David Bowie – Ziggy Stardust

David Bowie – Ziggy Stardust

Que dire sur ce disque qui n’ait pas déjà été dit ? Absolument rien, je pense. Alors on va faire simple. Soit vous connaissez déjà le disque par cœur et vous collectionnez avidement les avis sur celui-ci, dans ce cas vous pouvez limite passer votre chemin et en profiter pour l’écouter une fois de plus. Soit vous ne connaissez pas le disque, et je ne peux que vous conseiller d’aller l’écouter, vous pouvez donc passer aussi votre chemin. Si vous continuez à lire mon article malgré ça, vous n’avez que ça à faire alors profitons-en pour lister 5 points pour lesquels The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, qui fête ses 45 ans, est le meilleur disque de Bowie, et pas juste pour faire bien dans les classements Rock And Folk : – Déjà, c’est le premier album où Bowie s’est trouvé musicalement. Les 3 premiers étaient chacun très différents, on sentait le tâtonnement sur Hunky Dory notamment avec des titres comme « Queen Bitch », mais là c’est enfin parti sans temps morts et super cohérent musicalement. Bowie fait partie de ces artistes dont les premiers albums représentent une véritable évolution musicale et pas le summum de leur carrière, et cette évolution arrive à son point d’orgue sur cette période. – Parce que ce n’est pas un album solo, mais des Spiders From Mars et qu’il représente le point où le groupe a trouvé son alchimie. Vu que Mick Ronson apportera à Bowie ses plus grands plans de guitare, ce n’est pas peu dire. – C’est un concept album qui est bon dans son ensemble sans jamais être chiant, et c’est assez rare pour être souligné. – Sous sa démarche artistique, c’est surtout un recueil de morceaux surpuissants, avec une face b quasi-parfaite, une intro (« Five Years ») et un final (« Rock’n Roll Suicide ») magnifiques et des temps faibles (« Soul Love », « It Ain’t Easy » et « Star ») qui pourraient être des temps forts sur tellement d’autres albums. – Il contient « Moonage Daydream », peut-être le meilleur morceau de Bowie. Voilà. L’année prochaine, je vous fais à peu près le même article sur Aladdin Sane. BCG LIRE LA CHRONIQUE DE STATION TO STATION LIRE LA CHRONIQUE DE LOW LIRE LA CHRONIQUE DE THE NEXT DAY LIRE LA CHRONIQUE DE BLACKSTAR LIRE LA CHRONIQUE DE L’EXPO « DAVID BOWIE...

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Le Peuple De L’herbe – Stay Tuned…

Le Peuple De L’herbe – Stay Tuned…

On a d’abord tous pensé que les membres du Peuple De L’herbe étaient des fumeurs de joints invétérés. Erreur ! Le Peuple De L’herbe ce sont de gros alcooliques. Des alcooliques qui ont su faire évoluer les moyens de se/nous torcher la gueule. Alors qu’à leurs débuts ils ne lésinaient pas sur les doses et les mélanges, les voilà désormais plus mesurés. Tout en sachant apprécier les bons crus forts en bouche (JC001 qu’ils ont toujours affectionné, Marc Nammour de La Canaille et Oddatee), Le Peuple semble assagi, préférant un bon alcool fort à déguster plutôt qu’un mélange qui pourrait se révéler indigeste (même si à l’époque ils étaient ô combien savoureux !). Avec l’âge on encaisse moins facilement. Aujourd’hui Le Peuple apprécie se faire un bon rock’n rhum tranquille, surtout quand les amis sont de la partie, même s’ils sont un peu sur les nerfs et revendicatifs (« Abuse »). Ça fait aussi du bien de vider son sac. Alors évidemment quand on se remémore un soir comme ce maudit vendredi 13, impossible de ne pas avoir l’alcool triste. Mais même l’esprit un peu embrumé, les mots de Marc Nammour sont justes. Triste mais beau et touchant (« V13 »). Et c’est aussi beau d’écouter JC001 embrasser la cause de réfugiés trop souvent vilipendés (« Refugees »). L’alcool libère la parole dit-on, là c’est juste le coeur qui parle. Mais la soirée est longue et si Le Peuple a mis un peu d’eau dans son vin, il sait varier les plaisirs, calmant le jeu avec un soft bien senti (« Lucy Fire ») avant de se faire un petit shot pour faire monter la pression et partir en soirée rock’n rhum (« Only A Few »). Dès lors, les bonhommes ont l’enthousiasme si communicatif qu’il devient inconcevable de ne pas se déhancher à leurs côtés (« Who’s Got It »). Finalement, même sans l’exubérance de sa jeunesse, le souvenir ne sera peut-être pas indélébile comme à l’époque mais c’est toujours aussi bon de passer une soirée en compagnie du Peuple De L’herbe à s’enfiler quelques canons....

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Beastie Boys – Licensed To Ill

Beastie Boys – Licensed To Ill

Au début des années 1980, Michael Diamond, futur Mike D, Adam Yauch qui deviendra MCA et Adam Horovitz qui se fera appeler Ad-Rock, font du punk hardcore… Les Beastie Boys n’ont encore rien enregistré mais écumé bon nombre de salles, ouvrant notamment pour les Misfits, les Bad Brains et autres Dead Kennedys. Mais au contact d’un certain Rick Rubin, jeune producteur en devenir, le destin du groupe va prendre une tournure inattendue. Habitué comme eux des concerts punk, Rubin partage ce goût pour le riff sale et sec comme un coup de trique. Il est aussi le fondateur du label Def Jam… Il va donc leur souffler de faire comme ses petits protégés Run DMC ou LL Cool J : rapper. On ne le remerciera jamais assez. Mais à la différence des autres groupes rap qui émergent aux quatre coins des Etats-Unis et qui piochent allègrement dans les samples de James Brown et la musique black, les blancs becs des Beastie Boys pillent, eux, les classiques hard rock et metal. La pochette, géniale, illustre tout à fait l’esprit Beastie. On croit partir en voyage tranquille à bord d’un bel avion et quand on déplie le vinyle… BIM il se trouve que le bel avion s’est pris une falaise. Le voyage ne sera peut-être pas aussi paisible que prévu. Sur le cockpit, le logo des Beastie et le numéro de série vu dans un miroir donne « EAT ME ». On va manger. Confirmation dès l’entame du disque avec le gros riff qui tâche de « Rhymin And Stealin’ ». La bande de branleurs énervés s’égosillent, s’invectivent. Les Beastie postillonnent, les Beastie remuent, et nous font un bien fou. On a déjà envie de hurler « Ali Baba and the 40 thieves » et ça ne fait que commencer. Sur ce morceau, on retrouve du sample de Led Zep, Black Sabbath et du Clash. Rien de moins. L’alternance entre gros morceaux rock/rap vénères (« Rhymin And Stealin’ », « Fight For Your Right », « No Sleep Till Brooklyn ») et hip hop old school plus classique (« Posse In Effect », « Brass Monkey », « Paul Revere ») est savoureuse. A l’image de leur style vestimentaire inimitable (survet’ Adidas, casquette à l’envers, chaîne en or qui brille), les Beastie Boys osent tout. On leur a demandé de se lâcher, fallait pas le dire deux fois… Mix Master Mike fait parler les platines sur « The New Style », les 3 MCs balancent des textes affreusement sexistes (à prendre au 12e degré) sur la génialement débile « Girls ». On est loin des textes revendicatifs de Public Enemy, les Beastie revendiquent, eux, le droit de faire la fête sur « Fight For Your Right » qui deviendra un hymne. Le morceau n’est pas franchement ce qu’ils ont fait de plus abouti mais ça...

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PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’évolution récente de la carrière de PJ Harvey, un rappel des faits s’impose : depuis White Chalk (2007), la dame a amorcé un virage assez prononcé dans sa musique. La rage des débuts s’était déjà peu à peu atténuée, ces trois derniers albums sont clairement dans un registre nouveau. Depuis 2007 donc, pas loin de 10 ans tout de même (donc on n’a plus vraiment d’excuse pour tomber des nues aujourd’hui…), Polly Jean fait dans le maniéré, le chiadé, elle est en représentation. De quoi en rebuter plus d’un mais finalement ça lui va plutôt bien. Et si on se penche deux secondes sur sa carrière, on se rend compte que cette facette de sa personnalité artistique était déjà là, simplement distillée à (toutes) petites doses, là où elle a aujourd’hui pris le pas sur le reste. Alors plutôt que chouiner dans son coin, à réclamer de la sueur et du sang, il faut accepter de la voir dans un cadre strict, entourée de pléthore de musiciens (ô combien talentueux, on y reviendra), face à un public attentif à la moindre note. Il faut accepter car cette dame est tout de même impressionnante. Quand elle débarque de façon très cérémoniale entourée de ses tambours qui battent en rythme (« Chain Of Keys »), on se tait, on observe attentivement et on se laisse happer par sa grâce. La reine est là. La magie opère très vite, que l’on apprécie modérément (comme moi) ou de façon démesurée son Hope Six Demolition Project, il faut se rendre à l’évidence : ses morceaux prennent une ampleur considérable sur scène. Autour de Polly, le plateau est de choix : James Johnston (Gallon Drunk), John Parrish (ex-comparse de Nick Cave, producteur et acolyte de toujours de madame), Terry Edwards (Madness), Mick Harvey (autre ex-Bad Seed)… mais c’est elle que tout le monde dévore du regard, c’est d’elle que chacun boit les paroles. Dans sa longue robe noire échancrée, elle est d’une élégance rare. PJ hypnotise l’auditoire. Et sa voix nous transporte. « The Ministry Of Defence » et son riff d’ouverture redoutable rappelle qu’il s’agit bien d’un concert de rock même si le tout prend assez vite des allures de fanfare. Les mots de PJ résonnent comme des slogans, elle est en campagne et son armée de communicants confère à son discours un impact certain. « The Community Of Hope », si entraînant et communicatif, nous conforte dans ce sentiment qu’on vit un grand moment. Le tryptique Let England Shake (« Let England Shake »/ « The Words That Maketh Murder »/ « The Glorious Land ») vient enfoncer le clou et confirmer que cet album-là était un sommet dans son genre. Un sommet qu’il sera bien difficile d’égaler. « Oh America,...

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J.C. Satàn + Jessica93 @ Le Hangar (Ivry, 94), 07/10/16

J.C. Satàn + Jessica93 @ Le Hangar (Ivry, 94), 07/10/16

Il y a 10 jours se tenait la 10e édition de La Jimi, « le rendez-vous annuel des indés et de l’autoproduction » (non, ce ne sont pas les initiales, nous non plus on ne sait pas pourquoi ça s’appelle la Jimi). Au programme du côté d’Ivry, concerts, showcase, salon avec débats, distros de labels indés, fanzines… Bref, un chouette rendez-vous de passionnés ! Le vendredi soir, une belle affiche avec d’éminents représentants de la scène rock alternative française. Début des hostilités à 19 heures tapantes avec Jessica93. Fraichement entouré de deux nouveaux comparses, lui qui jusqu’ici avait toujours officié seul au sein de ce projet, Geoffroy/Jessica arbore une superbe casquette Chicago Bulls qu’il possède sans doute depuis son 15e anniversaire. Il a beau avoir de nouveaux copains, il n’a rien perdu de son goût prononcé pour la mode. A sa droite, le bassiste n’a rien à lui envier avec un t-shirt Puma collection 92 rentré dans un treillis militaire. Imparable. Le dernier de la bande est tout au fond à gauche, on ne le distingue pas bien. M’enfin on n’est pas venus là pour un défilé de mode. Beaucoup de nouveaux morceaux lors de ce concert de 45 minutes (ça passe vite) et Who Cares fait visiblement déjà partie de l’histoire ancienne (tristesse). Mais la formation a beau avoir évolué, le son est toujours le même et il rentre toujours dans le crâne à coups de marteau piqueur. Notre ami bassiste se régale avec de bonnes vieilles lignes de basse implacables. Geoffroy envoie un petit sms avant de lancer le riff d’« Asylum », les autres suivent et nous voilà bien. Parés pour l’asile. Soyons honnêtes, il y avait quelque chose de résolument kiffant (parlons djeuns un peu) à le voir auparavant tout faire tout seul avec son looper et sa boîte à rythmes (qui elle est toujours là), jongler entre basse et guitare. Ça avait son charme. On craignait un peu la déception mais l’alchimie existe bel et bien entre les trois lascars et les morceaux sont toujours aussi dérangés et prenants. Les regards restent malgré tout majoritairement braqués sur Geoffroy et sa présence magnétique surtout quand il nous envoie des vapeurs shoegaze avec son chant pris dans une brume nommée reverb ou quand il claque du solo ténébreux et répète son terriblement enivrant/envoûtant/perturbant « you’re all gonna dance with me » (l’infernale « Surmatants »). Un dernier petit raffut sur le dernier morceau inconnu, qui nous fait espérer, non sans une certaine impatience, l’arrivée prochaine du nouvel album. Pas grand chose à raconter sur Cheveu dont la prestation m’avait laissé un douloureux souvenir à Rock En Seine en 2014 et dont les albums ne m’ont jamais convaincu. Certains titres ne sont pas aussi déplaisants qu’on...

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