Baston – Primates

Baston – Primates

(Howlin Banana, 29 novembre 2019) Souvenez-vous. Baston, c’est ce groupe auteur d’un chouette premier EP bien péchu (Gesture) il y a déjà 4 ans chez le label Howlin Banana, fer de lance 2010’s du “garage à la française” (et un peu à la californienne, avouons). Un genre quelque peu encombré quand le revival battait son plein et eux-mêmes ont semble-t-il songé qu’il valait mieux tracer une route nouvelle pour continuer à se faire entendre et se détacher un peu de la meute constamment grandissante. Une meute qui en a semé quelques-uns en route, et non des moindres (on pense notamment aux Madcaps et à Kaviar Special, deux membres éminents du label). Baston a donc pris son temps pour repenser sa musique, recruté un nouveau membre aux synthés pour former désormais un quatuor et considérablement ralenti le tempo pour mieux lorgner aujourd’hui vers un univers shoegaze/krautrock (avec lequel il flirtait déjà sur l’EP mais plus timidement). Et figurez-vous que ça lui va comme un gant. J’en veux pour preuve “Primates” qui n’a rien de primitif. Basse-batterie cavalent main dans la main, de la reverb, un air de guitare piqué à Robert Smith, un peu plus de reverb, des voix lointaines, et encore un soupçon de reverb. Dans la foulée “Transept” se déguste les yeux écarquillés, la bouche ouverte prête à gober les acides qui tombent.  Psyché donc, Baston l’est toujours (“Achilles” confirme). Pop également parce que sans belles mélodies (“Arnhem” on pense à toi), on s’en foutrait pas mal de ces autoroutes motorik et guitares aigrelettes (“K2” semble emprunter cette direction avant de prendre son envol). Ce n’est pas forcément plus innovant qu’auparavant mais c’est probablement ce qui leur correspond le mieux. Et ça sonne rudement bien. Les compos sont là, on l’a dit, mais la prod très soignée les met également en valeur comme il se doit.  En fin d’album, surgit un guest pour le moins inattendu : Christophe Hondelatte et ses fameux récits sordides sur un petit air musique du monde (darboukas, ambiance orientale). On ne peut s’empêcher d’esquisser quelques sourires malsains (“à aucun moment, vous ne vous êtes dit que cette femme dans le frigo pouvait être votre mère ?“) et “Viande” constitue ainsi une divertissante ballade au pays des tarés. Divertissante et essentielle car des morceaux qui jouent sur la répétition à terme… Ça peut donner un disque répétitif.  Ceux qui ont lu jusque-là ont compris la sentence mais pour ceux qui sautent directement à la conclusion, faisons clair et limpide (même si vous ne le méritez pas) : Baston a gagné en finesse mélodique, en précision dans l’élaboration de ses morceaux ce qu’il a perdu en énergie pure. En ce qui nous concerne, le pari...

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DIIV – Deceiver

DIIV – Deceiver

(Captured Tracks, 4 octobre 2019) Cette claque-là je ne l’avais pas vue venir, car rien ne sonnait comme une évidence durant ma première écoute de ce nouveau DIIV. Il était même plus probable que je n’y revienne pas et que je passe définitivement à autre chose, mon premier ressenti se résumant à “c’est cool et bien foutu mais ça ne casse pas des briques non plus !“. Et puis sans savoir pourquoi, je m’y suis remis en y prêtant une oreille plus attentive. Si rien ne s’est fait dans l’immédiateté, tout s’est décanté progressivement au fil des écoutes, à tel point que je ne peux aujourd’hui plus m’en passer. De disque boudé, il est devenu disque de chevet. L’album débute par la sublime et mélodieuse “Horsehead” portée par le chant aérien de Zachary Cole, et les sons de guitares qui s’entremêlent pour arriver à un final des plus envoûtants. Belle entrée en matière qui définirait presque à elle seule l’univers dans lequel DIIV souhaite nous immerger, mais nous ne sommes heureusement pas au bout de nos surprises. “Between Tides”, dans une configuration quasi similaire se révèle encore plus excitante, de quoi redonner ses lettres de noblesses au shoegaze (qui n’en demandait pas tant). Histoire de maintenir le plaisir jusqu’au bout, les New-Yorkais ont su garder le meilleur pour la fin, avec tout d’abord l’entrainante et extrêmement tendue “Blankenship”, aux incartades noisy, qui vient mettre un bon coup de peps et promet de faire remuer les têtes lors des prochains concerts du groupe. Puis “Archeron” qui, du haut de ses 7 minutes, nous fait vaciller dans un déversoir d’images et d’émotions, tour à tour mélancolique, sombre et planant avant de s’achever par un ultime moment de grâce. DIIV revient de loin, il a traversé une longue période de doute et on était autant inquiet pour l’avenir du groupe que pour l’état de santé de son leader, lequel a multiplié les séjours en centre de désintoxication. Plus sombre que ses prédécesseurs, Deceiver est avant tout un troisième album de très haute qualité et la preuve parfaite qu’il ne faut pas toujours se fier à ses premières impressions, elles sont souvent trompeuses. Julien Robin Tous nos articles sur...

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Ride – This Is Not A Safe Place

Ride – This Is Not A Safe Place

(Wichita Recordings / [PIAS], 16 août 2019) Il y a deux ans, Ride faisait son grand retour… par la petite porte avec un Weather Diaries bien décevant qu’on a très vite mis de côté, préférant se convaincre qu’il ne s’agissait plus tout à fait du même groupe. Aucun déni envisageable ici avec cette pochette qui joue avec nos sentiments en faisant ressurgir immanquablement la vague de Nowhere dans nos esprits nostalgiques et ce premier titre, « R.I.D.E. », sans équivoque. Quoique… Lorsqu’on lance l’écoute, il y a de quoi émettre de sérieux doutes. Un beat qui tabasse, une voix samplée quelque peu déshumanisée se contentant d’un simple mais percutant « RIDE ». Hormis un break brumeux aux voix lointaines, difficile de réaliser qu’on a affaire là à l’une des légendes shoegaze, et non à un quelconque DJ. S’ensuit un morceau très ensoleillé, improbable candidat au tube de l’été. Incontestablement réussi, « Future Love » joue ainsi dans un registre bien plus léger que ce qui nous avait fait succomber initialement au quatuor d’Oxford. Aucun mur du son, pas même un brin de saturation pour couvrir le chant d’un Mark Gardener étincelant, et des chœurs enjoués qui nous renvoient davantage aux 60s qu’aux heures glorieuses de la noisy pop. Passée la surprise, il faut accepter. Faire son deuil du Ride d’antan, se dire que finalement mieux vaut un groupe qui tente des choses, quitte à se planter parfois, que de vieilles gloires se reposant sur leur statut et se contentant de répéter inlassablement la même recette en employant des ingrédients de bien moindre qualité. Une fois cette réalité digérée, passons à la revue d’effectif. Et réjouissons-nous, que diable ! Car il y a indubitablement de bonnes choses sur ce disque : outre « Future Love », ne négligeons pas le planant et shoegazien en diable « Eternal Recurrence » , l’efficace (bien qu’un peu téléphoné) « Jump Jet », le nerveux et bruyant « Kill Switch » qui, lui, évoque carrément Jesus & Mary Chain, et le fait plutôt très bien… Le groupe ne fait donc pas tout à fait table rase du passé et nous procure en fin d’album une dernière réjouissance, et non des moindres, avec « In This Room » qui, après une entame quelque peu poussive, voit Ride lâcher la bride pour de bon et s’évader dans un long final éthéré qui nous pousse à lâcher prise. Du haut de ses 8’40, « In This Room » conclut en beauté et nous fait oublier les quelques ratés qui émaillent ce disque. Ce serait trop beau… Déplorons ainsi le roboratif et malheureusement bien nommé « Repetition » à la rythmique presque kraut. Un mélange des genres surprenant,...

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Ride de retour en août avec un nouvel album

Ride de retour en août avec un nouvel album

Le nouvel album de Ride, This Is Not A Safe Place, sortira le 16 août prochain chez Wichita Recordings. Ce sera leur second disque post-reformation après (le guère fameux) Weather Diaries sorti en 2017. Il est de nouveau produit par Erol Alkan et mixé par Alan Moulder.Si l’artwork (voir ci-dessous) renvoie inévitablement au mythique Nowhere, le premier single “Future Love”, très léger et harmonieux, est assez éloigné de leurs standards shoegaze. Encore quelques mois pour savoir si le reste de l’album sera dans le même esprit… Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE NOWHERE LIRE LA CHRONIQUE DE WEATHER...

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Interview – Dälek

Interview – Dälek

Depuis qu’il a réactivé Dälek en 2015 après un hiatus de 4 ans, Will Brooks fait preuve d’une grande productivité : 2 albums, un EP et une collaboration excitante et très réussie avec Hans Joachim Irmler (Faust), Mats Gustafsson, Andreas Werliin et Mike Mare (son comparse de Dälek) sous le nom d’Anguish, le rappeur ne manque pas d’inspiration. Il faut dire que l’actualité est particulièrement chargée en ce moment et lorsqu’on aborde le sujet politique, le bonhomme a de la conversation. Si ses disques terriblement sombres et bruitistes malmènent nos tympans depuis plus de 20 ans, l’homme se révèle quant à lui extrêmement bienveillant, d’une grande douceur et animé d’une passion sans borne pour la musique. “Le hip hop est une des rares formes d’art qui semblent parfois s’adresser seulement à certaines catégories d’âge, et je veux vraiment essayer de briser ça, de le pousser plus loin. De faire du rap d’adulte (rires).” Tu viens d’annoncer sur les réseaux sociaux un nouvel EP à venir (l’interview a été réalisée le 2 février, ndr). Tu peux nous en dire plus ?Oui, ça sort fin mars, début avril sur le label allemand Exile From Mainstream. On les connait depuis toujours, on sort ça à l’occasion du festival pour le 20e anniversaire du label. On n’a jamais rien sorti sur ce label encore donc on tenait à le faire. Il ne devait y avoir que 3 morceaux, finalement il y en a 6, c’est presque comme un nouveau projet. C’est super ! Il y a deux chansons qui étaient déjà sur Endangered Philosophies, une qui n’est sortie qu’en digital et trois nouvelles. Ce sera donc uniquement sur ce label allemand, pas sur Ipecac ?Non, pas sur Ipecac. On sort parfois des trucs uniquement destinés au vinyle. Il n’y aura rien en digital avant la sortie sur vinyle, on décidera ensuite ce qu’on fait, peut-être qu’il y aura une sortie aux Etats-Unis, du digital. Peut-être pas… C’est encore à déterminer. Tu viens de sortir le projet Anguish qui mélange des influences hip hop, electro, jazz. Qu’est-ce que tu retiens de cette collaboration ?On a réussi à créer un truc quelque part entre le monde de Dälek, de Faust et du free jazz. Du hip hop noisy croisé avec du free jazz et du krautrock. C’est devenu un truc unique. On l’a enregistré en trois jours seulement, aux studios Yochaum, en Allemagne, puis mixé en quelques jours. On est très contents de ce projet. Il y a des éléments de Dälek et de chaque personne impliquée mais c’est clairement quelque chose de très particulier. Ça t’a permis de creuser de nouvelles expérimentations ?Oui, ça emprunte vraiment des directions qu’on n’avait pas empruntées jusque-là. C’est...

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