Pearl Jam – No Code

Pearl Jam – No Code

(Attention je vais vous raconter ma vie. Si vous voulez fuir, il est encore temps…) J’aime beaucoup ma famille. Et dans la famille Pearl Jam c’est sacré. Le premier concert que j’ai vu, à l’âge de 11 ans ? Pearl Jam. En 96 au zénith avec mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs. Et c’était le bonheur. Bon, pas exactement. Plutôt mon père, mon frère, ma tante et mon cousin. Mais c’était le bonheur, pour sûr. Et cette tournée-là, c’était la tournée de No Code. Et à l’époque, on était dégoûtés parce qu’on l’aimait pas. Enfin, pour être tout à fait honnête, on m’a dit qu’il était nul et je les ai crus. No Code c’était presque devenu le sujet à ne pas aborder à table. Si quelqu’un avait le malheur de prononcer le nom de ce disque, c’était suivi d’un silence gêné. Bref je ne l’aimais pas, personne ne l’aimait c’était un peu le vilain petit canard. Pour moi c’était acté, j’étais passé à autre chose (à Yield pour être exact, et c’était de nouveau le bonheur). Et puis un jour, genre 15 ans plus tard, alors que pour la 425e fois on avait une discussion enflammée sur la discographie de Pearl Jam, je lâche un définitif « de toutes façons, à part No Code (gniark gniark), ils sont tous mortels les premiers albums ». Et là, on me sort un « ba il est trop bien aussi No Code… » Whaaaaaat !!! Mon monde s’écroule alors, ce disque que j’ai totalement snobé parce qu’on m’avait fortement invité à le faire, avait été réhabilité dans le plus grand secret… Dès lors, je me suis attelé à rattraper le temps perdu. Et depuis c’est le bonheur. Il faut dire qu’il n’y a pas que ma famille qui a mis du temps à assimiler/accepter/apprécier No Code. D’abord, parce qu’il a eu le malheur de succéder à un Vitalogy d’anthologie salué par tous, ou presque (exception faite des anti Pearl Jam primaires rejetant tout en bloc avec des arguments massues genre « j’aime pas Vedder, il a les cheveux trop longs »). Passer après un tel monument n’est évidemment pas chose aisée, et le contexte est également très particulier. La tournée qui suit Vitalogy est largement tronquée, en raison de la guerre menée contre l’ogre Ticketmaster. Une guerre un peu vouée à l’échec, assez éreintante, et qui aura vu le groupe dans son acharnement anti-commercial (aucune interview donnée, aucun clip sorti) s’éloigner d’une partie de ses fans, un rien frustrés par la radicalité de la démarche. No Code déboule alors, et rompt assez radicalement avec ses prédécesseurs. On ne va pas se mentir, malgré l’immense talent que je leur reconnais, les Pearl Jammeux n’ont jamais...

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Les 3 premiers albums de Tad réédités

Les 3 premiers albums de Tad réédités

Le 4 novembre prochain, les trois premiers albums de Tad, God’s Balls (1989), Salt Lick (1990) et 8-Way Santa (1991) seront réédités chez Sub Pop et remis au goût du jour par la remasterisation de Jack Endino qui s’était lui-même chargé des mixes initiaux. Figure emblématique des débuts de la scène de Seattle que d’aucuns ont ensuite réduits sous l’appellation grunge, Tad (du nom de son imposant leader Tad Doyle) faisait partie d’une frange un peu plus dure qu’un Mudhoney par exemple avec des sons lourds plus proches du metal que du post-Stooges. A noter que ces sorties sont prévues à la fois sur vinyles et CD. Les CD seront agrémentées de titres bonus, totalement inédits ou sortis initialement sur 45 tours....

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Mudhoney – Every Good Boy Deserves Fudge

Mudhoney – Every Good Boy Deserves Fudge

Le deuxième album est souvent un intense moment de remise en question pour les petits groupes remarqués qu’on attend au tournant, et c’est certainement encore plus vrai pour Mudhoney. Car non seulement le groupe a déjà sorti un successeur mitigé à sa première grosse claque, mais en plus tous les espoirs qu’on portait en eux se sont tournés vers d’autres groupes de la scène de Seattle, dont un autre cassera la baraque quelques mois plus tard à un niveau inattendu, et qu’on ne reverra certainement pas de sitôt. Il faut dire que l’histoire du groupe est assez particulière : créé comme une petite cour de récréation entre 4 mecs plus ou moins en pause ou débarrassés de leurs groupes respectifs (Green River, The Thrown-Ups, Bundle Of Hiss et les Melvins), sorte de supergroup de la scène locale dont le seul objectif était de faire quelques concerts et peut-être un 45 tours, Mudhoney devient un peu par hasard, beaucoup par passion, la coqueluche puis la figure de proue du label naissant de Seattle, Sub Pop, qui les envoie en festival en Allemagne avant même que le groupe n’ai sorti le moindre titre. Écrit dans l’urgence, ce qui prouve l’alchimie incroyable entre les musiciens, leur EP Superfuzz Bigmuff et quelques singles mémorables achèvent d’en faire le groupe à suivre, les futures superstars indie de la fin des années 80. Sauf que, comme je le disais, le premier album (simplement intitulé Mudhoney) qui suit n’est qu’un Superfuzz Bigmuff rallongé, ce qui reste très cool mais beaucoup moins percutant. Et entre leur premier EP et cette année 1991, le regard de la critique, des médias et même des majors commence à se tourner vers Seattle, pas avec autant de ferveur qu’après Nevermind, mais les gros noms de la scène locale commencent à signer des contrats chez des majors et MTV commence à diffuser certains clips en rotation lourde. Tous les groupes de Seattle sentent que quelque chose se prépare et qu’il est peut-être temps de réfléchir plus sérieusement à leurs perspectives de carrière. Tous ? Non. Mudhoney, resté fidèle à Sub Pop envers et contre-tout, s’est concentré à sortir un album digne de ce nom après le précédent dont ils ne sont pas particulièrement fiers, un album qui pourrait vraiment leur plaire. Leur plaire, et aussi désarçonner un peu la presse musicale, britannique principalement, qui a construit autour d’eux et d’autres groupes comme TAD le mythe des rockers bûcherons simplets, festifs et bourrins qui les enferme dans une case dans laquelle ils n’ont jamais eu envie de se mettre. Steve Turner simplifie ses solos de guitare qui lui avaient valu d’être qualifié d’Eric Clapton du grunge et tous s’attèlent à composer des morceaux...

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Pearl Jam @ Fenway Park (Boston), 07/08/16

Pearl Jam @ Fenway Park (Boston), 07/08/16

Il y a quelque chose de bizarre autour de Pearl Jam que je ne m’explique pas. Les réactions sont souvent excessives à propos de ce groupe. Les fans les adulent de façon démesurée, quand d’autres leur vouent une haine implacable. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je me situe plutôt du côté des admirateurs sans borne. Sans tomber dans le béni oui oui non plus (je n’ai aucun mal à reconnaitre que leurs derniers albums ne sont pas spécialement indispensables), je fais partie de ceux prêts à vendre un rein pour assister à leurs concerts. C’est ce que j’ai fait il y a trois semaines (déjà !), légitimant ainsi les enflures qui se font leur beurre au marché noir sur le dos de pauvres fans asservis dont je suis. Mais aujourd’hui je m’en fous. J’ai certes un rein en moins, mais j’ai vu Pearl Jam pour la 10ème fois (les 5 dates de l’été 2014 ont bien fait grimper le compteur). Le reste… Car comme chacun sait (ou pas), une date de Pearl Jam est unique car elle ne ressemble jamais tout à fait à la précédente. Prenez les deux dates de Boston : 67 morceaux joués au total, 4 en commun. Normal. Bon, moi j’étais à la deuxième. Et évidemment, pourri gâté que je suis, je préfère la setlist de la première. Si j’étais allé à la première, ça aurait peut-être été l’inverse. Allez savoir… Ce 7 août, le Fenway Park, stade mythique des Red Sox, est comble pour la deuxième date d’affilée (à croire que bon nombre de places hors de prix comme la mienne ont trouvé preneur). Nous sommes situés à 47 kilomètres de la scène (pour moins de 10 km, il fallait vendre également son foie…), mais on voit pas trop mal, mieux qu’on pouvait le craindre en tout cas. Et certainement beaucoup mieux que ce pauvre bougre à notre gauche qui est pile poil derrière un poteau… On a tellement pitié de lui qu’on lui filerait presque nos places, mais faut pas déconner non plus. Tout commence pour le mieux avec « Pendulum » (meilleur morceau du dernier album) et surtout un enchainement merveilleux « Off He Goes » (plus beau morceau de l’univers ou pas loin) et « Nothing As It Seems » (au solo d’un autre univers). « Nothingman » est toujours très belle, et ce soir elle l’est encore plus. La voix d’Eddie est là, aucun doute là-dessus. Sentiment partagé toutefois puisqu’à ce moment-là on comprend que nos rêves les plus fous de voir un Vitalogy interprété dans l’ordre (puisque récemment Vs., Ten, No Code et Yield l’ont été…) s’envole. Une autre fois, mais on n’y sera certainement pas. Après ce démarrage en douceur ponctué par « Wishlist »...

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Tacocat – Lost Time (Hardly Art/PIAS)

Tacocat – Lost Time (Hardly Art/PIAS)

Il y a des disques qui mettent de bonne humeur, et Lost Time de Tacocat est indiscutablement de ceux-là. Loin des idées reçues sur le rock indé ou la musique de Seattle, dont le quatuor est originaire, nos damoiselles (dont un damoiseau qui officie à la guitare) ont oublié que la désabusion, le rock dépressif et la hargne était de rigueur pour évoquer le Nord Ouest américain du début des années 90. Au lieu de ça, elles préfèrent visiblement jouer du punk bubblegum poppy réminiscents des Breeders au top de leur forme. Bon, le parallèle avec le groupe de Kim Deal doit être fréquent et éculé, mais difficile de ne pas le faire quand on est face à un groupe de rock mixte à voix féminine aussi sympathique, frais, qui a un son 90s tout en évoquant les grands moments de la pop 60s (« You Can’t Fire Me, I Quit » ou le final « Leisure Bees ») et surtout qui pond autant de mélodies accrocheuses et de tubes en puissance dont même les titres sont légers et drôles (« Plan A/Plan B », « I Love Seattle », « I Hate The Weekend », « Horse Grrrls », « The Internet »). Lost Time est déjà le troisième album de Tacocat, et à son écoute on se demande si ce fameux temps perdu n’est pas celui qu’on a passé avant de connaitre le groupe. Des musiciens aussi à l’aise avec l’écriture pop, qui proposent une musique vitaminée avec humour et nonchalance, et qui le font aussi bien, ça ne court pas les rues. En fait, c’est exactement ce qu’on nous promettait de Courtney Barnett, sauf que le disque ne bascule pas au bout de quelques titres dans une pop rock fm mollassonne (si vous avez cliqué sur le lien, vous constaterez qu’on n’est pas tous d’accord à ce sujet, ndrc), et même quand l’ambiance se calme, ça donne quand même « Talk », un très bon moment. Ceci dit, je ne suis pas là pour vous révéler l’imposture Barnett mais bel et bien pour vanter les mérites de Tacocat, dont le Lost Time a tout pour devenir votre disque de l’été. Enfin, ne présumons de rien. Je prendrais moins de risque en affirmant que c’est déjà le mien ! (même s’il est sorti en avril, on ne va pas chipoter…) BCG...

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