pour les accordages alternatifs. Délesté donc d’une partie de leur matériel, le groupe doit investir dans du nouveau matériel et leur « routine » de composition va en être affectée. Ce que le groupe après coup va considérer comme une vraie opportunité. D’où le caractère particulier de certains des 8 titres de l’album, et cet aspect parfois dissonant. Comme si le groupe en utilisant de nouvelles guitares s’était retrouvé dans sa position de début de carrière, où il expérimentait les possibilités soniques de ses instruments plus que les tentations pop qu’ils ont ensuite développé au sein de leur noisy-rock. Le groupe a aussi son propre label Sonic Youth Records (SYR) depuis la fin des années 90 et développe en marge de ces albums « officiels » son penchant expérimental dans des jams noisy joués sans contraintes. Si bien qu’on en trouve des bribes aussi...

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Près de 1000 Peel Sessions archivées et écoutables en ligne

Près de 1000 Peel Sessions archivées et écoutables en ligne

Durant près de 40 ans (de 1967 à sa mort en 2004), John Peel, animateur mythique de la BBC, a invité un nombre considérable d’artistes à se produire dans ses studios pendant une quinzaine de minutes. Vous connaissez sans doute certaines de ses sessions sorties ensuite sur albums (notamment sur son label Strange Fruit Records) mais pour beaucoup d’entre elles, il fallait aller chiner dans les recoins du web pour y jeter une oreille. Et bien, figurez-vous qu’un bienfaiteur du nom de Dave Strickson a réalisé un travail de fourmi et vient de mettre en ligne sur son blog près de 1000 Peel Sessions soigneusement rangées par ordre alphabétique. Quelques noms pour saliver : Nirvana, David Bowie, The Cure, Joy Division, Sonic Youth, Pavement, Nick Drake, The Jesus & Mary Chain, Buzzcocks, The Damned, Can, Babes In Toyland, T-Rex, Dinosaur Jr, Gang Of Four, PJ Harvey, Jawbox, Killing Joke… Vous n’êtes donc pas obligés de vous ruer dehors tout de suite, restez tranquilles et faites-vous donc plaisir avec tous ces live à portée de clic. On vous en met quelques-unes ci-dessous mais il ne tient qu’à vous d’aller faire vos courses directement chez le...

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